‹ Traité de thérapeutique et de matière médicaleChapitre 84 sur 312 · OXYDE DE ZINC · texte numérisé non relu

OXYDE DE ZINC

Cet oxyde {CalxZinct) est aussi' nommé l'a vu déterminer des vomissements chez

Fleurs d' Zinc, Pompholix, Nihil Album, les cIiIlmis, à la dose de 12 à 24 grammes,

à cause de sa l.'gèr 'lé, d ■ sa blancheur : sans causer, du r ste, aucun acc'.deuL. Mal

il résulte de la combustion rapide du préparé, d provo [ue aussi chez l'homme

Zinc; il est doux au toucher, ino lore, des vomissements, selon Djsbois de

insipide, insoluble daas l'eau. M. Orfi a Rocheforl.

A l'intérieur, ce médicament a été administré contre toutes les névroses, mais principalement contre l'épilepsie, la coqueluche et la toux convulsive. Pour ce qui est de son efficacité dans l'épilepsie, les témoi-

gnages contraires égalent bientôt les témoignages favorables, de sorte qu'il devient réellement impossible de rien conclure. Disons que plusieurs fois nous lavons employé à hautes doses, et sans le moindre succès. Il paraît plus sûrement utile contre les autres affections nerveuses,. Rien à cet égard ne nous est prouvé. Nous croirions mal employer nos pages que de les consacrer à écrire à la file les uns des autres des noms et des citations de tous les pays pour ou contre cet agent thérapeutique. D'autres questions plus importantes y gagneront. Si l'Oxyde de Zinc est un antispasmodique destiné à jouir ultérieurement d'une célébrité méritée, on en cherchera les indications au chapitre Médication antispasmodique. A la fin du siècle dernier, un praticien de Genève a pourtant publié dans le Journal de Vandermonde (déc. 1779, t. LU, p. 518) de nombreuses observations de l'emploi des fleurs de Zinc dans une foule de maladies convulsives essentielles, surtout chez les enfants. Suivant ce médecin, nul antispasmodique n'égale l'Oxyde de Zinc; d'après lui, si l'on en retire peu de succès, c'est qu'on le donne à doses insignifiantes. Il le porte, lui, jusqu'à 3, 4j 5 et 6 grammes par jour, sans que jamais le moindre accident en soit résulté. Ce mémoire, fort bien fait, nous a inspiré quelque confiance et le désir de poursuivre l'emploi de ce moyen dans les convulsions des enfants et l'hystérie. Un autre praticien distingué de Genève, M. Herpin, a beaucoup préconisé, tout récemment, l'Oxyde de Zinc dans le traitement de l'épilepsie. Ces essais répétés ici par l'un de nos aliénistes les plus distingués, M. Moreau, de Tours, n'ont pas répondu à l'attente qu'avaient fait concevoir les recherches du médecin de Genève. Nous pensons avoir été plus heureux dans l'eclampsie et les affections convulsives de l'enfance. On trouvera dans Gmelin {App. medieam.), et dans le dernier volume de MM. Mérat et Delens, les renseignements les plus nombreux sur l'Oxyde de Zinc.

11 entre dans la composition des pilules de Méglin. Son usage extérieur est moins équivoque. 11 fait partie d'une foule de pommades et d'onguents, de collyres, etc. (On se sert plus particulièrement dans ce cas de la tuthie et de la calamine, qui sont des Oxydes de Zinc impurs, silicates, hydratés et mêlés à du carbonate de zinc, etc. Ces différentes préparations le contiennent dans k proportion d'un quart, un sixième, un huitième, mélangé à d'autres substances dont l'action est analogue. Mais la tuthie renfermant souvent de l'arsenic, elle est bannie aujourd'hui de la matière médicale.

11 est employé sous toutes les formes comme détersif, cicatrisant, corroborant, dans diverses sortes d'ulcères, mais surtout certaines blépharophthalmies chroniques, ulcérations et taches de la cornée. Nous l'avons vu réussir ainsi employé contre les fissures de l'anus et les gerçures du sein, les plaies, les prurigo, les érythèmes qui surviennent aux parties qui ont souffert trop longtemps le contact du lit dans les maladies graves, celui de l'urine chez les enfants, etc.; enfin, dans tous les cas où réussissent les pommades dites de Janin, du Régent, de Desauit, etc.

VALÉRIANATE DE BISIMUTII. 431

ACÉTATE DE ZINC. G^ff 0^ + 3«$^. ZnO.

Presque tous les sels de zinc à acides organiques sont considérés comme antispasmodiques. L'Acétate de Zinc employé autrefois centre les affections nerveuses était à peu près oublié lorsque M. Rademacher publia, il y a quelque temps, un travail sur les sels de zinc et plus spécialement sur l'acétate.

On l'obtient soit en dissolvant l'hydrocarbonate de zinc dans l'acide acétique, soit en précipitant une solution d'acétate de plomb par le sulfate de zinc filtrant et faisant passer un courant d'hydrogène sulfuré pour chasser l'excès de plomb.

C'est un sel blanc, cristallisant en lames nacrées, il est inodore et possède une saveur amère styptique, on l'administre en solution dans l'eau ou en pilules à la dose de 1 à 6 grammes.

LAGTATE DE ZINC. C']i'0%Z?iO -j-3aq.

Ce sel a été vanté par M. Herpin, de Genève, contre Tépilepsie, il se présente sous la forme de plaques blanches, formées par la réunion de petits cristaux en aiguilles prismatiques, à quatre temps terminés par des sommets tronqués obliquement, il présente une saveur sucrée et styptique.

On l'obtient en saturant l'acide lactique par l'hydrocarbonate de zinc, la dose est de 10 centigrammes trois fois par jour, l'usage doit être prolongé pendant longtemps.

Poudre (Hi rpin).

Pr. : Lac!a'e de Zinc 1 à 16 grammes.

Sucre de lait pulvûris' 3 à 20 —

Pour 20 prises à prendre, 3 par jour.

Pilules 'Herpin).

Pr. : Lactate de Zinc 1 à 10 grammes.

Sfrop de gomme q. s.

Pour 20 ou 40 pilules à prendre, 3 à 6 par jour. Nous avons parlé ailleurs des valérianates de zinc, on a également fait usage des phosphates.

VALERIANATE DE BISMUTH. (G'«H'0')B«^0\

Ce sel, qui est un sous-valérianate, a été proposé par M. Giovanni Righini, qui l'a préconisé comme antinévralgique, et qui le vante contre les gastrodynies et les gastralgies chroniques.

.i32 MÉDICAMENTS ANTISPASMODIQUES.

On obtient ce sel en décomposant le nitrate acide de bismuth par le valérianate de soude, on lave le précipité et on ftiit sécher à une douce chaleur; on conserve à l'obscurité et à l'abri de l'air, doses 25 centigrammes à 10 centigrammes en pilules, trois fois par jour.

SOUS-CARBONATE DE BISMUTH. GO^ BrO\

Ce sel est préconisé par M. Hannon, professeur à l'Université de Bruxelles; il est recommandé comme jouissant des propriétés du sousnitrate de Bismuth, mais il est plus soluble dans le suc gastrique.

On l'obtient en précipitant le nitrate acide de Bismuth par une solution de carbonate de soude.

Le Lactate de Bismuth s'obtient en décomposant le nitrate acide de Bismuth par le Lactate de soude.

Ces deux sels s'emploient aux mêmes doses et de la même manière •que le valérianate de Bismuth.

GERIUM.

(]e métal a été découvert, en 1804, par Berzélius et Hisinger dans la Cérite, mine composée d'oxyde de Cerium, de silice et d'oxyde de fer.

M. le professeur Simpson, d'Edimbourg, a administré le nitrate et l'oxalate d'oxyde de Cerium, comme toniques sédatifs ; il l'emploie dans la dyspepsie avec gastrodynie et pyrosis contre les vomissements chroniques et surtout ceux déterminés par la grossesse.

Doses : 5 centigrammes, deux ou trois fois par jour dans de l'c-au.

Notre intention n'est pas d'étudier sons ce titre tous les moyens qui peuvent être employés avec avantage pour combattre l'état spasmodique ou nerveux, mais seulement les agents pharmaceutiques qui jouissent de la propriété de modifier heureusement certains troubles de l'innervation spéciale d'une manière directe, essentielle et sans l'intermédiaire d'aucune action pour nous appréciable entre le médicament et son effet. Si, sans nous renfermer dans les limites naturelles de la Médication antispasmodique proprement dite, nous voulions comprendre dans ce chapitre la généralité des moyens que diverses circonstances peuvent légitimer pour résoudre les spasmes, il nous faudrait, à propos de ceux-ci, passer en revue toute la Matière médicale.

Deux exemples vont nous faire comprendre.

Une femme, jusque-là toujours bien portante, éprouve différents accidents nerveux, comme des palpitations, de la dyspnée, quelques mouvements convulsifs, de la bizarrerie dans le caractère, un peu de constriction à la gorge ; puis elle accuse un sentiment de réplétion à l'estomac. Depuis quelques jours elle a perdu l'appétit ; la langue recouverte d'un enduit jaunâtre, épais, est plate et tremblotante, la bouche mauvaise; il y a des nausées. Observons soigneusement que, pour la première fois de sa vie, cette femme ressent des symptômes nerveux, et que ceux-ci n'ont surgi qu'après l'apparition de l'état bilieux, et dans un degré assez exactement proportionné à son augmentation et à sa durée. Vous prescrivez un émétique, et le lendemain tous les symptômes saburraux, plus les accidents spasmodiques graves en apparence, ont complètement disparu. Faudra-t-il, pour cela, regarder le tartre stibié ou l'ipécacuanha comme des antispasmodiques? Personne ne l'oserait, quoiqu'ils aient guéri un état spasmodique. Mais cet état spasmodique était provoqué par une cause que le vomitif a seul fait disparaître, et qui, par sa soustraction, replaçant notre femme dans les conditions où elle n'avait jamais d'accident nerveux, n'ont plus laissé à ceux-ci la condition de leur existence, l'embarras gastrique. Nous aurions pu choisir la saignée, les purgatifs, les toniques, et les adaptant aux divers états de l'organisme avec lesquels ils sont en rapport, arriver aux mêmes conclusions. Si pour cet exemple nous avons préféré l'embarras gastrique,

43i MÉDICATION ANTISPASMODIQUE.

c'est que l'association des deux états morbides dont nous voulions présenter le rapport de dépendance n'est point rare, et que nous avons eu bien des fois l'occasion de les trouver réunies et de les voir cesser tous deux sous l'influence du moyen thérapeutique qui s'adressait à l'affection des premières voies.

Puis c'est une autre femme qui se dit nerveuse, sujette aux spasmes, et qui rrésente les mêmes symptômes que la première, sauf l'état bilieux. Ici le spasme est essentiel, primitif, c'est-à-dire que rien n'a commencé avant lui et qu'il est toute la maladie. Vous donnez 2 granmies de valériane, et à l'instant tout rentre dans l'ordre, sans qu'entre ces deux faits, valériane administrée, troubles nerveux dissipés, il vous ait été possible de saisir le phénomène qui a servi de lien.

Dans le premier exemple, il est bien certain que l'administration d'un antispasmodique n'eût pas été tout à fait sans influence sur l'état nerveux. Mais cette influence eût été imparfaite, momentanée, puisque l'état nerveux est très-distinct de l'élément saburral. Seulement celui-ci ayant été la condition déterminante du premier, il était plus simple de s'adresser à lui à l'aide des moyens spécialement indiqués pour le faire cesser.

Dans notre second exemple, le spasme étaitlessentiel, et nous n'avions à renverser aucune cause intermédiaire pour l'atteindre. Voilà pourquoi aussi, nous nous sommes servis d'un moyen direct qui devait rétablir l'innervation dérangée, par sa propre puissance. Ceci vaut une définition. Observons néanmoins que, si quelques antispasmodiques existent, qui joignent à cette propriété une action excitante incontestable, on ne doit pas en faire honneur à celle-ci, qui, le plus souvent, n'y est pour rien. Lorsque nous étudierons la médication excitante, nous ferons voir que, si elle est quelquefois antispasmodique, c'est secondairement, et par un mécanisme physiologique étranger à l'action de la valériane et des gommes fétides, par exemple.

Il ne suffit pas d'avoir ainsi circonscrit les agents de la Médication antispasmodique. Le même soin nous reste à prendre pour les divers états morbides qui sont l'objet de cette Médication. Ici, nous allons être forcés d'entrer dans le domaine de la pathologie. La thérapeutique est la science des indications : tout ce qui peut les éclairer est de son domaine.

Dans la réforme de Broussais, les maladies dont nous avons à nous occuper avaient été violemment détrônées. On les appelait des êtres fictifs, pour les reléguer dans la foule des symptômes de divers états pathologiques presque toujours locaux et devant être seuls le point de mire du traitement. Malheureusement, la nature ne s'est pas soumise à cette commode simplification. Il y a plus de deux mille ans que, sous l'influence d'impressions vierges, l'école de Cos a profondément esquissé ces affections avec leurs traits les plus essentiels. De Cos à Leyde, de Leyde à Montpellier, elles se sont conservées avec leur physionomie j)ropre, leurs allures spéciales, seulement plus nombreuses, plus compliquées, plus

MÉDICATION ANTISPASMODIQUE. 43o

'envahissantes de nos jours, après s'être grossies et multipliées de tout ■ce que leur ont ajouté et leur ajoutent incessamment les révolutions physiques et morales des peuples.

Depuis quelques années, l'école de Paris a senti la nécessité de s'en •occuper, et leur histoire naturelle se ressent déjà de l'exactitude toute nouvelle qui préside à ces recherches.

Ces sortes d'affections se glissent partout. Elles viennent compliquer les autres maladies, embarrasser et retarder leur marche, empêcher leur •solution naturelle, leurs mouvements bienfaisants ; et si Hippocrate voyait tant de crises, tant de régularité dans le cours des maladies dont il nous a laissé l'histoire ; si sa thérapeutique était si simple, si expectante, c'est que le nombre et la gravité des affections spasmodiques étant •alors moins considérables, la nature pouvait déployer fructueusement et sans obstacle toute la plénitude de ses forces; car, de même qu'une •digestion ou une fonction de nutrition quelconque s'accomplit mieux dans le silence de l'organisme qu'au milieu d'un trouble de l'innervation, de même aussi, une fièvre ou une inflammation arrivent à leur terme avec des phénomènes d'autant mieux enchaînés et une marche •d'autant plus calculable, qu'elles ont été moins traversées par des désordres nerveux.

Si c'était ici le lieu, nous tirerions de cette simple observation des réflexions d'une haute importance théorique et pratique. Comme ce sujet, •quoique vieux et approfondi avec sagacité par les anciens auteurs, est neuf relativement à la direction actuelle des esprits, il est indispensable ■que nous disions ce qu'il faut entendre par spasmes, état nerveux, état spasmodique (ces mots seront pour nous synonymes), et surtout que nous nous appliquions à distinguer cette classe de maladies d'une foule d'autres à côté desquelles les nosologistes les ont placées, fondés seulement sur un examen^superficiel et des ressemblances grossières de symptômes. Cette distinction opérée, nous considérerons les médicaments antispasmodiques dans leurs rapports : 1° avec l'étfit nerveux primitif constituant à lui seul toute la maladie à combattre; 2" avec l'état nerveux venant s'ajouter d'abord aux affections aiguës, ensuite aux affections chroniques; 3° avec l'état nerveux symptomatique dans ces •deux ordres de maladies. Nous terminerons par quelques considérations générales sur ces médicaments envisagés en eux-mêmes, et comparés à d'autres classes d'agents thérapeutiques, ainsi que sur leur mode d'administration.

Personne, que nous sachions, ne s'est avisé de s'enquérir pourquoi les médecins des siècles derniers avaient imposé à certaines affections spasmodiques le titre de Passions, c7:ac7(;.coo£a za^i-q, passio hysterica, passio hypochondriaca, passio dyspnoïca, passio mesentei'ica, etc., etc.. Tout le monde a cru que pour eux cette expression équivalait à celle de maladie. ils n'ont cependant jamais dit : Passio erysipelatosa, passio febris biliosa, passio sguirrhosa, etc. D'aussi profonds observateurs ont eu leurs motifs.

Ne serait-ce pas que ces mouvements de l'âme que nous appelons aussi affections, sentiments, phénomènes instinctifs, jaillissent des mêmes foyers que les spasmes essentiels, suscitent des troul)les analogues, s'accomplissent en un mot et suivant les mêmes lois physiologiques, et ne diffèrent véritablement que parce qu'ils appartiennent à l'ordre pathologique? On ne saurait en douter, et ce fait est un de ceux qui attestent le plus hautement l'admirable sagacité des anciens. A leur insu, Hippocrate, Démocrite, Galien, presque tous les médecins arabes et des deux derniers siècles, principalement Rivière, Etlmuller, Hoffmann, Sauvages, GuEen, etc., de nos jours M. Dubois, d'Amiens, ont, dans leurs théories des spasmes, tracé celle des Passions et des actes instinctifs; d'un autre côté, Bichat, Cabanis, Broussais, en développant la seule vraie théorie des Passions et des actes instinctifs, ont merveilleusement exposé celle des spasmes essentiels.

Et d'abord, hâtons-nous de dire que les mouvements iDstinctifs,. comme les spasmes essentiels, émanent des différents centres d'action de la vie organique. Les uns et les autres s'exécutent sans l'influence de la volonté ; leur caractère est de la maîtriser d'une manière plus ou moins complète. Quelques exemples empruntés à l'observation de l'homme en santé et se confondant par des nuances insensibles avec des phénomènes analogues, mais appartenant déjà à l'ordre pathologique et rangés sans difficulté parmi les spasmes, vont parfaitement nous révéler la nature de ceux-ci et justifier la proposition que nous avons énoncée plus haut.

Un homme est depuis quelque temps renfermé dans un lieu oîi l'air est raréfié par la chaleur, ou bien encore il est opprimé par l'ennui, la tristesse, le besoin de dormir ; par une cause quelconque, en un mot, l'oxygénation du sang dans le poumon se fait imparfaitement. Tout d'un coup une anxiété vague et indéfinissable semble s'élever du fond de sa poitrine, et sans la participation de sa volonté, la respiration s'accélère un peu, les mâchoires s'écartent par degrés et comme convulsivement, toutes les puissances inspiratrices déploient leur summum, d'action, et par ce spasme bienfaisant, une quantité d'air considérable vient satisfaire l'impérieuse nécessité de l'hématose. Si les causes opprimantes ont agi plus longtemps, si l'ennui a été plus profond, à ce premier groupe de mouvements synergiques s'associent des pandiculations , c'est-à-dire une extension forcée et comme tétanique des membres et du tronc, un grimacement particulier de la face.

Si là cause et le but de ces efforts n'étaient pas physiologiques, personne assurément n'y verrait de différence avec un spasme ou une convulsion Il y a plus, c'est que ces phénomènes figurent dans le tableau compliqué de l'hystérie dont ils sont un des symptômes, et cessent alors sous l'influence d'un remède antispasmodique, l'éther, par exemple. .

Quel intervalle encore, autre que celui de la cause interne, sépare les palpitations soudaines avec gonflement de la poitrine, oppression et rou-

:\IÉDICAT10N ANTISPASMODIQUE. 437

geur instantanée des joues qui saisissent subitement une jeune fille dont la pudeur est offensée, et les mêmes accidents qui chez elle sont aussi un des mille caprices de l'affection spasmodique appelée hystérie, et s'évanouissent comme tout à l'heure devant quelques gouttes du même antispasmodique ? Qu'on rapproche un peu les nombreuses influences qu'exercent sur l'innervation des viscères abdominaux et thoraciques les affections de l'âme, soit agréables ou expansives, comme la joie, le plaisir, la colère, l'orgueil ; soit tristes et concentratives, telles que la douleur morale, la peur, l'effroi, etc. ; qu'on les rapproche de divers spasmes qu'on nomme asthme, palpitations de cœur, pâmoisons hystériques, anxiétés précordiales, flatuosités, dysphagie, hoquets, aphonie nerveuse, -volutations intestinales, vapeurs en un mot, et qu'on cherche à établir entre eux une autre différence que celle de l'ordre d'affection qui préside à leur développement, à leur marche et à leur durée. Chacun voit que «ela n'est pas possible.

Qu'est-ce qui ressemble plus aux convulsions que la jactation incessante et involonfaire dont est tourmenté un homme en proie à un malaise viscéral quelconque, mais surtout dyspnéique? Dans un grand nombre de maladies, les dernières scènes de l'agonie sont des spasmes de divers organes contractiles qui semblent faire un dernier effort pour ressaisir la vie. In mortis agone constitutis, convulsiones sunt naturœ ultima conamina. (Sauvages.)

Il est chez la femme un acte physiologique qui, à nos yeux, est d'une ;grande valeur dans la recherche du point de départ de l'attaque d'hystérie et qui appuie singulièrement l'opinion de ceux qui regardent le système nerveux utérin comme le foyer de cette névrose : cet acte, c'est le coït.

Prenons pour type une femme qui ressente vivement les impressions qui accompagnent l'exercice de cet acte naturel : battements précipites et tumultueux à la région précordiale, respiration haute et fréquente, soupirs entrecoupés et singultueux, globes des yeux portés en haut, renversement en arrière du cou et du tronc, mouvements cloniques et convulsifs du bassin, contractions des membres tantôt permanentes, tantôt cloniques, mais toujours involontaires ; enfin au moment de la consommation de l'acte, tressaillement et agitation spasmodiques de tout le système musculaire, cris étouffés, quelquefois pâmoison complète... puis l'organisme tombe dans une résolution et une langueur qui le conduisent mollement au sommeil.

Sans nous en apercevoir, nous venons de décrire le deuxième degré d'une attaque d'hystérie. Pourquoi donc, si ce n'est parce que le spasme hystérique et le spasme cynique (car on a donné ce nom très-pittoresque et très-vrai aux mouvements qui ont lieu pendant le coït, sans faire le rapprochement si immédiat qui en découle) tirent leur origine de la même source et se développent dans les mêmes lois ?

Si cette série d'exemples ne suffisait pas pour préparer nos lecteurs à

bine comprendre la nature et le mécanisme des affections spasmodiques essentielles, nous pourrions, en les multipliant, montrer que tous les spasmes de Tordre pathologique ont leurs analogues dans l'ordre physiologique, avec cette différence très-importante toutefois, que les premiers reconnaissent un principe morbide, per&istent, s'accroissent et se compliquent en raison de la persistance et de la gravité de leurs causes soit prédisposantes, soit occasionnelles, exigent enfin l'emploi de moyens particuliers pour les combattre, tandis que les seconds cessent aussitôt que cesse la cause qui les a provoqués.

Étant bien démontré que les spasmes essentiels ont le même point de départ que les actes instinctifs, savoir les difTérents viscères ou organes de la vie générale, nous avons dans ce caractère un moyen précieux de diagnostic, et surtout, car c'est là l'objet de ce chapitre, un critérium d'indications thérapeutiques bien capital, comme nous le verrons.

Maintenant, nous pouvons hasarder une définition. Les spasmes essentiels sont des troubles primitifs et ordinairement apyrétiques de l'innervation d'un ou de plusieurs viscères affectés à la vie de nutrition et de reproduction, troubles qui, bornés à l'éréthisme, à la mobilité et à l'altération fonctionnelles de ces viscères, constituent cette foule de maux connus sous le nom de vapeuts, pour prendre celui de convulsions spasmodiques. lorsqu'ils vont jusqu'à exciter des contractions involontaires et des mouvements désordonnés partiels ou généraux dans les muscler habituellement soumis à l'influence régulatrice de la volonté.

Ces préliminaires un peu longs et qui peuvent paraître étrangers à notre sujet, étaient indispensables dans l'intérêt des médicaments antispasmodiques, parce que personne ne s'étant appliqué à mettre ces agents thérapeutiques en face de l'état morbide spécial qui en indique l'emploi, et à fixer les conditions de leur réussite, on les lance indistinctement contre toutes les maladies du système nerveux, et on attribue à la médication elle-même des insuccès dus bien souvent à son inopportunité. Si les nosologistes avaient vu le fond des choses, et s'étaient servis pour classer les névroses de tous les caractères de ces affections, y compris ceux tirés des divers traitements, caractères si fondamentaux, ils nous eussent épargné aussi le soin de dire auxquels de leurs spasmes les remèdes dont nous traitons ne sont que rarement applicables. De ce nombre sont : les névroses primitives de l'ouïe, de la vue, etc., l'épilepsie, le tétanos, les divers tremblements métalliques, les à(i\\ve?> primitifs, etc., etc.

Dans Pinel, les névroses curables par les remèdes antispasmodiques, sont celles qu'il a intitulées névroses de la digestion, de la respiration, de la circulation et de la génération, toutes rangées par Cullen sous le nom de spasmes des fonctions vitales et des fonctions naturelles, en en exceptant toutefois quelques affections oii le spasme n'est qu'un élément et n'est pas toute la maladie, comme la dysenterie, la coqueluche, le pyrosis, le choléra-morbus. Remarquons bien que les névroses que nous avons ex-

dues de la catégorie des spasmes primitifs seuls attaquables par nos antispasmodiques, sont toutes dépourvues du caractère essentiel (le point de départ de Vaura, qui s'élève toujours des organes renfermés dans les deux grandes cavités splanchniques) que nous avons assigné à ceux-ci, et ne leur ressemblent que par un côté, savoir, les anomalies nerveuses sans lésion de structure et les mouvements convulsifs. Mais comme ces symptômes sont les plus saillants et les plus grossiers, c'est sur eux qu'on s'est fondé pour rapprocher deux ordres de maladies pourtant bien distincts. Il serait facile de faire voir que Willis, Glisson, Baglivi, et plus tard, Hallec et Gall, sont les auteurs de cette confusion.

1° MÉDICAMENTS ANTISPASMODIQUES DANS LEURS RAPPORTS AVEC l'ÉTAT NERVEUX PRIMITIF ET CONSTITUANT A LUI SEUL TOUTE LA MALADIE A COMBATTRE.

Aux articles Valériane, Asa fœlida. Gomme ammoniaque, Ethei\ etc., nous avons déjcà donné la plupart des indications importantes des substances antispasmodiques ; il nous reste pourtant quelques idées générales à exprimer sur les degrés d'affinité et de répugnance plus ou moins marquées qui existent entre certains spasmes et certains antispasmodiques. Pour que rien ne nous échappe, nous allons ranger par ordre de gravité croissante les nombreux et mouvants tableaux de l'état spasmodique primitit et les montrer surtout dans leurs rapports thérapeutiques avec les agents que nous étudions.

1° Mobilité nerveuse.

D'abord, arrêtons-nous un instant devant la, mobilité nerveuse ; et puisqu'on n'en parle plus, qu'est-ce que la mobilité nerveuse? C'est un état intermédiaire au spasme et à l'innervation viscérale normale. 11 touche à l'état vaporeux, le précède immédiatement, en est la condition nécessaire, et n'attend qu'une intensité croissante dans ses phénomènes où le contact de la cause la plus légère peut s'élever jusqu'à lui. La mobilité nerveuse n'est très-souvent que le plus haut degré de la prédisposition aux spasmes. C'est cet état lui-même exagéré et prêt à passer à la maladie au moindre ébranlement. Il est constitutionnel chez bien des femmes. Hoffmann l'a admirablement décrit, et Gorter, sous le titre de Mobilitas, en a, on ne peut mieux, fait voir les conditions et le faciès. Chez beaucoup de personnes, il est acquis et accidentel. Une vie molle et luxuriante, l'oisiveté, la diète prolongée, les convalescences de maladies graves, les évacuations excessives de toute espèce, mais surtout sanguines, le chagrin, la peur, toutes les passions dépressives, l'hypochondrie, l'abus des bains trop chauds, tout ce qui débilite ; en un mot (caractère fort important), tout ce qui affaiblit l'énergie cérébrale en exal-

AiO MÉDICATION ANTISPASMODIQUE.

tant et faisant prédominer vicieusement l'innervation viscérale, jette dans la mobilité nerveuse. Nous rendrons bientôt cette proposition claire et distincte, en montrant comment elle est déduite de l'observation.

Impressionnabilité soudaine et sans cesse renaissante du centre épigastrique ; anxiétés précordiales, bouffées de cbaleur au visage, tressaillement involontaire à la plus légère surprise. Une porte qui se ferme, un attouchement ou une parole inattendus de quelqu'un qu'on ne voyait pas, sont la cause de ces émotions disproportionnées. Des frayeurs paniques, des susceptibilités vaines et déraisonnables, des pleurs pour rien, une pusillanimité excessive, une influence démesurée causée par la plus faible surcharge électrique de l'atmosphère, un effroi qui va jusqu'à la syncope produit par la crainte du tonnerre et de l'orage, etc., etc., tels sont les caractères auxquels on reconnaîtra la mobilité nerveuse avant qu'elle n'engendre l'état vaporeux.

Cette disposition organique arrivée à un certain degré est déjà susceptible d'être combattue et [palliée par des antispasmodiques. Bien qu'à l'aide de ces moyens on ne doive pas espérer détruire la diathèse de mobilité, on peut cependant, lorsqu'elle est exagérée, atténuer ses accidents les plus incommodes, et empêcher par là l'invasion imminente des vapeurs. Il suffira souvent pour cela de prendre tous les matins 2 grammes de poudre de valériane suspendue dans une tasse d'infusion de fleurs de tilleul, et dans les moments de plus grande mobilité, quelques cuillerées de sirop d'éther ou d'un verre d'eau sucrée très-chargée d'eau distillée de fleurs d'oranger. A propos d'autres médications, nous avons indiqué les moyens de faire cesser plus radicalement les conditions de la mobilité nerveuse, et, par suite, les accidents qu'elle occasionne.

2" Vapeurs et spasmes.

Ils ont des caractères variables en raison du point de départ de Vaura, condition qui entraîne aussi quelques différences dans la plus ou moins grande efficacité des remèdes antispasmodiques. Les anciens pathologistes avaient fixé à trois le nombre des foyers d'oii Vaura semble s'élever : l'épigastre, le cœur et les organes génitaux. Ils auraient dû y ajouter la région qu'occupe le paquet des intestins grêles. Commençons par ceux dont Vaura part, des organes qui concourent à la digestion. Ce sont, en général, les plus amovibles, ceux qui retentissent le moins sur l'innervation musculaire :

1 ' Les anxiétés épigastriques sont, comme nous l'avons déjà vu, un des caractères de la mobilité nerveuse. Quelquefois elles sont si incessantes et si intenses, qu'elles causent des nausées, rarement des vomissements complets, une cardialgie qui rompt les forces, plonge dans la tristesse la plus noire et la plus bizarre, et ce qui est son effet le plus funeste, enlève l'appétit, s'oppose aux digestions, et produit une distension gazeuse de l'estomac suivie d'éructations explosives, bruyantes, non ni-

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doreuses, non acides. Cet état prolongé amène aussi des gastralgies distinctes des névralgies franches de l'estomac par les spasmes de l'œsophage et la dysphagie passagère qui viennent s'y joindre, par leur douleur moins exquise, mais dilacérantc et accompagnée d'un affaissement moral qui va jusqu'au désespoir. D'après Sauvages, il s'ensuit quelquefois un ictère très-long à se résoudre. Pour le premier groupe de symptômes (dyspepsie, flatuosités inodores, etc.), l'usage de la poudre de valériane immédiatement avant et même après le repas (2 grammes dans la première cuillerée de potage) est un moyen que nous avons vu souvent réussir. Pourtant l'asa fœtida est préférahle. Lorsqu'il s'y joint des vomissements purement spasmodiques ou l'espèce de gastrodynie que nous avons décrite, l'éther à doses élevées réussit très-souvent, de l'aveu des meilleurs thérapeutistes. Le camphre combiné à la jusquiame aété aussi fort préconisé dans les mêmes circonstances.

11 y a des cas où, chez les personnes très-nerveuses, Vaura naît de rhypochondre droit, accompagné de douleurs poignantes et erratiques, d'une grande anxiété, de jactation continuelle, d'éructations continuelles aussi et sans odeur, mais d'évacuations abondantes d'une bile verte et ténue, crue, pour nous servir d'une expression qui rend très-bien notre pensée, rejetée par en haut dans le plus grand nombre des cas, cet ensemble d'accidents ayant été précédé d'autres troubles nerveux et du découragement profond où jettent tous les spasmes dont Vam^a s'élève des organes de la digestion. C'est la fameuse colique bilieuse, si bien décrite par Sydenham. Malgré l'autorité de Boerhaave et Van-Swieten, qui se sont attachés à réfuter Sydenham sur ce point, et à montrer que ce groupe de phénomènes était toujours symptomatique d'une hépatite, de calculs biliaires ou d'un épaississement de la bile qui ne pouvait s'écouler de ses canaux, etc., on ne saurait douter que, moins souvent sans doute que ne le pensait l'Hippocrate anglais, cet état ne soit dû à un trouble purement spasmodique. Nous connaissons une dame chez qui la mobilité nerveuse est au plus haut degré, et qui éprouve souvent, et de la manière la plus fidèle, tous les accidents que Sydenham a assignés à cette forme de spasme. Les antispasmodiques et les bains froids lui réussissent très-bien.

Lorsque les douleurs prédomineront, les antispasmodiques tirés du règne animal devront être préférés. Le musc, le castoréum, seront ceux qu'on choisira. C'est probablement dans ces cas que l'éther a si bien réussi entre les mains de Durande, de Richter, de Sœmmering. Bien que dans cette singulière affection les antispasmodiques ne soient pas seuls utiles et échouent quelquefois, on devra toujours les employer et les combiner de diverses manières dans des points où on fera entrer en même temps les opiacés et les calmants en général. Quant à l'ictère, qui en est quelquefois la dernière scène, il ne faut pas attendre sa guérison des remèdes dont nous étudions l'action.

Il est certaines coliques néphrétiques qui simulent la colique calculeuse

et sont de même nature que celles que nous venons de décrire; elles réclament les mêmes moyens. On voit plus fréquemment les spasmes abdominaux se montrer sous forme d'anxiété, de passion mésentér/que, comme l'ont dit quelques anciens. Cet état s'accompagne de borborygmes, d'intumescences tympaniques survenant rapidement et cessant de même, de battements tumultueux et violents dans différentes portions de l'aorte abdominale. L'asa fœtida réussit mieux dans ce genre de vapeurs. En pilules et mieux en lavements à la dose de 2 grammes, il triomphe assez aisément de ces flatuosités; c'est à lui aussi qu'il faut s'adresser lorsque chez les femmes la valériane n'aura pas eu de succès. Les spasmes de l'intestin se traduisent assez fréquemment, chez les hommes principalement, par des coliques qui simulent l'iléus et opèrent une telle déjection des forces avec pâleur et sueurs froides, qu'on a vu alors des syncopes prolongées amener la mort : c'est la colique iliaque nerveuse dont Barthez a fait le sujet d'une fort belle monographie. Le musc et surtout le castoréum, le camphre, l'ambre, le succin, ont paru mieux agir dans ces cas que les autres antispasmodiques. Les potions seront administrées de préférence aux lavements, sans qu'il faille rejeter ceux-ci; l'éther devra presque toujours en faire partie.

Venons aux spasmes dont IVmrrt est thoracique. Ce sont les palpitations de cœur, l'étouffement, la toux convulsive et l'asthme : nous n'y comprenons pas le hoquet, certaines anomalies de la phonation, non plus que l'aphonie nerveuse qui doivent être rangés, le premier dans les accidents précurseurs, les deux autres dans les suites des attaques d'hystérie violentes.

Les palpitations de cœur, si communes chez les personnes nerveuses, cèdent à quelques gouttes d'éther, quand elles ne sont pas intenses et ne constituent pas une maladie véritable ; mais quelquefois elles sont presque continuelles, soulèvent la poitrine avec force, s'accompagnent la nuit de sueurs profuses et affaiblissantes, d'urines limpides, de froid aux pieds, d'un pouls sec, nerveux, et dont la force est dans une disproportion surprenante avec celle des chocs que l'œil perçoit souvent à la région du cœur ; elles empêchent le malade de se livrer à la moindre occupation. Bien que d'abord elles ne soient le symptôme d'aucune lésion anatomique du cœur, elles peuvent en devenir la cause ou tout au moins la première scène. Elles présentent ce caractère de gravité plus chez les hommes que chez les femmes; nous ne parlons pas d'hommes hypochondriaques. Les antispasmodiques les plus actifs devront être employés tour à tour en pilules et en potions. La valériane et l'asa fœtida auront ici la préférence et mettront fin le plus souvent à ces palpitations quand toute la maladie sera là. Mais, comme elles sont dans un grand nombre de cas sous la dépendance de l'hypochondrie, il faudra soigneusement s'enquérir de celte condition, dont l'existence ne permettra guère à la médication d'être radicalement utile.

Le mot étouffcment surprendra sans doute quelques pathologistes. Nous

ne savons pourtant quel nom plus convenable imposer à certaines anhélations qu'on pourrait appeler asphyxies spontanées ou dyspnées nerveuses; état particulier de l'innervation pulmonaire qu'il serait par trop ridicule de rattacher à une lésion organique ; état qui n'est pas l'asthme, qui n'est ni une apoplexie ni même une congestion du parenchyme pulmonaire» mais qui est une des mille formes vaporeuses et qui tourmente beaucoup certaines personnes. L'air a beau entrer sans peine jusqu'au fond du poumon, les inspirations ont beau être profondes et répétées, un sentiment d'asphyxie opprime ces personnes ; il semble que tout à coup (car ces étouffements sont toujours subits dans leur invasion, leur cessation) le sang ne s'oxygène plus, que les nerfs pulmonaires soient paralysés. Cet état est commun aux deux sexes; il cause des angoisses et une mélancolie profonde, commence par se faire sentir quatre ou cinq fois dans un jour, dure trois à quatre minutes d'abord, puis finit par ne laisser que peu d'intervalles de bien-être, pendant lesquels le malade ne cesse de bâiller. L'éther, au moment de ces accès d'étoufFements spasmodiques, lorsqu'ils sont déjà intenses, l'eau distillée de fleurs d'oranger, lorsqu'ils n'incommodent pas encore beaucoup, et l'usage journalier, matin et soir, de pilules d'asa fœtida jusqu'à la dose de 2 à 4 grammes par jour, rendront de grands services dans cette espèce de spasmes fort incommodes qui peuvent devenir graves par la mélancolie et l'impuissance musculaire où ils jettent les malades.

Comme pour les palpitations de cœur, la condition est que ces spasmes asphyxiques ne soient pas engendrés par un état hypochondriaque, ce qui, nous devons en avertir, est assez commun.

La toux convulsive est plus souvent un des jeux de l'hystérie qu'un spasme propre et indépendant. Quelquefois néanmoins elle est isolée et plus rebelle peut-être qu'aucun autre spasme. Son caractère est d'être comme convulsive, inattendue, très-fréquente, mais non quinteuse, non dyspnéique, sans expectoration, ne présentant que des signes d'auscultation négatifs, et d'être quelquefois entrecoupée par des étouffements ou des spasmes de l'œsophage. C'est encore pour l'asa fœtida, ou même l'oxyde de zinc unis à l'opium, ou encore mieux pour la belladone, que l'expérience s'est prononcée dans cette espèce de toux. tr Notre tâche n'est pas de prouver qu'il existe des asthmes essentiels» c'est-à-dire indépendants de toute lésion matérielle du larynx, des poumons, du cœur et des gros vaisseaux. Nous supposerons ces faits admis et connus. Ce que nous avons fait pour les autres spasmes, nous ne le ferons pas pour celui-ci, parce que cela nous mènerait trop loin. Galien avait déjà rangé l'asthme essentiel parmi les spasmes. Rivière, Willis, F. Hoffmann, Baglivi, Sauvages, ont fait de même en s'aidant de tous les caractères de cette affection et en la comparant aux autres maladies spasmodiques et flatulentes. Le catarrhe capillaire dont l'asthme est généralement accompagné n'en est point la cause. Comme pour toutes les névroses pulmonaires, l'asa fœtida tient le premier rang parmi les anti-

spasmodîques dans le traitement de l'asthme. La gomme ammoniaque, peu applicable aux autres formes spasmodiques, a, dans ce cas, une spécificité d'effet attestée par tous nos devanciers. Ilàtons-nons de dire que cette maladie résiste trop souvent à ces moyens les mieux dirigés, et qu'alors, d'autres agents l'emportent sur eux, comme nous l'avons exposé en traitant des solanées vireuses. Ce qui est fréquemment la cause de ces échecs, c'est que l'asthme, bien que purement nerveux, est une expression morbide dans un grand nombre de cas, succédanée d'autres affections. C'est ainsi que le principe goutteux a le triste privilège de se revêtir souvent de cette forme ; que certaines évacuations, hémorrhoïdales, par exemple, que des ulcères aux jambes, des affections dartreuses, etc., disparaissent pour être remplacés par un asthme que les antispasmodiques n'ont pas alors le pouvoir de guérir, mais seulement de pallier. Il faut donc, avant de les employer, rechercher soigneusement l'étiologie du mal pour ne pas compromettre des médicaments que nous avons vus souvent soulager notablement les malades.

Il n'est pas inutile non plus d'ajouter que l'asthme périodique qui revient toutes les nuits, par exemple, pendant une quinzaine de jours, qui cesse alors pour reparaître plus tard avec plus de durée et de violence et s'accroît ainsi progressivement, s'accommode moins bien des antispasmodiques que certains asthmes attaquant de préférence les hommes moins âgés que le précédent, ayant une marche moins périodique, étant plutôt rémittents qu'intermittents, et allant, d'une manière inverse de l'autre, décroissant de plus en plus avec les progrès de l'âge. Le premier n'en devra pas moins être combattu par ce genre de moyens; mais nous avons cru remarquer que leur influence y était plus douteuse, et surtout moins entière et moins durable.

L'asa fœtida seul, la gomme ammoniaque seule aussi, et associée au savon lorsqu'il se joint aux phénomènes nerveux l'existence d'une pituite tenace et crue dont l'expectoration abondante est le signe de la cessation de l'accès, sont ici les antispasmodiques par excellence. Ils devront être portés à des doses élevées, être pris tous les jours jusqu'à la quantité de 2 grammes d'abord, puis 4 et 8 grammes miême en pilules ; puis, l'asthme disparu, on devra les continuer encore, en suspendre l'usage quelques jours, puis y revenir, et cela plusieurs fois et pendant longtemps. Les malades devront réserver une certaine quantité de leurs pilules pour les prendre immédiatement avant l'invasion présumée de l'accès. Pendant la durée de celui-ci, les potions éthérées en atténueront la violence et pourront en hâter la fin.

Nous verrons dans un instant que l'existence des lésions pulmonaires ou cardiaques dans l'asthme est loin de contre-indiquer dans tous les cas l'emploi des antispasmodiques.

Il nous reste à parler des spasmes dont l'aura est fourni par les organes delà génération. La femme seule va nous occuper, car s'il est des hommes hystériques dans le sens de vaporeux; si, à n'en pas douter, on en voit

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qui présentent mille troubles spasmodiques essentiels, s'élevant, mais rarement, jnsqii'cà la convulsion, l'aura de ces spasmes émane toujours d'autres foyers nerveux que de ceux du système reproducteur, et Fhystérie, dans le sens rigoureux de ce mot, n'appartient qu'à la femme.

On trouve pourtant dans quelques auteurs du siècle dernier des observations appartenant à des jeunes gens arrivés à l'âge de la puberté, chez lesquels Vaura spasmodique s'élève manifestement des organes génitaux (cordons spermatiques et régions des vésicules séminales en particulur), va bouleverser tout le reste du système nerveux de la vie nutritive, jette même dans des convulsions, tout cela à la manière de l'affection hystérique. Mais ces cas sont très-rares et sont toujours heureusement terminés après le développement complet des organes qui, par leur prédominance rapide, avaient un instant joué chez les adolescents le rùle tyrannique du système analogue chez la femme.

De toutes les affections spasmodiques, celle dont Y aura a une origine hystérique sont les plus rebelles, les plus compliquées, celles aussi qui presque seules vont solliciter des mouvements désordonnés dans le système des muscles de la vie animale, et subjuguer le centre cérébral au point d'en suspendre momentanément toutes les attributions. Comme nous l'avons déjà avancé en traitant de divers antispasmodiques en particulier, elles peuvent mentir tous les autres spasmes, être la cause de tous isolément et de tous simultanément.

Bien peu de femmes en sont tout à fait exemptes : Fœminarurn enim paucissimœ ah omni horum affectuum specie prorsùs liberœ sun(, si istas çxcipias quœ, laboribus assuetœ, duré vitarn tolérant (Sydenham). On sait jusqu'à quel point toute la femme est influencée par le système utérin pendant la période de la vie où il fonctionne. Démocrite exprimait ainsi cette pensée dans une lettre à Hippocrate : Sexcentarum œrumnarumi inûumerarumque calamitatum autorem esse uterum.

Nous devons répéter ici que les accidents spasmodiques de l'hystérie céderont d'autant mieux à l'emploi des médicaments qui sont l'objet de ce chapitre, que ces accidents seront plus isolés, plus vagues, plus récents, et s'épuiseront plus en mille anomalies sur l'innervation des différents organes du ventre et de la poitrine. C'est surtout chez les femmes où k mobilité nerveuse est très-prononcée, qui sont d'une complexion délicate, vaporeuse, que l'hystérie se borne à exercer son influence sur l'innervation de la vie organique. Chez celles-là, la passion bystérique gagne moins souvent les portions du système nerveux affectées à la production des mouvements volontaires, et établit plutôt sa tyrannie, comme dit Hoffmann, sur les fonctions vitales ; mais aussi elle s'y joue sous mille apparences, et reproduit à elle seule tous les spasmes simples et douloureux dont Vaura a pour foyer d'autres organes. Au contraire, le second degré de l'hystérie, celui qui est caractérisé par les convulsions et la suspension d'action des sens et du centre cérébral attaque plus souvent les femmes puissantes, fortes, celles qui sont le moins nerveuses. C'est ce

qu'avait déjà si bien observé Sydenbam : Fœminœ quibus hœc species, quœ uteri slrangulatus vulgà audit, familior est, temperamento sunt ut plurimùm plusquàm solet sanguineo et habita corporis ad viragines accedente.

Aidé du précepte général que nous venons d'énoncer et des nombreuses indications que nous avons déjà eu occasion de formuler dans nos études sur la Valériane, l'Asa fœtida et l'Éther en particulier, le praticien saura à quels antispasmodiques s'adresser dans le traitement de tous les accidents hystériques.

Disons un mot de la Médication dans le cours des attaques et dans les nombreuses affections nerveuses qu'elles laissent après elles. En premier lieu, les attaques convulsives de l'hystérie doivent-elles être traitées, arrêtées dans leur marche? Non, quand par leur intensité ou leur durée excessives elles ne menacent pas d'interrompre l'action de quelqu'une des fonctions les plus immédiatement nécessaires au maintien de la vie. Si paroxismus levior esse solet, absque ulteriori spirituum perturbatione, siiâ sponfe pertransire permittatur. (Willis.)

Les femmes hystériques désirent leur attaque; elles appellent les convulsions par l'expérience qu'elles ont qu'un accès franc et violent met fin à l'état d'angoisse, aux mille et un spasmes viscéraux, à ce que Sydenbam nommait mœstiora illa Tzxf)-^, qui sont les précurseurs de l'attaque. uUne observation, que tous les médecins peuvent avoir occasion de faire, et à laquelle M. Camper est le seul qui paraît avoir fait attention, c'est que, chez les personnes sujettes aux congestions et à qui différentes causes peuvent en occasionner, si quelqu'une de ces causes agit sur elles et les a dérangées considérablement, elles ne peuvent ordinairement se remettre qu'après avoir eu des convulsions ; c'est l'état, dit M. Camper, d'un ciel nébuleux qui ne peut s'épurer sans orage, n (Tissot.)

Des larmes abondantes, des urines copieuses et limpides, sont aussi très-souvent la crise qui remplace les convulsions. C'est comme si nous disions qu'une personne sous le poids d'un vif chagrin sent ce poids allégé par les pleurs qu'elle répand ; qu'une autre est soulagée si, amassant depuis longtemps de la colère et de l'indignation, elle peut pour ainsi dire évacuer ces causes de tourment et d'angoisses au milieu d'un flot de paroles amères et avec des mouvements comme convulsifs auxquels sa volonté est étrangère. Ce sont des preuves de plus en faveur de notre opinion sur la nature des affections spasmodiques essentielles.

Mais comment faut-il se conduire dans la supposition que nous avons établie plus haut ? Les moyens les plus puissants de rappeler une femme suffoquée par un accès d'hystérie, plongée dans un état cataleptique ou comateux qui peut inquiéter, ces moyens ne se trouvent guère dans les antispasmodiques. On peut cependant approcher du nez quelques-unes de ces substances, mais en choisissant les plus actives, celles dont l'odeur est plus énergique.

De tout temps, le musc, le castoréum, l'ambre, les plumes brûlées, le

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camphre, ont été employés dans ce but. Les emplâtres formés de ces remèdes et appliqués sur le ventre, ont une action qui nous paraît bien équivoque. Donnés en lavements quand ceux-ci pourront être administrés, ils devront avoir plus d'action.

• Quant à la pratique de Forestus, que nous avons rapportée à propos du musc, son succès incontestable est dû à la cause que nous avons indiquée à l'article où ce médicament est traité. Ce qui le prouve, c'est que bien des médecins avant lui avaient eu les mêmes résultats, mais avec le doigt seul et non enduit de mélanges antispasmodiques. Galien et Avicenne recommandent la titillation du clitoris. Ambroise Paré a décrit ce procédé sans y ajouter l'intromission d'un antispasmodique porté sur le doigt ; ce qui montre bien que ce moyen agit non par le médicament, mais par la titillation seule, comme le ferait toute impression vive capable de réveiller les instincts de la femme et de rappeler la puissance vitale à des mouvements de conservation. C'est ce que voulait Aëtius par les procédés suivants : Os œgrœ aperiatur ac médius digitus ad vomitum proliciendum intromitatur... et super hœc omnia, mulier magnis vociferationibus excitetur ac vocetur. Ces moyens seraient plus convenables que ceux des galénistes et des Arabes, dont Sennert dit : Frictio ista (la titillation du clitoris) à cliri&tiano medico suadenda non videtur. Quels que soient les moyens de ce genre qu'on emploie, leur but et leur théorie sont les suivants : Rompre la chaîne de certaines émotions instinctives pathologiques, pour les remplacer par des émotions instinctives physiologiques. Voilà à quoi se réduit la fameuse indication des antispasmodiques portés directement sur les organes génitaux.

Il est inutile de dire que les antispasmodiques sont sans efficacité contre ce qu'on a nommé les grands spasmes comme la catalepsie, l'extase, et toutes les formes qu'on ne revoit plus de nos jours, mais dont le moyen âge est rempli.

Parmi les résultats qu'entraînent à leur suite les paroxysmes hystériques très-violents, il en est qui constituent de nouvelles maladies, d'autres qui ne consistent qu'en des vestiges plus ou moins opiniâtres ; ceux-ci, en général, obéissent assez bien aux antispasmodiques, tandis que les premiers exigent des moyens plus énergiques et d'un autre ordre.

Ces accidents consécutifs des paroxysmes hystériques peuvent être divisés en deux séries, selon qu'ils succèdent :

1" A des attaques intenses, chez des femmes qui les essuient à des intervalles assez éloignés; et dans ce cas ils sont de deux espèces, dont la première rappelle le tableau de la mobilité nerveuse, et la seconde comprend la fièvre spasmodique, la stupeur hystérique, et divers troubles qui portent principalement sur la sensibilité et le mouvement des organes de relation;

2» L'autre série de ces accidents se remarque chez les femmes qui depuis fort longtemps sont à l'épreuve de tous les troubles hystériques; qui, sans avoir eu des attaques complètes et véhémentes, en éprouvent

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de fractionnées, d'incomplètes, de non critiques, par lesquelles l'afTection spasmodique nie semble n'être pas suffisamment jugée, mais chez qui elles se renouvellent très- fréquemment et pour la moindre cause, qui en outre, depuis un long temps aussi, ressentent presque incessamment l'hystérie vaporeuse sous toutes ses formes. La condition qui sépare surtout ces dernières des premières, c'est que chez celles-là l'intervalle des attaques étant comblé parla série sans fin des spasmes viscéraux, cet état peu à peu enraye les digestions, altère les sécrétions et ralentit insensiblement sur toutes les fonctions assimilatrices. Ces malheureuses femmes, avant d'arriver aux lésions organiques proprement dites, qui chez elles sont assez rares, passent par une suite de désordres nerveux si continuels, si généraux et si graves, qu'elles résument à elles seules toute la classe des névroses, depuis les spasmes si mobiles jusqu'aux vésanies les plus rebelles, et que d'autres fois, la fièvre, l'insomnie, etc., les conduisent, par la perversion de tous les actes nutritifs, à une atrophie générale ou à des cachexies, etc.

La chlorose est très-souvent engendrée de cette manière. C'est ainsi qu'il faut s'expliquer pourquoi les écrivains des derniers siècles reconnaissaient des scorbuts hystériques et plaçaient cette maladie à la suite de l'hystérie comme étant un de ses produits : Quamvis autem satis patcat originarium hujus niorbi [hysteria) foinilern in humorihus nullatenus stabidari, fatendum est tanien {quod res est) spirituin aTa^îav il.lam, cui morbus dtbetur, humores putridos in corpore coacervandos gignere, cùm tam illai'iim partium functio quœ vehementiori spirituum impulsu distenduntur, quàm earum quœ illis privantur omnino pervertatur. Cumque harum pleraque organa sint quasi sepai^atoria, excipiendis cruoris recrementis designata si earum functiones quovis modo lœdantur^ fieri non poiest guin inyens fœculentiœ colluvies accvmuletur. Haie ego adjudico CACHEXiAS insigniores^ àvopeçîav sive appetitûs prostrationem ; injuvenculis c/ilorosin sive febrim albam [quain quidem specicm esse affectiortis hystericœ non dubitd) aliamqne omnem malorum lernam in qnâ immerguntur misellœ, quotquot hoc morbo diu elanguerunt, quce omnia à succis putrescentibus in sanguine congestis, atque exinde in organa varia depluentibus, succrescunt . (Sydenh.) AYillis, Gorter, Hoffmann, Wyth, etc., ont partagé les mêmes opinions.

Pour ce qui est des antispasmodiques dans le traitement de ces accidents consécutifs, la mobilité nerveuse cédera d'elle-même; mais on peut en hâter la terminaison par la valériane et l'éther, comme nous l'avons déjà indiqué en traitant de cet état spécial. Quant à la fièvre spasmodique et aux diverses paralysies si bizarres, aux aphonies, aux amau roses, aux hémiplégies, etc., certainement la valériane et l'asa fœtida, dont le célèbre ^\'yth a eu tant à se louer en pareille occurrence, les dissipent quelquefois, et nous en avons été témoins; mais leur combinaison avec d'autres moyens, que nous apprécierons plus tard en parlant de la médication sédative, les aff usions froides^ par exemple, sont des armes bien plus puis-

santés, et ici les antispasmodiques sont des remèdes utiles, mais de second ordre. La fièvre spasmodique pourtant, se passe souvent de tout autre traitement que de la valériane en lavements ou de l'asa fœtida donné de la même manière.

La seconde série d'accidents consécutifs que nous avons établie est presque toujours recueil des antispasmodiques. Voilà pourquoi Pomme, dont l'ouvrage est presque en entier écrit sous la dictée de faits semblables, proscrivait si exclusivement et si amèrement ces agents thérapeutiques, et avait bâti une théorie (le racornissement des nerfs) d'après laquelle il rejetait tout ce qui n'était pas humectant gX relâchant. Mais la confiance qu'il commandait, l'assurance de ses jugements et de ses promesses, son charlatanisme ont autant contribué à ses succès que les bains tièdes prolongés et l'eau de poulet.

Restent trois affections convulsives ou spasmodiques où nos agents sont avantageux, mais comme moyens accessoires d'autres moyens plus appropriés : ce sont l'éclampsie, les convulsions des enfants, et la danse de Saint-Guy. Remarquons qu'elles semblent manquer assez souvent du caractère qui assure presque toujours le succès des antispasmodiques, savoir le foyer viscéral de Vaura. La valériane et l'éther pour les deux premières, la valériane, l'asa fœtida pour la danse de Saint-Guy, continués dans ce dernier cas longtemps et à doses progressivement croissantes, aideront Faction des moyens plus énergiques que ces maladies réclament. L'éclampsie y cédera rarement, soit par une inefficacité absolue des remèdes, soit par l'impossibilité de leur administration. Les convulsions des enfants quand elles pourront permettre l'ingestion du sirop d'éther, de l'oxyde de zinc, s'en trouveront bien.

En nous éloignant de plus en plus du caractère essentiel que nous avons assigné au spasme, nous rencontrons l'épilepsie, le tétanos, l'hydrophobie, etc., maladies dont le traitement a sa place partout et nulle part.

Les faits principaux que nous venons d'exposer dans ce paragraphe se prêtent très-bien à quelques considérations générales qui maintenant trouvent leur place et peuvent, si elles sont bien comprises et bien retenues, permettre à l'esprit d'oublier les nombreux éléments dont elles sont le résumé :

1" Les spasmes essentiels dont l'invasion a lieu de la manière la plus brusque, qui ont le caractère de la fugacité, de la mobilité, qui sont avortés, incomplets et encore à l'état de vapeurs (palpitations, étouffements, globe hystérique, anxiétés viscérales, quel que soit le foyer de Vaura), sont plus spécialement en rapport thérapeutique avec les substances antispasmodiques dont l'action a, comme eux, pour caractère l'instantanéité, la fugacité ou la promptitude à s'user, qui soulagent de suite ou sont de nul effet (eau distillée de fleurs d'oranger, valériane, éther sulfurique) ;

2° Les spasmes pulmonaires obéissent en général à des remèdes antispasmodiques dont l'action est plus fixe. Les gommes fétides, et à leur têtel'asa fœtida et la gomme ammoniaque, rencontrent dans ces affections leur indication la plus importante et la plus expresse; la première de ces substances jouit aussi plus sûrement que ses analogues de la propriété de faire cesser les flatiiosités, et en général toutes les exhalaisons gazeuses inodores chez l'homme. La valériane réussit mieux contre les mêmes accidents chez la femme ;

3° Les spasmes avec douleur dont l'aura est presque toujours épigastrique, hypochondriaqne ou mésentérique, réclament plus spécialement les antispasmodiques tirés du règne animal, comme le musc, et surtout le castoréum. Il faut mettre sur la môme ligne le camphre en premier lieu, puis l'ambre et le succin, que l'expérience a aussi consacrés dans la menstruation douloureuse.

4** L'hystérie convulsive ne demande de Médication que dans des cas rares. Les affections qu'elle laisse après elle ne répondent heureusement aux remèdes antispasmodiques que lorsqu'elles retracent les formes vaporeuses. Leur efficacité devient d'autant plus douteuse qu'on s'approche davantage des hauts spasmes, des névroses primitives des fonctions animales, des paralysies, ainsi que des cachexies produites par les spasmes viscéraux opiniâtres et entretenus par des causes inamovibles morales ou d'un autre genre.

2" DES MÉDICAMENTS ANTISPASMODIQUES DANS LEURS RAPPORTS AVEC l'ÉTAT NERVEUX CONSIDÉRÉ COMME ÉLÉMENT ASSOCIÉ AUX AFFECTIONS AIGUËS ET

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