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partie de la cinchonine sous forme de Cinchonine pure 100 gr

cristaux. Les eaux mères, réduites par Acide sulfurique au dixième.. . q. s.

distillation au quart de leur volume, don- Délayez la cinchonine dans l'eau dis-

neront une nouvelle cristallisation de tillée bouillante. Ajoutez-y l'acide sulfu-

cinchonine. Enfin, les dernières eaux rique jusqu'à ce que la liqueur représente

mères donneront par l'évaporation un une légère réaction acide au pajiier. Eva-

mélange de Quinine et de cinchonine porez a solution lentement dans nue

qu'on pourra séparer en mettant à profit étuve. Le su fate de cinchonine crislal-

l'inégale solubilité de leurs sulfates. Ce- Usera en prismes rhomboïdaux courts,

lui de cinchonine reste dans les eaux durs, transparents.

mères. Il existe en quantité plus ou moins On prépare d'une manière semblable

notable dans celles qui proviennent de presque tous les autres sels de cincho-

la préparation du sulfate de Quinine. nine.

HISTORIQUE

Les propriétés médicales du Quinquina furent tout à fait inconnues en Europe et en Amérique même, jusqu'en 1638. Ainsi cent cinquante ans à peu près s'écoulèrent entre la découverte du nouveau-monde et celle des propriétés du Quinquina. On a dit et on a répété que longtemps avant l'expédition de Colomb, de Cortez et de Pizarre, les Péruviens connaissaient les propriétés fébrifuges du Quinquina, mais qu'ils avaient voulu les tenir cachées à leurs oppresseurs. On comprend jusqu'à un certain point que deux ou trois familles s'entendent pour ne pas révéler un secret, et que ce secret soit gardé pendant quelques mois; mais que tout un peuple sache une chose, et que tous le cachent pendant un siècle et demi, en haine d'hommes dont ils avaient embrassé la religion, dans la famille desquels ils vivaient, et auxquels ils étaient mêlés par des mariages légitimes ou illégitimes ; imaginer que pas un prêtre espagnol n'eût reçu une pareille confidence par l'ascendant de la peur et du confessionnal ; que pas un chef de famille atteint de fièvre ne fût

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parvenu à surprendre par les menaces, par les supplices ou par la ruse, le secret de ses malades ou de ses domestiques, qui sous ses yeux se guérissaient de la fièvre intermitente : c'est là une de ces idées qui répugnent au bon sens, et on ne comprend pas comment des gens d'ailleurs graves ont pu l'admettre un instant.

Quant à cette autre idée que les Indiens ont été instruits des vertus fébrifuges du Quinquina par des lions atteints de fièvre qui sont venus instinclivement s'abreuver et se guérir dans des mares où gisaient renversés des cinchonas, le lecteur nous permettra d'attendre, pour examiner de pareilles inepties, qu'on ait d'abord bien constaté l'existence des lions dans le Pérou et jusqu'à quel point ces animaux ont jamais éprouvé la fièvre tierce ou quarte.

Il est beaucoup plus probable que l'écorce du Quinquina aura été essayée contre les fièvres, au même titre que les autres amers conseillés par tous les médecins dans ces maladies, que l'expérience aura démontré l'beureuse influence de ce moyen qui, d'abord connu de quelques personnes, a acquis bientôt une grande notoriété.

Joseph de Jussieu, frère d'Antoine et de Bernard, qui fut envoyé en Amérique en 1735, avec la mission d'étudier Thisloire naturelle du pays, et d'envoyer ses plantes au Jardin du Roi, désigne positivementles Indiens du village de Malacatos, à quelques lieues au sud de Loxa, comme les premiers qui aient possédé la connaissance des propriétés du Quinquina. Il jeta sur le papier, à ce sujet, lors de son voyagea Loxa, en 173D, une note qui fait partie d'un mémoire sur le Quinquina écrit en latin et resté inédit. Nous allons ici reproduire le texte de cette note qui se trouve consigné dans le travail sur les trois règnes de la nature de M. Lemaou', p. 121.

« Certum est qui prius notitiam virtutis et efficaciœ huj'us arboris kabuere, fuisse Indos vici Malacatos. llis cum, ob calidum simul et launidum et inconstantiam tempérament i ac inclementiam, febribus intermittentibus maxime essent obnoxii, rcmedium tam importuni morbi quœsivisse necessum fuit ; et clim, regnantibus Ingas, fuerunt Indi botanices periti, et virlutum herbarum indagatores accrrimi^ factu variarum plantarum experientiâ, tandem Kinakinœ corticem ultimum ac ferè unician febinum intermittentium specificum remedium invenêre. JSec alio nomine avbor apud illos nota quàm ab efftctu. Vocârunt Yara-Chucchu, Gava-Chucchu : Yara idem est ac arbor, Gava idem est ac cortea: ; Chucchu horror, frigus, febris horripilatio \ quasi diceres arbor febrium intermittentium; Ayac- Gava vocurunt quasi diceres corticem amarum. — Forte fortunâ tum unus ex socielate Jesu iter habuerat per vicum Malacatos, is luborans febri intermittente. Misericordiâcommotus Indorumdux^ quem cacique vacant^ cognito reverendi patris morho : « Sine paululum, inquit, et ad sanitçitem perfectam te ) estituam.n Hoc dicto,exstlil admontem Indus, corticem dicium attulit et decoctum ipsius patri propinavit. Sanatus et ad perfectam sanitalem restitutus, jesuita perquisivit quod genus medicamenti appiicaverat

Indus. Cofjnito cor lice, hujus non exiguam quantitatem collegit jcsuita, et, ad patriam redux, eudem virtute ac in Peruvinâ regione pollere cxpertus est : indc nolus primo fuit cortex Pulveris Jesuitici nomine, etc., etc. »

On dit aussi, et cette anecdote est probablement controuvée, que l'épouse du vice-roi, du Pérou, le comte d'El-Cinchon, atteinte à Lima d'une fièvre intermittente opiniâtre, fut guérie par le Quinquina. Ce remède lui avait été indiqué par le corrégidor de la ville, que la clameur publique avait instruit des propriétés de cette écorce.

La vice-reine, par reconnaissance, se fit protectrice du nouveau remède et le distribua elle-même à tous les fébricitants. De Là le nom de Poudre de la comtesse, sous lequel le Quinquina fut d'abord connu : et comme les jésuites de Lima, dans un esprit de charité, se mirent à donner le Quinquina aux pauvres malades, il fut bientôt connu plus particulièrement sous le nom de Poudre des Jésuites ou des Pères. Cependant ceux-ci en envoyèrent à Rome au général de l'ordre, qui en remit une certaine quantité au cardinal de Lugo, d'oii le nom de Poudre cardinale, qui fut donné aussi au Quinquina.

Cependant en 1640, le comte et la comtesse d'El-Cinchon, revenus en Espagne, vantèrent et popularisèrent ce remède, et on en fit venir tout de suite une telle quantité d'Amérique, que les écorces manquèrent, et que les négociants du Pérou trouvèrent plus simple d'y substituer de mauvaises écorces, ce qui, pour un instant, jeta de la défaveur sur le

Le nouveau remède trouva de nombreux détracteurs. Il fut proscrit par des facultés, et des médecins qui osèrent en expérimenter les cifcts furent l'objet de persécutions. C'était au point que Frassoni, médecin cà Rome, qui croyait aux propriétés fébrifuges du Quinquina, n'en put trouver chez les apothicaires, quin'osaientpas en vendre, et qu'il se vit forcé d'adresser ses malades à des religieuses qui leur vendaient ou qui leur donnaient dn Quinquina. (Torti, Tlierop. spécial., p. 3.) Le Quinquina était déjà en honneur en Angleterre en 1660, suivant le témoignage do Sydenham. Cortex peruvianus, cujus Pulvis Patrum vulgo nomine insignitur, annis abhinc quinque et viginti ('16fi0) {si benè memini) apud Londinenses nostros, in extei^minandis febribus intei^mittentibiis, maxime quartanis primo cœpit inclarescere. (Syd., Epist.ad Rub. Brady, 1685.) Mais un alderman de Londres et un capitaine étant morts dans un accès au début duquel ils avaient pris du Quinquina, et la mauvaise administration du remède chez quelques malades n'ayant point empêché les récidives, le Quinquina tomba dans un discrédit dont il ne fut relevé que quelques années plus tard par Sydenham, vers i670. En 1()79, un empirique anglais, Tabor, Talbor, Talboth ou Talbot (car son nom est écrit de diverses manières par les contemporains), Talbot, disons-nous, qui devait connaître les travaux de Sydenhain, guérit Louis XIV d'une fièvre intermittente très-rebelle à l'aide d'un remède secret, qui déjà avait rappelé à la santé un grand nombre de personnes. Le roi lui acheta son «ecret 48,000 livres,

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lui fit une pension viagère de 2,000 francs, et l'éleva à la dignité de chevalier. Ce remède fut publié par ordre du roi en 1682. {Le remède anglais pour la guérison des fièvres, publié par ordre du roi, par M. de Blegny, à Paris, 1682.) Ce n'était autre chose qu'une teinture vineuse de Quinquina très-concentrée.

La puissance de Louis XIV, la haute considération dont il entoura Talbot, la munificence des largesses dont il le combla, l'exemple qu'il donna à son peuple, les ordres qu'il intima aux facultés de médecine du royaume, donnèrent en un instant une vogue inouïe au Quinquina. L'Europe suivit immédiatement le ton donné par la France, et, peu d'années après la publication du secret de Talbot, l'écorce du Pérou était devenue un remède populaire. Les travaux de Badus, de Sydenham, de Morton, de Torti, de Lancisi, de Werlhoff, etc., eic, consacrèrent par les témoignagnes scientifiques les plus graves la grande puissance du Quinquina et son importance thérapeutique. Quelques voix s'élevèrent, il est vrai, contre ce précieux médicament, et l'on regrette de compter parmi les antagonistes du Quinquina, Ramazzini et Baglivi ; mais ces deux praticiens rougiraient peut-être aujourd'hui de ce qu'ils ont écrit sous l'influence de quelques mauvaises passions.

A la fin du siècle dernier, et au commencement de celui-ci, la doctrine de Brown donna au Quinquina, dans le traitement de presque toutes les maladies, une vogue que l'expérience a démentie.

Mais en 1820, MM. Pelletier et Caventou, appliquant au Quinquina les procédés chimiques que Sertuerner avait appliqués à l'opium, découvrirent la quinine, comme celui-ci avait découvert la morphine, et l'administration du Quinquina n'en devint que plus facile.

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