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Traité de thérapeutique infantile médico-chirurgicale

Voici les raisons pour lesquelles il y a lieu d'étudier spécialement la thérapeutique infantile.

Si les mêmes causes morbifîques frappent lenfant, ladulte et le vieillard, les réactions de Forganisme sont différentes aux divers âges et c'est essentiellement dans la manière dont réagit l'organisme que réside la caractéristique de la maladie.

La technique d'exploration clinique usitée pour l'adulte doit être radicalement modifiée pour l'enfant, et déjà, à ce point de vue, réel est l'embarras d'un médecin, même instruit, qui n'est pas familiarisé avec l'examen des enfants. Il fera cependant son diagnostic, mais certainement après des hésitations, avec une lenteur que lui eût épargnées une préparation spéciale : hésitations et lenteur qui pourront dans bien des cas porter préjudice au malade en égarant la thérapeutique.

Or, au point de vue de la thérapeutique, la nécessité de faire un diagnostic prompt chez les enfants, est d'autant plus impérieuse que leurs maladies ont souvent une marche rapide et requièrent une prompte intervention. Suspendre le diagnostic, c'est se condamnera prescrire une thérapeutique purement symptomatique, qui est parfois dangereuse ; si, par exemple, on donne un purgatif contre l'arrêt des garde-robes dans l'appendicite ou si on administre l'opium contre la diarrhée dans l'urémie scarlatineuse.

Pour soigner avec succès les enfants, il faut acquérir, si on ne les possède pas, trois qualités : la douceur, la patience et la fermeté.

La douceur est indispensable : « Quiconque, a dit un des maîtres de la pédiatrie française, voudra soigner les enfants avec succès, si savant qu'il soit, devra avoir les qualités et presque forcément quelques-unes des allures d'une intelligente garde-malade, d'une bonne mère » (Archambault). Il faut donc aimer les petits enfants : « Car ceux-ci ne s'attachent vite qu'à celui qui les aime et. une fois malades,

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c'est à lui seul qu'ils manifestent par signes ou par paroles ce qu'ils éprouvent réellement ". Quand on aborde le berceau ou le petit lit, il faut bannir l'air bourru et croquemitaine.

La patience, compagne naturelle de la douceur, n'est pas moins nécessaire. Pour bien soigner les enfants, il faut beaucoup de temps, beaucoup plus de temps que pour soigner les adultes. Car l'examen clinique est déjà plus long, et il est en outre indispensable de donner à 1 entourage du petit malade les plus minutieuses explications sur le traitement. La patience est la principale qualité des diplomates, et c'est souvent de la diplomatie que nous avons à faire.

Nous devons exercer notre sagacité à reconnaître parmi les personnes qui entourent l'enfant malade celle qui mène les autres ; ce n'est pas toujours la mère, c'est quelquefois une grand'mére, plus souvent une vieille bonne dévouée, mais dont le dévouement, faussé par des préjugés, peut être nuisible. Cette personne, qu'on présume devoir être l'arbitre plus ou moins déguisé du traitement, il est prudent de la sonder pour savoir ce qu'elle pense et, quand on a constaté qu'elle a des idées fausses sur la manière de soigner l'enfant, il est habile de ne pas attaquer de front ses préjugés ; mieux vaut les tourner, cest-à-dire faire des concessions pour en obtenir.

I/imporlant est donc de discerner, parmi les indications tliérapeuti(|ucs à remplir, celles qui sont capitales, et qu'il faut obtenir à tout prix, de celles qui sont secondaires et sur lesquelles seulement peuvent porter les concessions.

il est souvent indispensable d'expliquer minutieusement, et dans un langage approprié ùleur condition sociale, aux personnes qui appliquent le traitement le but qu'on se propose d'atteindre et p(»urquoi ou fait telle cliose pluli'it que telle autre. Un médecin d'enfants ne peut être un silencieux, avare de ses paroles.

Il doit même autant rpie possible laisser par ccrit les indications les plus nettes sur ce ((ui doit èlre fait, préciser par exemj)le non seulement la nature des aliments, mais les heures aux(|uelles ils seront donnés; on fixera aussi exactement les heures auxquelles seront administrés les médicaments, .\ucun détail n'est oiseux en pareille matière.

l'arconlre, il faut se ganler d'un (''cueil : la multiplicité excessive dos roconiniandaliuiis futiles. .V vouloir exiger trop <le choses des garde-malades, on lasserait leur patience et leur attention ; on s'exposerait à leur faire oublier les indications de premier ordre : ce serait làeher la proie pour l'onibre.

Si, dans sa première visite au «'hevel d'un enfant, le médecin a di"i •lèpI.iv.T (unie la «li.ii, .111 .1 ii.ui.' la patience dont il est ca|)ablepour

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amadouer son petit malade et conquérir la confiance de l'entourage, la seconde visite va nécessiter la mise en vigueur de la troisième qualité dont nous avons à faire preuve et qui doit faire équilibre aux deux premières.

A cette seconde visite, si le médecin constate que les prescrijjlions indispensables sur lesquelles il avait insisté n'ont pas été exécutées, alors la patience et la douceur doivent céder le pas à la fermeté. Il doit sans hésitation menacer de se retirer et de ne plus donner ses soins, s'il n'est pas aveuglément obéi.

Mais il est important que nous ne protestions qu'à coup sûr contre l'inexécution de nos prescriptions. La conservation de notre prestige est à ce prix. Nous devons commencer par nous faire raconter ce qui a été exécuté depuis notre précédente visite, puis nous faire montrer les potions pour vérifier si la quantité convenue a été administrée ; il y a lieu de faire garder les matières excrétées, les langes souillés, les ui'ines, si l'âge de l'enfant le permet; car dans certains cas on peut contrôler l'exécution des prescriptions par Texamen chimique ou micrographique des excrétions.

Ces préliminaires posés, jetons un coup d'œil rapide sur les problèmes que la thérapeutique infantile est appelée à résoudre.

Le médecin d'enfants a naturellement à traiter d'abord les mêmes problèmes que tout médecin. Ainsi, il doit en premier lieu chercher à instituer, toutes les fois qu'il le peut, une thérapeutique pathogénique.

Quand la thérapeutique pathogénique nous est interdite, nous pouvons encore rendre de grands services en instituant avec intelligence et ingéniosité la thérapeutique symptomatique, pour laquelle nous avons à notre disposition un arsenal médicamenteux de jour en jour plus riche.

Mais, en outre, la thérapeutique infantile se trouve en présence de problèmes spéciaux, qu'on peut rattacher à quatre groupes de circonstances :

A. Les phases particulières du développement de leuftint;

B L'allure spéciale des maladies chez lui ;

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