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C. Les particularités physiologiques de son organisme

D. Le mode d'administration et le dosage des médicaments.

A. — L'enfant peut être lié prématurément ou congénitalement débile ; d'où la nécessité de moyens énergiques pour le défendre contre liiianition et le froid (gavage, couveuse, etc.).

11 va traverser, avant d'arriver à l'adolescence, des phases de son

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évolution qui sont rallaitement, la dcMitilion. le sevrage, la croissance, la puberté. Do chacune de ces étapes de sa vie découlent des indications thérapeutiques.

Le médecin, digne de ce nom. (jui c.-f consulté pour un enfant à l'occasion d'une maladie même insigniliante. ne doit pas se préoccuper seulement de diagnostiquer et de guérir celle-ci, mais son devoir est de s'inquiéter de l'avenir pathologique présumable de cet enfant ; car il sait que l'éducation, dirigée diinc certaine manière, permet souvent de faire une prophylaxie victorieuse et quune thérapeutique à longue portée peut modifier assez profondément le terrain organique pour y détruire des germes morbifiques qu'il recèle déjà, mais qui y sommeillent encore.

Nous aurons donc à nous inquiéter du tempérament physiologique (nerveux ou bilieux, par exemple), — des tempéraments morbides ou diathèses (le lymphatisme et la scrofule, lartliritisme), — des germes infectieux que l'enfant a pu recevoir j)ar hérédité, ou acquérir dès le bas âge.

Les maladies viennent à lenfaiit par les mèinos processus palhogéniques généraux que chez l'adulte, tels que mon maître, le professeur Ch. Bouchard les a analysés dans son lumineux enseignement doctrinal : les troubles primitifs de la nutrition, les réactions nerveuses, l'infection ou parasitisme, l'intoxication (toxi-infection et autointoxication).

Mais, à propos de chacun de ces processus, l'Age du sujet soulève des particularités dignes d'intérêt.

Qu'il s'agisse des troubles de la nutrition hérités et innés, comme les diathèses, fjue peut-être des conseils médicaux donnés à propos aux procréateurs permettraient quelquefois d'éviter aux enfants ultérieurement procréés, — ou que Ton envisage des maladies de nutrition acquises par des vices d'hygiène, comme l'athrepsie et le rachitisme, — le médecin d'enfants rencontre dans cette voie spéciale des indications thérapeutiques.

Considérable est le vMe des réactions nerveuses dans la pathogénie «les maladies de l'enfance (convidsions, spasmes glottiques, cliorées) ; nous avons i\ chaque instant à les conibattre; aussi devonsnous savoir bien manier les moyens hygiéniques et les agents médicamenteux appropriés (hydrothérapie, kinésithérapie, antispnsmodi(pics. etc ).

Si <"hez ra<bdtc liiifcclion a ])ris de plus en plus le pas sur les autres processus palhogénirpies par suite des découvertes de ces dernières années, combien son rôle est plus grand encore chez l'enfant ! C^elui-ci est un terrain vierge, ne possédant encore aucune des ininuinitis

' PARIICULARITES PHYSIOLOGIQUES i)

que confèrent les vaccinations morbides successives. En outre, son organisme a tant de portes ouvertes ! Il n'y a qu'à citer la plaie consécutive à la chute du cordon, qui peut être l'occasion de l'érysipèle et delà phlébite; les excoriations des fesses, des talons favorisées par l'irritation des téguments au contact de Turine et des matières fécales ; les dermites eczémateuses provoquées souvent par une alimentation maladroite, mais qu'infecteront secondairement les microbes pyogènes, toujours présents, prêts à engendrer les gourmes impétigineuses, les angioleucites et les adénites. Énorme est donc le rôle de l'antisepsie préventive dans la thérapeutique infantile, comme est énorme le rôle des infections primitives (fièvres éruptives, coqueluche) et des infections secondaires (broncho-pneumonies, otites, adénites).

L'auto-intoxication et les toxi-infections parle tube digestif tenant une des plus larges places dans la pathologie infantile, le médecin d'enfants doit être plus familiarisé que tout autre avec le maniement des agents antiseptiques. Ajoutons que les maladies vermineuses engendrées par le grossier parasitisme animal se voient beaucoup plus souvent cliez l'enfant : c'est à son chevet que nous avons presque toujours à instituer les médications vermifuges.

B. — La marche des maladies chez l'enfant est souvent plus rapide que chez l'adulte ; s'il guérit plus vite, il est plus rapidement aussi en danger à cause de la moindre résistance de son organisme. D'où la nécessité d une thérapeutique active : « Frapper vite et juste » doit être, comme on la dit, notre devise.

Le corps de l'enfant, qui use à s'accroitre tous les matériaux que l'alimentation lui apporte, n'a presque pas de réserves. Cette particularité nous fait une loi de le nourrir en toutes circonstances, en nous ingéniant à tourner les dillicultés que soulève, dans les maladies aiguës ou chroniques, le mauvais fonctionnement de son appareil digestif. Une surveillance vigilante de l'alimentation s'impose non moins impérieusement pendant la convalescence.

C. — L'organisme de l'enfant présente des particularités physiologiques, d'où découlent des indications thérapeuticjues particulières. Chez lui, par suite de la rapidité de la circulation, de l'activité plus grande des échanges moléculaires, l'absorption est plus rapide : l'iptégrité ordinaire des émonctoires, que n'ont pas encore encrassés les scories d'une longue vie, rend l'élimination plus rapide aussi ; quant à la réaction de l'organisme vis-à-vis des médicaments, par suite de l'impressionnabililé plus grande du système nerveux et de la brusque-

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rie tics n-llexes vaso-moteurs, souvent plus intense, elle est, quelquefois, autre que clicz l'adulte.

De là certaines règles plus particulièrement applicables à la thérapeutique infantile : l'emploi de doses faibles, mais réitérées, la nécessité de tàler la tolérance individuelle, de s'informer des inlluences héréditaires, de s'enquérir si l'enfant a déjà pris tel médicament, à quelles doses et comment il la supporté. Outre les idiosyncrasies générales propres à l'enfance (belladone, opium, acide phénique, etc.)» il faut tenir compte des idiosyncrasies familiales.

Une dilliculté naît d'ailleurs de limpossibililé où l'on est, pour la première enfance toujours, et même souvent pour la seconde, de consulter les sensations du malade alin d'apprécier d'après celles-ci TelTet des médicaments prescrits ; le médecin d enfants est alors dans la situation du vétérinaire ; aussi doit il mieux connaître que tout autre les actions physiologiques des drogues qu'il administre, se guider sur le pouls. 1 état des pupilles, la diaphorèse. la soif, l'excrétion urinaire, etc.

1). — Enfin, la th<''rapenti(pie infantile difTère de celle des adultes par la nécessité d'approprier le mode d'administration des drogues et la posologie aux particularités physiques et mentales des sujets, à leur poids et à leurs caractéristiques physiologiques. Ce dernier point est celui que personne ne conteste ; il va être traité plus loin avec les détails qu'il comporte.

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