MÉNINGITES AIGLES
d'entérites. Ces microbes ne provoquent pas toujours des lésions suppuratives et irrémédiables. Ainsi s'expliquent probablement les guérisons d'accidents méningitiques, observées de temps à autres et citées comme dos guérisons de méningites tuberculeuses.
Mallieureusement la notion étiologique ne peut pas jusqu'ici nous guider dans l'institution du traitement, et nous n'avons guère à opposer aux diverses méningites que des moyens identiques. Mais ce qu'il ne faut jamais perdre de vue, c'est que le diagnostic de la méningite est un des plus difficiles qu'il y ait en médecine, et qu'il demeure toujours douteux quand il ne repose pas sur la réunion de tous les symptômes cardinaux.
Les états morbides qui peuvent surtout nous abuser sont \es pseudoméningites hystérique, vermineuse,de dont it ion , cJioréique, (irippale. Même, quand il y a incontestablement méningite, on n'est autorisé qu'après l'autopsie à affirmer qu'elle est tuberculeuse. Cette notion me paraît importante au point de vue thérapeutique ; si découragé qu'on soit lorsqu'on a posé le diagnostic de méningite, on n a pas le droit de laisser voir ce découragement et on doit toujours conduire le traitement avec énergie ; car on n'est jamais certain que cette méningite soit tu])erculeuse, et. si elle ne l'est pas, elle peut guérir.
La PROPHYLAxiK cousistc, au cours de tous les états morbides susceptibles de produire un transport d'agents infectieux surles méninges, à restreindre le foyer microbien autant que nous le permettent les moyens d'antisepsie dont nous disposons. Nous pouvons utiliser dans ce but, suivant les cas : le drainage des cavités suppurantes ; les irrigations antiseptiques multipliées dans les otites, les phlegmons amygdaliens, les suppurations delà bouche, des fosses nasales ou de '(trbite, dans les arthrites et autres abcès ; les médicaments qui peuvent, en s'éliminant par la muqueuse bronchique, exercer une action antiseptique dans les pneumonies et broncho-pneumonies (cucalyptol, créosote, chloroforme, térébenthine et ses dérivés, benzoato (le soude, copahu, hyposuHito do soude").
Le traitement des tuberculoses locales, osseuses, articulaires, cutanées (gommes, lupus) est un moyen de prévenir la dissémination des bacilles do Koch.
ritAiir.Mi'NT. — La méningite une l'ois déclarée, les moyens usités par la j)hipart des médecins se résument en trois groupes : 1" it'vulsifs locaux sur lo cuir chevelu, 2" révulsifs iiilostiiiaux, 3 ■ caliiiaiils de l'oxcilation nerveuse.
pour agir jocalemont, on a appliqué des vésicatoires sur \o cuirchovelu rase; on a fait des fi'ictions avec l'huilo de orolon. la jxtmiua,],.
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stibiée, des onclions avec l'onguent napolitain, avec la pommade iodoformée à 10 ou 20 p. 100. Vapplication de la glace me paraît toujours préférable.
Comme révulsifs intestinaux, on emploie les imrgatifs. quiservent en même temps à combattre la constipation, généralement opiniâtre au début : laxatifs huileux, calomel, jalap. J'ai vu, comme1)eaucoupde médecins sans doute, des accidents d'apparence méningitique disparaître rapidement après l'expulsion d'iielmiiitlies. Aussi je ne manque jamais de commencer le traitement de toute méningite par une dose assez forte de calomel.
Comme calmants, on a le choix entre les bromures, le chloral, l'éther, la valériane, les autres antispasmodicjucs.
Enfin il est de règle dans la méningite tuberculeuse d'administrer toujours Viodure depoinssuim. à doses assez élevées; non pas qu'on puisse en espérer ni une action antibacillaire, ni une influence résolutive sur les exsudais, mais avec l'arrière-pensée qu'une erreur de diagnostic est toujours possible et qu'une syphilis cérébro -méningée peut simuler la tuberculose de l'encéphale et de ses enveloppes.
Je ne puis qu'onumérer, pour mémoire, quelques médicaments qui ont joui d'une vogue passagère: l'extrait de noyer (Luton), le phosidiore (sirop de Fauconnet), — là2 milligr. parannées quecompte l'enfant, — l'iodoforme (Greenway) associé àl'élher (Lemoine), le tannin (Duboué). Je trouverais plus logique d'employer la créosote ou le gaïacol en injections sous-cutanées, parce que leur propriété antibacillaire est moins contestable.
4° Méningite chronique. — Les poussées aiguës étant combattues par les moyens précités, il faut insister sur les révulsifs tels que pointes de feu sur le cuir chevelu, sétonà la nuque, sur l'usage répété des purgatifs drastiques, et surtout sur une hygiène générale et cérébrale de nature à prévenir le retour des accidents aigus.
5° Tumeurs des méninges. — Certaines tumeurs des méninges causent des accidents de compression ou d'irritation sur la zone corticale sous-jacente, et on peut alors diagnostiquer leuf siège et les enlever. Mentionnons encore certaines tumeurs congénitales qui font saillie hors du crâne et simulent une encéphalocèle. J'en ai extirpé une qui sortait du crâne à la racine du nez.
MÉNINGITE SPINALE. — Il n'y a guère d'indications thérapeutiques spéciales découlant de la localisation des processus morbides sur les méninges rachidiennes. On aura plus souvent à com-