MEK BAINS DE
Les enfants convalescents de maladies infectieuses, fièvre typhoïde, diphthérie, même s'ils ont eu certains accidents nerveux, comme les paralysies, les ozéneux, les filles n'ayant (ju'une anémie légère; les enfants ayant certaines tuberculoses locales gang-lionnaires. non suppuratives, ou suppurées et avec fistules, osseuses (mal de Pott) ou articulaires (tumeurs blanches).
On doit se guider dans le choix d'une plage d'aprèsle tempérament des malades et d'après la saison. Les plages françaises du Nord, depuis Boulogne jusqu'à Étretat, sont réputées exercer une action plus tonique et conviennent surtout aux rachitiques, aux lymphatiques et scrofuleux atoniques. Mais elles sont plus souvent brumeuses, dénuées de végétation, exposées sans abri auvent le plus froid ; ces raisons doivent en faire écarter les enfants ayant quelque tendance au rhumatisme ou aux affections des voies respiratoires.
Les enfants à tendances nerveuses se trouveront mieux aussi sur les plages de la Normandie et de la Bretagne. Je crois qu'on fera bien d'éviter le voisinage des estuaires, où l'eau de mer est limoneuse, oîi la fièvre paludéenne règne assez; souvent.
On recherchera les bords du littoral où la radiation lumineuse est intense, où l'action bienfaisante des elUuves chlorurés, iodiques et ozonisés, dégagés par la mer et les plantes marines, est doublée des autres avantages d'une abondante végétation terrestre. Aux enfants de trois à dix ans conviennent surtout les plages de sable fin. où on peut les laisser jouer et s'ébattre un peu sans fatigue ; les enfants plus âgés trouvent l'exercice et la distraction plus aisément sur les plages agrémentées de rochers couverts de varechs et de coquillages.
Les plages de l'ouest, depuis la Loire jusqu'à l'emboucliure delà Gironde, sont plus chaudes et on peut y rester jusqu'à une époque plus avancée de la saison. Enfin, à l'automne, on utilise celles du golfe de Gascogne.
L'hiver, on n'a le choix qu'entre le littoral de la Méditerranée et Arcachon. qui est abrité dans sa baie et par ses pins ; ce sont surtout les tuberculeux qu'on envoie là. En hiver, les rachitiques peuvent fréquenter, outre les plages méditerranéennes, certaines plages bretonnes, baignées par le Gulf Streamet à températureassez constante.
Il est prudent de ne pas donner immédiatement les bains quotidiens ; trois ou quatre joiirs seulement après l'arrivée, quand les enfants sont déjà acclimatés à l'air marin, on donne un premier bain d'une ou deux minutes; on augmente ensuite jusqu'à cinq minutes, en obligeant les enfants à prendre du mouvement pendant qu'ils sont dans l'eau. On leur fait prendre en sortant un bain de pieds chaud et on les frictionne énergiquement.
426 Mir.nAiNE
Si après quelques bains on remarque un certain degré dexcitalion cérébrale (céphalée, insomnie, irritabililé), on laisse un intervalledun ou deux jours entre deux bains. L'anorexie, la constipation, un léger état saburral nécessiteront parfois l'administration de laxatifs et damers. Mais en général lappétit est exalté, la puissance digestive accrue, et il y a même quelquefois lieu de modérer l'ingestion des aliments pour prévenir le surmenage du tube digestif.
Pour les enfants quisupportentmal l'immersion danslamer, on peut tirer un bon parti des bains de mer chauds de cinq à dix minutes.
MICROCÉPHALIE. — Dans ces dernières années, Lannelongue a proposé de pratiquer la crdaicctomic linéaire ou à lambeau pour rendre au cerveau la possibilité de prendre une expansion entravée par l'ossification prématurée des sutures du crâne. L'opération est i)énigne grâce à l'antisepsie, mais les résultats fonctionnels sont souvent nuls, tout au plus médiocres, en sorte que l'on a presque complètement renoncé à ces tentatives chirurgicales et l'on retourne au traitement pédagogique (voyez Idiotik).
MIGRAINE. — Chez les enfants issus de souche neuro-arthritique, surtout chez les filles de mères byslériques et sujettes elles-mêmes à la migraine, cette névrose apparaît quelquefois d'assez bonne heure.
^Manifestât ion de l'hystérie précoce, elle sera attaquée dans sa cause (voyez IIystkuie).
En outre, la mauvaise hygiène des enfants riches élevés d'une manière molle, lasédentarité avec veilles, leslravaux scolaires, la fatigue de la vue (mauvais éclairage pour la lecture, livres imprimés en caractères trop fins ou peu nets), d'où l'asthénopie accommodative, sont des causes ii recherciier pour y porter remède.
La chlorose, rimpaludisme,hi syphihs seront aussi cherchés, et, s'ils existent, combattus.
Le mauvais fonctionnement du tube digestif, notamment la dilatation de l'estomac et la constipation, donnent la clef du traitement de bon nombre de céphalées migrainiformes.
La rliinile chronique, l'hypertrophie amygdalienneavec véffélations adénoï<les, la dentition défectueuse et la carie sont encore des facteurs de migraine.
1) où les principales médicalidus : hygiène alimentaire et générale régiihirisée (suppression des veilles, exercice en plein air).
Uf'viilsion locale : stypage au (.Idorurc «le niélliyh'. massage, vésicatoires, électricité stalifjue.
MILIAinE. MINÉRALES (eAUx) 427
Médicaments nervins: anlipyrine, quinine, valérianates, bromures. Toniques (arsenic, fer). Alcalins chez les arthritiques.
Au moment de l'accès, l'enfant sera tenu dans l'isolement et l'obscurité, à la diète qui sera facilement acceptée, puisqu'à l'ordinaire il y a un état nauséeux et souvent des vomissements, auxquels on opposera l'eau de Vais ou de Vichy glacée.
MILIAIRE. — Les éruptions vésiculeuses qui se produisent soit sous l'inllueiice des sueurs, soit au cours de certaines maladies infectieuses (polyarthrite aiguë fébrile, fièvre typhoïde, scarlatine, etc.), ne réclament d'autre traitement que le poudrage avec l'amidon ou le talc, quelques bains d'amidon, l'onction avec la pommade à l'oxyde de zinc ou au bismuth, si elles persistent ou se reproduisent plusieurs fois. On en évitera souvent la production, en ne couvrant pas les enfants de couvertures trop chaudes et en maintenant la température de leur chambre, surtout en été, à un degré modéré.
MINÉRALES (Eaux). — 11 existe de nos jours un engouement croissant en faveur des eaux minérales. Il serait présomptueux de prétendre s'opposer à ce grand courant d'enthousiasme; peut-être n'est-il pas inutile de le canaliser. Les eaux minérales constituent certainement, au moins dans leurs types principaux, de précieux agents thérapeutiques.
Mais, à propos des 2i jours traditionnels de villégiature autour d'une source, il est dangereux de laisser croire aux gens que la guérison ne peut être obtenue qu'en certains endroits où on passe un certain temps ; car rien n'est plus contraire à la bonne direction de leur santé. Tous les efforts des médecins devraient tendre à convaincre les autres hommes que la maladie, qui est presque toujours la conséquence d'erreurs hygiéniques longtemps prolongées, ne peut être guérie que par un retour prolongé à une meilleure manière de vivre.
A force d'entendre tant de médecins leur recommander avec insistance telle ou telle cure thermale pour leurs enfants, beaucoup de personnes de ressources pécuniaires médiocres s'imposent des sacrifices souvent disproportionnés avec les résultats à obtenir. Or, l'argent ainsi dépensé en trois semaines dans une station balnéaire permettrait sans doute une plus longue villégiature en un endroit où la vie serait moins onéreuse et où les enfants pourraient faire plus ample provision de santé, dans la plaine, au voisinage des bois ou sur la montagne. Ou bien l'argent économisé servirait à améliorer pendant tout le reste de l'année la nourriture, à utiliser d'une manière plus fréquente la gymnastique et l'hydrothérapie qui coûtent
428 MINÉRALES (eAIx)
cher, à augmenter le prix du loyer pour avoir un appartement plus grand et plus salubre.
Quant aux familles riches, on n'a pas à leur sujet ces préoccupations ; mais, avant de les envoyer avec leurs enfants, un peu par mode et pour leur faire plaisir, dans diverses stations balnéaires, qucUiuefois deux ou trois par an, il faut encore réfléchir que la vie errante est bien loin d'être favorable à la santé des enfants. L'alimentation, même dans les grandshôtels, est rarement ce qu'elle devrait être ; les dyspeptiques perdent trop souvent, par les méfaits de la table dhôte, ce qu'ils peuvent gagner de bon au « griffon », sans parler des infections plus ou moins durables, que l'enfance récolte dans ces logis de hasard, trop peu désinfectés.
Ces critiques ne s'appliquent, bien entendu, qu'à labus et non à l'usage des stations balnéaires; mon sentiment est que nous devons envoyer aux eaux les enfants pour les((nels nous sommes convaincus qu'elles seront utiles, et dans ce cas notre devoir est de prendre l'initiative, mais nous ne devons ni suggérer sans utilité l'envoi aux eaux par consentement à la mode, ni donner un assentiment banal à la proposilion do parents désœuvrés, ou mal éclairés sur le véritable intérêt de leurs enfants.
Ces réserves faites, il faut savoir quel parti nous pouvons tirer des eaux minérales en thérapeutique infantile, et nous le saurons en prenant pour guide le médecin d'enfants qui les a étudiées avec le plus grand soin, M. Jules Simon.
On peut demander aux cures thermales de modifier les diathkses : la scrofule et l'arthritisme. (Pour l'herpétisme, on a pu voir p. 372.) que je ne le distingue pas de l'arthritisme.) On enverra donc aux stations hydro-minérales les scrofuleux. pour lesquels il y a contreindications à la cure maritime (voir Mkii).
Pour la scrofule ordinaire sans complications spéciales, nous avons les eaux clilururres de Saliesde-Béarn, les thermes salins de Biarritz, les eaux de Salins (Jura), de Salins-les-Moustiers (Savoie); ces dernières sont chaudes {3')^), les premières froides (14" i\ 15°). Mais, comme, dans les établissements balnéaires, on chauffe à volonté les eaux froides et qu'on laisse refroidir les eaux chaudes, il n'y a peutêtre pas lieu d'attacher une importance absolue à la température naturelle des eaux.
Les scrofuleux ayant des manifestations ostéo-articulaires douloureuses, du rhumatisme chronicjue, seront envoyc's à Boiirbonne (Haute-Marne), à Bourbon-rArcJianibault (.Mlier).
L«'S scrofuleux fibèses Iroiivcroii! à Brives des eaux chloi'urces .sulfalt'cs.
MINÉRALES (eAUX) 429
Les scrofuleux avec dermatoses chroniques seront dirigés sur le s eaux chlorurées de Challes (Savoie) ou les sulfurées sodiques de Barèges (Pyrénées).
Aux scrofuleux ayant du coryza chronique, des otites, des blépha rites, aux scrofulo-arthritiques conviennent mieux les chlorurées sulfurées d'Uriage (Isère).
On peut encore envoyer les scrofuleux, s'ils ont des catarrhes persistants des voies respiratoires, aux eaux sulfureuses de Luchon , de CautereLs, aux eaux sulfo-arsenicales de Saint-Honoré (Nièvre), à la condition qu'ils aient un tube digestif en bon état; c'est encore plus vrai pour l'eau chlorurée bicarbonatée, si riche en arsenic, de la Bourboule (Puy-de-Dùme).
Les sujets chez lesquels la scrofule n'est encore qu'à l'état de lymphatisme, s'ils sont en outre rhumatisants, même s'ils ont eu des complications cardiaques, peuvent être adressés à Saint-Nectaire, à Royat; ceux qui ont de la constipation habituelle, peuvent bénéficier de Chatel-Guyon (Puy-de-Dôme).
Aux arthritiques conviennent les eaux oligo-métalliques de Royat; s'ils ont eu de l'entérite, on choisit Plombières (Vosges); s'ils sont très nerveux, Néris (Allier), Bagnères-de-Bigorre (Pyrénées).
Les rliumatisants ne doivent être envoyés aux eaux que s'ils ne sont plus fébricitants, si la poussée aiguë est déjà éteinte depuis un certain temps, s'ils n'ont pas d'endocardite récente, ni de néphrite. Aux rhumatisants lymphatiques conviennent Bourbonne (chlorurées sodiques), Aix-en-Savoie, Cauterets, Luchon, Barèges (plus ou moins richement sulfurées); s'ils ont des troubles digestifs, on les enverra plutôt à Plombières ou à Royat; s'ils sont anémiques, à Luxeuil (oligo-métalliques) .
On peut utiliser les eaux minérales dans beaucoup de dermatose s, (eczéma, psoriasis, lichen, etc.), mais on ne doit jamais y envoyer les malades pendant les phases d'acuité. Uriage convient dans les cas où existent des complications inflammatoires du côté des appareils sensoriels. On conseillera Saint-Gervais, Allevard, s'il existe un état névropathique ; Royat, quand il y a de la dyspepsie ; la Bourboule, si le dermopathe est affaibli ; les eaux Pyrénéennes (Luchon, Cauterets, Saint- Sauveur, Eaux-Chaudes), ou Aix-en-Savoie, si la dermatose coexiste avec le rhumatisme. Quand il y a des complications respiratoires, on choisit Cauterets, Saint-Honoré. Chez les petites tilles ayant, en même temps qu'une affection cutanée, des troubles ovariens, de la dysménorrhée, les Eaux-Chaudes, Saint-Sauveur sont plutôt indiqués.
Les maladies des voies respiratoiiies sont celles pour lesquelles
430 MINÉHALES (KAUX)
on est le plus souvent amené à employer les eaux thermales. Challes (eaux sulfurées, chlorurées, iodo-l»romurées) est une station où on traite avec succès le coryza chronique, où Yozène même s'améliore; Uriage est utile aussi dans les catarrhes chroniques naso-pha~ ryngiens. Les bronchites cJrroniciues sont amendées souvent par le Mont-Dore, les Eaux-Bonnes, Enghien, si commode pour les Parisiens et bien à tort dédaigné par eux.
Dans les bro7ichiles chronic[ues avec emphysème, avec adénopathie tracliéo-bronchique, M. Simon conseille pour les enfants les plus jeunes, .au-dessous de 7 ans, le Mont-Dore (altitude 1,000 mètres) ou, si on redoute cette élévation, AUevard (475 mètres); de 10 àlôans, on peut envoyer aux Eaux-Bonnes, à Cauterets (1,000 mètres), ou, si on redoute l'altitude, à Saint-Honoré, à Enghien, à Pierrefonds.
Le Mont-Dore, la Bourboule. Royat lui paraissent convenir plus spécialement aux bronchitiques entachés dherpétisme (nous dirions aux neuro-arthritiques dermopathes) ; Uriage, quand le terrain est scrofuleux.
Dans la tuberculose pulmonaire, la cure hydrominérale à la station ne peut être employée au-dessous de trois ans ; mais de 3 à 10 ans, le Mont-Dore, Allevard, Saint-IIonoré ; de 10 à 15 ans, les Eaux- Bonnes, Cauterets sont les stations les plus utiles. 11 est bienentendu que les hémoptysies. les poussées congestives fébriles, les désordres digestifs ofraves sont des contre-indications à toute eau thermale.
Les maladies du tlbe uicestif sont d une nature à être moins heureusement influencées par les cures deau minérale dans les stations. Je ne vois guère que les bicarbonatées sodiques de Vais (Ardèche), de Vichy (Allier), les bicarbonatt'cs calciques de l^ougues (Nièvre). qui puissent, avec des précautions sullisantes au point de vue de la quantité deau ingérée, être utilisées en boisson dans la cure de certaines dyspepsies gastro-intestinales ou gastro-hépaliques ; comme bains, Plombières réussit bien dans les entérites chroni(|ues, et Uoyat est favorable aux dyspeptiques arthritiques. Mais il faut répéter ici que le séjour des stations balnéaires ne dis|)ensc jamais de la stricto observance du régime alimentaire convenable, (j[ui est souvent dillicile dans les hôtels.
Les maladies du système xeuveix sont traitées surtout àNéris et à Bagnères-de-Bigorre.
MOLLUSCUM. — On donne le nom de molluscum ti des tumeurs ciilanics de deux espèces absolument dilTérentes : 1" Le molluscum lil)reux ou molluscum peuduluni ; 2" le molluscum conlagiosum ou acné varioliforme.
MUSCLES. MYÉLITE 431
Le molluscum contagiosurn est caractérisé par de petites tumeurs, en général multiples, mais peu nombreuses, ombiliquées à leur centre; d'où le nom d'acné varioliforme. On traite par l'excision d'un coup de cuiller tranchante ceux de ces éléments qui sont visibles : quelquefois cette indication opératoire est formelle, les éléments confluents causant une difformité faciale très accentuée.
Pour le molluscum fibreux, voyez Fibuomes.
MUGUET. — Voyez Stomatites.
MUSCLES. — Lamyosite ossifiante, qui a été signalée dans quelques rares cas sous forme de nodosités indurées siégeant dans le corps de certains muscles (grand pectoral, muscles du cou, des épaules, de labdomen, des membres), ne paraît céder à aucun traitement. L'iodure de potassium ne la modifie pas. Le massage rendra plus de mobilité aux parties du muscle qui ne sont pas dégénérées.
Hématome du sterno-mastoïdien. — Cette tumeur disparaît spontanément en 3 à 6 semaines, quelquefois 2 mois. On en hâtera la résolution par des onctions avec des pommades iodurées ou mercurielles, avec l'axonge et la lanoline comme excipient, l'enveloppement du cou dans l'ouate et quelques massages progressifs très doux (voyez Cou).
MUSCULAIRE (Atrophie). — 1' Progressive :a) myélo-
pathique. Type A ran-DucJK'mie. — C'cstle traitement de toutes les scléroses médullaires : galvanisation des centres nerveux et du grand sympathique pour modifier la nutrition et la vascularisation de la moelle. Comme médicaments, on utilise alternativement et suivant les indications symptomatiques dominantes : ergot de seigle, iodures. strychnine. — b) myopathique. (Voir Myopathies.)
2" Localisée. — Voir Articulations (arthrites) et Ruumatisme.
MYÉLITE. — i " Aiguë. — Traitement local. — Onctions avec l'onguent napolitain belladone le long du rachis. Ventouses sèches. Pointes de feu nombreuses et superficielles. Sac de glace.
Traitement général. — Calomel à petites doses réitérées.
En cas de rétention d'urine se prolongeant plus de douze heures, cathétérisme avec les précautions antiseptiques.
Prévenir les eschares du décubitus par les soins d'hygiène.
Calmer les douleurs par Tantipyrine, le salicylate de soude, l'opium, le chloral, les bromures.
432 MYKLITE. MYOPIE
2" Chronique. — Révulsion périodique le long du racliis.
lodure de potassium à doses faibles et prolongées.
V. Paralysie infantile, Tabès dorsal spasmodique, Mal dePott.
MYOCARDITE. — Voyez Cœuh.
MYOPATHIES. — a) Atrophique progressive {Types Liiitdonzij el Déjerine, Cltarcot. Krb, Leijden). Fahadisation localisée directe avec les deux électrodes humides appliquées au point du tégument correspondant à la masse musculaire qu'on veut faradiser. et indirecte (une électrode au-devant de la poitrine, l'autre active en un point où le tronc nerveux qu'on veut exciter soit sur un trajet superficiel, points d'élection de Duclienne).
^)Par polynévrites : Faradisation généralisée. Galvanisation et galvano-faradisation. Révulsion et massage.
MYOPIE. — Si la myopie est très souvent héréditaire et congénitale, il n'en est pas moins vrai qu'elle peut être créée et en tout cas aggravée par des conditions défectueuses de travail à l'école (myopie scolaire). De là un traitement propJiylacti(iae basé sur l'éclairage large, arrivant à gauche du sujet, sur l'emploi de tables inclinées à environ .30", sur l'usage de livres imprimés en caractères nets et suffisamment gros, sur tout ce qui peut, en un mot, éviter l'accommodation exagérée. Le traitement de la. myopie constituée consiste en l'emploi de lunettes à verres concaves, qu'on fera porter, pour une myopie notable, à partir de l'âge de 5 à (> ans. En règle générale on ne corrige pas la totalité de la myopie, mais sa moitié environ pour la vision de loin. La myopie est associée à GO 0/0 environ des cas de strabisme externe (voyez ce mot).
MYOTONIE. (Paramyoclonus multiplex.) — Aucun traitcmenl particulier autre que celui des névroses en général.
MYOTONIE congénitale. — Voyez Maladie ue Tiiomsex.
MYRINGITE. — Voyoz Oueilli; moyenne.
MYXŒDÉME. — Cet état morbide, qui est caractérisé par un trouidrtrophique généralisé des téguments et par la déchéance intellectuelle par suite de l'absence du corps thyroïde ou de sa transformation atrophique, doit être envisagé au point de vue chirurgical et au |)<)int de vue médical.
MYXŒDÈME. N.EVLS 433
Pour prévenir le myxœdème post-opératoire, quand on enlève un goitre, il faut laisser toujours une partie du tissu du corps thyroïde. Quand, après une extirpation de goitre, les signes de la cachexie strumiprive ou myxœdémateuse sont constatés, il y a lieu de faire vivre l'enfant dans un climat chaud et sec au grand air. On doit instituer un régime alimentaire très reconstituant, viandes grillées, œufs, lait en abondance salé et phosphaté. On emploiera comme médicaments, rhuile de foie de morue, les solutions iodurées et iodo-tanniques. On activera les fonctions cutanées par les bains salés et sulfureux, lef frictions sèches, la faradisation méthodique de la peau. On pourr; utiliser les injections sous-cutanées de sérum phosphaté. Le traitementhygiénique et médicamenteux sera le même pour le myxœdème congénital ou acquis, tenant à l'absence de corps thyroïde ou à son atrophie. Les tentatives faites par divers chirurgiens pour insérer sous la peau des corps thyroïdes d'animaux n'ont pas donné de résultats durables ; les injections sous-cutanées d'extrait glycérine de corps thyroïdes paraissent plus utiles. Mais les résultats les moins mauvais ont été obtenus par l'usage alimentaire de corps thyroïde de mouton, cru et pilé. Pour le traitement de l'état mental des myxœdémateux, voyez Idiotie.
N^VUS. — On appelle nœvi les diverses taches congénitales dont la peau peut être le siège. Les angiomes (voyez ce mot) constituent les nœvi vasculaires, de beaucoup les plus fréquents. Les nœvi pigmentaires, pileux ou non. sont des taches dont la couleur varie du brun au noir. Lorsqu'ils siègent sur une région apparente et lorsque leur étendue est compatible avec ce mode de traitement, on pratiquera l'extirpation suivie de réunion immédiate,
NASO-PHARYNGIENS. — Voyez Polypes.
NASO-PHARYNX. — Voyez PiiAin-xx.
NÉCROSE. — La nécrose es^t la mortification du tissu osseux,- Par son évolution naturelle elle aboutit à la séparation entre le mort et le vif : lorsque cette séparation est achevée, la partie nécrosée prend le nom de séquestre. Une première règle à peu près absolue, chez l'enfant tout au moins, consiste à ne pas intervenir tant que'le séquestre n'est pas constitué, car jusque-là on risque de faire trop ou trop peu. A la période de séquestration, l'intervention diiïère suivant la disposition anatomique des parties. Parfois ilscformp un séqu-2stre superficiel sur lequel on arrive après simple incision des parties molles =
TirÉRAPEUTIQUE IXFANÏILB. 93
434 NÉCROSE, XKPHRITES
rextraclion est alors d'une facilité extrême. Ou bien une cavité, le plus souvent tuberculeuse, contient un ou plusieurs séquestres, en général petits, dont l'ablation se fait au cours de l'évidement. Ou bien un petit os tout entier se nécrose (phalange par exemple) et est très aisément amené au dehors en introduisant une petite pince par la fistule à peine débridée.
Les séquestres les plus importants, les plus dilfieiles à opérer, sont les séquestres i?ii;a{yi»és de lostéomyélito prolongée (voyez Ostéomyélite).
NÉPHRITES. — 1° Aiguës. — Si tous les médecins pratiquaient régulièrement et systématiquement l'analyse des urines chez les enfants à l'occasion de tous les troubles de la santé pour lesquels ils sont consultés, ils constateraient que les néphrites aiguës sont chez eux beaucoup plus fréquentes qu'on ne l'admet en général. En laissant de côté les fièvres éruptives qui sont mal famées au point de vue de la provocation de l'albuminurie, comme la scarlatine à laquelle tout le monde pense, la rougeole qu'on suspecte moins, l'érysipèle qui détermine si souvent une détermination rénale passagère, les oreillons, le varicelle, qui la causent exceptionnellement, il faut songer à la fièvre typhoïde, à la grippe, à la diphthérie, parmi les infections classées; il faut surtout ne pas méconnaître les infections mal classées, comme les fièvres amygdaliennes (à streptocoques, staphylocoques ou pneumocoques) et les broncho-pneumonies. Cette fréquence des déterminations infectieuses sur les reins devait être rappelée au point de vue de la thérapeutique à instituer; car ce ne sont pas seulement les néphrites à grand fracas, se signalant par l'hématurie ou l'anurie, l'anasarque, l'éclampsie ou le coma, qui doivent être soignées ; ce sont aussi celles qui, évoluant silencieusement ou à petit bruit (céphalée vague, amblyopie fugace, oligurie et albumirmrie), n'en compromettent pas moins gravement parfois l'avenir rénal des malades. Dépistées et soignées d'une façon convenable, ces néphrites sournoises aboutiraient à la restauration intégrale de l'appareil sécréteur de l'urine, tandis que, contrariées dans leur tendance naturelle à la guérison par de défectueuses conditions alimentaires ou hygiéniques, elles sont trop souvent l'origine d'un brightisme plus ou moins éloigné, mais fatalement progressif.
Nous ne saurions donc trop rajipeler (ju'il faut toujours analyser les urines au moins deux fois à l'occasion de toute maladie chez un enfant, c'esl-ù-dire au début et après la guc'-rison apparente. \in outre, on doit rappeler aux familles dont on a la surveillance habituelle que les urines des sujets les mieux porl;inls doivent être examinées
NÉPHRITES AIGUËS 435
deux fois par an. Ce sont là des habitudes qu'il faut faire entrer dans les mœurs, comme la visite bisannuelle des dents môme non douloureuses.
L'examen des urines au point de vue de la recherche de la néphrite ne comporte pas seulement celle de l'albumine. Dans les maladies susceptibles de s'accompagner de néphrite, et surtout lorsqu'on a décelé l'albuminurie, il faut faire recueillir la totalité des urines de chaque période de vingt-tjuatre heures et la faire noter par écrit, afin d'en suivre les oscillations quantitatives et d'être averti par leur diminution de la nécessité d'en doser l'urée. Dans certains cas, il peut être utile d'en déterminer la toxicité par l'injection intraveineuse dans l'oreille du lapin.
Le déterminisme des accidents consécutifs à rétablissement d'une néphrite aig'uë est désormais assez bien coniui pour qu'il soit possible d'en faire la thérapeutique pathogénique. Il faut obtenir que la sécrétion rénale s'opère aussi largement que possible; or, celle-ci diminue quand il y a congestion ou œdème du parenchyme rénal; à ces afïlux ou stases humorales, on oppose utilement la révulsion sur la région lombciire : cataplasmes sinapisës, ventouses sèches, et la dérivation par les émissions sanguines locales : ventouses scarifiées ou sangsues.
Il faut faire traverser les glomérules par un courant exosmotique abondant : l'introduction d'eau dans la circulation générale en est le principal moyen. La manière la plus simple est l'usage des boissons diurétiques : la première est le lait, qui présente encore l'avantage inestimable d'introduire dans l'organisme le minimum de poisons alimentaires, comme nous le rappellerons plus loin.^NIais ces boissons, ce lait, doivent être pris en faibles quantités à la fois, fréquemment répétées, et à intervalles réguliers pour en assurer la digestion.
Le second moyen, excellent, est l'usage de 2J^itsieu?''s lavements quotidiens d'eau bouillie refroidie, abondants, administrés avec lenteur à l'enfant couché sur le dos, les cuisses fiéchies.
Dans le cas d'anurie, on est autorisé à recourir à l'introduction intra-veineuse d'eau salée stérilisée et ramenée à 38". au titre du sérum physiologique, 5 à 7 p. 1000, comme dans le choléra.
La diurèse peut encore être provoquée par des médicaments, d'abord ceux qui augmentent la tension artérielle et l'impulsion cardiaque, la digitale et la caféine. Mais il ne faut pas oublier que ces médicaments doivent être maniés de façons dilTérentes. Avec la digitale on donne un à-coup intermittent, c'osf-à-dire qu'on l'adaiinistre pendant deux à trois jours consécutifs; puis on la suspend. On ne doit pas craindre de donner d'emblée une dose assez élevée; le succès
43G NÉPHRITES AIGLES
est à ce prix. La caféine est employée ensuite, s'il y a lieu, et de préférence en injections hypodermiques.
Il convient d'avoir une confiance infiniment moindre dans les autres médicaments réputés diurétiques : nitrate et acétate de potasse.
La toxicité incontestable des sels de potasse doit d'ailleurs rendre fort réservé dans leur emploi, quand on sait le rein peu perméable.
Il ne faut pas seulement activer par la diurèse l'élimination des poisons; il faut diminuer autant que possible leur introduction par la voie alimentaire, leur production dans le tube digestif par suite des fermentations microbiennes, leur expulsion au dehors de l'organisme par les émonctoires autres que le rein, leur destruction par le foie et les tissus eux-mêmes.
Le régime lacté représente l'alimentation la moins riche en poisons.
L'antisepsie intestinale à l'aide des antiseptiques insolubles rend d" incontestables services et, plutôt que les naphtols ,3 et a, dilTiciles à l'aire avaler aux enfants, nous conseillons le benzoate de naphtol (|ui. dédoublé dans l'intestin, y laisse le naphtol, tandis que l'acide boiizo'ique se conjuguant au glycocolle, s'élimine à l'état d'acide hippurique par les reins. Nous écartons les salicylates de iusmuth. de naphtol (bètol) et de phénol (salol), pour ne pas faire éliminer par lo rein d'acide salicylique ou phénique.
Pour expulser les poisons qui pourraient être résorbés dans 1 intestin, et pour éliminer une partie de ceux que le sang charrie, en faisant pleuvoir du sérum dans l'intestin, nous devons nous adresser aux piinjatif^. Les drastiques, lejalap et la scammonée, les sels neutres (sulfates sodique et magnésien) sont les meilleurs. On y aura recours plusieurs fois, à peu de jours d intervalle. Toutefois on n'en fera pas iJ)us ; on évitera la superpurgation (jui restreint la diurèse, plus précieuse de beaucoup; pour la même raison, on se déliera des siidoriliques (jaborandi, bains de vapeur, etc.), comme agents d'élimination des poisons; on se rappellera que, commeraditM.Biuichard, l'urine emporte phis de j)oison f)ue les diarrhéitjues liquides et la sueur.
On ne négligera pas cependant d'aclivei- les fonctions de la peau par les frictions si'cJtes.
Pour accélérer la deslrucfion des poisdus par le foie, on comptera peu sur raclion des sels neutres (pii excilenf les fondions du foie, iml.inuiient la sécrétion biliaire. aiilisepliqu(> inlesliiial physiologicpie, sur railuiinislration d'une certaine ([uaiitilé de sucre (le lail en contient) in(lis[)eMs;il)le î\ la cellide lit''piiti(|ue poiii" (pi'elle d.'truise les poisons. Pniii' favoiiser dans les tissus les oxydalidus interstitielles, (|ui (liniinueiil la forniatiim des pdisdus d'origine vitale ou (l(''trui-
NEPHRITES CHnOXIQUES
sent ceux qui circulent dans le sang, les inhalations d'oxygène ne doivent pas être dédaignées.
Enfin, dans les cas d'accidents urémiques intenses, tels queTécIampsie ou le coma, la saignée générale rend, de l'avis unanime, les services les plus éminents, et d'une phlébotomie faite à propos dépend souvent la vie d'un enfant atteint d'une de ces glomérulo-néphrites aiguës, dont le type est la scarlatineuse.
Dans les néphrites aiguës et subaiguës il faut imposer aux enfants le repos complet, ce qu'on n'obtient guère qu'en les maintenant au lit, qui les préserve à la fois contre la fatigue et les refroidissements.
2° Chroniques. Mal de Bright. — Lorsqu'une néphrite aiguë ou subaiguë a passé à l'état chronique, soit parce que le malade mal soigné a subi une série de rechutes, soit parce qu'il était dans la nature même de sa lésion d'aller en s'étendant et en s'aggravant, il devient impossible et il serait d'ailleurs inutile de continuer la même thérapeutique que dans les phases précédentes. Le régime lacté, qui est indispensable pendant les périodes aiguës, et sous l'influence duquel on voit alors s'abaisser rapidement le taux de l'albumine en même temps que s'accroît la quantité des urines, semble perdre son efficacité dans les néphrites prolongées et chroniques; l'albuminurie reste, à un moment donné, immuable et irréductible. D'autre part, le malade subit le dégoût insurmontable du lait, qu'il cesse de digérer, et, comme il n'en prend plus une quantité suffisante, il perd de jour en jour ses forces.
Le moment est venu de faire passer le malade à une alimentation 717 Lv/e prudemment conduite, c'est-à-dire progressivement plus variée, mais en excluant toujours certaines catégories d'aliments et de boissons. Au lait on adjoindra successivement les potages au lait avec les pâtes cuites (vermicelle, tapioca, semoule), les farines de froment, d'orge, d'avoine, le pain, le riz, le beurre, puis certains légumes, les pommes de terre en purée au lait ou cuites à l'eau, les haricots verts, petits pois, laitues et chicorées cuites, purées de haricots, de lentilles, fruits crus et cuits, crèmes, plats sucrés.
On pourra de bonne heure donner le jaune d'œuf cuit, puis l'onif en entier, mais cuit. On a longtemps considéré les œufs comme nuisibles aux albuminuriques, parce qu'on se basait sur les expériences faites autrefois par Stokvis et d'ailleurs reconnues exactes par les expérimentateurs ultérieurs : ces expériences consistent à injecter dans les veines des animaux de l'ovi-albumine qu'on retrouve dans leurs urines. Mais le résultat est tout autre quand les œufssont ingérés, même crus, par lestomac; Lauder-Brunton, Maguire, Dobradin ont pu avaler
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0,12,19 œufs crus entiers, ou blancs dœufs seuls, sans obtenir d'albuminurie. En outre Lawenmeyerput faire prendre6à 9 œufs cuitsàdes albuminuriques par dégénérescence amyloïde ou rein cardiaque, sans augmenter le moins du monde le chiffre habituel de l'albumine qu'ils excrétaient. Laissant de côté les œufs crus, nous retenons de ces faits qu'on peut faire entrer les œufs cuits dans le régime alimentaire des malades atteints de néphrites sans risquer de mettre obstacle à leur guérison, s'ils les digèrent.
Avec les diverses étapes du régime précédemment énuméré, on gagne déjà bien du temps.
On peut ensuite permettre les viandes blanches bouillies et rôties bien cuites, les poissons à chair blanche et fine, à condition qu'ils soient bien frais.
Mais 071 cxclin^a formellement le bouillon, les extraits de viande, les viandes en excès, les aliments fermentes ou en voie de décomposition, le gibier à saveur forte et le gibier faisandé, les poissons à chair compacte ou accommodés avec des épices, les épinards, 1 oseille, les tomates, les aubergines, les asperges, la rhubarbe comestible (usitée en Angleterre), tous aliments capables d'irriter le rein.
Les boissons seront le lait coupé d'eau alcaline, ou d'eaux de table, l'eau additionnée d'un quart de vin blanc, des bières légères, et quelquefois du thé léger. Maison 2?roscri?*a les boissons riches en alcool, le vin pur, les vins médicamenteux, les bières fortes.
Il va sans dire que la quantité des urines et de l'albumine sera quotidiennement surveillée. Pendant les premiers jours de la période de passage du régime lacté au régime mixte, il peut arriver, et il arrive même habituellement, que le taux de l'albumine augmente un peu ; c'est une indication à procéder avec plus de prudence dans la quantité et la variété des nouveaux aliments introduits dans le régime; mais ce n'est pas une raison pour y renoncer. Bientôt l'albumine revient au taux primitif, pour s'y maintenir si l'affection est décidément chronique, ou continuer à décroître si elle est destinée à guérir définitivement malgré sa durée pi'olungée.
Les écarts de température brusques, les fatigues physiques, intellectuelles, ou émotionnelles, font souvent reparaître ou augmenter l'excrétion de l'albumine. Aussi faut-il toujours continuer la surveillance des urines pendant assez longkMnps. et même toujours, avec des périodicités plus éloignées, quand il y a eu néphrite prolongée. Dans lus néphrites définitivement chronicjues, il faudra toujours périodiquement faire reprendre le régime exclusivement Idclê pendant quelques jours cJiaque mois.
Les l'iu.sciuiTioxs nY(;iï:xiQLi^ssont les chemises dollanelle et vêle-
NÉPHRITES PAREXCHYMATEUSES ET ARTERIELLES 439
meuls (le laine portés en toute saison, en variant naturellement l'épaisseur des étoffes et le nombre de vêtements, l'habitation dans un climat chaud et sec pendant la mauvaise saison, l'interdiction d'habiter au rez-de-chaussée, les frictions sèches de la peau quotidiennes. Dans les périodes où la dépuration iirinaire (période de compensation) s'accomplit à peu près correctement, on fera vivre l'enfant de la vie au grand air, avec un exercice très modéré, des promenades et jeux non fatigants. Pendant la belle saison on conseillera la cure de montagne en altitude modérée, 1,000 à 1,200 mètres, certaines cures thermales, mais nous ne saurions permettre le bord de la mer ou des lacs, à cause de l'humidité habituelle de l'air et des trop brusques changements de température.
Le TRAITEMENT MEDICAMENTEUX daus Ics uéplirites chroniques doit être à notre avis des plus restreints et il y a plus souvent lieu à l'abstention qu'à l'intervention. Il ne faut pas perdre de vue que des reins qui fonctionnent mal éliminent très lentement certains médicaments ou se trouvent irrités par beaucoup. Les narcotiques (opium et ses dérivés, belladone), les composés mercuriels, les bromures et les iodiques, les sels de potasse, le sulfate de quinine, l'acide salicylique et ses composés, doivent être laissés de côté ou maniés avec une extrême prudence; l'antipyrine ferme le rein, les résines l'irritent (térébenthine, copahu).
Comme médicaments pouvant améliorer l'état des épithéliums, nous employons le tannin dans le mal de Bright parenchymateux. Nous n'avons que de la défiance pour la teinture de cantharides, malgré les faits de Raver et Lancereaux.
Dans les néphrites artérielles, les iodarcs alcalins peuvent être donnés à doses modérées par cures de 15 à 20 jours, séparées par des repos de 10 jours.
lodure de sodium 1
Phosphate de soude [ '''i^ 1 îi 5 gr.
Chlorure de sodium )
Eau 150 gT.
Une à trois cuillerées à soupe par jour suivant l'âge.
Dans les néphrites où le cbamp circulatoire du rein se rétrécit, où les tubes et les glomérules sont encombrés par les déchets de l'épithélium nécrosé, le cœur fait de constants efforts pour surmonter ces obstacles, et il y réussit souvent bien chez l'enfant dont le myocarde s'hypertrophie.
Toutefois les médicaments dont l'utilité surgit à un moment donné sont les toniques du cœur, lorsque se produisent les hydropisies, la
44) NÉPHRITE AMYLOIDE
dilatation cardiaque et l'asystolie. La digitale agit alors avec un grand succès et n"a pas d inconvénients à la condition d'être donnée hardiment à dose suffisante, mais pendant très peu de temps (trois jours de suite). Lorsqu'elle cesse de produire la diurèse et de réveiller la contractilité cardiaque, la caféine, le strophantus, la spartéine, le muguet seront employés.
Quand l'insulfisance rénale devient manifeste, les dérivatifs intestinaux et les sudorifiques sont généralement usités. Nous avons dit, à propros des accidents urémiques des néphrites aiguës, quelles raisons doivent faire admettre que ces voies d'émonction sont loin de pouvoir suppléer la voie rénale. Néanmoins la première surtout rend de grands services : les drastiques, le jalap, la scammonée, les sulfates de soude et de magnésie et le sulfovinate de soude, notamment, peuvent être utilisés tour à tour. Gomme diaphorétiques, les hains d'air chaud, les bains à 40° prolongés pendant une heure et suivis de l'enveloppement dans une couverture de laine, sont préférables à l'usage de la pilocarpine, qui, produisant une hypercrinie bronchique excessive, risque d'entraver mécaniquement la respiration. Cependant Prectorius, Ilenoch, Cadet de Gassicourt ont obtenu l'arrêt d'accidents convulsifs urémiciues par l'injection souscutanée de doses de 2 à ."> milligr. Les injections sous-cutanées d'éther, de caféine, peuvent aider à combattre le collapsus auquel expose la pilocarpine.
Les grands œdèmes peuvent être palliés par les mouchetures, l'acupuncture, faites avec les plus grandes précautions antiseptiques, et l'introduction permanente des aiguilles creuses de Southcy.
Quand Yurémie revêt des allures menaçantes, on institue le traitement indiqué pour celle qui suit les néphrites aiguës, mais avec d'autant moins de chances de succès que le rein est plus complètement détruit. Les émissions sanguines notamment, et surtout la saignée, ne peuvent être réitérées sous peine de hâter la fin.
3' Dégénérescence amyloïde du rein. — Sa prophylaxie est celle de toutes les infiltrations amyloïdesviscérales: ne pas laisser se prolonger des suppurations chroniques des os, des ganglions, des cavités séreuses articulaires ou pleurales, desbroncheclasies : curetter, drainer les foyers suppuratifs. Quand il existe uneabondante albuminurie, avec gros foie, grosse rate, pâleur cireuse des téguments, on peut penser que l'albuminurie est en rapport avec le rein amyloïde. La thi-rapeutique utilise alors les toniques, le taiinin.
NERVOSISME. — Le lenipéranient nerveux dérivant prin-