CIRCUMFUSA ET MOYENS THÉRAPEUTIQUES EXTERNES
SOMMAIRE. — ObBCurité et lumière. Silence. Température. Aératiou. Éclairage. Odeurs. — Stimulation de la peau. Frictions. Bains. Hydrothérapie. Massage. Gymnastique. — Eévulsion. Emissions sanguines. Électrothérapie.
Nous allons passer en revue dans ce chapitre les influences extérieur es que les hygiénistes ont réunies sous le nom de circumfusa : air, lumière, température, bruit, odeur, etc., au point de vue duparti qu'en peut tirer la prophylaxie, et nous examinerons ensuite les moveiis externes de traitement.
Les circumfumsa doivent agir sur l'enfant dune manière d'autant plus intense qu'il a des sens neufs et plus impressionnables ; leur influence est trop méconnue des médecins, sinon théoriquement, du moins dans la pratique,
Vobscurité calme certains enfants au milieu de leurs plus vives colères. Une luinière trop vive est presque toujours une cause d'excitation chez les enfants fébricitants.
Le silence n'est pas moins nécessaire que l'obscurité ou le demi- Jour dans les maladies qui affectent primitivement ou secondairement les centres nerveux. Quelle que soit d'ailleurs la maladie, il faut exiger qu'il n'y ait dans la chambre que le plus petit nombre possible de personnes, que ces personnes ne parlent pas à trop haute voix, et ne s'entretiennent pas de sujets capables de surexciter l'attention de l'enfant, s'il est de nature, par son âge ou sa précocité, à s'intéresser aux conversations.
La tempéralure de la chambre doit être réglée avec précision : on doit insister pour qu'elle soit surveillée au thermomètre. On la flxera à un degré différent suivant la nature de la maladie : une température de 18 degrés convient aux affections de l'appareil respiratoire ; elle doit être plus fraîche (16 degrés), quand il y a tendance aux épistaxis, à l'hémoptysie par fluxion. Dans les maladies du svstème nerveux, surtout dans celles où existe de la tendance à la congestion cérébrale.
5/i CHAUKFAr.E. AKUATION. KCLAIRAGE
il est préférable que la température soit maintenue tui-dessous de 15 degrés.
Le choix du mode de chauffage n'est pas indifférent. Le feu de Itois et le calorifère sont les deux meilleurs. Ou doit éviter tout dégagement doxyde de carbone, par conséquent proscrire les poêles mobiles et les appareils à combustion lente. J'ai vu une attaque d éclampsie infantile provoquée par le rellux des vapeurs oxy-carboniquesd'uu poêle mobile même pendant quelques minutes seulement. Un ne saurait trop attirer l'attention des familles sur les dangers que présentent, pour les tout jeunes enfants (et même pour les grandes personnes), mais pour les bébés surtout, ces réservoirs d'oxyde de carbone.
Les gaz nuisibles, soit incapables d'entretenir la respiration et l'hématose comme l'acide carbonique, soit vraiment destructeurs des srlobules sanguins comme l'oxvde de carbone, s'ils se trouvent en quantité même très faible dans l'atmosphère où vit un petit enfant, peuvent compromettre gravement et rapidement sa santé et sa vie, sans que l'entourage ait pu soupçonner la cause des souffrances de l'enfant, parce que cette cause est trop faible pour inlluer sur les grandes personnes qui vivent avec lui.
L'nônjiinii est indispensable. Prolestons contre les chambres d'enfants trop petites, comme presque toutes celles que notre bourgeoisie anglomane décore prétentieusement du nom de nursery ; on a pris à nos voisins le mot, mais non la chose; car. tandis que, dans les maisons anglaises modèles, la chambre des enfants est habituellement utje pièce vaste, bien aérée, bien ensoleillée où ne se trouvent ni tentures, ni meubles superllus, dans nos apparlenuMits plus exigus ou ne consacre souvent aux enfants qu'un grand cabinet de toilette, où la coquetterie d'une mère amie du bibelot a accumulé une foule d'objets souvent aussi inutiles qu'élégants.
Si leiifant bien portant doit hal)iler une clianil)re aérée, malade il a encore plus besoin d'une atmosphère sans cesse renouvelée. On l'installera, toutes les fois qu'il se pourra, dans une giande chambre, où il y aura peu de rideaux et de tentures. Dans les maladies contagieuses, on aura ainsi moins d'objets à désinfecter, et d'ailleurs il y aura moins de poussière ù remuer. Quand on pourra disposer de deux pièces contiguès, on placera Tenfanl le jour dans l'une et la nuit dans l'autre, après avoir établi avant le transport l'équilibre de température entre les deux. La pièce inoccupée sera largement ventilée.
Pour Vrclairafje d'une chambre où séjourne habituellement un enfant, je pense (|u'il faut préférer ù tout les lampes à huile; la (•oudmstion de l'Iiiiil.'. si la lampe est bi' n e. instruite, ne déverse
ODIiLliS, FRICTIONS OO
dans l'air que peu de produits nuisibles, tandis que le gaz dessèche l'atmosphère, en altère la composition parles produits de sa combustion; le pétrole dégage toujours une odeur, à laquelle les adultes s'accoutument, mais qui peut influencer défavorablement le système nerveux de très jeunes sujets.
Il faut proscrire dans les chambres où couchent les enfants les veilleuses qui vicient l'air, par les produits volatils de la combustion incomplète et même de la poussière de charbon.
Les odeurs ont une influence beaucoup plus grande sur le système nerveux des enfant? qu'on ne se l'imagine en général. Les appareils de chauffage et d'éclairage doivent être surveillés à ce point de vue. Il ne faut tolérer pour les nourrices et bonnes d'enfant que la chaufTerette à eau chaude.
Il faut s'inquiéter des cabinets d aisance, des éviers mal bouchés par lesquels refluent des odeurs méphitiques, des paniers à linge sale dont les émanations peuvent être la cause de sérieux malaises, de certaines odeurs culinaires et ménagères. Les odeurs répugnantes du corps humain, bromliydrose, haleine fétide, ne sont pas négligeables chez les personnes chargées de donner des soins aux petits enfants. Les odeurs de certaines substances employées dans l'industrie ou les arts peuvent être aussi nuisibles. Je citerai l'essence de térébenthine, à laquelle M. Jules Simon a pu attribuer dans un cas la dyspepsie, et moi dans un autre une céphalée tenace.
La thérapeutique infantile peut tirer le plus grand parti des moyens externes et des agents physiques, tels que les stimulations de la peau : frictions, bains, hydrothérapie.
Ces moyens aboutissent en somme presque tous à modifier le fonctionnement du système nerveux en impressionnant ses expansions cutanées. Ils incitent les centres vaso-moteurs, sécrétoires et trophiques à produire par voie réflexe des changements dans la circulation, les sécrétions, la nutrition. L'utilité de ces moyens est d'autant moins contestable chez l'enfant que les actions réflexes s'exécutent chez lui avec une intensité plus grande. Je rattacherai au même groupe d'agents thérapeutiques le massage et la gymnastique ou Kinésithérapie.
Les FRICTIONS peuvent être laites à sec avec un linge ou mieux une flanelle chez les enfants tout jeunes, avec un gant de crin chez ceux qui ont déjà l'épiderme moins tendre. On doit se proposer d'amener chaque fois une rubéfaction passagère des téguments, mais il faut éviter de produire un éry thème durable ; on devra donc toujours
5G ItAIXS TRÈS CHAUDS POl K HAMMKfl LES PlU-MATURES
recommander aux mères et aux nourrices de procéder très doucement pendant les premières séances et de tàter la susceptibilité cutanée du sujet.
Plus actives encore sont les frictions faites avec des alcoolats aromatiques (alcoolat de lavande, alcool camphré, teinture de benjoin). Ce n'est qu'avec une grande prudence et chez des enfants déjà âgés qu'on peut additionner ces alcoolats d'une certaine quantité d'essence de térébenthine, en se défiant des éruptions papuleuses et vésiculeuses que peut produire cette substance.
Les iiAiNs jouent dans la thérapeutique de l'enfance un rôle de plus en plus important et méritent quelques développements.
Bains très cltamh employas }>our ranuner la vitalité chez des prématun'S. — On peut mettre l'enfant dans un bain à 38°, et l'y maintenir en élevant progressivement la température. Le n-sultat en peut être alors le reilux progressif du sang de la périphérie vers les centres encéphaliques. — Ou bien on peut plonger l'enfant dans un bain aussi chaud que la main peut le supporter, par exemple à 4.")" environ ; mais il s'agit alors d'une simple immersion, l'enfant est plongé jusqu'au cou et aussitôt retiré. Le mode d'action est différent, il consiste en une vaste et intense révulsion, appel désespéré aux derniers réilexes excito-moteurs qui peuvent subsister dans l'axe nerveux.
Les bains chauds prolongés plusieurs jours de suite de 30" à 38", ont été employés dans les cas suivants : 1° faiblesse extrême (enfants prématurés, de 28 à 30 semaines) ; 2° état d'anémie profonde par suite d'hémorrhagies par le cordon ; 3" certaines affections cutanées, inteilrigo, pemphigus non syphilitique; 4° sclérème, etc. Les enfants pouvaient boire et dormir dans ces bains (Winckel).
La courouse (voir Prématuré.s) suflit à réchauffer les hypothermiques et à préserver les débiles contre le refroidissement.
nAiNsnv(;iKM«,)ti-s. — Preinier bain. — Le premier bain hygiéni- (|ueestdonn»'' à lenfanl aussitôt aprèslasection et laligaturedu cordon.
C'est un bain (!•• ntltoyage, qui a pour but de commencera enlever l'enduit épi(l('rmi(|ue et sébac»' de la peau : je dis commencer, car il n'y a pas lieu de laisser macérer l'enfant dans leau pendant un quart d heure, dans 1 intention de mieux le nettoyer comme font certaines sages-femmes. Il sudit de cin<i "ï''*"'''"^ pour laver la peau avec un»! «'[Kiiige propre, molle et Une, j)endant cpiune seconde personne lient l'enfant avec une main sous le siège, et les doigts de l'autre main écartés embrassant la région dorsale, l'index sous l'une des aisselles et le pouce sous l'autre.
BAIXS HYGItXIQUKS DU NOLIUilSSON 57
La température du bain doit avoir été mesurée avec un ihermomètre. Pour le premier bain 35" est une température convenable. Biedert, visant l'endurcissement des enfants, a conseillé 32'' dès la naissance ; puis il abaisse progressivement la température des bains à 30** à six mois et à 28° à la fin de la première année. Mais, ce serait souvent les exposer à contracter dès le début de leur vie quelque refroidissement préjudiciable. Un bain à 35'^ produit déjà un petit abaissement de température de 0%5 en moyenne.
Pendant que l'enfant est frotté dans le bain, des serviettes fines, une flanelle chauffent devant le feu et servent à l'essuyer très minutieusement dès qu on le retire de l'eau ; toutes les parties du corps doivent être essuyées ; Févaporation de l'eau sur certains points de la surface cutanée est une des causes du coryza que prennent quelques enfants dès le premier bain.
Après ce premier bain, quelques auteurs conseillent de laisser passer 3 ou 4 semaines avant de soumettre lenfant à l'usage régulier des bains généraux. Pendant ce laps de temps on se contenterait des lavages à l'éponge, exécutés lestement une heure et demie après la précédente tetée et, autant que possible, un certain temps après le réveil, pour ne pas procurer à ce système nerveux impressionnable une trop désagréable surprise, en le faisant passer brusquement de la tiédeur du berceau aux caresses toujours un peu brutales de l'éponge.
En faisant les lotions, il ne faut pas se contenter de mouiller les larges surfaces accessibles du tronc et de la continuité des membres, en négligeant les plis inguinaux, axillaires et périnéaux ; l'intertrigo et l'eczéma, surtout chez les enfants prédisposés, sont provoqués presque toujours par un insuffisant enlèvement de la sécrétion sudorale et sébacée et de la desquamation épidermique, auxquelles se joignent les déjections.
On peut employer l'eau simple, dégourdie, additionnée de quelques gouttes d'un alcoolat ou d'un vinaigre aromatique. La décoction de feuilles de noyer est recommandée par M. J. Simon, à cause de ses propriétés astringentes, quand la peau est particulièrement délicate. Je crois l'usage de l'eau boriquée à 30 pour 1000 très utile à la moindre excoriation, comme aussi l'eau naphtolée à 0 gr. 20 pour 1000. L'eau amidonnée trouve son indication dans certains érythèmes. L'eau de son, recommandée par beaucoup de sages-femmes, est mauvaise, favorisant la culture des germes.
Le lavage terminé, on saupoudre avec soin tous les plis de flexion avec une poudre fine : lycopode, amidon, bismuth, ou talc. Se méfier des poudres de riz parfumées et surtout colorées, qui peuvent contenir quelques ingrédients irritants.
5S IIAINS HYCIKMQIES
Lfs huiiis pendant la proiiiii-rc armre ne doivent être ni trop fréquents, ni trop prolongés, ni trop chauds.
Fréquence. — La coutume anglaise du bain quotidien (ou même bi-quolidien), qui est adoptée dans beaucoup de familles françaises, n'est sans inconvénients qu à la condition de réduire le bain à une immersion, suivie aussitôt d'un essuyage aussi minutieux que celui dont nous avons parlé à propos des lotions. Le bain est alors une ablution totale faite d'un seul coup et peut être plus commode pour la toilette ; mais, si on le prolonge plusieurs minutes, le bain quotidien ne convient pas à certains enfants, qui s'alanguissent et s'étiolent. Fixons en général leur nombre à 3 par semaine en été, 2 en hiver.
Température et durée. — Il faut se garder aussi bien des températures élevées que des basses. On a dit que les bains trop chauds pouvaient produire le trismus, le pemphigus (Bohn) ; il est certain qu'ils peuvent congestionner l'encéphale et que leur usage rend les enfants mous, apathiques, les expose par la macération de lépiderme à des manifestations dermopathiques plus faciles, s'ils y sont prédisposés, et favorise les transpirations, par suite le refroidissement.
Je conseille d'ordinaire d'accoutumer progressivement les nouveaunés à l'eau fraîche. Le premier était à 35° ; au bout de quelques bains on abaissera l'eau à 32" en hiver et à 30° en été ; puis on diminuei a giaducllement de façon à les donner à 27'^ et même 25° seulement, du 3* au 4* mois. Il faut insister pour que la température du bain soit toujours prise au thermomètre.
llcuro.. — La|)lupartdes médecins conseillent neuf heuresdu malin, en toute saison. On peut aussi donner le bain le soir, et cette pratique a pour avantage de calmer l'enfant, de le préparer à goûter un meilleur sommeil ; ce qui n'est pas à dédaigner pour beaucoup denfants des villes, cl uotanmient de Paris, qui arrivent à la fin de la journée excités et mal disposés ;\ dormir, (k's bains du soir seront rejetés par beaucouj» de familles, parce (pi'ils concordent peu avec nos habitudes sociales et le train ordinaire de la vie; on les réservera donc conmie bains Ihérapeuticjues calmants, pour les cas de surexcitation et d'insomnie. On en élèvera la température à 32°. et on les prolongera cin<| minutes.
ApiTs le bain, sauf par les tenq)s cImikIs. il est préférable de ne ]>as sortir l'enfant immédiatement.
Dans his('C(»nde année, les bains frt(| ne nls uni moins d'inconvénients, et on |)»Mit les conseiller tous les deux jours. Plus tard, ils seront toujours nécessaires une fois par semaine.
La plupart <les enfants, (jui ont été habitués aux bains tiedes ou frais des les premiers temps de la vie, s'y soumettent parlaitenient
BAIXS OnADUELLKMENT KEFROIDIS 59
et y trouvent même plaisir. Mais il est certains enfants qui ont vraiment une répugnance extrême pour l'immersion totale dans l'eau. Cette hydropliobie est souvent la conséquence de précautions insuffisantes pour rendre les premiers bains aussi agréables que possible. Le moyen de réconcilier avec leau l'enfant, qui conserve un souvenir pénible de ses premières baignades, nest pas de le plonger brusquement et d'autorité dans la baignoire; mieux vaut le soumettre à des ablutions partielles de plus en plus étendues, au voisinage de la baignoire, dans laquelle on finit par le plonger au bout de quelques jours quand il s'est familiarisé avec sa présence.
On voit des enfants qui, après avoir pris sans répugnance et avec plaisir les bains pendant plusieurs mois, manifestent tout d'un coup riiorreur pour l'immersion totale, parce qu'une maladie intercurrente a obligé à la supprimer pendant un certain temps. Il faut alors refaire l'accoutumance progressive ; on peut user aussi du moyen connu, mais vraiment eilicace, qui consisie à recouvrir la baignoire d'un drap, qu'on laisse lentement s'enfoncer sous le poids de l'enfant avec lequel on joue, si bien qu'il s'aperçoit à peine de l'entrée dans l'eau et ne proteste plus quand elle est faite.
Baixs thérapeutiques. — Les bains peuvent rendre les plus grands services dans la thérapeutique de l'enfance. Les modifications qu'ils impriment à l'organisme dépendent soit de leur température, soit de l'addition de substances médicamenteuses.
Au point de vue de la température, les bains sont dits froids au-dessous de 20° C, — frai>< de 20° à 25", — tièdos de 25'' à 32°, — chauds de 32° à 40" (Diel etWetzler).
On peut tirer quelquefois parti de l'élévation graduelle, mais surtout de l'abaissement progressif de la température.
Le bain graduellement refroidi, dont monmaitreM. le professeur Bouchard a fait une des bases de son traitement de la fièvre typho'ide. n'a pas été assez utilisé chez l'enfant dans les autres maladies hyperthermiques. Instruit par son enseignement, j'ai eu, pour ma part, plusieurs fois à me louer de l'avoir employé dans la fièvre typhoïde, la scarlatine maligne et le rhumatisme cérébral.
Ellis, qui conseille aussi le bain refroidi, dit que « l'enfant doit être immergé d'abord dans de l'eau à 35°, qu'on refroidit ensuite en 30 minutes environ, jusqu'à la température de 21°, ou même plus bas, s'il est nécessaire, par l'addition d'eau froide ».
J'ai employé toujours, et je la crois préférable, la méthode de M. Bouchard : la température initiale du bain à 2 degrés au-dessous de la température rectale de l'enfant (le bain aura, par exemple, une température initiale de 38°, si le malade a 40°) ; de dix en dix minutes, on
60 BAIXS A TKMI'F.HATlItli CHOISSAXTi:
abaisse la tertipt-rature de 1" par addition d"eau froide, et on retire l'enfant du bain quand celui-ci a été ramené à 30°. Au-dessous de cette température, le frisson éclate, le collapsus pourrait se montrer.
L'enfant est alors enveloppé dans une couverture de laine, replacé dans son lit et vio^oureusement frictionné, en même temps qu'une boule d'eau chaude est placée à ses pieds. Cette méthode de balnéation aie grand avantage d'amener infailliblement un abaissement thermique, qui n'est quelquefois que d'un demi-degré, qui atteint habituellement 1 degré, parfois 2 et même 3 degrés ; cette chute de la température est obtenue sans impression désagréable, sans secousse nerveuse, sans crainte de collapsus. On peut, sans bataille avec l'enfant, lui faire prendre ainsi plusieurs l)ains par 24 lieures. Ils conviennent, je l'ai dit, aux maladies hyperthermiques, notamment au début des fièvres éruptives, quand l'exanthème tarde à paraître, dans les complications cérébro-spinales des infections.
Les bains à tompi''rature croissiDite peuvent être quelquefois utilisés pour réchauffer des malades en état de collapsus algide. Je les ai employés dans des cas d'entérite cholériforme, et chez un enfant qui avait été soumis à une semi-congélation, ayant passé une nuit d'hiver sans asile sous la neige. Kn pareil cas une grande prudence est de rigueur et il est bon de faire suivre le bain, qui ne doit être échauffé que lentement et qui ne doit pas être prolonge au delà d'une demiheure, d'une fiiction alcoolique ; l'application de compresses imbibées d'eau froide sur la tète et la nuque combattra la tendance à la congestion encéphalique.
Bains rm-d i(?amenteu.\ . — On i)eiit en attendre une action topique ou une action générale, quelquefois les deux à la fois.
L'riclionlopiqiie est cherchée dans certaines dermatoses ou manifestations cutanées des maladies générales : on emploie ainsi les l.tains sulfureux, d'amidon, alcalins, gélatineux, glycérines, mercuriels et arsenicaux. Voici plusieurs fornuilos que j'emprunte à Lllis et ;\ divers auteurs :
lUtiit sitlfitn'ii.v.
Siilfiirf de potassium 20 à 60 gr.
Hau 1 liaudo 20 à GO litres.
llaijçiioire de bois, ilo ziiu- ou de foiite éinailléc. Uni II ^rlnlinrii.r.
«u'ialim-. . . 1-20 trr.
BAINS Ml':UlCAMENTEL"X 61
Ajouter assez d'eau chaude pour faire dissoudre et verser la dissolution dans l'eau du bain.
Bain acide.
Acide nitrique 15 à 30 gr.
Acide chlorhydrique 20 à GO gr.
Eau chaude 20 à 60 litres.
Le bain doit être préparé dans une baignoire en bois. Durée, 10 minutes.
Bain alcalin.
Carbonate de soude 60 à 120 gr.
Eau 20 à 60 litres.
Bain de gh/cérine.
Glycérine 150 gr.
Gomme adragante 50 gr.
Faire bouillir dans un litre d'eau, et verser dans le bain.
Bain arsenical.
Arséniate de soude, 5 à 10 gr., pour un bain.
Utile dans certaines dermatoses non aiguës, torpides et dans certains rhumatismes noueux.
Bain niercitriel.
Bichlorure de mercure 0 gr. 50 à 1 gr.
Alcool 5 à 10 gr.
Eau distillée 50 gr.
Verser cette solution dans l'eau du bain.
Il ne faut pas oublier que les bains de sublimé, qui sont vraiment utiles contre plusieurs manifestations cutanées syphilitiques, ne dispensent pas du traitement interne.
Uaction générale des bains médicamenteux peut avoir pour résultat d'éveiller les réactions du système nerveux brusquement ou lentement, de le stimuler s'il est torpide, de le déprimer s'il est trop excité.
Parmi les bains médicamenteux, les uns agissent imnu'diatement sur les extrémités nerveuses de la peau, c'est le cas des bains sinapisés, salés, ferrugineux, astringents ; d'autres, par les émanations
Q2 BAINS MEDICAMENTEUX
qui s'en dép^agent : bains alcooliques et vineux, sulfureux, iodo-bromés, de valériane, de tilleul et d'autres espèces aromatiques.
Bfii/i s in /t pisté.
Farine de moutarde 60 gr.
Eau cliaude -0 lilros.
L'enfant doit être rapidement immergé — sauf la tète, bien entendu, — ne pas être laissé plus de quelques secondes, retiré dès que la peau rougit et replongé 2 ou 3 fois de suite.
A propos de ce bain comme à propos des bains médicamenteux contenant des substances irritantes, il faut recommander de prendre garde que quelques gouttes d'eau ne rejaillissent dans les yeux.
Bai/i firrugiiteu.r.
Sulfate de fer ou citrate de fer ammoniacal 15 gr.
Eau 20 gr.
"Verser dans l'eau d un bain.
Bain astringent.
Ecorces de (|niii(jiiina ou de chêne, 150 gr , faii'o bouillir une demi-heure dans uu <lemi-litre d'eau, passci- au tamis. Verser la décoction dans l'eau du bain.
La décoction de feuilles de noyer est astringente à uu moindre degré.
Bu in iodé.
Iode 00 gr.
Solution de potasse 15 gr.
Eau 30 litres.
Bniti (Ir //ronic.
iJrome V gouttes.
lodure de potassium 15 gr.
Eau ;50 lilri^s.
Bain dr latcrianc,
Hacino de valériane 4 gi-.
Eau lioiiillaulc 1 litre.
F.iii'f infuser et verser dans le bain.
Bain de tillrnl.
Fleurs df tilleul 250 ."i 500 gr.
Faire infuser un»- heure.