VESSIE
vessie, c'est-à-dire la fissure médiane de la paroi abdominale antérieure et de la paroi vésicale correspondante avec saillie de la paroi postérieure de la vessie, muqueuse à nu, entre les muscles droits écartés. Ce vice de conformation, fréquent surtout chez les garçons, s'accompagne presque toujours de disjonction delà symphyse pubienne et d'épispadias complet, états qui ont une importance réelle au point de vue thérapeutique ; de même les hernies ombilicales, dont la coexistence est fréquente.
On peut pallier celte infirmité par la prothèse, à l'aide d'appareils, volumineux et difficiles à ajuster il est vrai, que le sujet ne peut souvent porter et dissimuler qu'en s'habillant en femme. La prothèse simple ne doit être considérée que comme un pis-aller.
Pour l'éviter complètement, on a proposé et pratiqué Y abouchement des uretères dans le rectum. Les premières tentatives ont donné de mauvais résultats. On est peut-être autorisé à revenir parfois à cette opération, à condition d'opérer d'avant en arrière, de façon à bien voir ce qu'on fait età implanter dans le rectum les uretères pourvus de leur sphincter soigneusement conservé, sans quoi la pyélo-néphrite ascendante est inévitable. De la sorte, l'urine s'accumule au-dessus du sphincter anal et est expulsée à intervalles plus ou moins réguliers, toujours rapprochés il est vrai.
Une autre méthode consiste à conduire l'urine dans l'urèthre reconstitué et apte à être introduit dans un urinai: la prothèse ainsi comprise est relativement supportable. Pour atteindre ce but, il y a trois procédés principaux.
Le premier et le plus ancien consiste à refaire d'abord une paroi vésicale antérieure à l'aide d'opérations autoplastiques où on emploie pour le haut la peau de l'abdomen, pour le bas celle du prépuce (ou des grandes lèvres chez la fille). Pour que ces autoplasties donnent de bons résultats, il faut les faire à l'aide de deux lambeaux superposés, adossés par leur face cruentée, de façon que l'urine soit en contact avec une surface épidermique. Pour y parvenir, les procédés opératoires sont assez nombreux et nous ne pouvons les décrire; disons seulement que le plus souvent, en raison de la hernie ombilicale concomitante et de la transformation cicatricielle de la peau dans cette région, on ne pourra employer les téguments situés au-dessus de la vessie exstrophiée. Par cette méthode, le succès est long à obtenir, exige des interventions successives. En outre, lorsque la vessie est ainsi fermée, on a constitué une cavité anfractueuse, où la peau donne même naissance à des poils ; de là des incrustations calculeuses incessantes, qui causent des douleurs et s'accompagnent, en outre, assez fréquemment d'infection uretérale ascendante.
6i6 VESSIE
C'est pour éviter ces inconvénients que Sonnenburg a imaginé d'extirper purement et simplement la vessie et de transplanter les uretères à la base de la gouttière uréthrale, transformée ensuite en un canal (voyez Urèthue, cpispadias). Quelques tentatives de ce genre ont donné de bons résultats. C'est de ce procédé que dérive celui de Segond, qui consiste à disséquer la vessie de haut en bas jusqu'à l'embouchure des uretères, puis à suturer les bords avivés de ce lambeau vésical rabattu aux bords également avivés de la gouttière uréthrale. A l'aide de ces procédés on ne met l'urine en contact qu'avec des épithéliums destinés à ce contact.
Des tentatives de restauration plus complète ont été faites depuis quelques années, ayant pour but de permettre la suture directe des bords de la vessie sur la ligne médiane, après rapprochement des deux pubis et refoulement de la vessie derrière les muscles droits. Le rapprochement des pubis est indispensable. Demme et Passavant ont cherché à le provoquer graduellement, par pression contiiuie (ceinture spéciale, décubitus dorsal le bassin reposant dans un appareil en forme de coin) ; Trendelenburg a exercé cette compression après avoir pratiqué une double symphyséotomie sacro-iliaque. Ce rapprochement des pubis doit être fait dans le jeune âge. C'est dans un second temps, et même plusieurs mois plus tard, qu'on fait la suture des bords de la vessie, puis de la gouttière uréthrale, et pour obtenir cette occlusion plusieurs séances sont nécessaires. Lorsque tout est terminé, on avait espéré que le sphincter reconstitué dispenserait du port d'un urinai; jusqu'à présent, il n'en a rien été.
2" Calculs. — Les calculs sont rares chez l'enfant dans notre pays; mais il en est d'autres où ils semblent d'une grande fréquence : ainsien Russie, en Perse, dans les Indes, d'où nous viennent des statistiques très nombreuses.
Il est à remarquer, d'autre part, que ces enfants appartiennent presque toujours à la classe pauvre. Ces deux faits semldcMit démontrer l'importance prophylactique de certaines règles d'hygiène et d'alimentation, qui seront en tout cas à prescrire après qu'on aura débarrassé la vessie du calcul. (Voyez GnAvr.i.i.Ks.)
Les faits à retenir au point de vue thérapeutitpie sont les suivants : le calcul est presque toujours unique; d'aulr»" pari, il est généralement dur, formé d'acide urique ou d'oxalalo de chaux. Disons enfin que l'attenlion du praticien sera en génc'ral attirée par de l'incoMlinence d'urine, par des symptômes d'irritabilité vésicale,cas auquel il faut rechercher le calcul par le loucher rectal (ulilo clioz rrufanl) et par l'explorateur métalli(]ue.