‹ Traité de thérapeutique infantile médico-chirurgicaleChapitre 87 sur 189 · GOITRE. GOMMES · texte numérisé non relu

GOITRE. GOMMES

l'enfant habite un pays à goitre, on prescrira, si c'est possible, le changement de pays, et l'on a vu ainsi disparaître parfois le goitre et le crétinisme.

GOITRE EXOPHTHALMIQUE {Maladie de Graves ou de Basedow). — Cette névrose, si rarement observée chez l'enfant que les cas en ont été comptés (25, suivant Kronthal), se reconnaît aux mêmes symptômes que chez l'adulte, avec une exophthalmie moins prononcée ; il y a aussi des formes frustes. L'âge le plus jeune dans les cas connus a été 2 ans 1/2.

La thérapeutique morale doit être placée en première ligne : suppression des émotions et des fatigues psychiques:

On conseillera la cure de montagne (altitude faible).

Parmi les traitements, le plus efficace paraît être l'électrisation du sympathique cervical avec des courants d'induction : un pôle placé sur la partie latérale du cou , l'autre sur la région précordiale (Vigouroux). On cherchera à calmer les palpitations par les bromures et la digitale, l'application du froid sur la région précordiale. L'arsenic conseillé par Jacobi, la quinine, comme nervin, à petites doses, les préparations martiales contre l'état anémique, sont les autres médicaments à employer.

GOMMES. — loScrofulo-tuberculeuses sous-cutanées.

— Ces lésions, d une fréquence extrême chez l'enfant, ne nécessitent souvent pas de traitement chirurgical. Les petites gommes multiples se résorbent en effet souvent, laissant après elles de petites indurations, puis de petites cicatrices. Cette résorption n'est même pas rare lorsqu'elles sont devenues violacées et fluctuantes. Ou bien elles s'ouvrent alors par une fistulette qu'il suffit do protéger avec une rondelle d'emplâtre de Vigo. Parfois, l'abcès devient rouge et vohmiineux, gros comme une noix ou plus : cas auquel il est indiqué de l'inciser, de curetter sa cavité et de la tamponner à la gaze iodoformée.

Le traitement médical (voyez Scuofule et Tuherculose) est ici très important.

2° Syphilitiques. — Si elles ne sont pas encore ulcérées, on peut espérer les faire résorber par le traitement mixte (mercure et iodurc de potassium) ou l'iodure seul. Si elles sont ulcérées, on appliquera des topiques mercuricls ; le meilleur est l'cmplàtre de Vigo.

GOUTTE. — La goutte n'existe pas dans l'enfance et, si elle fait par exception sou appariliuii dans l'iidolosceiice, ce ne peut être que chez un sujet appartenant à une lignée goutteuse.

GOUTTE. GRAVELLES 357

Il est bon de rappeler cependant que l'enfance et l'adolescence des fils de goutteux, destinés à devenir goutteux eux-mêmes, est émaillée d'un certain nombre d'accidents morbides, qui démontrent la nécessité de leur imposer une hygiène spéciale : dans leur première enfance ils ont souvent de l'eczéma, des catarrhes des voies respiratoires (rhumes, coryzas, bronchites, amygdalites), de l'urticaire, des épistaxis abondantes et se répétant plusieurs jours de suite.

Un fils de goutteux doit être élevé au grand air ; on doit activer chez lui les fonctions de la peau par les frictions quotidiennes et les lotions froides, les bains alcalins fréquents.

On ne lui fera manger de la viande qu'après la seconde année révolue, et encore seulement une fois par jour; le lait, les œufs, les farines, les légumes et les fruits feront le fond de l'alimentation, avec de l'eau rougie, et on ne permettra jamais le vin pur, la bière forte, le cidre, le café.

On donnera la plus large part aux exercices physiques, et aux jeux de plein air, mais sans surmenage; on utilisera aux vacances la cure de montagne et la cure maritime.

On préservera l'enfant des refroidissements par les gilets et les caleçons de flanelle.

Quand surviendront les accidents dont nous avons parlé et qui dénotent le processus goutteux latent, on instituera périodiquement, c'est-à-dire pendant une semaine chaque mois, l'usage des alcalins : bicarbonate de soude, benzoate de soude et lithiae. On donnera le soir, au coucher, quelque infusion chaude.

GRA'VELLES. — La gravelle oxalique existe même chez le nourrisson, et surtout chez l'enfant trop tôt nourri de soupes et de bouillies ; elle atteint encore ceux chez lesquels les maladies de l'appareil respiratoire et du système nerveux ont mis obstacle à l'oxydation complète des matières azotées.

La gravelle i^hosphatique est la conséquence de la fermentation ammoniacale de l'urine et suppose une contamination des voies urinaires par des micro-organismes.

La gravelle urique, dont les premiers rudiments se voient chez un si grand nombre de nouveau-nés qu'elle est alors presque physiologique, résulte, chez l'enfant plus grand, du ralentissement de la nutrition qui caractérise la dialhèse arthritique, héréditaire ou produite par dos troubles digestifs chroniques.

La prophylaxie des gravelles s'inspirera donc de ces notions pathogéniques. L'alimentation abusive par les soupes grossières fera, chez les graveleux oxaluriques, place à l'usage du lait, des œufs. Aux

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