LA BOUCHE
GRIPPE (Influenza). — Elle est en général plus bénigne chez l'enfant. Les trois formes cliniques sous lesquelles elle s'est montrée le plus souvent dans les dernières épidémies sont la forme bronchique, la forme gastrique et la forme nerveuse.
Au cours de cette maladie, dont la nature infectieuse n'est plus guère discutée, mais dont l'agent pathogène est encore en litige, se montrent des infections secondaires imputables à divers microbes, dont le plus nocif est le streptocoque, et qui, suivant leurs localisations, engendrent la broncho-pneumonie, la méningite, diverses suppurations des cavités séreuses, des sinus osseux, otites, etc.
Contre la céphalalgie violente et la rachialgie du début, on donne, suivant l'âge des enfants. 0,10 à 1 gr. d'antipyrine. Quand la dose est supérieure à 20 centigr., il est bon de la fractionner.
S'il y a une température supérieure à 30", j'associe à lantipyrine le chlorhydrate de quinine aux doses de 0,20 à 1 gr. données en
2 ou 3 prises à intervalles d'une heure.
On doit faire l'antisepsie de la bouche, du pharynx cl des fosses nasales par des irrigations boriquées ou salicylécs pour prévenir autant que possible les infections secondaires.
Pour la bronchite, j'ai coutume d'associer le benzoate de soude à l'eau de laurier-cerise, à l'aconit, à la belladone. Application dv cataplasmes sinapisés et de ventouses sèches.
Dans la forme gastrique, les vomissements obligent à donner l'antipyrine en lavement, la potion de Rivière, le café léger glacé, ou la glace pilée, imbibée de jus de citron ou d'orange, par cuillerées à café.
Dans les vomissements incoercibles, j'ai employé plusieurs fois avec succès 2 à 10 gouttes de teinture d'iode dans de l'eau sucrée glacée. Les vomissements passés, le catarrhe gastri(|ue persistant, avec anorexie complète, est combattu par les amers (goiitianc, cctiombo, strychnine), par les antiscpli<jues, par la solution chlorhydriquc à
3 ou 4 pour 1000.
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Contre les complications bronclio-pneumoniques, il faut renoncer à toute médication dépressive. Pas de vomitifs, pas dantimoniaux. Jamais de vésicatoires. Les ventouses sèches, les enveloppements humides du thorax, les bains sinapisés sont les meilleurs révulsifs. L'alcool (punch, thé au rhum, grogs), les vins généreux doivent être donnés avec hardiesse.
La caféine, Féther, Thuile camphrée en injections sous-cutanées sont encore d'excellents moyens, qui conviennent aussi aux accidents de collapsus cardiaque, à la péricardite.
La méningite sera combattue par la glace sur la tète, le calomel à doses purgatives.
Les pleurésies, le plus souvent purulentes, doivent être traitées par Fempyème, dès qu'après une première thoracentèse le pus se reproduit.
L'urine doit être toujours analysée ; car une néplirite peut se développer insidieusement.
GYMNASTIQUE. — La gymnastique, à qui les médecins ont pensé sans doute conférer des titres de noblesse scientifique en la baptisant kinésithérapie, peut jouer un rôle des plus importants dans la prophylaxie et la thérapeutique des maladies des enfants. Elle influence en effet directement ou indirectement toutes les fonctions : la respiration, quelle rend plus active, soit en accélérant les mouvements respiratoires, soit en augmentant leur amplitude; la circulation qu'elle accélère et peut régulariser ; la musculation, c'est-à-dire les phénomènes physiques et chimiques accomplis dans les muscles pendant leurs contractions, et par suite la calorification et la nutrition; l'innervation, en rétablissant l'équilibre entre les fonctions du cerveau et de la moelle; les sécrétions, par la production de la sueur, et les excrétions, comme celle de l'acide carbonique par le poumon ; enfin la digestion, qu'elle peut favoriser.
Mais, pour tirer de la gymnastique tous les avantages quelle comporte, et pour prévenir les inconvénients qu'elle peut avoir si elle est faite sans mesure et mal à propos (surmenage, dilatation cardiaque, dyspepsie), nous ne devons pas la prescrire d'une façon banale à tous les enfants. Elle doit être toujours réglementée, dosée, pour ainsi dire, comme tout médicament.
On distingue les exercices naturels (marche, course, saut, danse) ; la gymnastique sans appareils (dite d'assouplissement ou de chambre), qui consiste à faire exécuter aux différentes parties du corps et aux divers segments des membres tous les mouvements possibles plus ou moins ingénieusement combinés ; la gymnastique
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suédoise, dans laquelle le maître commande à l'enfant de contracter certains muscles, tandis qu'il leur oppose avec la main une résistance graduée.
Dans la gymnastique arec appareils, tantôt fixes (barres fixes, échelles), tantôt mobiles (haltères, massues, trapèze, anneaux), tantôt élastiques, tantôt mus automatiquement, ce n'est plus le professeur qui s'oppose aux mouvements, mais l'enfant exerce avec ses membres des tractions rythmées sur des ressorts à boudins qui tendent sans cesse à les ramener à la position primitive (gymnastique de lopposant, Picliery).
Enfin la gymnastique dite mécanique, préconisée par Zander (de Stockholm), repose sur l'emploi d'appareils automatiques, doués de mouvements infiniment variés ; les uns. par exemple, soulevant les genoux, d'autres imprimant un mouvement de rotation à l'épaule, d'autres fléchissant le tronc dans tel ou tel sens, etc.
Quand on prescrit la gymnastique, on ne doit pas le faire d'une façon vague et banale ; il faut, suivant le but thérapeutique à atteindre, préciser l'heure du jour, la durée des séances, le genre des mouvements. Toujours il faut que Ventraînement soit graduel, les premières séances très courtes, et les suivantes progressivement plus longues ; les frictions et l'hydrothérapie seront le complément naturel et souvent nécessaire de la séance de gymnastique.
On peut utiliser la gymnastique dans les maladies des voies hes-
PIRATOIUES.
1* A titre préventif de la tuberculose, en élargissant le thorax et en augmentant la capacité respiratoire, et par suite en activant l'hématose. Mais dans la tuberculose en évolution, pour peu surtout qu'elle revête une forme congestive, la gymnastique exposerait à provoquer des hémoptysies.
2" Apri'S les jjleurésies séreuses et purulenlos, pour combattre la déformation thoracique et l'atrophie musculaire ; mais il faut que l'affection soit guérie depuis assez longtemps pour ne pas exposer l'enfant à un pneumothorax par rupture de ciuclque adhérence pleurale.
3" Dans Vemph\isbmo pulmonaire, \es exercices convenables sont ceux qui font mouvoir les membres supérieurs, les épaules, les muscles de la cage thoracique.
Dans les maladies de la NUTnrnoN : scrofule, arihritisme, obésité, clilorose, anémies ; mais il ne faut jamais chez les chloroliques pousser la gymnastique jusqu'A la fatigue et elle ne convioiit qu'à la période de réparation.
Dans les maladies du cœih, la gymnastique ne peut être employée