‹ Traité de thérapeutique infantile médico-chirurgicaleChapitre 92 sur 189 · HA^•CHE 36.'J · texte numérisé non relu

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voyez ce mot. Celles des autres arthrites sont loin d'être rares. Si l'arthrite est suppurée, nous venons de voir ce qu'il faut faire au cours de Tarthrotomie. Si l'arthrite n'est pas suppurée, on tentera la réduction, par les mêmes manœuvres que pour les luxations traumatiques. et souvent on réussira; si on échoue, on essaiera de réduire après arthrotomie, en étant prêt à réséquer au besoin.

Toutes ces luxations, comme d'ailleurs toutes les attitudes vicieuses, seront évitées presque à coup sûr si les arthrites de la hanche sont diagnostiquées de bonne heure et sont soumises immédiatement à leur véritable traitement, qui est Vextension continue (yoyez ce moi).

6° Ankyloses. — Les préceptes sont les mêmes pour celles des arthrites diverses que pour celles de la coxalgie (voyez ce mot).

7° Malformations congénitales. — Les malformations de la hanche sont une des lésions les plus ennuyeuses que l'on soit appelé à traiter. ElIessontleplussouventbilatérales,gênentconsidérablementla marche, frappent le plus souvent les filles et auraient des conséquences fâcheuses pour l'accouchement : et la thérapeutique est loin de donner des résultats brillants. On a essayé diverses méthodes fondées sur la réduction non sanglante, précédée ou non d'extension continue ; mais si on a obtenu ainsi quelques améliorations, achetées au prix d'une patience extraordinaire, on n'a pas pu citer un seul succès réel. Si donc on ne veut pas prendre le bistouri, il faut s'en tenir au traitement orthopédique, par la ceinture dite de Dupuytren ; cette ceinture pelvienne est munie de godets qui appuient sur les têtes fémorales et empêchent leur ascension.

Mais actuellement, avec la sécurité que nous donne l'antisepsie, nous conseillons de recourir dans certains cas aux opérations sanglantes, et nous avons à choisir entre la résection, l'opération de HolTa, l'opération de Kônig.

La résection, avec réduction du col dans l'ancienne cavité, n'a pas donné de bons résultats. Le but à poursuivre doit être la réduction, et c'est lui que vise l'opération de Hoffa. Cette opération consiste à ouvrir la jointure par l'incision de la résection, en relevant les muscles pelvi-trochantériens avec un copeau de trochanter, à désinsérer la capsule tout autour du col, à sectionner le ligament rond s'il existe encore, à agrandir à la gouge l'ancien cotyle, rétréci et comblé de tissu fibro-adipeux ; cela fait, on pratique la réduction. Cette réduction s'obtient par les mêmes manœuvres que pour les luxations traumatiques, en y joignant des pressions directes sur la tête. Quelquefois, il faut, pour réussira abaisser la tête, avoir sectionné, à l'avance u dans la même séance, les muscles longs de la cuisse (adducteurs,

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droit antérieur, muscles ischiatiques, fascia lata), sur le raccourcissement desquels Lorenz a tout particulièrement insisté.

Il est permis d'affirmer que par ces interventions la réduction s'obtient à peu près à coup sûr chez les enfants au-dessous de 6 ans. Le difficile est de la maintenir. Pour y parvenir, je conseille dabord de faire profondément, à la grosse soie, une suture exacte de la capsule au-dessus de la tète réduite ; puis de faire une suture en étages au lieu de tamponner la plaie comme le veut Hofîa. Cela fait, le membre est soumis à l'extension par la méthode de Hennequin : même à 2 ans les enfants la supportent bien.

Quand on intervient sur des sujets plus âgés, la réduction échoue assez souvent. Dans ces conditions on se rabattra soit sur la résection, soit plutôt sur l'opération de Kônig, qui consiste à relever audessus de la tête un lambeau périostique dont l'ossification créera un bourrelet destiné à empêcher l'ascension ultérieure de la tête. Mais ces méthodes ne valent pas l'opération de Hoffa — plus ou moins modifiée — et la conclusion est que les luxations congénitales de la hanche doivent être opérées de boime heure, de 2 à 6 ans.

Mais il ne faut pas les opérer toutes, car les bons résultats de l'opération ne sont pas, jusqu'à nouvel ordre, supérieursà ceux del'expectation dans les cas légers. Pour une claudication peu prononcée, permettant suffisamment la marche sans fatigue, la tête étant relativement bien fixée, l'abstention sera la règle. On interviendra au contraire dans les cas accentués, et surtout lorsque l'on verra la difformité et la gêne fonctionnelle s'aggraver peu à peu parla marche, la tête ne trouvant pas spontanément un point d'appui.

HELMINTHIASE. — Voyez Lo.mijhicoïuks, Vers intestinaix.

HÉMATURIE. — Le traitement de l'hématurie doit être considéré comme nul. L'hématurie a simplement une valeur séméiologique et le premier point doit être de déterminer exactement si elle est d'origine vésicale ou rénale. Les hématuries rénales relèvent de lésions qui sont les unes d'ordre médical, les autres d'ordre chirurgical (voyez Néphuites ciigurs, Rein, Calculs, Tumeurs). Les hématuries vésicales sont toutes d'ordre chirurgical (voyez Vessie, Calculs, Tuhorculoso, Tumeurs).

HÉMIPLÉGIE INFANTILE. — Cette affection débutant souvent par dcs.attaques éclampliques, c'est aux moyens propres à modérer les convulsions qu'on aura d'abord recours (V. Convulsions). Bains tièdes prolongés. Inhalations de chloroforme. Médicaments

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antispasmodiques : bromures, chloral. Révulsion intestinale par les purgatifs.

L'hémiplégie constituée, il y a lieu de songer dans quelques cas à linfluence possible de la syphilis des parents, et on ne risquera rien à administrer pendant quelque temps l'iodure de potassium.

Lorsque l'enfant ne présente plus de manifestations convulsives depuis assez longtemps, on peut essayer avec précaution Félectricité faradique ou galvanique ; mais il faut s'en abstenir ou la cesser, s'il y a tendance à la contracture. Elle ne convient pas dans l'hémiplégie spasmodique.

L'atrophie des muscles et la tendance aux déformations qui en résulte, seront combattues par le massage et certains exercices gymnastiques. Des appareils orthopédiques peuvent remédier à certaines attitudes vicieuses.

Quant à l'état intellectuel des enfants atteints d'hémiplégie infantile, il est justiciable d'une éducation et d'une instruction spéciales, dont les écoles instituées à Bicêtre et à la Salpétrière prouvent les bons résultats. (Voir Idiotie.)

L'alrophie cérébrale, dont relève l'hémiplégie spasmodique infantile, n'est évidemment pas justiciable de la chirurgie, mais parfois elle s'accompagne de formations kystiques qui, à un moment donné, deviennent la cause d'accidents surajoutés (excès de tension intracrânienne, irritation de voisinage avec épilepsie jacksonienne). En présence de symptômes de ce genre, la trépanation exploratrice sur la zone motrice est donc indiquée, car le drainage du kyste, si on en rencontre un, est à la fois bénin et efficace, ainsi que j'ai pu m'en convaincre dans un cas personnel.

HÉMOGLOBINURIE. — L'apparition d'urines d'une couleur foncée, brun noirâtre ou violet, contenant de l'hémoglobine, mais pas d'hématies, est un symptôme qui a été signalé dans plusieurs intoxications : arsenic, acide phénique,sulfurique, chlorate dépotasse, champignons ; dans le cours de maladies infectieuses : scarlatine, syphilis.

Elle se produit aussi d'unemanière paroxystique, avec un cortège de troubles circulatoires et nerveux très accusés, et laisse, dans l'intervalle des paroxysmes, une santé en apparence bonne et des urines normales. On l'a observée plusieurs fois dans l'infection palustre ; en général, on l'a vue se montrer à la suite de refroidissements et on a pu la faire apparaître presque à volonté chez certains sujets, en les exposant au froid pendant quelques minutes, ou simplement en les faisant marcher nu-pieds sur le pavé.

366 HÉMOPHILIE

Le traitement, dans le cas où une intoxication existe, est révacuation ou la neutralisation du poison. Dans les pays à malaria, on donnera la quinine.

L'ergot de seigle, l'arsenic et le fer ont été employés soit comme hémostatiques, soit comme toniques ; — liodure de potassium et le mercure ont été administrés aux sujets syphilitiques.

Chez tous, on évitera lintluence du froid qui joue au moins le rôle d'agent provocateur. La crise une fois déclarée, le lait, les boissons abondantes entraîneront les déchets d'hémoglobine.

HÉMOPHILIE — La tendance congénitale, héréditaire souvent et transmissible surtout aux garçons, à présenter soit spontanément, soit à l'occasion d'un traumatisme léger des hémorrhagies de toute sorte, n'est pas encore expliquée : étroitesse congénitale des artères, minceui" de leurs parois, dégénérescence graisseuse ou autres altérations de leur endothélium sont les causes invoquées par les uns ; elle dépend d'une modification de la nature du sang et de sa quantité, suivant d'autres. Aucune de ces hypothèses ne nous éclaire au point de vue thérapeutique.

L'existence de cette tendance hémorrhagique chez un enfant se révèle quelquefois à limproviste. à l'occasion de la circoncision, de la vaccination; quand on la connaît, on évitera chez ce sujet toute opération pouvant amener un écoulement de sang (avulsion de dent).

On préviendra la famille d'avoir à préserver l'enfant des chocs auxquels exposent les jeux violents, l'éducation en commun.

Les épistaxis, les mélœnas, les purpuras, l'épanchement de sang dans les articulations et les gaines tendineuses, dans les masses musculaires et les espaces intermusculaires, sont les accidents auxquels il y aura lieu de parer par les moyens divers dont nous disposons (tamponnement, compression, immobilité, etc.). On hâtera la résorption des épanchements articulaires et interstitiels des membres par un massage modéré au bout de quelques jours. Le sulfate de soude a été proposé k doses légèrement laxativcs comme spécifique.

Il convient en outre de traiter chirurgicalement les plaies ou écorchures qui causent des hémorrhagies externes. On aura recours i\ la compression, dans les régions où elle est applicable, h l'aide du tamponnement à la gaze iodoformée. La cautérisation est efficace, et le fer rouge arrête bien ces suintements, mais, à la chute de l'cschare, il n'est pas rare que l'hémorrhagie recommence ; à cet égard, la cautérisation énergique avec le nitrate d'argent solide est préférable.

L'hémophilie connue à l'avance est une contre-indication aux interventions sanglantes lorsqu'elles ne sont pas urgentes, et en particulier

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lorsqu'elles doivent porter sur des régions où la compression est difficilement applicable, sur les amygdales par exemple.

HÉMORRHAGIES. — 1*^ Nasale. — Voyez Épistaxis.

2° Stomacale. (Gastrorrhagie, Hématémèse.) — Quelle qu'en soit la cause, on supprimera immédiatement toute alimentation, on prescrira Timmobilité dans le décubitus dorsal, l'application d'un sac de glace sur lépigastre, mais sans peser sur lui et avec interposition de plusieurs doubles de linge, la déglutition de petits fragments de glace toutes les cinq minutes. Trois fois dans la journée, on donnera une des pilules suivantes : nitrate d'argent , 0 gr.005 milligr. ou 1 centigr., enrobé dans un peu de mie de pain, — ou perchlorure de fer, 3 à 10 gouttes dans un peu d'eau glacée. On remédiera à la soif par de petits lavements d'eau tiède donnés fréquemment et on nourrira avec des lavements de peptone. L'alimentation par la bouche ne sera reprise que si l'hématémèse a cessé depuis 24 heures. Elle consistera uniquement, au début, en lait coupé d'eau alcaline glacée et pris d'abord par cuillerées à café, puis à soupe, de quart d'heure en quart d'heure. Pour la marche à suivre ultérieurement, voir Estomac, Gastrite ulcéreuse.

3° Intestinale. — Repos au lit, immobilité. Glace sur le ventre, le sac suspendu à un cerceau et touchant seulement la peau. S'il y a lieu de penser, d'après la coloration noire du sang, le siège de la douleur au voisinage de l'ombilic ou dans l'hypochondre droit, que l'hémorrhagie a lieu dans l'intestin grêle, suspension de l'alimentation, opium à doses réfractées (0,005 à 0,01 d'heure en heure), ou injection de morphine chez les sujets assez âgés ; nitrate d'argent en potion, térébenthine,

Danslesfièvrestyphoïdes,établirlaconstipation; cesser la balnéation.

Si le sang est encore peu noirci, que Ton constate la douleur à la pression dans la fosse iliaque droite ou gauche, ou sur le trajet du côlon transverse, dans la dysenterie, des lavements d'eau glacée seront donnés avec lenteur, ou bien des lavements de nitrate d'argent, de décoction de racine d'ipéca.

Chez les petits enfants, on songera à l'invagination intestinale, si l'anus est béant, si on sent une tumeur allongée en boudin dans la fosse iliaque gauche; alors, l'hémorrhagie ayant cessé, on fera le traitement de cet accident. (V. Intestin, Invagination.)

4<' Ombilicale (Omplialorrhagie). — Accident rare, mais d'une haute gravité, l'hémorrhagie ombilicale reconnaît pour cause en

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général une septicémie, coïncide souvent avec l'ictère, avec des accidents puerpéraux chez la mère, quelquefois dépend de troubles circulatoires par atélectasie pulmonaire, asphyxie ou malformation cardiaque, altérations hépatiques ; on a incriminé l'usage excessif des boissons et des alcalins pendant la grossesse. Ces diverses notions ne pourront servir qu'à faire surveiller attentivement la région ombilicale un peu avant et après la chute du cordon. Dès qu'on voit le sang couler, on doit enlever les pièces du pansement et obtenir l'hémostase d'abord parla compression digitale, à laquelle on substituera un tampon d'ouate imbibé d'une solution d'antipyrine (1/10). recouvert d'une plaque de liège ou d'une pièce de monnaie ; le tout maintenu par des bandelettes de diachylon s'entre-croisant autour de l'abdomen et des reins. La ligature en masse sur deux aiguilles entrecroisées par transfixion des téguments à la base de l'ombilic (Dubois) peut encore être employée. Simultanément, on fera des injections sous-cutanées d'ergotine et de stimulants difîusibles (éther, camphre, musc) ; on fera avaler de l'eau vineuse et du grog léger par cuillerées.

5° Méningée. — Voyez Méninges.

(')° Rénale. — Voyez Hématurie.

HÉPATITE. — Voyez Foie.

HERNIES. — Outre des cas exceptionnels que nous ne mentionnerons même pas, on observe chez l'enfant deux hernies fréquentes : la hernie ombilicale et la hernie inguinale ; une hernie rare : la hernie crurale.

a) Hernie ombilicale. — 11 faut distinguer ici la hernie embryonnaire, la liernie fœtale et la hernie de l'enfance.

i° Ilnrnie emfiryonnairc. — C'est ct-Ue qui est limitée par la membrane de Rathke, la paroi abdominale faisant défaut ; elle contient une partie plus ou moins grande du foie. Cette hernie est à peu près fatalement mortelle, par rupture de la mince membrane qui l'entoure et péritonite consécutive. Aussi dans ces dernières années a-t-on tenté l'extirpation du sac avec suture et l'on a obtenu quelques succès. On ne se dissimulera pas toutefois que c'est une opération grave.

2" Ilcniic fd'lale. — C'est celle qui est formée par l'anse vilelline restée dans la base ducordon. 11 est important de s'assurer chez tout nouvoau-rié qu'elle n'existe pus, car parfois la ligature mise sur le cordon a enserré 1 intestin, d'où des accidents d'étranglement mortels ou terminés par anus contre nature. Lorsque l'on constate cette hernie, on lie le cordon assez loin; le plus souvent, elle guérit par le même processus qui amène la chute du cordon.

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