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HERMES

Pendant le cours de la première enfance, jusqu'à làge de 18 mois à 2 ans, on prescrira le port d'un bandage. Pour le nouveau-né, le petit bandage de caoutchouc en fer à cheval est seul bien supporté; son elficacité, il est vrai, est médiocre. Vers l'âge duu an, on peut appliquer un bandage à pelote, anglais ou fran(,'ais. de préférence bilatéral, car il tient mieux, et d'autre part la bilatéralité de la hernie est fréquente, même quand au premier abord elle n'est pas évidente. La cure radicale ne sera entreprise qu'en cas d'étranglement, ou lorsque, malgré le bandage^ la hernie aura tendance à grossir constamment, devenant ainsi une cause de dépérissement pour l'enfant. On sera d'ailleurs averti que, si dans ces conditions le résultat est compromis au point de vue de la perfection de la réunion immédiate, la gravité opératoire est cependant nulle.

Passé la première enfance, lorsque l'enfant sera devenu propre au lit, on deviendra moins réservé. On essaiera pendant quelques mois la cure par le bandage, mais pour peu qu'elle semble défectueuse, on proposera la cure radicale ; et jamais on ne la refusera, si l'enfant est en bon état, à des parents qui d'emblée la préféreront au supplice du bandage.

2° Hernie avec ectopie testiruUiire. — Chezle nouveau-né. la complication d'ectopie est une contre-indication au bandage, qui empêche le testicule d'achever sa migration, sans cela assez fréquente. On laissera donc les choses en l'état, quitte à opérer si la hernie s'étrangle ou si l'enfant dépérit.

Chez l'enfanf plus âgé, il faut examiner si l'on peut isoler de la tumeur le testicule quel'on maintiendra dèslors, sil'onveut, au-dessous de la pelote en fourche d'un bandage spécial. Si le testicule n'est pas isolable, le port d'un bandage est proscrit j)our le même motif que chez le nouveau-né. Ces distinctions, il est vrai, n'ont plus grande importance à nos yeux, car grâce à l'antisepsie, nous considérons que passé IS mois il 2 ans toute hernie avec ectopie doit être traitée par la cure radicale, suivie d'orchidopexie (voyez TESTicn.i:. Ecli^pie).

3° Hernie étranglée. — La plupart des hernies étranglées chez l'enfant peuvent être réduites ]»ar le taxis et leur étranglement, en outre, est en gém-ral peu serré. Il n'y a pas longtemps encore, on tendait môme, classiquement, à considérer celle règle comme absolue. I']n réalité, il y a des hernies inguinales étranglées qui résistent au taxis, même sous le chloroforme. 11 va sans dire que celles-là iloivent être opérées par la kélotomie suivie de cure radicale, et il est incontestable que l'ctn obtient, même chez l'enfant âgé seulement de (italiques jours, des succès remarijuables. Toutefois, comme ehez reiif;nit en bas agi', en raisdii du coiilacl avec les évacuations alvines. on ne

HERXIES 371

peut pas être assuré de la réunion immédiate, il serait excessif de poser en règle chez l'enfant, comme on le fait de plus en plus chez l'adulte, que l'on ne doit en principe jamais tenter le taxis. J'ajouterai cependant que, dans ma pratique^ personnelle, c'est à peu près à quoi j'en suis arrivé pour les enfants âgés de 2 à 3 mois, et jusqu'à présent je n'ai pas vu mourir un seul de mes opérés de hernie inguinale étranglée, pas plus d'ailleurs que pour les hernies non étranglées.

Manuel opératoire de In cure radicule. — Pour pratiquer la cure radicale d'une hernie inguinale, on fait une incision le long du canal inguinal ; on incise la peau, le plan sous-cutané, puis l'aponévrose du grand oblique, sur chaque lèvre de laquelle on met une pince hémostatique pour se repérer. Cela fait, on arrive dans le canal et dans le haut du scrotum, sur le cordon, dont on reconnaît toujours avec facilité les deux enveloppes successives : crémaster, fibreuse commune. Chez l'enfant (sauf rareté pathologique que sur 150 cas je n'aipas rencontrée une seule fois), lahernie est toujours péritonéo-vaginale (c'està-dire congénitale, testiculaire ou non), et par conséquent. pour trouver le sac, il faut le chercher sous la fibreuse commune, au contact direct des éléments du cordon. Après l'avoir incisé, et avoir réséqué 1 epiploon, si le sac en contient, on met, de chaque côté, une pince sur la fibreuse commune, une autre sur la séreuse, et avec l'ongle on isole ces deux membranes l'une de l'autre, en décollant avec soin les éléments du cordon. On dégage d'abord le fond du sac s'il s'agit d'une hernie funiculaire, toute sa circonférence au-dessus du testicule s'il s'agit d'une hernie testiculaire, et lorsque ce temps est achevé, en quelques minutes, l'ongle agissant longitudinalement, on finit de décoller la séreuse jusqu'à ce qu'on voie la graisse jaune sous-péritonéale et l'artère épigastrique. Alors on met sur le collet une double ligature à la soie, et au-devant d'elle on suture le canal inguinal par trois ou quatre points en capiton, qui prennent toute l'épaisseur des tissus (aponévrose du grand oblique, muscles petit oblique et transvorsc) . au devant du canal inguinal. On réunit la peau sans drainage et on applique un pansement sec.

Chez la fille, l'opération est plus facile, car on extirpe à la fois le sac et le ligament rond.

Si la hernie est étranglée, on saura que l'agent de l'étranglement est d'ordinaire situé à l'anneau interne ou au-dessus de lui. Mais on songera aussi aux brides valvulaires qui peuvent occuper tous les points du canal péritonéo-vaginal, même presque au contact du testicule.

c) Hernie crurale. — La hernie crurale est rare chez l'enfant;

372 HERPÈS. HERPÉTISME

VU la difficulté d'application du bandage, le mieux est de recourir de parti pris à la cure radicale.

J'en dirai autant pour la hcmic loinhaire.

HERPÈS. — L'éruptioii localisée d'un ou plusieurs groupes de vésicules d'herpès (//. labial, nasal, (ji-nital) n'offre guère d'indications thérapeutiques. Il faut cependant en éviter l'excoriation et favoriser leur dessiccation, prévenir l'auto-infection par les pyogènes ou autres microbes pathogènes apportés par les ongles de lenfant. Il convient d'appliquer un antiseptique (salicylate de bismuth, aristol) en poudre, ou une vaseline boriquée, salolée ou iodoformée. On empêchera ainsi l'herpès de dégénérer en impétigo.

Si l'herpès siège sur les amygdales, on fera le traitement de Vangine herpétique (voyez Angine).

L'éruption simultanée d'un grand nombre de groupes vésiculeux au pourtour de l'orifice buccal, des organes génito-urinaires et de l'anus, accompagnée de fièvre, d'agitation vive, d'insomnie, constitue la fièvre herpétique. L'antipyrino et la quinine, les calmants, devront être mis en d'uvre suivant la prédominance de tel ou tel symptôme. Pour le traitement local, on fera comme pour l'herpès localisé.

H. Zoster. — Voyez Zona.

HERPES TONSURANS. — Voyez Tuickopiivtie, Teicm:

TONDAM h.

HERPÉTISME. — Ce terme médical devrait être abandonné, car les médecins qui l'emploient ne s'entendent pas mieux entre eux qu'avec les malades sur sa signification. Beaucoup de personnes se disent herpétiques, parce qu'elles sont sujettes à des éruptions d'herpès; mais la banalité de ce phénomène, qui est le plus souvent une infection localisée, se traduisant par des vésicules dont l'apparition est commandée par un groupe de filets nerveux (névrite infectieuse), empêche de lui accorder aucune signification dialhésique, c'est-àdire qu'il n'est pas sous la dépendance d'un trouble général de la nutrition. L'herpès naso-labial qui accompagne la pneumonie, l'herpès calaménial ou celui (jui fra|)pe l'amygdale d'emblée, sont-ils des manifestations diathésiques? Ce n'est pas vraisemblable, puisque ces accidents se montrent chez des individus de tout tenq)érament.

L'herpès récidivant des organes génitaux me paraît se montrer plus fn(|uemmt^nt chez des individus arthritiques, et de fait il me semble (juc ceux (juc les anciens médecins, comme Hardy, dénunmiaienthcr-

HEnPÉTISMK. HOnui'T 373

pétiques. sont une variété d'arthritiques avec prédisposition spéciale à certaines dermatoses et à certains troubles trophiques. M. Lancercaux, qui a consacré tout un volume à Thorpétisme, laisse bien voir, par la description qu il donne des attributs de l'herpétisme, qu'il entend sous ce nom ce que, depuis Bazin, on a appelé arthrifisme. ou, comme M. Bouchard, diathèse brady-trophique. Les lierpéfiques sont des arthritiques plus particulièrement dermopathes et névro- 2iathes,\o'ûk tout ce qui me paraît ressortir de ce qui a été écrit sur la question depuis vingt ans. Comme arthritiques, ils se trouvent bien des moyens hygiéniques et thérapeutiques propres à activer la nutrition ralentie; comme névropathes, ils sont assez souvent améliorés par l'arsenic, médicament nervin; je renvoie donc aux articles Arthritisme et Nervosisme.

HOQUET. — Le hoquet de courte durée et d'une intensité peu gênante est le plus souvent l'indice d'une digestion laborieuse, et notamment d'une distension brusque de l'estomac par des gaz. Fréquent chez les nourrissons qu'on laisse teter trop rapidement ou qui, buvant au biberon, déglutissent maladroitement de l'air, il est un sijmjJtôme de dijspopsie et requiert une amélioration dans le mode d'alimentation. On le trouve encore chez des enfants plus âgés qui boivent trop vite et trop à la fois. 11 est aussi lié souvent à une hyperacidité du contenu gastrique et se trouve guéri par l'alcalinisation.

Dans les affections graves et chroniques du tube digestif qui provoquent des ulcérations petites et superficielles, ou dans les maladies générales au cours desquelles peuvent se faire des érosions de la muqueuse gastro-intestinale, il existe un hoquet, auquel les meilleurs moyens à opposer sont les antiseptiques et les poudres fines susceptibles de s'étendre sur toutes les surfaces : benzonaphtol, salicylate et sous-nitrate de bismuth, craie lavée.

Dans les affections des voies respiratoires, le hoquet traduit en génévd\ou\mend(''nopathietrachéo-bronchique,on\ine irritai ion des filets du nerf phrénique en contact avec la plèvre diaphragmatique.

On rencontre le hoquet dans les a/fer f/o?i.s du péritoine.

Dans ces divers cas, la révulsion par les badigeonnages iodés, les pointes de feu, les sinapismes au niveau de l'espace interscapulaire, desparois antérieure ou latérale du thorax, est l'indication principale.

Certains enfants liijstériques,oxi simplement nerveux, sont pris de hoquet bruyant, périodique, et c'est par le traitement antispasmodique (éther, valériane, belladone), par l'hydrothérapie, qu'on en peut triompher.

Certains moyens empiriques peuvent être essayés, cautérisation du

374 HOQtl-T. HYDROCÈLE

lobule (le l'oreille, application de glace sur l'épigastre, déglutition de petits fragments de glace, suspension volontaire et prolongée de la respiration par l'action de boire très lentement un verre de liquide, ce qui modifie le rythme du clonus diaphragmatique. Le procédé plus récemment proposé est la compression énergique avec le doigt d'un ou des deux phréniques entre les insertions inférieures des sternocléido-mastoïdiens (Leloir).

T/antipyrinc, le chloral, la cocaïne, la morphine, les bromures sont les médicaments qu'on essaie toujours, isolés ou associés, et qui finissent généralement par triompher.

HYDARTHROSE. — Voyez Genoi.

HYDATIQUES (Kystes). — Voyez Kystks.

HYDROCÈLE. — Il y a deux espèces de collections liquides, toutes deux très fréquentes, dans les bourses de l'enfant : 1° les hydrocèles vaginales ; 2° les kystes du cordon, arrondis ou allongés. Nous les réunissons parce que leur traitement est identique. Dans l'un comme dans l'autre cas, il y a ou il n'y a pas communication avec la cavité péritont'ale, ce qui s'apprécie par la réductibilité, par la variabilité d'abondance du liquide, mais ce qui peut iort bien exister en l'absence de ces symptômes. On se comportera donc comme s'il y avait toujours communication, ce qui d'ailleurs, depuis l'avènement de l'antisepsie, n'a plus qu'une importance médiocre. On cherchera toujours, en outre, s'il y a une hernie concomitante.

Chez le nouveau né — et Ihydrocèle vaginale est souvent congénitale, ou à peu près — la résorption spontanée n'est pas rare. Si elle n'a pas eu lieu lorsque l'enfant est âgé de quelques semaines, on fera le traitement par la ponction suivie d'injection d'alcool. Cette petite opération, qui doit être conduite aseptiquement. se fait avec hi seringue de Pravaz : on évacue une seringue ou (h^ux (U^ liquide o[ on injecte ime seringue d'alcool. La réaction est légère et ht guérison nest pas rare. Il ne faudrait pas cntire, toutefois. (pieUe soit constante,

Lorsf|ue r<'iif;int a atteint I.S mois à 2 ans. avec hi ponction suivie d'injection irritante — alcool ou tcinluie diode — on pi'ul mettre en parallèle l'opération sanglante, et pour notre jiart c'est celle dernière (jue nous conseilhnis sans hésiter aux praticiens qui ont l'habitude de la chirurgie antiseptique. Pour Ihydrocèle vaginale, le mieux est de résé(|ucr la I unique séreuse en collerette autour de ses insertions tesliculo-éj)i(lidyniaires et de ne pas la reconstituer par la suture. (^ii;nil iiMX kystes du coriloii. on doil les exlii'pei' t'iiiii|)|r|enieiil , t'e

HVDROCÈLE. HYDROCÉPHALIE 3 75

qui est toujours possible. Dans les deux cas, on examinera avec soin s'il n'existe pas un perluis communiquant avec le péritoine, avec ou sans pointe de hernie : l'opération sera alors celle de la cure radicale de la hernie inguinale (voyez ce mot).

Le pansement au collodion rend ici de grands services, surtout chez les enfants en bas âge.

HYDROCÈLE DU CANAL DE NUCK. — Cette lésion, tout à fait comjjarable aux hydrocèles ou kystes du cordon dans le sexe masculin, doit être traitée par l'extirpation, mais en sachant bien que le plus souvent elle est, comme les kystes du cordon d'ailleurs, associée à une hernie inguinale (voyez ce mot et voyez Vulve).

HYDROCÉPHALIE. — En présence d'une hydrocéphalie, le premier point devrait être d'en établir le diagnostic étiologique : soit, par exemple, l'hydrocéphalie liée à une tumeur de mésocéphale, on conçoit l'intérêt qu'il y a à savoir s'il s'agit d'un tubercule, d'un sarcome, d'une gomme syphilitique. Or la plupart du temps ce diagnostic reste dans l'ombre, car Ihydrocéplialie en elle-même ne varie pas d'allures selon sa cause. 11 est vrai que notre thérapeutique est aussi impuissante contre le tubercule que contre le sarcome, et il reste en somme la syphilis, dont on instituera avec énergie le traitement pour peu qu'il y ait des commémoratifs ou des accidents concomitants de nature spécifique. On peut même toujours conseiller ce traitement explorateur.

L'hydrocéphalie proprement dite est toujours intraventiculaire et totale. Dans ces conditions, le traitement chirurgical donne de médiocres résultats. On peut tenter d'agir par des ponctions répétées, pratiquées à travers les sutures élargies ou entre les lames des vertèbres lombaires, et suivies de compression; mais si on a obtenu de la sorte quelques résultats palliatifs, on n'est encore jamais parvenu à une guérison. On essaiera aussi de la compression régulière exercée avec des bandes de tarlatane amidonnée et mouillée. Dans ces derniers temps, on a cherché à agir plus radicalement et à empêcher, par le drainage du ventricule latéral, l'accumulation nouvelle du li(juide. Le procédé opératoire consiste à appliquer une couronne de trépan à 2 centim. 1/2 au-dessus et en arrière du conduit auditif externe, à ouvrir la dure-mère et à enfoncer un Irocart, puis un drain, en visant un peu au-dessus du conduit auditif du côté opposé. L'opération est facile, et d'autre part, si le drain est aseptique, sa présence est bien supportée. >Liis la plupart des sujets ainsi opérés succombent, plus ou moins rapidement, par déperdition du

3 76 HYDROCÉPHALli:. HYl'EnHIDIlOSE

liquide eéphalo-racliidien. Ce n'est pas un motif pour que nous repoussions l'intervention en principe, car elle s'adresse à une lésion incurable et ayant des conséquences déplorables; mais nous devons en conclure que nous ne parlerons dopération qu'avec grande réserve. Nous ne la proposerons avec quelque netteté que lors(jue, à une hydrocéphalie déjà constituée, vient s'ajouter un phénomène spécial, une contracture, par exemple. En outre, pour certaines hydrocéphalies de médiocre intensité, n'ayant pas tendance à un accroissement rapide et conlinii, le drainage des ventricules peut avoir des indications; et c'est dans ces conditions que, tombant sur des hydrocéphalies partielles, intra ou extraventriculaires, on a obtenu quelques résultats réellement curatifs.

HYDROCÉPHALOÏDE (Maladie). — Le syndrome pseudoméningitiquc décrit sous ce nom par Marshall Hall est un épisode des entérites cJiro7iiques et des diarrliées graves de la première enfance, qu'on a attribué à l'anémie céré6ra/e. Le traitement est celui de la maladie primitive, et plus spécialement linjection sous-cutanée de sérum artiliciel et de slimulanls diiïusibles.

HYDRONÉPHROSE. — Voyez Ri ix.

HYDROPISIES. — Voyez AscrrE.

Pour l'Anasarque. 1 Hydrothorax, voir Néphiuti-, Co-in.

HYGROMA. — Les sièges de prédilection de l'hygroma, lésion d'ailleurs assez rare chez l'enfant, sont les bourses prérotulienne, olécrànienne et quelquefois les bourses accidentelles qui se forment au niveau des malléoles. Le traitement do choix est incontestablement l'extirpation franche suivie de réunion immédiate. On évitera ensuite, dans la limite du possible, les frottemennls répétés qui avaient provorpié la b'sion.

HYPERHIDROSE. — Les sueurs excessives peuvent èlre gciK'ialcs ou jiaiiicllcs (pieds, mains, cuir chevelu). Mlles })euvent être patholoriiques, comme celles des phthisiques, celles qui accompagnent le rhumatisme articulaire aigu. On réserve plutôt le nom dliyperhidrose |)our désigner une disiiosition ct»isliliitio)i)ïoll(\ qui se montre chez certains sujets, souvent de souche arlhrili(|ue, et par suite de la(|uelle ils sont inond('s de sueur sotis l'inlbuMicc' du moindre exercice.

HYPEUHIDUOSE. HYPNOSE '577

Les sueurs partielles du cuir chevelu, de l'abdomen, qui sont habituelles dans les premières périodes du rachitisme, seront combattues par le traitement général de la maladie : hygiène, phosphates et particulièrement lait phosphaté, frictions alcooliques et bains salés.

Les sueurs profuses des pieds sont le plus souvent accompagnées dune odeur fétide (bromidrose) qui nécessite l'emploi des antiseptiques : lavages des pieds et des espaces interdigitaux deux fois par jour avec de l'alcool naphtolé, poudrage avec la poudre d'amidon ou de talc, additionnée de salicylate de bismuth ou de permanganate de potasse (1/10), badigeonnages avec l'acide chromique, ou avec une solution de chloral.

Contre les sueurs générales des tuberculeux : l'atropine, l'agaric, le tannin et le tellurate de soude, les lotions avec l'alcool ou une solution de tannin.

A l'hyperhidrose constitutionnelle on opposera, outre les moyens précédents, l'hydrothérapie froide, les bains sulfureux, le traitement tonique.

HYPERMÉTROPIE. — Quoique ce vice de réfraction soit congénital, il est exceptionnel qu'il soit reconnu et traité dans l'enfance, car les cas légers et moyens, qui sont la grande majorité, sont masqués par l'accommodation tant qu'elle est puissante. L'attention est attirée sur l'œil par de l'hyperhémie conjonctivale, des maux de tête, des phénomènes d'asthénopie accommodative : il est alors indiqué de mesurer la réfraction du sujet et de lui faire porter pour la vision de près des verres convexes appropriés. L'hypermétropie est associée à 70 0/0 des cas de strabisme interne (voyez ce mot).

HYPERTROPHIE CONGÉNITALE. — On a englobé sous ce nom des lésions de nature très variée (angiome, lymphangiome, hypergenèse de tissu fibro-adipeux) et pouvant porter soit sur les parties molles seules, soit sur le squelette en même temps. 'J'outes ces productions anormales sont de nature bénigne. Elles ne seront traitées chirurgicalement que si elles sont disgracieuses ou gênantes, cas auxquels on pratiquera des excisions suivies de réunion immédiate, de façon à restaurer le mieux possible la forme et la fonction (pour les cas particuliers, voyez Langue, macroglossio : Lèvues, macrochcHie; Main et Pied, liyperirophio). Aux membres, on essaiera d'abord de la compression contre les hypertrophies diffuses.

HYPNOSE. — Depuis quelques années, d'assez nombreuses publications ont été faites au sujet des avantages que la thérapeutique

378 HYPXOSE. HYPOCHONOniE

infantile peut retirer de la suggestion pratiquée pendant le sommeil hypnotique. Les principaux phénomènes pathologiques qui ont élé traités ainsi sont : rincontinonce durine. des contractures, des paralysies et autres accidents hystériques, l'onanisme, divers tics et. tout dernièrement, celui qui consiste à se ronger les ongles.

Je crois parfaitement au rôle important que la suggestion à l'état de veille joue en thérapeutique ; il n'est pas de médecin qui n'en use plus ou moins consciemment et on en tire sans doute un parti d'autant meilleur qu'on l'emploie d'une façon systématique et mieux réglée ; il est prohable que la suggestion pendant le sommeil provoqué agit plus énergiquement encore sur les enfants. Mais je ne suis pas certain qu'il n'y ait pas d'inconvénients pour l'avenir mental du sujet à développer chez lui l'aptitude à l'hypnose.

HYPOCHONDRIE. — Les idées hypochondriaques ou nosomania(|ues ne sont pas exceptionnelles chez les enfants névropathes et dégénérés. Dès qu'on s'en aperçoit, il importe d'attirer Tattention de la famille sur cette fâcheuse tournure d'esprit, qui peut aboutir à une vésanie véritable. C'est à la cure morale, à la psycliothérapiey qu'on doit demander le redressement de cette déviation psychi(|ue; tout l'entourage de l'enfant doit s'y employer.

On évitera avec grand soin de laisser la conversation tomber sur des sujets médicaux ; on redoutera plus encore la lecture de ces écrits dans lesquels, sous couleur de vulgarisation médicale, se trouvent des descriptions plus ou moins exactes des maladies, dans un style de nature il iniju-essioniier vivement un lecteur jeune. Malheureusement, à notre époque, ce genre décrits, servant à la dilTusion de réclames thérapeutiques, se glisse partout et peut facilement tomber sous les yeux de nos enfants. Ceux d'entre eux qui ont la moindre propension à la nosomanie s'en emparent et les lisent avec avidité.

Puni' la niénic raison, les parents devront <''vitcr do s'entretenir devant leurs enfants de leurs projires maux ; car, souvent névropathes eux-mêmes, ils exerceront, pai- le récit imagé de leurs sensations morbides, une fâcheuse suggestion sur ces jeunes cerveaux.

Ou recommandera aux parents de n'accueillir qu'avec réserve, et sans en paraître émus, les |)laintes de l'enfant hypochoiulriaque. Ce serait pourtant une maladresse d'y paraître insensible et de refuser complètement d'y cioire ou de s'en occuper ; l'enfant attribuerait cette excessive indifférence à la dureté de cœur des siens et renoncerait à leur conlier ses craintes d'être malade et de mourir; il se confinerait en un mutisme plein de terreurs secrètes, qui s»'rait loin d'améliorer son système nerveux. On écoulera donc les plaintes de

HYPOOHONDRIE. HYSTÉHIK 37î>

l'enfant, on l'examinera attentivement, et on lui affirmera ensuite que les sensations qu'il accuse ne correspondent à aucune maladie.

On instituera pour lui une éducation où les travaux intellectuelsseront suffisamment tempérés par l'exercice et les distractions; on choisira, s'il se peut, ses camarades parmi des enfants sans tare névropalhique et de bon caractère.

LlujdroUicrapiCj sous les formes les plus variées, sera presque la seule thérapeutique physique.

Cependant, comme, en général, les fonctions digestives s'accomplissent assez mal chez ce genre de sujets et qu'ils sont notamment atteints de constipation, on surveillera leur alimentation, on leur fera prendre fréquemment les amers et les laxatifs.

HYSTÉRIE. — Deux grands agents priment tous les moyens qui ont été préconisés contre l'hystérie : le traitement moral et Vliijdrothéraiiie.

Ils servent dabord à la prophylaxie. Chez les enfants issus de névropathes, l'usage des pratiques hydrothérapiques doit être institué de très bonne heure, et l'éducation devra, dès les premières années, s'efforcer de combattre le dérèglement des fonctions nerveuses. Malheureusement, quand les parents et surtout la mère sont eux-mêmes hystériques ou neurasthéniques, ils sont bien peu capables de donner celte éducation, qui requiert un caractère calme, un mélange de douceur et de fermeté. Enpareil cas, il vaudra mieux pour l'enfant que ses parents confient à d'autres le soin de diriger son jeune esprit.

Aux prédisposés à Ihystérie. il faut imposer une règle de vie méthodique, l'habitude du travail coupé par des distractions jikysiques ; dans les lectures, bannir autant que possible les écrivains qui ne s'adressent qu'à l'imagination et à la sensibilité, éviter les occasions de faire naître des émotions vives, tristes, terrifiantes ou attendrissantes. L'ennui et la monotonie sont d'ailleurs à éviter, aussi bien que l'excès des plaisirs : on trouve autant de filles hystériques dans les mornes ouvroirs que dans les salons mondains ou les pensionnats à la mode.

L'approche de la 2^ulje)'té est une occasion d'éclosiou de l'hystérie. et même chez les fillettes sans prédisposition héréditaire accusée, la névrose peut se montrer alors d'une façon peu durable et sous des formes atténuées.

TuAiTEMEXT. — Quaud il existe chez une enfant hystérique des symptômes d'nnrrnie, il faut commencer par instituer le traitement toui(|ue, dont la vie au grand air, les inhalations d'oxygène, l'arsenic, les préparations martiales forment les bases. On prescrit simultané-

3S0 HYSTÉRIE. ICHTUYOSE

ment l'hydrothérapie, les lotions froides, les douches en colonne horizontale, les bains sulfureux.

Dans les formes d'hystérie où prédominent les phénomènes d'exdtntion. on utilisera plutôt l'enveloppement général dans le drap mouillé, le maillot partiel humide, la douche en pluie, ou l'hydrothérapie tiède, la balnéation tiède (bains de tilleul prolongés).

On a fait un grand abus des bromures dans le traitement de l'hystérie convulsive. et même des accidents hystériques sans éclampsie. Nous ne pensons pas qu'on puisse demander aux préparations bromique sautre chose que la sédation très passagère de la surexcitation cérébro-spinale.

Comme médicaments antispasmodiques, nous plaçons bien au-dessus les préparations de valéfiiuio (valérianate de zinc, de quinine, extrait, poudre, décoction de valériane, en pilules, en lavements, en bains).

La fiti'iicJinine nous a rendu de bien grands services pour combattre le dérèglement des grandes fonctions nerveuses.

L'c'lect roiliérajDÎe, principalement sous la forme d'électricité statique, fournit aussi de bonnes armes.

Enfin, dans tous les cas où de graves accidents hystériques, d'ordre psychique surtout, résistent aux moyens précédents, Yisolowent des enfants, leur transfert hors de la famille ou du milieu habituel dans un milieu radicalement différent, notamment dans une maison do santé, sous la direction d'un médecin rompu au traitement des névroses, voilà VuHima raiio. Ce dernier moyen est plus spécialement merveilleux contre ïanorcxie, les vomissoncnts hicoerciblos, certains spasmes Ioniques. Le rôle principal du médecin, lorsqu'il lient ainsi à sa discrétion l'enfant, est d'exercer sur lui imesurjgestioii contraire à celles que trop souvent il avait reçues d'un entourage imprudent ou à ses auto-suggestions.

Quand il existe des anesllicslcs hémiplégiques ou partielles, on doit recourir aux nombreux moyens .TSthésiogènes : aimants, mélallothérapie, transfert. Ou traite de mvmc \os paralysies du mouvement.

Les atlaqnos cnnrHlsii:(>s ne requièrent que peu de moyens imnit'diats : la compression ovarienne ou celle dos nerfs sus-orbitaires.

ICHTHYOSE. — Les sujets (jui oITrent celte infirmité culanoi' sont if jihis souvent lynipliatiques ou scrofuloux, et anémi(|nes. On aura donc à instituer cliez eux la cure de la diathèse et le frailouîcnl reconslil liant.

(^omnic traitomeni looal, on doimora d'abord dos fi'iclions savonneuses siiivios do bains tièdos prolong«''s; puis dos friotions avec, lo glycéroji' lai-lriipioji f; !.") ou 1/2(1. Si l'olVol i)idduil n'ost pas suflisant.

ICHTHYOSK. ICTÈRE 381

on fera des onctions avec une pommade au goudron (50 p. 150 d'axonge), leglycérolécadique aromalisé àl'essence de Wintergreen, l'huile de foie de morue.

Les eaux de Loëche, de Schlangenbad sont recommandées.

ICTÈRE. — Quelle qu'en soit la cause, du moment qu'il existe de l'ictère, c'est-à-dire une imprégnation des humeurs et des tissus par la matière colorante de la bile, il y a danger d'intoxication pour l'organisme et obligation de recourir à un ensemble de moyens thérapeutiques destinés à prévenir ou à faire cesser cette intoxication. Quand, pour une cause quelconque, il y a eu passage de la bile dans le sang, l'organisme fait un effort spontané pour se préserver contre les deux principes les plus toxiques de la bile, les sels biliaires et la matière colorante. Les uns et les autres tendent à s'éliminer par la voie rénale, mais la bilirubine moins rapidement. En se fixant sur les éléments du tissu conjonctif, la plus grande partie de la matière colorante cesse momentanément d'exercer une action nocive sur le système nerveux les fibres musculaires. 11 faut donc considérer l'imprégnation jaune des tissus comme un mode de défense de l'économie. Mais c'est là une mesure défensive provisoire, qui devient insuffisante si l'accumulation des matières colorantes continue ou si l'évacuation ne s'en opère pas graduellement. Cette analyse de physiologie pathologique, empruntée à l'enseignement de M. Bouchard, nous conduit à hâter cette évacuation en imitant les procédés naturels.

Il faut aclicer l'excrétiomirinaire par deux moyens : les boissons abondantes et les grands lavements froids (méthode de Krull).

La plus diurétique des boissons, le lait, doit avoir la préférence, coupé d'une eau alcaline (Vichy ou Vais) ou diurétique (Contrexéville, Vittel, Evian), alternant avec la tisane de chiendent ou de queues de cerises.

Les lavements froids abondants seront administrés trois ou quatre fois par jour avec les précautions ordinaires (décubitus dorsal, cuisses lléchies, longue canule, lenteur de l'introduction). Leur utilité est, d'une part, d'introduire par absorption de l'eau dans la circulation, et par leur température de provoquer un spasme des capillaires intestinaux ; d'où reflux dans la circulation générale des masses de sang stagnant dans le système porte et, par suite, augmentation de pression dans la circulation rénale. On peut employer l'eau bouillie simple, ramenée à 15- ou 20° C. l'eau naphtolée à 0 gr. 20/1000, l'eau boriquée saturée. Chaque irrigation sera d'un à deux litres, suivant l'âge.

Récemment, iSDL Lesage et Dauriac ont proposé un procédé de lavage intestinal par l'introduction lente et avec très faible pression

382 ICTKRE

de grandes quantités d'eau, le sujet étant couché rigoureusement horizontal, la hanche gauche soulevée par un coussin. Grâce à ces moyens, l'eau franchit, paraîl-il. sans accident et avec peu de douleur, la valvule iléo-cœcale.

Uantisopsic intestinale s'impose toutes les fois que la bile est empêchée de fluer dans l'intestin, parce que. ce liquide ayant cessé d'exercer dans cette cavité son rôle physiologique de balayage et d'antifermentatif, les résidus alimentaires entrent eu fermentation et produisent des poisons, dont la résorption ajoute à l'auto-intoxicatiou biliaire l'intoxication par les matières fécales, la stercorémie à la cholémie.

L'usage du lait a déjà diminué les chances d'auto-intoxication stercorémique, puisque cet aliment est le plus inoiïensif de tous. Néanmoins, nous nous ciïorçons de réduire encore le danger d'intoxication en donnant le benzonaphtol. associé à la poudre de cascara, à la magnésie, et le calomel ou un sel neutre. L'utilité de l'antisepsie intestinale est encore de mettre obstacle à l'infection ascendante des voies biliaires par des microbes venus de l'intestin.

Pour activer la destruction des éléments de la bile par oxydation dans l'intimité des tissus, nous conseillons les inhalations d'oxygène, si l'enfant est assez âgé pour s'y prêter.

Parmi les symptômes de l'ictère qui incommodent le plus les enfants, les clrmangcnisons, qui les conduisent au grattage età désinfections secondaires par les excoriations, peuvent être diminuées par les bains chauds, les lotions très chaudes d'eau chloralée, les applications de pommade au menthol, à la cocaïne et l'enveloppement dans le coton hydrophile.

Aux indications générales précédentes ajoutons que, dans 1 ictère catarrhal, il existe généralement un étal de catarrhe ga'^lrique avec anorexie et état nauséeux, qui sera combattu par les amers (teinture de gentiane, de noix vomique, macération de quassia, sirop décorées d'oranges amères). Les boissons glacées acidulées dissijicront la nausée. Il sera utile quelquefois d'administrer l'acide chlorliydriquc {dix gouttes dans une potion aromatisée au sirop de limon; Henoch).

1. ictère consécutif à la colique hépatique, assez rare chez les jeunes sujets, est généralement de courte durée, et les indications Ihérapeuliques sont celles de la lithiase ])inaire (voyez ce mol).

L'ictère grave i/'sullant d'une hépatite infectieuse, d'une pyoht-tni(! (•()nq)li(iiianl la plili bile ombilicale, d'une malforinalioii des voies Ijiliaires. est rar-e dans l'enfance. Les bains, tièdes ou froids, les appli-

ICTKIti:. IDIOTIK 383

calions d'ong-uent mercuriel belladone sur le foie, les toniques pourront être ajoulés aux prescriptions gént-rales contre l'ictère.

L'ictère des nouveau-nés. quand il alTecle la forme bénigne, disparaît en peu dejours sans traitement. Quand il est symptomatique d'une malformation des voies biliaires, d'une liépatite infectieuse ou d'une pyémie puerpérale, ces diverses lésions anatomiques sont audessus do toule thérapeutique.

Cependant, si l'on peut soupçonner que l'enfant est syphilitique, on peut espérer une guérison par les frictions mercurielles , la liqueur de Van Swieten, le calomel.

IDIOTIE. — Les causes de Vidiotie congénitaile sont la dégénérescence héréditaire produite par l'alcoolisme des parents, le croisement des névropathes, des aliê^iés ; certaines influences psychiques ou pathologiques, ayant agi sur la mère pendant la grossesse, la dystocie et des applications de forceps maladroites. La connaissance de ces causes permettra au médecin de faire delà prophylaxie par des conseils donnés aux familles au sujet des mariages, et aux jeunes mariés au sujet de leurs devoirs. La diffusion des progrès si remarquables de l'obstétrique contemporaine contribuera peut-être aussi à diminuer le nombre des idiots par traumatisme obstétrical ou accouchement trop prolongé.

L'idiotie acquise découle surtout d'altérations nécrosiques et inflammatoires du cerveau et des méninges, provoquées par des troubles nutritifs d'origine gastro-intestinale, ou actionnées par des maladies infectieuses soit héréditaires, soit acquises (syphilis, fièvres éruptives, fièvre typhoïde).

Elle peut dépendre aussi de 1 atrophie du corps thyroïde (idiotie mijxœdêmateuse).

On fera donc beaucoup pour diminuer l'idiotie acquise en combattant lathrepsie, en prévenant par l'isolement certaines maladies contagieuses, en dépistant et en traitant la syphilis héréditaire.

Le TRAITEMENT comprcud Vhijgicne, qui doit être minutieusement surveillée : alimentation simple et facilement assimilable ; éviter la constipation et la diarrhée ; habitation bien aérée, literie composée de matelas et d'oreillers en crin, séjour pas trop prolongé au Ht ; toilette attentive des organes génitaux pour prévenir l'onanisme accidentel ; hydrothérapie ; frictions; massage avec mouveaients passifs des divers segments des membres.

Le traitement chirurgical par la crâniectomie ne peut donner de résultats que dans les cas exceptionnels d'idiotiepar tumeurcérébrale à localisation bien nette et accessible ; il est impuissant contre l'atro-

384 IDIOTIE. IMPÉTICO

phieou la sclérose diffuse du cerveau, les foyers multiples de nécrobiose ou dhémorrhagie.

Le rôle principal du médecin vis-à-vis de l'idiot est d'entreprendre son (klucation iiiornîe et pInjs'Kmc. Malheureusement, si l'idiotie congénitale peut être améliorée par l'éducation, l'idiotie acquise ne laisse presque aucun espoir.

L'éducation des idiots ne peut être entreprise avec succès dans les familles ; elle donne, au contraire, des résultats assez souvent consolants, et parfois remarquables, dans des asiles privés et dans des hospices comme Bicètre et la Salpèlrière, sous la direction de médecins ayant acquis une connaissance approfondie des habitudes physiques, de la psychologie de l'idiot, grâce aussi à -la patience, à l'ingéniosité d'éducateurs spécialistes.

Contre l'idiotie myxœdémateuse, onra essayé avec des succès malheureusement peu durables les greffes et les injections sous-cutanées d'extrait de corps thyro'ide ; il semble qu'on obtienne de meilleurs résultats par Tusage alimentaire prolongé du tissu de cet organe cru et même cuit.

IMPÉTIGO (Goii.rino contagieuse). — Nous ne nous arrêterons pas à réfuter le préjugé qui consiste à redouter que la disparition de l'impétigo ait pour conséquence quelque maladie interne par suite d'une répercussion métastatique : si cette croyance peut avoir encore des adeptes dans certains milieux ignorants, elle ne compte presque plus de défenseurs parmi les médecins.

Les pustules impétigineuses résultent de l'inoculation de staphylocoques ; s'il leur faut quelquefois pour prospérer un terrain prédisposé par une viciation des humeurs, telle qu'en produisent la scrofule et l'auto-intoxicalion d'origine gastro-intestinale, il est prouvé que les microbes pyogènes. répandus avec abondance à la surface de nos téguments et des objets, ne cherchent qu'une fissure pour s'insinuer plus ou moins profondément dans nos tissus : un eczéma de cause interne, un érythème excorié par le grattage servent ordinairement de portes d'entrée. Quand la pustulation impétigineuse s'est développée, l'auto-inoculation s'opère de proche en proche par les contacts et le grattage; la blrpliarite et la ronj(>)K't}vite, la lierai ite, la sloiiiatile, la tourniole ou panaris sous-épidermique, la vulvile et la balaïKf-poslhite iinpèrKjuieuses sonl des complications tenant au transport, à distances plus ou moins grandes, sur le même individu ou sur d'autres, des staphylocoques, dont la virulence peut d'ailleurs varier sousdes inlluenccs (jui nous échappent, telles que le changement de terrain organique. Sans vouloir exagérer la gravité

IMPETIGO

(le l'impétigo, il convient de faire remarquer que les staphylocoques, s'ils pénètrent dans la circulation, peuvent non seulement causer des abcès lymphangitiques et ganglionnaires, mais aussi, surtout s'ils rencontrent des altérations viscérales antérieures et prédisposantes, produire des infections locales ou générales, suppuratives ou non {endocardite infectieuse, pyémie raétasiatique, ostéomyélite).

Le devoir du médecin est donc de préserver les enfants contre l'impétigo, etdeguérirrapidementcettepyodermite. quand elleestréalisée. On aura donc soin de faire l'occlusion de toute excoriation épidermique chez les enfants, de les faire laver avec des antiseptiques faibles (solutions boriquées),quisufr!sent pour entraver la pullulation des staphylocoques.

Quand l'affection commence à se manifester, ces mêmes moyens parviennent en général à l'enrayer : vaseline boriquée ou salolée, poudre d'aristol.Mais le plus souvent nous avons à traiter un impétigo qui se présente sous l'aspect de croûtes épaisses, recouvrant quelquefois des abcès, sous-cutanés ou ganglionnaires. Il y a donc un travail préalable pour dégager la région et permettre aux antiseptiques d'attaquer l'élément microbien. Ces moyens préliminaires sont les pulvérisations d'eau boriquée, les applications permanentes de compresses de tarlatane en plusieurs épaisseurs imbibées deau boriquée. qu'on maintient humides en les recouvrant d'un taffetas gommé : on continue ces applications jusqu'à ce que toutes les croûtes soient détachées ; le prurit est rapidement soulagé. Pour le cuir chevelu, on coupe les cheveux ras avec des ciseaux. S'il y a des abcès, on les ouvre.

Les téguments débarrassés des croûtes, on recouvre la zone impétigineuse d'une substance antiseptique peu irritante. soit pulvérulente, soit dissoute dans un excipient adhésif : le glycérolé d'amidon borique à 1/iO, la vaseline au salol, la pommade au calomel, la poudre d'aristol, le vernis phéniqué appelé stérésol. conviennent. Sur les surfaces restreintes, l'emplâtre de Vigo, l'emplâtre rouge de Vidal, peuvent être utilisés. Quand l'extension est enrayée, on peut achever la guérison par les pommades au bismuth ou à l'oxyde de zinc.

Les blépharites, conjonctivites et kératites requièrent les pommades à l'oxyde jaune, au calomel, les collyres au sulfate de zinc ou de cuivre, au nitrate d'argent.

La stomatite impétigineuse guérit par les badigeonnages à la glycérine salolée ou salicylée, au stérésol.

L'impétigo des organes génitaux requiert les grands bains antiseptiques.

On n'omettra paslesprcscriptionsrelativesàl'/M/ryiè/ie idlntcntaire et le traitement (jénéral : chez les nourissons, on réglementera

THÉRAPELTIQUK IXJtANTIL!:. 25

38(3 IMPÉTIGO. INCONTINENCE DUniNE

rabondance du lait, quand l'eczéma par mauvaise alimentation a sei vi de substratum ;i l'inoculation staphylococcique ; chez les enfants plus âgés, on interdira, comme dans toutes les dermatoses, les poissons, viandes fumées et gibier, salaisons, charcuterie, les épiées, le vin, le café et le thé.

INCONTINENCE D'URINE (Enuresis). — Klant donné un enfant atteint d'incontinence d'urine, il faut toujours et avant tout explorer ses organes génito-urinaires. Souvent, en elîet, l'irritabilité vésicale, qui se traduit pendant le jour par des mictions fréquentes et impérieuses, pendant la nuit par de l'incontinence, est provoquée ])ar un pliirnosis. par une et roitesse anormale <hi méntj par un Jnjpospad'nis.

Chez la tille, l'écoulement contiiui, mais partiel, de l'urine, peut avoir pour cause ral)0uchement d'un uretère directement dans le vagin, cas auquel on a eu recours à des opérations plus ou moins complexes pour faire ouvrir cet uretère dans la vessie.

Si aucune de ces malformations n'existe, on pratiquera le cathélérisme explorateur, pour rechercher avec soin s'il n'y a pas un calcul vésical; ce cathélérisme, en outre, donnera quelcjucs renseignements sur l'atonie possible du sphincter urélhral. On n'oubliera pas, enfin, que le réflexe peut avoir pour point de départ l'irritation anale causée par des oxyures rermieulaires, le contact de la muqueuse vésicale avec une urine h-op aride ou trop riche on urates.

Pour toutes ces iiuontiuences symptomatiques, le Irailement est celui de la lésion causale. On pourra, en outre, calmer par la belladone l'irritabilité vésicale, si elle persiste.

Dans ce qu'on appt>ll(> rincontinence essentielle, plusieurs variétés encore sont à distinguer.

Il existe parfois une atonie, un déreloppement insuffisant du spliinclcr urélhral, casauciuel il sera indiqué defaradiser ce sphincter, soit avec un excitateur inlra-uréthral spécial, soit plus sinqjlernent,et peut-être avec aulaiit (rctlicacité, à travers le périnée.

Une autre catégorie de malades est constituée par des In/slêri- (pies. atteints (.Wnicslliésic de laniu(incuse ui'élhrale: le traitement sera avant tout médical (voyez IIystkiui;) ; localemcnl. on fai-adisera l'urètlire.

Outre 1 liyslérie. un(! autre névrose est à rechercher, l'épilepsie: surtout lorsque, au réveil, le faciès hébété du sujet, la morsure de la langue, l'ecchymose sous ((nijonctivale feront soiqx/onner une attarjuc nocturne et fruste.

INCONÏINKXCE d'uKINE 387

Mais lavariété principale de l'incontinence nocturne, dite essentielle, est une psijdKjpnthic urinaire, aboutissant souvent, dans làg'e mûr, à la véritable hypochondrie génito-urinaire. Parmi ces sujets, il en est dont les mictions diurnes sont absolument normales ; d'autres chez qui la préoccupation mictionnelle se traduit pendant le jour par des envies fréquentes et impérieuses; d'autres enfin, chez qui l'incontinence est à la fois diurne et nocturne. Chez ces malades, qui sont la majorilé des sujets atteints d'incontinence nocturne, mais dont on ne portera le diagnostic qu'après élimination nette des causes précitées, le traite- )nont sera avant tout moral et psychique. Il faut, non pas punir ces enfants, ce qui augmente encore leurs préoccupations mictionnelles, mais leur prouver, en leur procurant quelques nuits sèches, qu'ils peuvent reprendre confiance en eux-mêmes. A cet elTet il faut, dune part, tâcher de rendre le sommeil plus léger, ce qu'on obtient en donnant à Icnfant le soir un peu de thé ou même de café léger, et en le faisant coucher sur un lit dur; d'autre part, le réveiller à temps pour le faire uriner. De la sorte, il prendra l'habitude de se réveiller de lui-même au moment voulu. 11 faut d'ailleurs ajouter que presque toujours cette infirmité disparaît spontanément lorsquarrive l'adolescence.

Dans le traitement de toute incontinence on tiendra compte encore des notions qui suivent.

Si l'enfant est anémique et convalescent d'une maladie aiguë, on lui donnera les toniques et les ferrugineux, les bains sulfureux

Les moyens tels que l'appel à l'amour-propre, les réprimandes, les menaces, sont presque toujours illusoires; les châtiments sont nuisibles parce qu'ils aggravent l'état nerveux.

Parmi les moyens mécaniques, il en est, comme la poire élastique introduite dans le rectum ou le vagin, la ligature de la verge ou l'application de collodion sur l'orifice du prépuce, la cautérisation du col vésical qui sont inutiles ou dangereux.

La position déclive donnée au corps du malade pendant la nuit, en élevant le lit plus haut du côté des pieds, afin d'empêcher autant que possible l'urine de venir stimuler par son contact la région sphinctérienne et prostatique, aurait donné des résultats à quelques médecins.

Parmi les moyens hygiéniques, le meilleur consiste à rationner les liquides, à ne donner au repas du soir qu'un verre de boisson, et à empêcher l'enfant de boire dans la soirée comme on laisse trop denfants le faire.

Pendant le jour on cherche à obtenir délai qu'il retienne le plus longtemps possible son urine.

Nous considérons Vhijdrotht'riipie sous ses formes multiples

388 INCONTINEXCK D UIUNE. INTKSTIX

comme la base du tiaitement : bains de siège froids et douches périnéales, lotions froides générales, douches en colonne horizontale, avec persistance et régularité. On peut aussi utiliser certaines pratiques d'électricité st:iti(iiic, étincelles ou eflluvesau niveau de la partie inférieure du racliis, de l'hypogastre, du périnée, comme dans presque toutes les névroses.

Comme traitonent médicamenteux, nous retenons deux catégories d'agents. Ceux qui sont susceptibles de combattre l'hyperexcitabilité du corps de la vessie : en première ligne, la belladone, le grand remède de Trousseau (1 à 5, 10 et même 15 centigr. d'extrait par jour, suivant Tâge et la tolérance), le chloral(0,30 à 2 gr.), les bromures, qu'on peut d'ailleurs associer.

Ceux qui sont aptes à réveiller la contractilité du sphincter : la noix vomique, la strychnine, l'ergot de seigle.

On peut associer le fer et l'ergot, la belladone et la strychnine.

Extrait de noix vomique / . . ,, ,,

llil 0 ""l" 01

Extrait de helladonc ^ *^ '

Extrait d'ergot de seigle / . . . . .

1 arlrale Icri-ico-polassique ) °

Ptjm" une pilule. Kn duiinei' 1 à (3 par joui-.

Enfin j'accorderai une place à part à une substance essayée empiriquement et qui a procuré des succès, le rhus aromaticus, qu'on peut envisager comme un tonique vésical (10 à 100 gouttes par jour, en plusieurs fois, dans de l'eau pure ou sucrée).

INTESTIN. — Voir Coliques, Constipation, Choléu.v iman-

Tll.i;, DlAIIIUlÉE, DVSENIKUIE, OcCMSION.

i" Entérite catarrhale aiguë. — CJic: le noucrisson. il y a lieu de diminuer ou de susjMMidreladnHnislration du lait et de donner seulement l'eau bouillie ou l'eau de Vais comme boisson (diète hydri(|ue).

I*uis on reprend rallaitcment. ou, si l'enfant est nourri artificiellement, l'adminisfralion du lait stérilisé, d'abord coupé d'eau bouillie ou minérale, puis f)ur. |)ai' (piantités graduellement et lentement croissantes, en surveillant létal des garde-robes.

On irrigue le gros inleslin pour entraîner les résidus irritants des ga rde-robes altérées.

On prévient l'érythème des fesses, des cuisses et du tronc, en ne laissant pas les langes séjourner au contact de la peau de ces régions, en lavant celle-ci après charpie garde-robe et en la poudrant avec du lycopode, de l'amidon, ou du bismuth.

INTESTIN (eNTÉIUTE AIGUE) 389

On préviendra le refroidissement des extrémités par l'enveloppement ouaté de celles-ci et le voisinage de cruchons d'eau chaude.

Les lavements d'amidon cuit, la ilanelle chaude sur le ventre calmeront les coliques.

Si la diarrhée ne cesse pas par les seuls moyens précédents, on donnera le salicylate et le sous-nitrate de bismuth, associés au benzonaphtol.

Cliez l'enfnnt plus ûqû, on interdira la viande, les légumes, les farineux ; on alimentera avec le lait pur ou coupé d'eau de chaux, leau albumineuse, les œufs. On donnera comme boisson la décoction blanche de Sydenham.

Si la diarrhée persiste, on donnera un purgatif salin, à faible dose, pour évacuer les résidus des fermentations intestinales, oulecalomel, puis le bismuth, associé à l'opium à partir de un an (élixir parégorique, diascordium. sirop diacode, extrait thébaïque).

Quand l'entérite s'accompagne de douleurs vives, de fièvre, d'agitation, d'insomnie, les bains tièdes, l'enveloppement de l'abdomen dans des compresses humides recouvertes de flanelle sèche et de taffetas gommé donnent du soulagement pour ces divers symptômes.

La persistance de l'entérite à l'état subaigu conduira à l'emploi des astringents :

Extrait de ratnnhia

Extrait de monésia ' • ^ y „.,

aa 6 gr.

Tannm V

Poudre de Dower

Huile essentielle d'anis et glycérine Q. S.

Pour faire 30 pilules. En donner 4 à 6 par jour.

Le régime alimentaire comporte le lait et la pulpe de viande crue râpée. Pour préparer celle-ci, on prend de la tranche de bœuf débarrassée de toutes les parties adipeuses et fibreuses, on la racle avec le tranchant du couteau, on pile cette raclure dans un mortier et on la passe enfin à travers un tamis de soie. Cette pulpe très fine s'administre en boulettes, enrobées dans un peu de sucre en poudre, ou sous forme de conserve de Damas, c'est-à-dire mélangée avec de la conserve de roses et quelques gouttes d'acide chlorhydrique.

Dans les entérites rebelles du gros intestin, on obtient de bons efl'etsderadministrationdunitrated'argentenlavements(5àl0centigr. pour 120 gr. d'eau).

Dans les entérites de l'intestin grêle, on peut donner ce médicament en pilules ou en potion.

2° Entérite chronique. — Entretenue toujours par un vice

390 INTESTIN (eNTKRITKS. INVAGINATION)

dans l'alimentation, quand il n y a pas d'infection tuberculeuse, elle ne peut cesser que par la persistance d'un régime sévère : viande crue râpée, lait. œufs.

Administration méthodique des opiacés, associés aux astringents et aux antiseptiques déjà énumérés.

On oljtient aussi des résultats remarquables par les sels neutres à très petites doses quotidiennes (5 à 10 gr. de sulfate de soude).

Les révulsifs sur l'abdomen (badigeonnages avec le coUodion élastique, la teinture d'iode, petits vésicatoiros volants) sont utiles.

Le repos est indispensable.

La cure thermale de Plombières est une utile ressource.

3° Entérite tuberculeuse. — C'est le traitement de l'entérite chronique, mais avec l'indication des antiseptiques réputés anti-bacillaires : créosote, iodoforme et tannin, et l'emploi de l'acide lactique en solution à 20 p. 1000. (Voir Typhiite. Tihf.iiculosk.)

4" Invagination intestinale. — On devra s'efforcer de refouler la portion invaginée, et voici les moyens mécaniques qu'on peut employer successivement.

a) Pratiquer des injections d'eau à l'aide d'une longue sonde, en communication avec un réservoir qu'on élève progressivement pour augmcntoi- la pression. L'eau [teut être ou froide ou glacée, comme le veut lleiiOL-h, ou alternativement chaude et froide, comme lefaitMonti. Pour empêcher le liquide injecté de ressortir, on maintient l'anus obturé au moyen de bandelettes adhésives, appli(|uées au pourtour de la sonde. Ces irrigations seront pratiqut'os pondant la narcose. chloroforiniquo. si l'enfant n'est pas déjà dans un <''lat de collapsus trop profond. Dans ce cas. des injections sous-culanées d'éthcr, d'huile camphrée seront pratiquées pour ranimer ses forces.

//) ( )n peut aussi emjiloyer. j)onr refonici- le ( yliinh r iiileslinal invaginé. l inje<-rt(tti d'air, c'est-à-dire l'insutlhition par le moyen d'un souJllet, ou celle d'acide carhonique à l'aide d'un siphon «l'eau de Seltz en commimication avec l'intestin par un tube de caoutchouc.

On peut combiner celte aérolhérapie avec Vinrersiou de Venfant et le massarje méthodique, mais toujours très doux et très circonspect, du boudin d'invagination ; car, si les accidents datent dt-jà de di-ux jours, l'intestin aminci et ulcéré se rompt facilement.

(■) On a encore conseillé Icrcfouleincnl m.écani(iuc à l'aide de tiges «le baleine ou de sondes en caoutchouc résistantes, dont le bout est garni d'une éponge; mais cette iiralicpu' aveugle expose à des déchirures irrémédiables.

il) Mit'Mx vaut la hijiaroloniic, (\h"\\ w fan! pas lardera praliqiit>r

INTUBATION * 391

après l'échec des deux premières tentativespar les injections d'eau ou d'air et le massage, et qui permet d'aller dégager les cylindres invagiiiés. La laparotomie précoce donne 30 p. 100 de guérisons.

Au début des accidents, on oppose aux vomissements l'ingestion de glace, et aux douleurs les opiacés à haute dose.

INTUBATION DU LARYNX (0'Dwvi:n). — Tubage de la glotte (Bouchlt). — Dans quelles circonstances est-il légitime de proposer l'intubation, au lieu delà trachéotomie, pour un enfant atteint de croup ?

Quand l'enfant a moins de deux ans : les statistiques ont depuis longtemps prouvé qu'au-dessous de cet âge la trachéotomie n'est presque jamais suivie de succès;

Quand l'entourage du malade repousse la trachéotomie et qu'il est cependant évident que la mort va être la conséquence de l'asphyxie par sténose glottique ;

Quand le médecin n'est pas familiarisé avec l'exécution de la trachéotomie et qu'il craint de ne pas pouvoir mener à bien celle-ci ; ou bien -quand il ne dispose pas d'aides convenables (en effet, telle personne qui pourra aider suiTisamment le médecin pour une opération non sanglante, deviendra de nul secours si elle voit couler le sang) ;

Quand on a des raisons de craindre que l'entourage ne sache pas donner les soins et exercer la surveillance indispensable après la trachéotomie ;

Enfin, on peut toujours essayer de prévenir la trachéotomie par le tubage, celui-ci ne pouvant en aucune façon entraver l'exécLition de cello-là, si elle devient nécessaire, c'est-à-dire si la glotte n'est pas redevenue libre en peu de jours. Car un des inconvénients du tubage, c'est qu'il est dilhcilo de laisser plus de six à sept jours le tu])e dans la glotte sans r mener la nécrose de la muqueuse à son contact.

Il serait donc désirable que les praticiens eussent dans leur arsenal les instruments pour l'intuljation, comme ils ont la boîte à trachéotomie.

L ouTiLLAcr^ dO'Dwyer, qui, par ses ingénieux perfectionnements, est parvenu à rendre praticable l'incertain tubage de linitiafeur Bouchut, se compose d'un ouvre-boucJie, d'un manche ou applicaleur auquel on adapte le tube pour l'introduire, d'une pince qui sert à le retirer ou forceps extracteur, de cinq tubes de dimensions graduées suivant l'âge.

La longueur du tube est calculée de manière à occuper toute la hauteur du larynx en affleurant en haut la face inférieure de l'épiglotte et en arrivant en bas jusqu'à une petite distance de la bifurcation de

INTVIJATION

la trachée. Le tube est aplati latéralement, renflé au milieu de sa longueur et évasé à sa partie supérieure.

FiG. 1. — Tubes de diverses gi-andeurs garnis de leur mandrin ol)tnrat»'ur et appli- [^cateur, à l'extrémité duquel se visse le tube garni du mandrin iK)ur lintroduction.

Fu;. 2 et .'5. — Ouvre-bouche pour l'introduetion. — l'iiucs iitun- retirer b's tubes,

A chaqui- tul)c correspond un mandrin obturateur qui doit être vissé à lapplicaleur.

INTUBATION 393

On choisit parmi les tubes celui qui paraît le mieux approprié à l'âge et à la taille de l'enfant. Un petit cordon de soie de cinquante centimètres de long {fil de sûreté) est fixé dans un œillet du tube; l'obturateur, vissé à l'applicateur, est introduit dans le tube, et le tout est placé à portée de la main droite de l'opérateur.

Une personne, assise sur une chaise à dossier droit, tient sur ses genoux et contre sa poitrine l'enfant immobilisé, les coudes au corps, dans une couverture.

Une deuxième personne, debout derrière la chaise, maintient solidement la tête de l'enfant entre ses mains placées sur les tempes.

Une troisième, placée à la gauche de l'enfant, maintient l'ouvrebouche quand l'opérateur l'a mis en place, et reçoit de lui, en temps utile, les chefs du fil de sûreté.

1/ouvre-bouchc est en place. L'opérateur, debout devant le patient, prend de la main droite l'applicateur armé du tube.

11 porte au fond de la gorge l'index gauche, dont l'extrémité, après avoir relevé 1 epiglotte, détermine la place de l'orifice glottique.

C'est sur la face palmaire de ce doigt que l'opérateur glisse alors l'extrémité inférieure du tube pour la faire pénétrer dans le larynx et la trachée.

A ce moment, il fait mouvoir le ressort qui dégage l'obturateur et il retire rapidement celui-ci.

Son index s'assure que le tube est bien en place. D'ailleurs ce qui le prouve, c'est que la respiration est aussitôt plus facile, la toux sonore, explosive et métallique, dit Jacques (de Marseille), à une monographie duquel nous empruntons ces détails de technique.

On peut alors retirer le fil de sûreté en laissant glisser l'un de ses chefs pendant que l'index est maintenu sur la tête du tube pour l'empêcher de ressortir. Certains opérateurs ont préféré laisser quelque temps le fil en place, en fixant les chefs sur la joue avec du collodion.

Quand on veut retirer le tube, en moyenne cinq à dix jours plus tard, on place l'enfant dans la même attitude que pour l'application.

Quand l'ouvre-bouche est en position, l'index gauche va sentir la tête du tube et sert à guider sur la pulpe l'extrémité fermée de la pince d'extraction tenue de la main droite.

Quand celle-ci a pénétré dans l'orifice du tube, on presse sur le levier, qui fait diverger les valves de cette extrémité; puis on ramène à soi tout l'appareil, pendant que l'index, maintenu en contact avec le tube, prévient l'échappement de celui-ci au cas où la pince lâcherait prise.

Il faut avoir soin de guider les instruments d'introduction et

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d'extraction on suivant l'axe de la bouche et en restant sur la ligne médiane, au lieu de les incliner vers la droite comme on tend involontairement à le faire.

Pour les soins et V:\limpntaliun à donner aux enfants inlubés pendant le croup, voir Thachkotomie.

JAMBE. — Incurvations rachitiques. — C'est à la jambe presque excbisivement que sobservent les incurvations rachitiques ■contre lesquelles une intervention chirurgicale est indiquée. Les préceptes thérapeutiques sont les suivants :

P Lorsque lo rachitismo est encore en voie d'évolution, il faut s'en tenir au traitement médical (voyez Rachitismi:), en insistant sur le repos absolu au lit, car c'est sous l'influence du poids du corps que se font les déformations des membres inférieurs. Les appareils plus ou moins compliqués, à attelles ou à tuteurs métalliques articulés, destinés à permettre la marche en soulageant la charge du squelette et en exerçant même une pression continue sur la convexité de la courbure anormale, doivent être abandonnés. Si on ne peut pas. sans artifice, obtenir le repos au lit, on confectionnera, dans les cas légers, un bandage roulé appliquantsurle côté delà concavité une altellequ'on aura soin de faire dépasser la plante du pied : de la sorte, la marche sera rendue impossible. Si les déformations sont plus accentuées, on fera sous le chloroforme une séance de redressement manuel, ce qui est facile à cette période où les os sont malléables, et on appliquera un appareil plâtré. 'Mais si on lève cet appareil lorsqu'il n'est plus utile à la consolidation, c'est-à-dire au bout de six semaines environ, le traitement médical n'aura pas eu le temps d'agir et sous rinfluence de la marche la récidive sera la régie. 11 faut oblfiiir de trois à quatre mois de séjour au lit, et. sauf j)our les incurvations très prononcées, on voit souvent les jambes rej»rendrc leur f(»rmo ù peu près normale sans l'intervention d'aucun redressement ni appareil.

2'^ La (Hl'fo)-mil(' est cOiistilurt' à parlir du moment où le rachitisme est guéri, ce qui se reconnaît à ce que les incurvations sont devenues stalionnaiivs, sans tendance à s'aggraver ni à diminuer. Dès lors l'inlluence du repos au lit est nulle et une intervention chirurgicale s'impose. Cette intervention sera l'ostéoclasie, manuelle ou instrumentale, ou l'ostéotomie (voyez ces mots). I*]n règle générale, nous préférons l'oslétitomie, avec hupu^lle on sait avec précision ce (pie l'on fait; et ses dangers sont nuls si on opère ascpti(piement. Les indications sont un peu différentes suivant la disposition exacte cl le sièg(î des incurvations osseuses. On saura d'ailleurs que très souvent, en rais<)ii de la complexité et de la mullijilicilé de ces iuiMir-

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valions, il faut faire sur le même membre, voire sur le même os, des interventions successives. Lorsqu'il en est ainsi, et lorsqu'en outre les deux membres sont difformes, ce qui est la règle, on peut sans danger faire en une seule séance deux ostéotomies ou rapproclier les séances à huit ou dix jours d'intervalle. Mais il vaut mieux aller plus lentement, moins au point de vue du traumatisme que pour prolonger le séjour au lit. Après la consolidation, il est inutile de prescrire le port d'appareils à tuteur. Il est prudent de ne permettre la marche qu'au bout de trois mois au moins.

Les indications fournies par la disposition anatomique des parties sont les suivantes :

a) Le genu calguin rachiliquc est souvent traité avec succès par le redressement manuel, obtenu soit en utilisant comme levier la jambe dépassant le bord de la table contre laquelle un aide fixe solidement la cuisse, soit en écrasant pour ainsi dire l'angle anormal contre le plat dune table où le membre repose à faux par sa face externe. L'ostéoclasie instrumentale est ici moins fréquemment employée. Pour notre part, nous avons toujours recours à l'ostéotomie transversale sus-condylienne, par le procédé de Macewen. Très souvent, à l'inspection du membre, la déviation paraît porter surtout sur l'extrémité supérieure du tibia : il faut être averti que l'ostéotomie de cette région ne donne à peu près pas de résultats. Toujours on commencera par sectionner le fémur; la plupart du temps ce sera suffisant. Quelquefois il persiste un angle obtus ouvert en dedans, ayant son sommet un peu au-dessus de la partie moyenne du tibia : on le redressera facilement par une ostéotomie oblique en bas et en dehors, faite en ce point.

Les considérations précédentes s'appliquent au genu v'drurn.

h) Les incurvnlioiis diapliysaires du fémur n'ont presque jamais besoin d'être redressées. Celles du tibia, au contraire, fournissent des indications thérapeutiques très fréquentes. Ici, l'ostéotomie est le seul procédé à conserver, car pour parvenir avec certitude à la correction il faut une grande précision dans le siège, la forme, la direction du trait de fracture. Nous venons de signaler lostéotomie oblique pour les inilexions angulaires supérieures : et souvent il faut en cet endroit corriger en outre des torsions anormales, ce que l'ostéotomie oblique permet très Ijien. Au tiers inférieur de la jambe, on observe surtout des incurvations à concavité interne ou postéroinlerne; à celles-là convient l'ostéotomie cunéiforme, à base externe ou antéro-externe. Aj)rês ces ostéotomies, presque jamais il n'est nécessaire de sectionner le péroné, facile à fracturer à la main, Exceplionnellement le quart inférieur de la jambe se dévie en valgus.

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