Dans tous les cas, on comprend que l'hygiène et le
régime devront seconder le traitement, on éloignant foule cause d'excitation, capable de relentir sur un quelconque des éléments nerveux (régime lacté, par exemple). L'épilepsie vermineuse nous prouve assez que le point de départ de ces accidents peut fort bien occuper le domaine du grand sympathique.
§ 13. — Hystérie.
296. Avec l'hystérie, nous nous élevons dans la chaîne des centres réflexes; ce n'est plus à des convulsions toniques, à des raideurs d'ensemble et généralisées que nous avons affaire, mais à des mouvements cloniques, occupant tels et tels groupes musculaires, que leur association fonctionnelle fait habituellement contracter ensemble, réalisant par conséquent des mouvements instinctifs. Ces mouvements, ayant encore le caractère réflexe, ont leur point de départ dans une exagération des puissances afTectives du sujet, dans la sphère morale, ou animale, ou organique, dans la sphère animale surtout ; leur centre semble répondre à la protubérance.
297. Ainsi constituée, la maladie nous révèle la première indication qu'elle commande, et qui consiste à atténuer, et surtout à modérer, en les dirigeant convenablement, les facultés affectives. Il y a là un chapitre d'hygiène dont l'idée essentielle est de régler les impressions morales, sensorielles ou organiques, autant que possible, et, mieux encore, d'en combattre les effets exagérés, en fournissant aux malades, soit du côté des conceptions intellectuelles, soit surtout par des déterminations puissantes et soutenues de la volonté, des sources d'activité véritablement hygiénique à tous égards; ce que l'on peut réaliser par l'application soutenue à un travail intellectuel ou physique.
C'est d'après ces données que l'on devra instituer l'éducation des enfants menacés de nervosisme en général ; c'est sur elles aussi, qu'on devra fonder l'iiygiène des malades atteints d'hystérie confirmée (gymnastique, bains de mer, assouplissement de la volonté à des exercices utiles, régularité du travail, etc.).
UYPEnSTHÉNIE DU POUVOTK SRNSrTIVO-MOTEUR. 153
r.e régime alimenlairG;, pour répondre à celle mi^me indication, ne devra comporter aucune reclierche,mais Olvc sévùre, tout en étant richement réparateur. I>a même idée devra inspirer les conseils que donnera le médecin, sur l'usage des fonctions sexuelles, et sur la question si souvent coniroversée du mariage. Souvenons-nous qu'il s'agit d'une fonction passagère; que si elle joue un grand rôle dans l'existence de l'individu, elle n'a pas de racines dans sa vie nutritive, sur laquelle cependant elle peut gravement retentir, et nous ne craindrons pas de conseiller l'abstention sur ce chapitre.
Le système qui consisterait, au contraire, à solliciter vivement la sensibilité, pour l'épuiser, et la régler ensuite, n'est pas sans danger, si tant est qu'il puisse être parfois efficace.
298. Après avoir atténué les impressions en mode'rant l'usage des excitants, on pourra, dans le même but, agir sur les divers appareils périphériques qui reçoivent ces impressions. Les hypércslhésies, si fréquentes chez les hystériques, les douleurs (clous, névralgies, etc.), seront calmées à l'aide des moyens indiqués (Voy. Névralgief;).
299. Le traitement de l'accès est souvent nul; moins nul cependant que pour l'accès d'épilepsie. Une perturbation vive, née dans la sphère morale, peut suspendre l'accès cooime elle peut le provoquer.
Les perturbations des fonctions organiques y ont peutûlre moins de part; cependant il faut faire exception en faveur de celles qui partent du système sexuel, lesquelles ont toujours été considérées comme pouvant jouer un rôle des plus importants, soit pour provoquer, soit pour suspendre les attaques d'hystérie. Aussi, rien n'est-il plus apte à provoquer cette maladie et à en déterminer les accès, que le désaccord entre la loi morale et le fait; par exemple, ce qu'on peut appeler un élat d'onanisme moral avec une continence de fait et l'onanisme de fait (confrication) avec la contrainte morale.
Parmi les perturbations simples qui peuvent brusquement mettre fin à un accès, ou le prévenir, on a' signalé une forte impression morale, la menace d'être exposée, en élat de nudité, ou une impression purement physique; l'ingestion
INDICATIONS DES TttOUBLKS NERVEUX.
d'un verre d'eau froide, quand on peut le faire avaler (Rivière, Hoffmann, Cruveilhier), les lavements froids el mûme glacL's (Cliiappa), enfin les affusions.
300. Ici se place toule la série des antispasmodiques. L'éther, la valériane, l'asa fœtida,le castoréum,le musc, etc., sont de puissants modificateurs de l'innervation, capables de remplacer une impression énervante, par une excitation franche et efficace; capables aussi de faire suivre cette excitalion d'une pl)a>e de rémission telle, que tous ces troubles se trouvent tout d'un coup supprimés. C'est encore ainsi que semblent agir les odeurs félidés, autrefois préconisées, et les agents ammoniacaux, encore employés aujourd'hui.
301. Je ne dois citer qu'en passant les narcotiques, souvent plus efficaces pour combattre un accès que pour combattre la maladie. Les inspirations d'acide carbonique, les inhalations de chloroforme demandent une certaine prudiMice; et, comme les narcotiques proprement dits, il est difficile de les administrer à une dose convenable et suffisante pour obtenir des effets de résolution et non d'excitement. On sait combien les hystériques résistent au chloroforme, et combien aussi il en est, parmi elles, qui ne connaissent de l'opium que ses effets excitants. Le bromure do potassium n'est pas beaucoup plus efficace.
Si ces diflërenles réserves sont loin de simplifier le traitement de l'hystérie, du moins elles en indiquent bien les difficultés. 11 faut ajouter, qu'après les indicaiions hygiéniques, celles qui découlent des causes pathogéniqucs sont les plus efficaces : ce sont surtout les toniques et l'hydrothérapie qui peuvent répondre à cet ordre d'indications.
§ 14.— Convulsions des fièvres.
302. Rarement les convulsions atteignent assez d'importance, dans les fièvres, pour motiver une intervention directe et qui ne relève pas de la congestion de quelque viscère, de l'état fébrile, etc. Cela peut être cependant ; sachant combien les enfants ont facilement des convulsions, au début de la moindre pyrexie, il sera bon, tout en attaquant ce syndrome, au moyen des modérateurs de la congestion et de la fièvre, de le combattre aussi par les modérateurs du pouvoir
IIYl'OSTflÉNIE DU POUVOIR SENSITtVO-MOïEUR. 1 S5
excilo-moleur. Après quelques aniispasnaodiques, c'est au bromure de potassium qu'il convient de s'adresserdanscebut.
303. On ne saurait confondre les convulsions du début des fièvres, avec celles qui se montrent plus tard, et sellent à la malignité de la maladie, à l'alaxie de ses symptômes. Ces dernières convulsions ne demandent pas à Cira traitées par les modérateurs, mais au contraire par les Ioniques, sti' mulants du pouvoir excito-moteur.
§ 15. — Intoxications.
304. Les convulsions symptomatiques des maladies des centres nerveux sont rarement l'objet d'une indication thérapeutique indépendante de ces maladies elles-mêmes. Il n'en est pas de môme des intoxications. Un grand nombre d'entre elles ont cela de commun qu'elles peuvent, à une certaine phase de leur évolution, revêtir une l'orme nettement convulsive (encéphalopathie convulsive, albuminurique, alcoolique, saturnine, etc)..
Dans ces cas divers, le médecin devra s'attacher à éteindre, dans les centres de réflexion nerveuse, les aptitudes motrices exagérées ; il y réussira au moyen des narcotiques et des anestliésiques, employés parfois à très-hautes doses. Le bromure de potassium sera d'ailleurs encore appelé à rendre de grands services dans ces dilférents cas, pour les motifs déjà indiqués. Puis restera à faire la médication de l'indication pathogénique.