CHAPITRE I
INDICATION TIUÉE DE L'UYPERSTnÉNIE DU POUVOIR • SENSITIVO-MOTEUR.
236. Quand il y a hypersthénie des fonctions de perception inconsciente et de réaction réflexe, on peut observer divers types élémentaires, selon que prédomine l'hyperes- Ihésie, du côté des éléments affectifs, l'hyperkinésie, du côté des éléments de réaction motrice, ou enfin l'exagéralion de l'aptitude réflexe, relativementàla cellule centrale, I/effel du reste varie peu, quelle que soit cette pathogénie.
ART. 1". — DESCRIPTION DE l'iNDICATION.
§ 1". — Type élémentaire.
237. Un tel syndrôme se présente rarement dans un type à la fois simple et complet, tel que la photophobie et le blépharospnsme, la fissure anale et le spasme du sphincter. Ces cas renferment l'hyperesthésie centripète et l'hyperkinésie centrifuge ; ce sont des types delexagéralion du pouvoir sensitivo-moteur. Sans doute on rencontre des spasmes idiopa- Ihiques purement musculaires, d'autres qui tiennent à une simple excitation des cordons nerveux moteurs, sans intcr-
yenlion des centres ; mais ces derniers faits sont loin d'être les plus fréquents. Ceux qu'on observe le plus souvent sont plus complexes, intéressent un plus grand nombre d'éléments.
Ils débutent aussi en général par une sensation périphérique spéciale, une douleur, qui précède et appelle l'excitation convulsive (la boule dans l'hystérie, l'aura dans l'épilepsie, l'impatience motrice dans la chorée, etc.); les impressions sensorielles les plus ordinaires provoquent et multiplient les accidents convulsifs chez les éclamptiqueset chez les méningiliques. Les chiens empoisonnés par la strychnine ne peuvent supporter une secousse ou même un simple attouchement, sans éprouver un tressaillement tétanique, qui s'ajoute à leur état de convulsion Ionique permanente,
238. Partielles ou générales, les convulsions peuvent etro toniques ou cloniques; c'est-à-dire qu'elles peuvent consister en une hyperslhénie du tonus musculaire, à laquelle s'ajoutent des secousses coniracliles, (convuls. Ioniques); ou bien ces secousses peuvent exister seules, se succédant plus ou moins rapidement, et laissant entre elles un état de résolution musculaire au moins relative. On peut d'ailleurs considérer la contraction tonique et la contracture permanente, comme un état convulsif plus avancé que la forme clonique, si l'on considère que la contraction physiologique se compose elle-même d'une série d'oscillations, que leur rapidité et leur multiplicité transforment en effet moteur continu, ce qui donne à la contraction sa force et sa permanence.
239. L'hypereslhésie et la convulsion peuvent offrir les degrés les plus extrêmes, et cela, sans que l'une et l'autre doivent suivre, dans leurs variations, une progression corrélative et parallèle. Les degrés de l'hyperesthésie, depuis la simple exagération de l'impressionnabilité normale, jusqu'à l'impossibilité de supporter les impressions, même les plus douces et les plus régulières, peuvent offrir les plus grandes variations. La réaction motrice, de son côté, peut se montrer de plus en plus violente en intensité et s'étendre à un nombre de plus en plus considérable d'éléments moteurs, depuis le simple tic musculaire partiel
IlYPERSTHÉNIE DU POUVOIR SENSITrYC-MOTIiUU . 127
et plus OU moins rarement répélé, jusqu'aux convulsions générales et toniques de l'épilepsie la plus grave.
240. Outre les rapporis que présentent entre elles les evagéralions morbides de l'impressionnabililé de la réceplivilé centrale, et de la réaction motrice, ces troubles en entraînent d'autres avec eux, qu'il nous faut rappeler. Les nerfs sensitifs, plus en rapport avec les fondions de nutrition, ne peuvent Cire fortement influencés sans que l'on voie se troubler les actes vasculaires et sécrétoires; c'est encore là un cercle réflexe souvent observé, qui passe des nerfs de sensibilité péripliérique aux centres sympathiques, et se réfléchit sur les filets vaso-moteurs. Outre les troubles de nutrition, ces exaspérations douloureuses entraînent des (roubles fonctionnels plus ou moins étendus, notamment le repos des appareils qu'elles occupent.
Aux troubles moteurs se rallachent des faits qui tiennent aux modifications éprouvées par la configuration des parties dans leurs rapports : une production de chaleur a été souvent constatée, surtout dans la convulsion tonique, où, l'effet utile étant nul, la chaleur produite est d'autant plus considérable; enfin et corrélativement, la production exagérée dans les muscles de l'acide lactique, de produits azotés oxydés (matériaux uriques) et d'acide carbonique.
Enfin, toute douleur vive et tout phénomène convulsif hâtent les mouvements du cœur et de la respiration, en môme temps qu'ils sont peu propices aux fonctions de nutrition et en particulier aux fonctions digestives, qu'ils peuvent troubler et suspendre. On sait aussi combien leur influence est préjudiciable i\ l'activité du cerveau.
241. Le siège de cette exagération des facultés sensitivo-motrices n'est pas un, il peut atteindre chacun des éléments de l'appareil atlribué à ces fonctions. Il peut porter exclusivement sur l'appareil sensitif, soit à la périphérie, sur les organes de sensibilité générale ou spéciale, soit sur les cordons nerveux sensitifs, soit enfin sur les centres de perception et de réflexion ; il peut porter d'autre part sur les centres d'incitation motrice, simple ou coordonnée, sur les cordons nerveux moteurs, ou sur les organes moteurs auxquels ils se distribuent. Les muscles, qui sont capables de se mouvoir indépendamment de toute
incifation nerveuse, peuvent voir s'exagérer ces proprkHés automotrices, et la convulsion peut se produire ainsi directement.
Ce n'est donc pas seulement le système nerveux, mais encore les appareils qui y sont annexés pour la sensibilité el pour le mouvement, qui peuvent O.lre le siège de cette perturbation. Celle-ti ne répond d'ailleurs à aucun mode d'excitation, à l'exclusion des autres; on voit souvent, au contraire, les mômes agents, qui sont capables de provoquer et d'exagérer les facultés sensilivo-motrices, se montrer capables aussi de les épuiser et de les anéantir, selon la dose à laquelle on les dispense.
§ 2, — Patliogénie.
242. L'hyperesthésie, de mùme que l'hyperkinésie, peut tenir à une excitation qui porte, soit sur l'appareil périphérique, sensoriel dans le premier cas, moteur dans le second, soit sur les cordons nerveux centripètes ou centrifuges, soit enfin sur l'élément nerveux central qui sert de lien ;\ ces deux appareils.
Quand l'agent d'excitation dépasse la force que supporte habituellement l'élément nerveux sensilif péripliérique, il peut arriver plusieurs effets qu'il faut analyser avant de chercher à les combattre. L'excitant peut d'abord produire sur l'appareil sensoriel une irrilation topique telle, qu'une inflammation ttaumatique se développe dans le lieu intéressé ; ou bien l'excitant agissant plus isolément sur la sensibilité respecte les autres fonctions, mais transmet aux centres une impression qui n'est plus en rapport avec les aptitudes de la perception normale, ce qui cause la douleur.
Restant dans un cercle restreint, la douleur peut se réfléchir localement, seulement sur l'appareil moteur le plus directement en rapport avec la surface irritée ; ou bien la réaction motrice s'étend à un plus grand nombre démuselés, et môme h la totalité des muscles de l'économie.
243. A un premier degré de transmission réflexe, correspondent les impatiences motrices, les convulsions ou plulôt les irrégularités du mouvement volontaire (cho-
ni'PERSTnÉNIE DU POUVOIR SENSITIVO-MOTEUR. 129
rée, tics divers, spasmes fonctionnels) ; à un degré plus élevée on voit de véritables convulsions, cloniques , distinctes les unes des autres, comprenant parfois un certain ensemble de muscles, dont le groupement répond d'ailleurs aux associations motrices que comportent les fondions normales (hystérie); enfin, au maximum d'inlensilé de la réaction motrice, se voient les convulsions toniques persistantes et continentes (épilepsie, éclampsie, tétanos, etc.).
244. La convulsion peut sans doute se montrer directement par exagération de la contractilité normale, de môme que la douleur se lie à l'hypereslbésie; elle peut suivre une excitation qui porte directement sur l'appareil musculaire, dont l'irritabilité existe indépendamment de toute innervation (faradisation musculaire); elle peut succéder à l'excitation qui porte sur les nerfs centrifuges; enfin elle peut tenir à une excitation du sensorium commun mais inconscient, qui constitue la cellule nerveuse centrale.
Le cercle réflexe n'a pas toujours une telle simplicité; il peut encore se compléter, en embrassant dans sa révolution des éléments différents du système nerveux. C'est ainsi qu'on voit une impression morale vive provoquer l'apparition de phénomènes convulsifs; la provocation peut, au contraire, venir du système sympathique, d'une impression viscérale, d'une indigestion par exemple. La chaîne inverse peut encore s'observer; on rencontre des cas où une impression douloureuse transmise parles nerfs spinaux aboutit à des troubles moteurs de la vie organique, à un trouble sécréfoire par exemple, dont l'intestin peut éire le siège (lois de Pflûger).
En un mot la convulsion est, relativement à la motricité, ce qu'est la douleur relativement à la sensibilité; la convulsion est le délire des muscles (Bouillaud) et la douleur est le délire de la sensibilité.
245. Les agents pathogénétiques susceptibles de provoquer de tels phénomènes, de la pari du système nerveux sont tous les excitants normaux, les excitants de la sensibi' hté surtout, qui sont de beaucoup les plus fn'quonts et par-dessus tout, ceux qui s'adressent à la sensibilité des sens spéciaux. Les modifications de rapport anatomique et
de milieu intérieur peuvent jouer le môme rôle, ainsi que nous l'avons vu pour l'encéphale..
Quant aux agents physiques capables de provoquer de semblables manifestations, ce sont, en première ligne l'électricité, qui peut agir sur tous les éléments qui composent l'appareil sensitivo-mofeur ; tous les agents irritants peuvent provoquer des effets analogues; enfin, il est des agents plus spécialement aptes à produire ces exagérations de la sensibilité et du mouvement: je veux parler de la strychnine, de la brucine et de quelques alcaloïdes de l'opium. Les solanées vineuses y ont encore une grande aptitude; la belladone en particulier paraît provoquer cette sorte d'impatience motrice, sur laquelle j'insiste ici, parce qu'elle est le premier indice et le premier terme de l'exagération du pouvoir excito-moteur.
Parmi les agents pathogéneiiques de la convulsion, il en est qui ne déterminent que des accidents partiels, fugaces, incapables d'être classés dans une espèce pathologique déterminée; il en est aussi qui, par le fait d'une action plus puissante, ou bien longtemps prolongée, déterminent de véritables états convulsifs, décrits sous le nom d'encéphalopathies convulsives (encéphalopathie saturnine, albuminurique, etc.).
ART. H. — INDICATION THÉRAPEUTIQUE
246. L'indication par laquelle on se propose de calmer l'excitation du pouvoir sensilivc-moteur, simple dans son but, est multiple dans ses procédés et dans les points d'application qui leur conviennent. Il est clair qu'il ne sera pas indifférent d'appliquer les modérateurs aux centres, si ce sont les appareils périphériques ou conducteurs qui sont atteints, et vice versa. Et cependant, il ne faudra pas négliger non plus ces indications .indirectes, en vertu desquelles, en présence d une excitation qui porte, par exemple, sur la périphérie, on s'adresse aux centres néanmoins, pour diminuer, au moins dans une proportion relative, leur réceptivité et leur réaction. Toutefois, il reste bien acquis qu'un tic musculaire comporte un traitement plus simple qu'une convulsion cérébrale, et que, dans ces deux cas, l'in-
IIYPERSTUÉNIE DU POUVOIR SENSITIVO-MOTEUll. 13]
dicatioii première ne saurait être la mûme, dans ses procédés et dans le siège qu'il convient de leur choisir.
Quant aux modes morbides qui déterminent ces troubles d'excilation, te sont eux qui doivent ûtre consultés avant tout par le médecin.
§ I . — Médication hygiénique.
247. 11 faut toujours tenter de supprimer la cause- de l'excitation sensitivo-mulrice, s'il est possible de l'atteindre, et même atténuer le plus possible toutes les conditions normales d'excitation , lesquelles peuvent, par le simple usage qu'elles provoquent des facultés de sensibilité et de mouvement, être une occasion propice aux manifestations exagérées de ces facultés. Un certain exercice de la sensibilité rappelle la douleur, un certain exercice du mouvement peut suffire ù ramener la convulsion.
^ Je rappellerai toutefois ce que j'ai déjà dit à propos de l'anexcilation, qui, trop absolue ou trop prolongée, peut exagérer à elle seule et l'impatience motrice et l'impressionnabililé sensorielle". Aussi, l'anexcilation convient-elle mieux aux affections aiguës et rapides. Aux affections chroniques, au contraire, aux névroses, par exemple, on opposera plulôt une méthode de traitement qui repose sur un exercice régulier et mesuré des aptitudes sensilives et motrices, une sorte de gymnastique, capable, par modification directe, par substitution ou aulremeni, de ramener ces aptitudes à un exercice plus mesuré, approprié à leurs fonctions normales.
248. Nul doute que l'hygiène n'ait encore à jouer son rôle, par le régime diététique, qu'il faut lenir dans une moyenne proportionnée à l'état des forces du malade et qu'il faut choisir adoucissant, et privé des agents excitants SI fort en usage aujourd'hui. J'en dirai autant du sommeil qu'il faut prendre largement, et de l'activité intellectuelle, qu'il ne faut encourager que comme une distraction ; car, je l'ai rappelé, il n'est pas d'excitation parti(; de la vie de nutrition ou de la vie de l'intelligence, qui ne puisse se réfléchir sur la vie animale, faire naître de la douleur et provoquer des convulsions réflexes. Les innuences demilieu sont appréciées dans le paragraphe suivant.
§ 3. — Médication anestliésique.
249. La médication qui, dans l'ordre physiologique, se présenle la première pour répondre à cette indication, c'est la médication anestliésique, celle qui, supprimant la douleur, supprime avec elle l'etret direct de l'excitation, et la principale condition de la réaction motrice.
Je n'ai pas à revenir sur tous les moyens indiqués à propos de l'impressibilité cérébrale, je dois m'attacher surtout aux moyens de déterminer l'anesthésie périphérique. Or, celle-ci môme comporte quelques distinctions, selon qu'on l'envisage dans les organes sensoriels qui y correspondent, dans les nerfs en rapport avec ces organes (filets œsthésodiques j, et dans les foyers médullaires auxquels ces filets aboutissent. •
Il faut avouer que la plupart des moyens anesthésiques peuvent s'appliquer, aussi bien sur le siège périphérique de l'impression douloureuse, que le long du nerf qui la conduit; et probablement l'effet serait encore identique, si ces mêmes moyens pouvaient être appliqués près du centre qui la perçoit. Néanmoins, cette considération, que les sensations sont rapportées par les centres à rextrémité des nerfs qui les transmettent, a conduit à appliquer les agents anesthésiques à la périphérie.
250. Parmi ces moyens, un des plus simples, c'est le froid. L'influence locale d'un froid intense sur les surfaces périphériques et les expansions nerveuses qui les animent, découverte par James Arnolt, a . été surtout appliquée par Velpeau. Qu'il agisse par une paralysie nerveuse directe (ce qui est probable), ou par l'anémie qu'il 'détermine (et cet élément peut y contribuer), il s'obtient par divers procédés. Le plus simple consiste à faire un mélange réfrigérant (2 p. de glace, 1 p. de sel marin), qu'on applique sur la surface à insensibiliser. On a employé encore les vapeurs ou la pulvérisation de liquides très-volatils, comme l'éther et le chloroforme, dont l'évaporation rapide, elhfitée encore par quelques artifices (insufflation), absorbe une quantité considérable de calorique et refroidit beaucoup les corps au contact desquels elle s'opère. L'acide carbonique
UVPERSTOÉNIE DU POUVOIR SENSITIVO-MOTEUR. 133
(Simpson), l'oxyde de carbone (Tourdes, Ozanam, Follin, Demarquuy), le sulfure de carbone (Simpson), peuvent Cire employés aussi sous forme de douches locales, à l'effet de produire l'ancsthésie.
Citons encore parmi les agents modérateurs de la sensibilité le bromoforme et quelques-uns des alcaloïdes de l'opium : la codéine, la narcéiue et la morphine, dont l'ordre d'cnuméralion répond ainsi, à la puissance anesthésique. — Ces derniers agents, si souvent utilisés, sont appliqués généralement dans le voisinage de la douleur; on 1 les emploie en frictions, incorporés à des pommades ou à I de la glycérine, ou bien on les introduit dans la circulation i par le moyen d'un vésicatoire, ou enfin par l'injection sous-cutanée.
251. D'autres agents peuvent âtre pris encore dans l'arisenal de la médication stupéfiante : la plupart des solanées vireuses peuvent être employées à cet effet. Les pommades belladonées, les injections sous-cutanées de sulfate d'atropine ou de chlorhydrate de morphine, sont, parmi les calmants de la douleur, ceux qui jouissent de la plus grande efficacité.
Sous ces diverses influences, l'élément nerveux périphérique sensible, et les cordons centripèles qui lui font suite deviennent inaptes à subir l'impression douloureuse et à la transmettre aux centres. C'est, selon l'expression de Trousseau, respecter les racines de l'arbre nerveux pour ne s'at- |(aquer qu'à l'épanouissement de ses rameaux. I 252. il faut cependant l'avouer, beaucoup de ces agents ne bornent pas leur intervention à une influence exclusivement locale; mais, après absorption, ils agissent encore sur le sytème nerveux tout entier, périphérique et central; et c'est chose utile, car toutes les douleurs ne sont pas d'origine périphérique; beaucoup même, parmi celles qui semblent affecter ce siège, sont subjectives, et naissent plus près des centres, sinon des cenlres eux-mêmes.
253. Fl faut ajouter aux anesthésiques,' comme succédanés nieitre tout à fait au second plan, les tempérants les sédatifs et les antispasmodiques. Musc, camphre, castoireum, valériane, bien employés, pourront encore jouer un rôle utile (pilules de Méglin) ; toutefois, leur dosage sera iM-iiRAM). ~ Thérapeutique. 8
délicat, parce qu'il devra ôlre porté assez haut, si l'on veul obtenir un effet calmant de l'usage de ces agents; le résultat qu'on en retire le plus souvent n'étant guère qu'un effet de substitution. On en peut dire autant, à plus forte raison, des pratiques de l'électrisation et de l'hydrothérapie.
La médication anesthésique ainsi entendue doit se compléter par l'élude déjà faite de l'application de ses agents à l'excitation cérébrale (146).
254. Tous les procédés que je viens de passer en revue, ont pour but d'amoindrir ou d'anéantir la sensibilité, dan? ses appareils périphériques spéciaux. Leur action semble porter surtout sur l'extrémité terminale des cordons sensilifs et sur les surfaces sensibles dans lesquelles ces nerfs s'épanouissent. On a quelquefois essayé aussi d'interrompre la transmission de la sensation, de la périphérie vers les centres, en agissant sur les cordons nerveux, par conséquent; parla ligature médiate ou même immédiate. On a pu prévenir ainsi des attaques d'épilepsie d'origine probablement réflexe. On a fait plus, et, dans le but d'obtenir plus sûrement ce résultat, on a pratiqué la section et même la resection de certains nerfs de sensibilité. Cette opéraliou est d'ailleurs demeurée insuffisante ; elle l'est nécessairement dans les cas fréquents où la névralgie est subjective et rapportée à tort à la périphérie; elle l'est encore, à cause de la facilité avec laquelle se régénèrent les nerfs au milieu des plaies simples.
255. Enfin, parmi les médicaments que nous venons de passer en levue, il en est (les bromures) qui semblent avoir pour effet d'agir sur le centre de réflexion, sur la cellule centrale, et de diminuer"en elle cette faculté d'impressionnabilité et de réaction excito-motrice qu'elle possède; ce sont les modérateurs par excellence de l'acte réflexe (Laborde), appelés à rendre les plus grands services à la médecine. Donné i l'extérieur en lotions, en pommades, sous les formes les plus diverses, le bromure est encore bien souvent prescrit en potion, en sirop, ou encore en lavement. 11 y a tout avantage à l'appliquer sur les surfaces mêmes dont il doit modifier la sensibilité, mais il possède aussi une action générale puissante. Sa dose peut varier d'ailleurs depuis 2 grammes jusqu'à 10 et au delà.
UYPERSTnÉNIE DU POUVOIR SENSITIVO-MOTEUH . 135
§ 3. — Mûdication révulsive.
256. i:n vertu de l'axiome hippocralique I)«o6us doloribus,elc.,\a provocation d'une douleur violente, dans le voisinage d'une douleur spontanée, peut et doit combattre la névralgie. C'est ainsi qu'agissent les sinapismes, les vésicaloires volants, la chaleur, les caustiques, les raies et les pointes de feu, les moxas, moyens qui ont le tort d'iilrc violents, douloureux, de laisser des traces, etc., mais dont on peut tirer le plus grand profit (Monneret).
L'électrisation, l'acupuncture, le massage, la percussion, l'aquapunclure et l'hydrothérapie pourront intervenir par un mode analogue.
§ i. — Médication akinésique.
257. Ses agents principaux sont les paralyso-moteurs. Après la douleur, nous avons montré la convulsion, après
l'hypéreslhésie, l'hyperkinésie, comme étant une manifeslation «Drrélalive de l'exagération du pouvoir sensitivomoteur. D'ordre réflexe le plus souvent, et placées au dernier anneau pour ainsi dire de la chaîne réflexe, les manifestations motrices peuvent avoir leur point de départ dans une impression douloureuse périphérique, portée dans le domaine des nerfs spinaux; mais elles peuvent encore tenir à des impressions purement psychiques, venant de l'encéphale, ou enfin à des impressions organiques, conduites parle système du sympathique.
Quelle que soit leur origine, ces accidents sont en euxmêmes la source d'une indication, à laquelle répond la médicaticu que j'appelle akinésique. — Or, de même que pour la médication aneslhésique, nous avons i\ étudier ici des agents qui portent leur action sur le pouvoir moteur périphérique, c'esl-à-dire sur l'élément musculaire, et des agents qui ont une action élective plus déterminée sur le système nerveux kinésodique ou moteur, dans ses conducteurs et dans ses centres.
258. Parmi les agents susceptibles d'atteindre la faculté motrice dans le système musculaire, ou paralyso-muscu-
laires, les sels mélalliques sonl les plus efficaces, et parmi eux, au premier rang, les sels de potassium. Le sulfocyanure de potassium est celui qui a été le plus expérimenté par les physiologistes. Le niire (nitrate de potasse) est plus connu des médecins, mais c'est à d'autres titres qu'il a été le plus souvent employé. Il en est encore de môme du chlorure de potassium, du chlorate de potasse, du bromure de potassium et de l'iodurc de potassium qui, à ce titre, ont été plus expérimentés par les physiologistes que prescrits "par les médecins, et qui, d'ailleurs ne sont guère employés en vue des effets qu'on peut attendre de leur radical métallique.
Il est nécessaire de se souvenir cependant que tous les sels métalliques sont des poisons musculaires, capables d'amener la mort par arrât du cœur et des mouvements respiratoires, et que cet effet est obtenu avec une dose de médicaments d'autant moins forte que le poids atomique du métal est plus élevé et sa chaleur spécifique plus faible (Blachs, Grandeau, Rabuleau).
259. Toutefois, ces médicaments ne font pas exception ;\ la loi générale en vertu de laquelle un même agent, dépressif d'une propriété physiologique à une certaine dose, est au contraire, à une dose plus faible, un excitant de celte même faculté. La plupart des sels métalliques ont ce double effet ; et si les sels de potassium se révèlent surtout comme des paralyseurs, ceux de fer au contraire sont connus pour leurs effets excitants. Néanmoins il semblerait, qu'à dose suffisante, le fer lui-môme peut devenir un agent de dépression musculaire; et ce qui est vrai du fer l'est aussi du quinquina, son voisin dans la classe des toniques. Je dois encore noter ici la vératrine comme capable d'effets analogues, de contracture, puis de paralysie, du système musculaire.
260. Je ne saurais insister davantage sur des agents qui ne peuvent guère rendr-e des services dans les paralysies musculaires périphériques, parce qu'ils n'ont pas d'action élective sur les muscles atteints de paralysie; si leur action dénote quelque préférence dans sa détermination, c'est au bénéfice ou au détriment du cœur qu'elle se traduit; la plupart ont été appelés encore des poisons du cœur. Aussi, trouveront-ils leur place, dans la médication d'actes mor-
IIYPERSTEENIE DU POUVOIR SENSITIVO-MOTEUU . 137
bides didVronls ou plus complexes. 11 importait cependant de les citer dans ce chapitre de la mé'dication akinésiquc, parce qu'il se pourrait qu'en choisissant bien le point de leur insertion, on obtînt cette spécialisation d'action, qui, sans cela, ne leur appartient pas.
261. A la suite des agents qui diminuent l'excilabilitô musculaire, il nous faut noter ceux qui s'attaquent à l'excitabilité nerveuse motrice. Nous commencerons par ceux qui portent leur aciion sur la périphérie des nerfs moteurs. I.e curare, qui paralyse si nettement les nerfs moteurs, en débutant par la plaque motrice terminale, est le premier agent que nous rencontrions ici; mais si l'élude de cet agent est des plus curieuses pour le physiologiste, elle n'a encore donné au médecin que des résultats presque négatifs (v. Tétanos). La fiive du Calabar, qui paralyse comme le curare l'extrcmité des nerfs moteurs, présente sur lui cet avantage qu'elle agit plus rapidement sur le sysièmc du sympathique; c'est pour cela qu'elle fait, ou plutôt qu'elle laisse si bien contracter la pupille, en paralysant les agents de sa dilatation.
Je ne ferai que citer l'aconit et l'aconitine (Pereira, Hottot, Liégeois, Duquesnel et Gréhant), la delphine, principe actif de la staphysaigre (Orfila, Sarlandiére, Schroff, Cayrade), et enfin la ciguë et la cicutine (Alartin-Damourette et Pelvcl), parmi les paralyso-moteurs.
262. Les convulsions partielles ont encore été attaque'es par la section des cordons nerveux moteurs, de môme que les névralgies l'ont élé par la section des cordons sensilifs. Les mômes procédés n'ont guère donné que les mômes résultats, c'est-à-dire une suspension des accidents, quand ceux-ci ne sont pas purement périphériques, et une suspension dont la régénération nerveuse mesure la durée.
263. Le bromure de potassium semble ôlre un des agents les plus complets de cette médication, puisque, outre l'effet hypnotique que nous lui avons reconnu, et qu'il doit à son caraclùre de bromure, il tient de ce môme caractère une influence modératrice sur la moelle et ses centres réflexes, et puisque enfin, du chefde son radical métallique le potassium, il jouit d'une innuence paralysante péripliéi ique et musculaire. «ri
Connaissant la facilité avec laquelle s'épuisent par l'excitation les facultés nerveuses, on peut être tenté parfois d'en tirer parli^en exagérant encore l'excilalion morbide qui les tourmenle, par l'éleclrisation par exemple, afin d'atteindre plus tôt l'élat névrolytique, dans lequel la résolution arrive parle fait de l'épuisement. Mais c'est là un moyen dangereux, et dont on ne saurait conseiller l'emploi, parce qu'on ne peut prévoir jusqu'à quel degré l'excitation devra être portée pour épuiser la faculté motrice, et qu'une semblable stimulation est capable de laisser à sa suite une paralysie vérilable. Les agents étudiés déjà dans ce paragraphe ne mettraient pas eux-mêmes à l'abri de ce danger.
§ 5. — Médication contro-stinnulante.
264. Les agents anesthésiqucs et les narcotiques diminuent le pouvoir excito-moteur, en modifiant la neurilité en général, et plus spécialement la sensibilité. 11 est d'autres agents qui arrivent à produire le mûme effet, en modifiant plus particulièrement la motricité. C'est à ceux-ci que je propose de réserver le nom de contro-slimulants qui leur convient étymologiquemcnt, mieux que celui de paralysomotcurs, et, sous lequel, d'ailleurs, ils ont tous été connus jusqu'ici. La digitale, les antiraoniaux, l'ipécacuanha, sont les principaux, auxquels on a ajouté encore les quinquinas ou plutôt les sels de quinine, et les bromures à radical métallique.
Ces agents, administrés à dose légère provoquent, en général, une certaine excitation de la contraclilité musculaire et de l'excitabilité nerveuse; à dose plus forte, au contraire, une paralysie de ces mêmes facultés. Les uns sont plus connus pour leurs effets paralysants ou modérateurs, comme la digitale ; les autres, pour leurs effets stimulants, comme le sulfate de quinine. La plupart agissent à la fois et dans le mCme sens sur le système musculaire et sur le système nerveux (quinquina, digitale). Pour quelques-uns, ce parallélisme cesse, si l'on compare leur action sur le système musculaire animal à leur action sur le système musculaire organique. Les antimoniaux par exemple épuisent à la fois l'excitabilité nerveuse et musculaire de la vie organique et
•IIYPEUSTUÉNIE DU POUVOIU SENSITIYO-MOTEUR. 139
de la vie de relation ; la digitale offre le môme résultat dans son action sur le système musculaire, mais elle paraît épuiser plus difficilement l'exciiabilité du système nerveux de la vie végétative.
265. l'^nfin, il faut encore tenir compte des déterminalions locales, propres à certains agents. Si tous lesmodérafeurs do l'action musculaire sont en mOme temps plus ou moins des modificateurs du muscle cardiaque, il n'en est pas un qui, sur ce point, puisse rivaliser avec la digitale. Ce médicament, considéré tour à tour comme l'opium et comme le quinquina du cœur, se rapproche bien plus du second que du premier de ces agents; il agit, en passant avec le sang, dans le cœur, sur les éléments nerveux et musculaires lia cet organe, et ralenlitle rhythme de son action, avec une précision qui lui a mérité le nom de médicament cardiaque par excellence.
Ces spécialisations d'action sont de la plus haute importance et trouveront leurs applications par la suite. Qu'il me suffise de dire dés maintenant que la diminution de l'excitabilité nerveuse ou musculaire, périphérique ou centrale, due aux agents que je viens de citer, peut fournir aussi l'explication des faits de tolérance dont ils sont l'objet et aussi de l'algidité artificielle dans laquelle quelques-uns d'entre eux peuvent plonger les sujets, lorsqu'on en use avec excès (algidité stibiée, etc.).
AUT. III. — INDICATIONS MÉDIATES
2"66. Je ne rappellerai que pour mémoire la façon indirecte dont peuvent agir les modicateurs de la nutrition, et en particulier les aniiphlogisliques, pour modérer l'excitabilité motrice des éléments nerveux et musculaires ; ce n'est là qu'un effet secondaire de leur administration. On en peut dire autant des altérants et de l'arsenic en particulier, souvent préconisé dans ces cas.
Anr. IV. — APPLICATIONS.
267. Je dois ici passer en revue la plupart des maladies dans leEquelles entre pour une part importante l'exagéra-
HO INDICATIONS DES TROUBLES NEllVEUX
(ion sensitivo-motrice. Je prendrai d'abord celles où domine 1 hypereslhesie, puis je passerai , à celles que constituent surtout les phénomènes convuMfs. Presque toutes ces aftections sont des névroses, primitives ou secondaires. Dans les autres maladies où cette exagération sensitivo-motrice n est qu'un symptôme, notamment dans les maladies des centres nerveux, elles peuvent encore créer une indication, mais celle-ci perd beaucoup de son importance.
§ 1". — Hyperesthésies cutanées.
268. Les hyperesthésies cutanées, la dermalgie (Beau) et surtout le prurit, sont un des éléments essentiels des maladies de la peau (prurigo, lichen, eczéma, urticaire)- et chez bien des sujets, chez les vieillards et chez les enfants,' il est souvent d'une grande importance de les faire disparaître. Le froid peut y réussir, mais son application n'est pas toujours praticable, et peut être contre-indiquée. La poudre de riz ou de fécule sera utile, ainsi que les bain?, les cataplasmes, les onctions de pommades alcalines, de glycérolés et de collodions; mais dans les cas où la douleur se lie à une éruption sudorale, mieux vaudront encore les lotions alcalines et détersives, le plomb, le zinc, l'alun, ou bien les moditicateurs de la sueur, les diurétiques et mémo les purgatifs, parmi lesquels on choisira surtout les alcalins. Dans les cas enfin où cela tient à une lésion nerveuse, comme il arrive dans les paraplégies et dans certaines urticaires, on emploie avec succès à l'intérieur, l'aconit (Araii) ou l'arsenic (Hardy), et à l'extérieur, des lotions tempérantes acidulés, ou mieux encore un mélange d'alcool et de chloroforme.
§ 2 . — Névralgies .
269. Dans ces affections où l'élément douleur joue le principal rôle et constitue tout le mal, les narcotiques devront être employés sous toutes leurs formes. Les pommades chloroformées, opiacées et belladonée?, ainsi que les préparations cyaniques et bromurées seront toujours les premiers moyens à mettre en œuvre; ou bien on em-
UYl'EaSTUÉNIE DU l'OUVOlR SENSITIVO-MOTEUR. 141
ploiera les alcaloïdes narcotiques, soit en frictions (mélliodc ialraleptique), soit en inoculations, soit et mieux,, par la méthode endermique, et enfin par rinjection sousculanée. [I nous faut citer comme pouvant être employés de celle façon, avec l'opium et la morphine, avec la belladone et l'alropine, l'aconit et l'aconitine, le stramoine el la daturine, la jusquiame et l'hyosciamine, la ciguë et la conicine, enfin le cannabis et le liaschicb.
L'injection sous-cutanée a, sur les autres méthodes, plusieurs causes de supériorité : elle est d'un usage facile, rapide; elle peut ÔIre répétée autant qu'il en est besoin et portée sur les points les plus divers, môme à la face; elle permet de poursuivre l'un après l'autre les points successivement envahis; enfin, elle n'est guère douloureuse et n'expose à aucun accident sérieux. Le procédé consiste à remplir une seringue de Pravaz d'une solution titrée d'un sel neutre de morphine ou d'atropine, et à l'injecter dans les tissus au moyen d'une aiguille creuse qui permet de la porter plus ou moins profondément, prés des expansions des nerfs, ou près de leurs cordons, dans les points d'élection de la douleur névralgique.
270. Ce n'est pas toujours à la périphérie que ces agents doivent être appliqués pour èlre efficaces. Comme la névralgie peut tenir à une altération des conducteurs ou des centres, il y aura lieu parfois de choisir des points d'application quiye rapprochent de ces derniers. C'est ainsi qu'on a traité la sciatiqiie par des lavements d'élher (liasse).
Je n'ai rien à ajouter à ce que j'ai dit de l'administration des anesthésiques, de l'éther, du chloroforme. On a encore employé comme succédanés le sulfure de carbone, la térébenthine à l'intérieur et à l'extérieur; celle-ci s'éliminant par la peau en même temps que par les reins, devra modifier l'état des nerfs de cette surface.
271. Les antispasmodiques les plus usités dans ces maladies sont les pilules de Méglin, les valérianales de zinc et d'ammoniaque. Les deux éléments qui composent ce dernier agent paraissent devoir le douer d'une puissance d'excitation considérable et qui en ferait un substitutif plutôt qu'un antispasmodique proprement dit. Le café, le camphre, le musc, l'asa fœtida et le zinc agiraient de même.
On peut ajouter encore comme substitutifs proprement dits, la véralrine et la strychnine.
272. J'ai dit quels inconve'nients présente la cautérisation transcurrenfe; elle a souvent été employée malgré cela, et on doit la conserver comme un moyen puissant à mettre en œuvre quand les autres ont échoué. La névrotoraie ne doit venir que bien après elle. Le massage et la percussion sont souvent impraticables et rarement utiles. L'hydrothérapie a plutôt un ellet général; une douche pariielle cependant, et ce que l'on a nommé l'aquapuncture aussi bien que l'acupuncture simple, autrefois employée, pourraient être suivis d'un en'ei favorable. La faradisation électrique, malgré la cuisanle douleur qu'elle détermine, ne doit pas être bannie non plus d'un arsenal thérapeutique, que certains malades épuisent avant d'y trouver le soulagement. Il en est de même de la compression, de la vésication et du moxa.
273. Une remarque importante et générale doit être faite à ce sujet : c'est que, quel que soit le moyen adopté par le thérapeute, celui-ci doit choisir le point où il l'applique, le plus près possible du siège môme du mal et non pas seulement du siège de la douleur ; c'est-à-dire, non pas seulement à la périphérie, mais le long des trajets conducteurs et dans le voisinage des centres de réflexion et de perception. C'est ce dont il faudra se souvenir dans l'usage des linimenis calmants, et aussi des frictions irritantes et substilulives (teinture d'iode, pommades irritantes, essence de térébenihine).
Enfin, les excitants diacritiques, diaphoréliques, purgatifs, diurétiques, sont indiqués encore, de même que les touiqucs, ou au contraire les alcalins et les altérants ; mais c'est selon la condition nosologique de la maladie et non par le fait de la névralgie pure et simple.
§ 3. — Migraine.
274. Outre les indications causales, auxquelles peuvent répondre ou un émélique, ou le sulfate de quinine, ou un eraménagogue, etc., on peut agir contre la migraine par toutes les préparations de café, cru ou brûlé. Tous les nar-
UYPJÏHSTMÉNIE DU POUVOIR SENSITIVO-MOïEUK. 143
coliques el tous les anesthésiques ont été employés contre celte terrible maladie.
l-'rappé des apparences qui rapprochent la migraine des névroses vaso-motrices, j'ai préconiséjUn des premiers, contre elle, le bromure de potassium, à titre de médication préventive (1 ou 2 grammes par jour) et à litre de médication des accùs (.{ à 4 grammes, coup sur coup, au début de l'accès). On a de môme proposé contre la migraine, l'usage du sulfate de quinine uni à la digitale (contro-stimulants), la valériane, le paullinia, etc. On peut du reste lui appliquer tout ce que je viens de dire des névralgies en général et tous les procédés de la médication aneslhésique,
§ 4 . — Hyperesthésie des névroses.
275. L'état de nervosisme, el la plupart des formes de névrose hystérique, reconnaissant pour cause une exagération des facultés airectfves, comportent de nombreuses hyperesthésies. Il ne sera pas inutile de les combattre, indépendamment de tout autre élément; pour cela, il faudra employer d'abord les antispasmodiques divers; les anesthésiques seront ensuite les agents les plus u liles, soit qu'on leur demande leurs effets locaux et partiels, soit qu'on les emploie à l'intérieur en vue d'en obtenir un effet général (v. Névralgies en général).
Sans étendre autant le cercle de l'influence aneslhésique, il y aura souvent avantage à employer celte médication sur les appareils périphériques eux-mêmes. 11 y a des hystériques chez lesquels on peut éloigner et supprimer les attaques, en atténuant simplement i'hypereslhésie d'un des sens spéciaux. Le même fait a été réalisé chez des épilepliques, chez lesquels on parvenait à supprimer un aura périphérique.
276. iinfin, comme dans tous ces cas, l'action réflexe joue un rôle considérable; il y aura avantage à modifier tout ;\ la fois la sensibilité périphérique, les conducteurs et les centres de réflexion. Le bromure de potassium (255) y sera donc particulièrement indiqué. La médication générale sera souvent préférée; toutefois elle aura lieu parfois aussi d'être appliquée localement, notamment pour combattre le clou hystérique, etc.
§ 5. — Maladies des centres encéphalo-rachidiens.
277. Dans ces maladies (encéphalites, myélites, méningites, etc.) l'hyperesthésie périphérique est fréquente et joue un rôle important; mais comme elle tient à un état morbide des centres de perception, elle est le plus souvent subjective, et c'est aux centres seuls qu'il pout être utile de s'adresser pour la combattre. Telle est, par exemple, la photophobje des sujets méningiliques, que l'on ne sau-. rail attaquer par un traitement externe de l'œil, mais qu'on peut voir disparaître, en diminuant l'excitabilité nerveuse de l'encéphale par les moyens déjà indiqués (249 à 255).
Il ne saurait éli'e inutile néanmoins de suspendre momentanément toute excitation des appareils périphériques de la sensibilité ; sans quoi o» s'expose à exaspérer de plus en plus la sensibilité du centre de perception, à y provoquer même de nouvelles lésions, en tous cas, à y multiplier, au lieu de les éteindre, les sensations subjectives.
§ 6. — Intoxications, altérations du sang.
278. I/anémie, par l'insuffisance d'excitation nerveuse qu'elle entraîne, détermine des douleurs névralgiques, le plus souvent subjectives. C'est à celles-ci que convient surtout la médication antispasmodique, pour ce double motif, qu'elle est excitante et peut suppléer par là à ce qui manque au liquide sanguin, puis, parce qu'elle agit sur les centres nerveux pour en modifier l'activité. C'est ainsi que les antispasmodiques, indépendamment des reconstituants, peuvent être donnés avec grand avantage, dans les hypereslhésies et les douleurs nerveuses liées à l'anémie.
Ce qui est vrai de l'anémie l'est encore d'un grand nombre d'altérations du sang, des altérations septiques en particulier, et de toules les intoxications en général.
§ 7. — Convulsions partielles.
279. Les palpitations fibrillaires, les tics simples ou douloureux, les crampes, sont autant de phénomènes élémen-
UYPERSTHÉNIlî DU POUVOIR SENSITI VO-MOTEUR. ] /, S
laircs qui relèvent de la médication akinésiqueau premier chef, en tant surtout qu'elle s'adresse à la myotilité.
Les palpitations fibrilluires ne seront guère l'objet d'une indication particuhère.'
280. Les tics, au contraire, sont une maladie que l'on a souvent à couibalireet qu'on ne dompte qu'avec peine. On peut employer centré eux la morphine, la vératrine, la strychnine (François), la compression (Romberg). Il serait bon d'essayer encore, à titre de substitution, les alcaloïdes convulsivants de l'opium : thébaïne, papavérine, narcotine. Les douches de vapeur auraient un effet analogue, aussi bien que l'électricité. Les modificateurs de la sensibilité ne peuvent avoir qu'une action secondaire, sur un trouble qui paraît essentiellement moteur; mais ils devront être utilisés dans les formes douloureuses de cette aflection: opium, bromure de potassium, anesthésiques, etc.
281. Les crampes appellent rarement l'intervention du médecin; il peut cependant les combattre par les mûmes moyens. Les frictions énergiques peuvent même parfois y suffire; l'électrisation, en épuisant la contractilité musculaire, les fera cesser aussi, mais au priv de vives douleurs. On a proposé encore, et j'ai vu réussir dans ces cas, les frictions à l'essence de térébenthine, pratiquées sur les muscles et même encore le long des nerfs et vers la colonne vertébrale (crampes du choléra).
282. La crampe des écrivains et les spasmes musculaires fonctionnels décrits par Duchenne sont encore des maladies fort rebelles, sur lesquelles il faudrait essayer l'action locale des paralyso-moteurs du système musculaire et du système nerveux périphérique. Les sels de potassium devraient être préférés, amsi que la vératrine; on pourrait encore employer e curare la fève de Calabar, ou même la ciguë et Faconit.
La belladone, le bromure de potassium et l'électrisation plusieurs fois essayés sont demeurés sans elfeL
§ 8. — Contractures.
283. La contracture essentielle, étant le plus souvent un fait musculaire périphérique, peut être combattue avantageusement par les procédés susceptibles de paralyser Té- Feruand. — Thérapeutique. g
IlNDications des troubles nerveux.
lémenl musculaire. Les applications narcotiques et anes- Ihésiques peuvent y Être employées utilement, ne fûl-ce que pour anéantir l'élément douloureux, qui se lie au trouble du mouvement (chloroforme, opium, belladone, narcotiques et antispasmodiques).
On devrait aussi dans ces cas tenter l'introduction locale des poisons musculaires (les sels métalliques entre autres), et si la contraclure pouvait reconnaître une influence nerveuse, on aurait recours aux paralyso-moteurs des nerfs, au curare par exemple. On y a employé la compressiçn, moyen peu pratique et rarement efticace.
Ceci n'empôclie nullement que le sulfate de quinine ne soit le remède héroïque d'un certain nombre de contractures à type manifestement intermiltent. Du reste, l'indication qui existe d'employer le sulfate de quinine dans ces cas est double, puisque cet agent, outre son efficacité antipériodique, possède encore la propriété de modifier le système musculaire de la vie de relation, et le système nerveux, en tempérant leur motricité. Dansée but encore on a conseillé les émissions sanguines (Trousseau) et les lames métalliques (BouchuI).
La contracture symptomatique ne sera que rarement l'objet de semblables indications ; celles qui relèvent de la cause l'eipporlent de beaucoup sur toute autre. Les révulsifs lui seront souvent utiles, notamment les vésicatoires.
§9. — Névroses coiivulsives. Cliorée.
284. La chorée est une névrose de siège spinal ou spinobulbaire, dont le trouble moteur dénote une excitabilité exagérée de la motricité nerveuse. L'exagération paraît d'ailleurs porter surtout sur les facultés réflexes du centre spinal, soit qu'elle se manifeste par une incohérence des actes moteurs, venant à propos du mouvement, soit qu'elle naisse dans l'état de repos, état où persiste toujours un certain degré de tonus musculaire aciif qui ne disparaît jamais en totalité, bien qu'il soit considérablement diminué dans l'état de résolution relative que comporte le sommeil.
â85. Les moyens hygiéniques à employer en ce cas ont une grande portée, jusques et y compris les moyens moraux.
IlYrERSTUÉNIE DU POUVOIR SENSITIVO-MOTIÎUll . 147
Ils se rapportent aux fonctions d'évolution à propos desquelles naît souvent la chorée.
Il est encore bon d'engager les malades à résister àTimpalience motrice qui les tourmente, sans oublier que l'application de l'espiit à l'exécution d'un mouvement ou à. l'altitude du repos, suflil parfois à exagérer l'incohérence musculaire et l'excitation motrice. Un moyen plus efticace et souvent recommandé, c'est la gymnastique (Voy. ce mol), qui, par la régularité et le rhytlime qu'elle impose aux mouvements, suffit parfois à combattre la chorée.
286. Les agents les plus directs de la médication de la chorée sont ceux qui diminuent le pouvoir excito-moteur des centres médullaires. On a mis en œuvre les aneslhésiques : le chloroforme, l'élher, l'opium, les composés cyaniques, la belladone et, dans ces derniers temps, le bromure de potassium. Le docteur Lubelski {Gaz. hebd., 1867) a mâme proposé, pour agir le plus prùs possible des éléments à impressionner, d'employer l'éther en pulvérisation le long de la colonne verlébrale. M. Jaccoud, à l'aide de l'appareil de Richardson, a essayé ce procédé avec succès.
On conçoit que les agents paralyso-musculaires ne puissent ici rendre de notables services. La fùve de'Calabar semblCjpar contre, avoir été employée avec quelque avantage. J'en dois dire autant de l'électrisation (V. ce mot) dont l'effet serait perturbateur ou révulsif, de même que celui de frictions excitantes pratiquées le long de l'épine dorsale.
C'est à la médication contro-stimulante , qu'il faut rattacher l'usage du tartre stibié, administré (Gillette) aux doses vraiment considérables de 20, 40, et CO centigrammes pendant une série de trois jours, pour reprendre, après un repos passager, une série de doses encore plus élevées. Ce procédé, qui a été souvent efficace, expose cependant à des accidents de collapsus grave et subit; la dépression qu'il produit ne porte pas seulement sur les centres spinaux, mais atteint l'ensemble des fondions. Aussi, faudra-t-il tenir grand compte de l'état des forces du sujet avant d'employer ce mojen.
287. Les hypnotiques seront d'ailleurs plus particulièrement indiqués, quand l'insomnie persistante menace le malade d'une sorte d'épuisement nerveux.
Indications "DES Troubles nizryiiux.
Il en est autrement des antispasmodiques, du camphre notamment, qui m'a réussi dans quelques cas, et dont le rôle paraît être celui d'un agent de substitution. La valériane, le zinc, l'asa fœtida, le cannabis, l'armoise semblent agir de même, ainsi que la noix vomique.
Je n'ai rien à dire ici des indications causales de la chorée (rhumatisme, scrofule, anémie, helminthiase, traumatisme) (Voy. ces mots). Telles sont encore celles auxquelles répondent la médication évacuante et la médication tonique si souvent utiles aux choréiques (arsenic, fer, bains sulfureux).
§ 10.— Tétanos.
288. Le siège spinal de cette névrose pourra sans doute guider le médecin sur le point d'application qu'il convient de choisir, pour les modificateurs de la moelle, qu'il s'agisse des calmants directs, ou des calmants indirets, révuL^ifs ou autres.
11 n'en est pas de môme du choix de ces agents. Parmi eux cependant, on trouve d'abord ceux qui sont susceptibles de diminuer, dans la moelle, le pouvoir sensitivo-moteur. Les narcotiques sont les mieux indiqués ; ils ont été employés tl des doses fort élevées (jusqu'à 6 gr. d'opium en un jour, d'après Monro), le dosage devant être proportionné à l'exagération des facultés sensilivo-motrices. Demarquay a employé les injections intra-musculaires de morphine.
Le tabac (Laveune), la belladone (Lenoir) et leurs alcaloï-. des, l'atropine et la nicotine, la lobélie, l'aconit, et le haschich comptent aussides succès, dus probablement au même mode d'action. L'émélique, à dose contro-stimulanle (Laennec, Ogden), n'agirait pus autrement, ainsi que les inhalations d'éther ou de chloroforme (Forgel, Hergott) ou de nitrite d'amyle; le chloral donné à doses élevées (Verneuil, Dubreuil) seul, ou avec l'aide des courants descendants (Legros et Onimus). Le bromure de potassium pourrait être essayé, ainsi que l'alcool à haute dose (Dutroulau, Desprez, H. Walker). Ou n'a pas craint en Angleterre de provoquer une ivresse prolongée.
Eu vertu des phénomènes paralytiques observés par le
HYPERSTUÉNIE DU l'OUVOIR SENSITIVO-MOÏEUR. 14 9
fait du curare, on a été conduit assez anliphysiologiquemenl à l'administrer pour combattre le tétanos (Vella); mais les résultats ont été ce qu'ils pouvaient être : nuls ou à peu près, puisque le curare agit sur la périphérie nerveuse et non sur les centres. La ciguë et la conicine, qui ont une action analogue, ont de plus l'avantage de ne pas offrir les mêmes dangers.
289. Il faut encore noter, parmi les agents nouvellement essayés contre le tétanos, la féve deCalabar et son alcaloïde, l'ésérine. On sait que l'ésérine paralyse d'abord les extrémités périphériques ^es nerfs, puis leurs troncs, puis la moelle (Fraser). Watson lui reconnaît le pouvoir de diminuer la polarité de la moelle, autrement dit : le pouvoir excilo-moteur réflexe exagéré. Ce serait l'antagoniste delà strychnine, ce qui semble le désigner comme un excellent aniitélanique. Cependant la vertu thérapeutique du médicament ne semble pas être à la hauteur de ses aptitudes physiologiques (Labbée, 1873). — On a demandé à la noix vomique un elTet de substitution, et sans plus de succès.
290. La médication antiphlogistique a pu quelquefois filre utile en répondant à une indication éliologique, qui trouvera souvent son application. C'est à ce titre que les émissions sanguines ont été employées; les sangsues (Lisfranc), la saignée (Mirbeck, Hervieux, Renault et Forget), sont surtout prescrites en Angleterre. 11 en est de même de la méthode évacuante ; émétique, calomel (Autenrieth).
Les bains divers comme antiphlogistiques et sédatifs, les bams de vapeur humide ou sèche, et tous les sudorifiques, les bains froids comme révulsifs et perturbateurs, pourront être choisis selon la forme inflammatoire , congestive ou nerveuse de la maladie. J'en dirai autant des révulsifs vésicaton-es, frictions irritantes, cautérisations, acupunctures, compresses de chloroforme, sacs de glace, douches d'éther pulvérisé que l'on a appliqués le long de la colonne vertébrale.
Enfin, quand il y a à cette maladie un point de départ périphérique, comme dans le tétanos traumalique, il est indiqué de surveiller la plaie, de la débarrasser des corps étrangers, de la débrider, si elle s'étrangle, et d'y appliquer d.rectemen des topiques calmants, si elle reste particulièrenient douloureuse.
§ 11. — Éclampsiedes enfants.
391. La mulUplicilé des condilions dont les convulsions peuvent âtre syœptomatiques ou sympathiques, explique la inultiplicili des indications qui ressortissant à l'ordre pathogénique. C'est ainsi que les évacuants, les vomitifs, les purgatifs, les toniques et les révulsifs sont utiles, ainsi que les allérants.
Mais, contre l'attaque elle-même, il faut employer les modérateurs de la puissance sensitivo-motrice. Les émissions sanguines y peuvent concourir pour prévenir une congestion active au . début, et, plus tard, une stase passive. Les calmants divers sont les premiers agents à employer: le chloroforme, l'éther, la belladone, seront à préférer aux narcotiques proprement dits; il faut y ajouter le sulfate de quinine, et tous les antispasmodiques, musc, zinc, etc.
Parmi les révulsifs, on choisira d'abord ceux qui agissent par l'intestin, et, de préférence, le calomelou les lavements divers. L'irritation que provoquent les révulsifs cutanés ne sera pas à craindre à la période de coma, mais au début, pour ce motif, on leur préférera les émoUients, les bains tiôdes simples, ou au tilleul. •
Parmi les pratiques plus délicates à employer, il faut noter les applications froides, et la compression des carotides, qui peuvent anémier l'encéphale et suspendre le mal ou môme y mettre un terme.
§ 12. — Épilepsie.
292. Que l'on se trouve en face d'accidents convulsifs, tels que l'éclampsie, ou en face d'une névrose constituée par une évolution spéciale de ces mêmes convulsions, comme l'épilepsie, l'indication dorninanlc est toujours dans l'hyperkinésie, résultant de l'excitabilité exagérée des centres cérébro-spinaux, l^our l'épilepsie en particulier, le bulbe paraît être celui de ces centres qui est plus spécialement intéressé (Schroder van der Kolk). En tous cas, l'influence réflexe joue un grand rôle dans la production des accès ; aussi a-t-on pu les prévenir et même quelquefois les
liypERSTHÉNIE DU l'OUVOIR SENSITIYO-MOTEUIl. 15 1
supprimer, en supprimanl la sensation particulière (aura) qui en est souvent le point de;départ périphérique ; ou encore en isolant des centres, soit par la compression, soit par la section des nerf», les organes qui sont le siège de cette sensation.
Comme c'estlà une indication souvent irréalisable, et que d'ailleurs le point de départ de l'attaque nous échappe le plus souvent, il sera bon de s'adresser au centre réflexe luimême pour en atténuer ou en modifier l'excitabilité. C'est dans ce but qu'on a administré tous les antispasmodiques (valériane, musc, camphre, asa fœtida, oxyde de zinc, salin des marais, feuilles d'oranger, etc.), les narcotiques (opium et ses alcaloïdes non convulsivants, belladone, etc.), les inhalations de chloroforme, et môme les émissions sanguines.
293. Le médicament encore ici le plus héroïque et le plus rationnellement préconisé est le bromure de potassium, qui diminue l'excitabilité nerveuse, éteint le centre réflexe, et attaque la convulsion jusque dans son élément périphérique et musculaire; aussi a-t-il été souvent employé, et avec un succès au moins relatif, pourvu qu'on en élève assez la dose (10 gr, par jour par exemple.), et qu'on persévère dans son usage.
Je ne parle pas ici du traitement de l'altaque (généralement, c'est celui de l'asphyxie), des accidents qui suivent l'altaque (délire aigu, congestion cérébrale), non plus que des indications secondaires relevant d'une étiologie à part (ferrugineux, etc.).
294. Parmi les agents de substitution, on a conseillé l'usage des slrychnées, du valérianate d'ammoniaque, de la térébenthine et de tous les antispasmodiques. Knfin, on a pensé à employer ceux que l'on pourrait porter sur l'appareil laryngé, spécialement en rapport avec le bulbe: c'est ainsi qu'on a essayé sans grand succès l'inspiration ou l'ingestion d'ammoniaque, de vapeurs ou de liqueurs fortement irritantes. D'après une théorie à part sur le rôle de l'asphyxie dans l'attaque, Marshal-Hall avait préconisé la trachéotomie. J'ajouterai encore les altérants, qui ont une action spéciale sur le système nerveux (le nitrate d'argent, par exemple), et qui, ainsi que les révulsifs, conviennent surtout aux épilepsies symplomatiques.