‹ Traite de thérapeutique médicale, ou, Guide pour l’application des principaux modes de médication à l’indication thérapeutique et au traitement des maladiesChapitre 61 sur 132 · La médication tempérante trouvera rarement son · texte numérisé non relu

La médication tempérante trouvera rarement son

ATAXU') DU l'OUYOm SENSITIYO-MOTEUU.

indication, si ce n'est à certaines phases des intoxications, dans certaines chorées avec érétliisnae intense, dans les cas encore où l'ataxie s'accora^jagne de fortes douleurs nerveuses. Les dgenls déjà cludiés des médications calmante et anestliésique en feront les frais. Leur usage devra èlre mesuré prudemment.

ART. m. — INDICATIONS MÉDIATES..

350. Il faudra souvent modiiier la nutrition des centres nerveux, prévenir le dépôt ou l'organisation des exsudais, dans leur voisinage ou dans leur parenchyme; enfin, en affamant leurs éléments, pour ainsi dire, il faudra les soustraire aux nombreuses causes d'excitation, dont un travail nutritif exagéré peutôtre l'occasion. L'iodurede potassium, le calomel fractionné, le nitrate d'argent, les altérants en général et les résolutifs seront les agents de ces indications.

ART. IV. — AP1'I,1CAT10NS

351. Je n'ai que peu de chose à dire sur ce chapitre.! Beaucoup d'afl'ections à type ataxique, comprenant, avec l'ataxie spinale, des troubles cérébraux qui m'ont déjà fourni l'occasion d'en parler (ataxie cérébro-spinale) ou des troubles sympathiques {citaxia vinum, alaxie des fiùvres) dont je traiterai ci-dessous.

§ 1". — Ataxie locomotrice progressive.

352. Cette alVection, qui est le type de l'ataxie spiuale, au point de vue de sa palhogénie, se rapproche des affections

inflammatoiresouirritalives du cenlreméduUaire. Aussi, dans les premières périodes, tant que l'on peut craindre de provoquer ou de réveiller ce processus irritalif, tant qu'il existe en un mol des douleurs et des phénomènes d'excitation spinale, doit-on recourir simplement aux modérateurs du système nerveux spinal et avant tout au bromure de potassium. Ou a encore préconisé dans le mûme but les préparations narcotiques, opium, jusquiame, codéine, atropine et

rNDICATIONS DES TROUBLES NERVEUX.

belladone, et les injections sous-cutanées de ces mOmes substances), les applications de chloroforme, les pulvérisations d'éther, sur la région vertébrale, enfin toutes les pommades et embrocations calmantes ; à une période moins douloureuse, les antispasmodiques, pilules de Méglin, elc, puis les modificateurs excitants tels que l'hydrothérapie et l'électricité, le phosphore et la térébenthine.

Enfin, à une phase plus avancée, et comme altérants de la lésion produite, on a mis en œuvre l'iodurede potassium, le nitrate d'argent, le calomel à doies fractionnées, un traitement thermal corrélatif (alcalins, boues de Sainl- Amand), ainsi que les révulsifs cutanés, enfin l'électricité.

Malheureusement l'efficacité de tous ces agents est demeurée bien bornée, et ce n'est le plus souvent que par une amélioration partielle ou un temps d'arrôt passager, que s'est manifestée leur efficacité.

§ 2. — Sclérose antéro-latérale.

353. La sclérose antéro-latérale ne saurait donner lieu à d'autres indications que la sclérose postérieure ; cependant elle arrive plus vite à la paraplégie confirmée, et motive par conséquent, plus qu'elle encore, l'usage des excitants énergiques : phosphore, hydrothérapie, électricité ; des altérants puissants : mercure, sels de potasse et d'argent; et enfin des révulsifs cutanés violents : cautérisation actuelle, moxas, séfons, etc.

§ 3. — Tremblement.

354. Dans les formes où le tremblement tient à une ataxie avec débilité motrice, le tremblement motive l'emploi de la médicMtion tonique, excitante môme. S'il est purement névrosique, tel que le tremblement séniie et le tremblement des intoxications alcooliq.ue, mercurielle, saturnine, et même s'il tient à une lésion médullaire, on peut l'attaquer directement, en tant que fait morbide élémentaire.

Dans le cas où l'on peut lui attribuer une origine convùlsive, on conseille de le combattre à l'aide des calmants et des antispasmodiques; l'opium, le chloral, le bromure de potassium, l'arsenic comptent des succès. Quand on ne voit en

ATAXIE DU POUYOm SENSITIVO-MOTEUR.

lui qu'un phénomène paralytique, on peut employer la strychnine (Trousseau), l'ergot de seigle, le phosphore simple ou sous la combinaison de phosphure de zinc (Guéneau de Mussy), les bains électriques (G. Paul), et toute sles pratiques de l'hydrothérapie.

Dans certains tremblements localisés, on a eu recours aux moyens mécaniques (Fernet, 1872). Nul doute qu'on ne puisse obtenir mieux encore, en agissant directement sur les muscles, par des injections sous-cutanées.

§ 4. — Paralysie agitante.

355. Contre la paralysie agitante, on a employé sans beaucoup plus de succès et les modérateurs et les excitants de la motricité; ceux-ci cependantontparu quelquefois utiles. Si la strychnine a échoué, les bains sulfureux (Canstatt), les affusions d'eau froide dans un bain chaud (Romberg) ont pu réussir. L'électricité (Gull), les courants constants (Remak et Russel Reynolds) auraient eu aussi quelque efficacité. Benedikt a préconisé spécialement les courants spinonerveux ou centrifuges, appliquant le pôle cuivre sur la colonne vertébrale, et promenant le pôle zinc sur les côtés des vertèbres au niveau de l'émergence des nerfs (Jaccoud.)?

§ 5. — Vertige.

356. Le vertige, ce singulier phénomône,'qui appartient peut-ûtre autant à l'ataxie cérébrale qu'à l'ataxie spinale, n'est autre chose que la sensation subjective d'un mouvement passif, rapporté par le malade, ou à lui-même, ou aux objets qui l'entourent, et dans lequel la perversion du mouvement se trahit encore par des impulsions motrices irrésistibles; d'où son analogie avec le tremblement.

Qu'il soit congeslif ou anémique, lié à une névrose ou à une dégénération nerveuse, ou encore sympathique d'un trouble viscéral, il peut être attaqué directement parles modificateurs de l'inoiervalion. Un certain caractère d'excitation se manifeste, dans ce trouble singulier, par les impulsions irrésistibles, les sensations subjectives, les hallucinations même qu'il comporte. Aussi, la médication modératrice

a-t-elle plus de prise sur lui que la médication excitante. De là les bons effets du bromure de potassium pour combattre le yerlige.

Or, le plus souvent secondaire, le vertige reconnaît avant tout une indication étiologique : c'est celle de la dyspepsie, dans le verligo a stomacho lœio; celle de la lésion de l'oreille, dans le vertige labyriuthique ; celle enfin de la congestion ou de l'ischémie cérébrales, quand il est lié à la congestion ou à l'anémie du cerveau. On en peut dire autant des intoxications et des ivresses dans lesquelles le vertige joue souvent un grand rôle.

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