CHAPITRE III
INDICATIONS TIRÉES DK LA PERVERSION DU POUVOIR SENSITIVO-MOTEUR (ATAXIe).
338. Après ce que j'ai dit de l'alaxie cérébrale, je n'aurai que peu de mots à ajouter sur le type symptomatique qui trahit l'ataxie sensitivo-molrice. Rarement réalisé dans sa simplicité, il se présente souvent en corrélation avec les éléments symptoraatiques voisins, et surtout avec ceux que caractérise la diminution du pouvoir sensitivo-moteur : ataxie et asthénie sont, encore ici, deux termes que l'on rencontre presque toujours réunis.
AUT. I". — DESCRIPTION DE l'iNDICATION.
§ t"^'. — Typ« élémentaire.
339. L'ataxie se manifeste, dans l'ordre des phénomènes qui nous occupent, par la perversion des rapports qui unissent d'ordinaire la sensibilité et le mouvement. Cette dissociation va plus loin, et porte sur les éléments propres de chacune de ces facultés; on voit alors la sensibihté isoler chacun des modes spéciaux dont elle se compose (sensibilité au contact, à la douleur, à la tempéralure, sensibibité commune ou organique, etc.), et chacun d'eux se
ATAXIIÎ DU POUVOIR SENSITI VO-MOTEUR. ni
modifier, s'ailénuerou se suspendre en dehors des aulres. De mûmo, voit-on les associations motrices normales se décomposer, les mouvements d'ensemble s'altérer de plus en plus (ataxie locomotrice), l'innervation de stabilité s'affaiblir elle-même (paralysis agilans) au point que l'attitude de repos soit impossible, jusqu'à ce que tout mouvement, même le plus simple, se désagrège lui-mâme dans les oscillations qui le composent (tremblement).
Cette perturbation peut porter sur les centres de réflexion et de perception, et y produire des phénomènes subjectifs, dans lesquels sont troublés tous les rapports normaux, qui unissent la sensibilité et le mouvement.
340. Les degrés que peuvent offrir les phénomènes de lataxie sont fort variables, depuis la simple irrégularité dans e mouvement, jusqu'à la folie motrice, et de môme pour la sensibilité. Broussais considérait l'agonie, comme-la plus haute expression de cet état.
341. Si l'alaxie est liée le plus ordinairement à l'asthénie on y rencontre cependant aussi des phénomènes d'excitatiorî portant sur la sensibilité (hypéresthésies, douleurs) ou sur le mouvement (phénomènes convulsifs, chorée). Toutefois ces Bymptômesoffrent,pourcaractère,den'avoiraucune tenue de se manifester irrégulièrement et comme par accident et de fendre, en dernier terme, à l'affaiblissement des tacultes sensitives et motrices; il y a, comme je l'ai dit déjà avec une sorte de sollicitation exagérée de la motricité, u ne impuissance ou débilité profonde dans l'accomplissement du
" ' " tremblement, quelquefois même
La paralysie est l'élément avec lequel l'ataxie reh contre le p us souvent. On la voit plus partie ièrement s unir avec les troubles profonds de la sen=ihili(4 a n i Duche,,ne, Axenfe.d). Les troubles slX^ ^el e e^: Iralnc le plus fatilemeni sonl des Imi.hl.. „ , les conséquences qui eu découlenl ?f ? «^»->=»le™el souïcNl avec l'alavic mais cït- i? , ™ "'''"'^O'"™ non l-en-C. Les ."uC ™ c^ s ' ^L*,'
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masie ou fièvre, elle peut apparaître sous les formes les plus variées.
§ 2. — Pathogénie.
342 On ne connaît pas de lésion intime propre à l'ataxie; sans doute celle-ci se lie à la débilité de l'influx nerveux, dans la très-grande majorité des cas, et par conséquent à l'épuisement nerveux, à l'ischémie, à la compression, à la ' dégénérescence de l'axe médullaire ;mais il semble qu'elle n'ait pas de lésion propre et tienne plutôt à l'inégalité de répartition du processus pathologique dans les éléments nerveux, et à l'inégale activité de ce processus dans les divers points attaqués. Aussi, les dégénérations lentes des centres, qui poussent des jetées d'altération sur certains éléments de ces tissus, et respectent les éléments voisins, sont des plus aptes à provoquer l'alaxie.
Cet état on le voit encore se réaliser dans certaines névroses, qu'and le système nerveux a été longtemps tourmenté et le pouvoir sensitivo-moteur autant usé que perverti par une dépense exagérée,de ses facultés. On voit encore l'ataxie seproduire dans les maladies infectieuses et dans es fièvres graves, où le sang paraît avoir été le véhicule d un poison septique (Voy. Septicémie).
Un état de débilité dû à un épuisement antérieur, quelle qu'en soit la cause, facilite beaucoup l'apparition des phénomènes otaxiques. .
343 Enfin, on constate et on provoque facilement ces pbenomèn'es à une certaine phase des intoxications ébrieuses L'ivresse alcoolique en offre le type. On a çru autre ois que l'ivraie avait une semblable influence, d'où l'epithète de ^emulenHmqn'on lui a donnée. L'exlrait de el^^nvre indien et les anesthésiques en général peuvent produire le môme effet.
AHT, H. INDICATION THliRAPKUTIQCE.
344 Les moyens d'agir directement sur l'ataxie sensitive ou motrice sont plus bornés encore que ceux que nous avons vus capables de modifier l'ataxie cérébrale. La plupart sontempruntés aux agents déjà étudiés, comme exci a.i^ ou «édatifs du pouvoir sensitivo-moteur. Connaissant com
ATAXIE DU POUVOIR SENSITIVO-MOTKUR. 173
bien il est de rf>g]e que l'ataxie se lie à la di^bililé, on con-
gnt que la médication excitante devra généralement ûlre
jiréférée à la médication sédative.
il y a toulefais une remarque à faire ici, parce qu'elle
dominecelteindication. L'ataxie qui se présente en général, < omme signe d'un abaissement de la faculté sensilivo-mo-
(rice, peut révéler au contraire une excitation nutritive du centre médullaire. De sorte que l'indication se trouve alors, pour ainsi dire, contradictoire, demandant l'exaltation pour l'activité fonctionnelle et la scdation pour l'activité nutritive. C'est là en effet l'écueil du traitement, dans un grand nombre de dégénérations de la moelle, dont le processus aigu, au moins au début, comporte l'usage des tempérants locaux de la nutrition, tandis que la débilité fonctionnelle motive l'emploi des toniques et même des stimulants.
§ («'.—Médication aritispasmodique.
345. l'IUe est particulièrement applicable aux cas où l'ataxie sensilivû-molrice tient à une névrose des centres de coordination, ou simplement des centres d'innervation. Elle l'est encore, dans les cas où elle se rattache à une affection générale pyrétique, ou infectieuse, à une intoxication. Elle convient quand l'ataxie médullaire e.«t la conséquence d'une débilité profonde, suite de cachexie ou d'épuisement nerveux. Dans ces derniers cas surtout, les antispasmodiques qui sont en mùme temps excitr.nts, trouveront leur utihté, bien qu'ils ne puissent être considérés, en général que comme des agents d'une efficacité secondaire relativoment à l'indication en question.
§ 2. — Médication tonique.
lipT' ^'"f.KÏÏ'"' fréquents Où l'ataxie se
Uej une dcb.hte nerveuse, la médication tonique doit presque toujours Ofre employée avec la précédente, ne fût-
TJZnZ ^'f'^r' périphériques, avec une
utntion régulière, leurs aptitudes motrices et sensitives naturelles, et surtout Doiir n^.. . ^ seuMuvts,
l'innervation. ^ ^'"^^''^
§ 3. — Médication excitante.
347. La médication excitante trouve ici une application | plus souvent favorable que les précédentes. Les praliques de j l'hydrothérapie et de l'électrisalion en sont les procédés les i plus efficaces, en ce qu'ils sont plus aptes à réveiller la nu- | tritiou et les aptitudes fonctionnelles des centres et de la ! périphérie. '
Les médicaments employés dans le mûme but sont: les strychniques, les alcooliques et les teintures des ombellifères aromatiques, enfin le phosphore. Mais tous ces agents, je le répète, ne pourront être employés avec sécurité que quand tout pi-ocessus morbide actif sera absent, ou aura disparu des centres nerveux. Si, en effet, on les metlait , en œuvre, alors qu'il existe encore une disposi'ion irritative dans les centres d'innervation, on s'exposerait à aggraver ce processus et à accroître le mal. 1 Du reste, cette contre-indication ne se présente jamais j dans les névroses, mais seulement dans les états morbides caractérisés par une lésion inflammatoire des centres (scléroses diverses, exsudations plastiques et dégénérations consécutives). On la reconnaît à ce que rata.\ie,au lieu de se pro- I duire au milieu des phénomènes d'une débilité générale et 1 persistante, s'accompagne toujours à de certains moments \ et en de certains points d'une excitation fonctionnelle I (douleurs, contractures, etc.).
348. Les points d'application des moyens thérapeutiques indiqués devront se rapporter au siège présumé ou déterminé de la maladie. La région spinale sera le siège de prédilection des applications de l'électricité et de l'hydrothérapie. Quant aux excitants généraux ou diCTusibles, ils agiront sur la moelle, en vertu d'une élection que pourra provoquer l'état pathologique de cet organe. Outre cela, nous avons les excitants spéciaux de la moelle déji étudiés : la strychnine, ses dérivés et ses succédanés.
§ 4. — Médication calmante.