ORGANIQUE
359. L'hyperkinésie et l'hyperesthésie, aussi bien que l'exagération des aptitudes réfiexes, sont communes au sysième nerveux spinal et au système sympathique. Dans la sphère organique toutefois, l'excitation présente, comme caractère propre, qu'elle est plus difficile à provoquer, plus lente à se produire, plus tenace une fois produite, et plus lente encore a cesser et à rentrer dans l'ordre normal ; ce qui tient
certainement aux propriétés et au genre d'excitabilité de ce système nerveux, dans lequel l'évolution fonctionnelle ne s'accomplit qu'avec lenteur et s'épuise de môme.
AI!T. 1^"^. — DESCRIPTION DE l'iNDICATION .
§ 1". — Type élémentaire.
360. Le rapprochement, sous un môme chef, de l'excitation des facultés de motricité et de sensibilité organiques, paraîtra plus naturel ici que pour le système spinal, attendu qu'il est plus rare do voir, dans la sphère organique, ces diverses facultés, troublées séparément ou à l'inverse les unes des autres. Douleurs et spasmes s'unissent généralement dans les manifestations des troubles viscéraux, et ilme sera facile de traiter à la fuis des agents qui peuvent s'attaquer aux unes et aux autres.
La douleur est encore ici le premier indice de l'excitation fonctionnelle, malgré les variétés singulières qu'elle peut offrir dans son mode, et dans le siège auquel elle est rapportée (douleurs spéciales, et douleurs sympathiques, sensations de chaleur, d'acidité, de pesanteur, de piqûre, de contusion, de torlillemenf, etc., rapportées au viscère malade, ou à son voisinage, ou encore à des points névralgiques périphériques, eu relation sympathique avec lui).
En même temps que la douleur, a lieu le spasme; quelquefois ces deux jtroubles élémentaires existent isolément (gastralgie, vomissement nerveux), ce qui provoque des mouvements alternatifs, ou une véritable convulsion tonique persistante (coliques, crampes d'estomac, asthme) et peut entraver gravement le jeu fonctionnel des organes. Avec la variété de ces mouvements, il faut noter aussi la part secondaire que peuvent 'y prendre les appareils musculaires périphériques.
Il y a même un certain nombre de troubles nerveux de la vie organique, tels que le vomissement, le hoquet, la toux, le rire, dans lesquels les mouvements et les sensations de la vie organique et de la vie animale s'unissent et [se confondent pour ainsi dire.
nYPERSXnÉNIE DE l'iNNERVATION ORGAMIQUE. 1 8 1
361. L'intensité de ces accidents peut atteindre un haut degré. Le spasme porté à une haute puissance et devenu permanent peut tuer le malade, s'il s'agit d'un viscère dont la molilité est nécessaire à la vie, comme le cœur et le poumon ; la douleur aussi peut parfois prendre les caractères d'une angoisse tellement douloureuse, qu'elle rend la vie insupportable et devient la cause d'un épuisement décrit sous le nom ù'heciique de douleur.
Les éléments avec lesquels celui-ci se trouve souvent en rapport sont les troubles diacritiques : d'abord les fluxions séreuses et les flux sécréloires ; puis viennent les phénomènes congestifset enfin, à la longue, des troubles nutritifs capables surtout d'atrophie et peut-ûtre de quelques dégénérations simples.
Les troubles fonctionnels secondaires sont spéciaux aux organes qui sont le siège de ces modifications fonctionnelles élémentaires ; ils peuvent consister en une excitation, et plus souvent, en une suppression ou une perversion des fonctions de ces organes.
§ 2. — Pathogénie.
362. Toutes les conditions que nous avons reconnues susceptibles de provoquer l'excitation du système nerveux spinal peuvent agir de même sur le système sympathique. Leur nombre se multiplie par la quantité d'organes et de fonctions diverses, qui prennent part à la vie organique : appareils digestif, respiratoire, circulatoire, génilo-urinaire, etc., tous peuvent être intéressés, et directement, et par l'intermédiaire du système nerveux qui leur est propre.
Tout agent qui se borne à provoquer une certaine excitation fonctionnelle, sans dépasser cette mesure et sans atteindre l'excitation nutritive, est apte à provoquer les névroses viscérales. La plupart de ces influences agissent sur la périphérie des nerfs sensitifs organiques; elles peuvent ainsi provoquer des réactions motrices, qui ne sortent pas du cercle organique et peuvent même se limiter à l'organe qui a subi l'impression pathogénique. Les unes portent plus exc usivement sur la sensibilité organique, d'autres sur la motricKé (spasmes); d'autres enfin semblent s'attaquer aux Ferrand. — Thérapeutique. H
centres et modifier, dans la cellule ganglionnaire, l'impressionnabilité ou la puissance de réaction molrice.
363. Ces phénomènes peuvent relentir d'un des centres sympathiques sur un ou plusieurs autres, et c'est ainsi qu'on peut expliquer l'excitation excessive, ou bien l'algidité, consécutive à l'impression douloureuse ressentie dans certains plexus viscéraux (Fêter); celte excitation peut encore s'étendre aux auti'es splif-res de l'innervation, et provoquer des phénomènes sympathiques dans l'appareil cérébro-spinal (convulsions sympathiques de la colique et des douleurs névralgiques), de même que les excitations cérébro-spinales peuvent relentir sur le système ganglionnaire et l'exciter sympalhiquement.
364. Les altérations du sang sont une des causes les plus fréquentes de ces accidents, et les intoxications diverses en oifrent de nombreux exemples. Tous les médicaments dits excitants agissent ainsi sur les nerfs de la muqueuse gastrique d'abord, puis, par l'intermédiaire du sang qui les emporte, sur l'expansion des autres appareils nerveux viscéraux et même des appareils extérieurs.
ART. II. — INDICATION THÉRAPEUTIQUE
365. 11 ne s'agit plus ici de chercher à agir, tantôt sur les surfaces sensibles, ou sur les appareils de motililé, tantôt sur les cordons conducteurs de la sensibilité et du mouvement organique, tantôt enfin sur les centres ganglionnaires ; les appareils que nous avons ;\ modifier sont trop profonds et trop confus, pour qu'une semblable analyse puisse se faire nettement. Tout au plus connaît-on quelques substances capal les d'influencer tel ou tel élément à l'exclusion des autres. I.e plus souvent c'est contre tous ces éléments périphériques, conducteurs et centraux, que l'on agit en bloc; et malgré cela le chiffre des médications à mettre en œuvre est très-restreint.
§ 1 . — Moyens hygiéniques.
366. Le premier précepte à suivre, c'est de medre au repos l'organe malade, autant que cela est possible. On évi-