‹ Traite de thérapeutique médicale, ou, Guide pour l’application des principaux modes de médication à l’indication thérapeutique et au traitement des maladiesChapitre 66 sur 132 · Enfin, on em loie comme traitement de longue ha · texte numérisé non relu

Enfin, on em loie comme traitement de longue ha

IlYPERSTHÉNIE DE L'INNERVATION ORGANIQUE. 20 5

leine, la médication altérante, en raison des lésions auxquelles se lie' si souvent la névrose. On a préconisé dans ce but le nitrate d'argent; l'arsenic (liqueur de Fowler [Alexandcr], granules d'arsenic ou d'arséniate de soude) paraît au moins aussi efficace et beaucoup plus facile à administrer. Le sulfate de quinine a paru quelquefois utile.

Il faut y ajouter les alcalins (bicarbonate de soude, carbonate de potasse) et même les contro-stimulants.

En résumé, trois indications dominent ce traitement : une indication calmante et préventive des accès (bromure de potassium), une qui attaque la maladie dans son organe et dans" sa source, l'indication altérante (arsenic), enfin l'indication excitante perturbatrice, au moment des accès (antispasmodiques et excitants).

§ 10. — Névroses vaso-motrices.

413. Dans les névroses vaso-motrices, ces singulières maladies dont le goitre exophthalmique offre le type, l'indication immédiate est de calmer l'excitation nerveuse d'où dépendent les spasmes et les dilatations vasculaires. Le bromure de potassium marche encore en tête des agents à prescrire ; le sulfate de quinine y est aussi fort utile; la digitale y aura son rôle à jouer relativement à l'hyperslhénie du cœur. Enfin, l'arsenic et l'iode, comme altérants, sont indiqués à titre de modificateurs plus profonds.

L'électricité, et surtout les courants constants, ont pu être utilisés dans ces cas ; l'application en doit être adressée au sympathique cervical (Von Dusch, Eulenburg et Guttmann).

Suivant quelques auteurs (Dubois-Raymond), la migraine ne serait autre chose qu'une névrose vaso-motrice et relèverait de cette indication (Ferrand).

Toutes les hypersthénies vasculaires périphériques nées sous l'influence du système nerveux reconnaissent les mômes indications ; elles se traduisent par de la congestion ou par de l'anémie, selon la théorie de Schiff, sur la dilatation active, ou selon celle de Legros et Onimus sur le péristaltisme des vaisseaux. Cesl aux nerfs vaso-moteurs que la médication doit d'abord être adressée dans ces cas, elles moyens à mettre en œuvre sont exactement ceux que FEimAND. — Thérapeutique, 12

je viens de passer en revue, à propos de l'hyperslhénie cardiaque (403) ; le siège du symptôme dans les capillaires périphériques, ou dans un viscère quelconque, fera varier seulement le point d'application de quelques-uns de ces remèdes, de telle sorte qu'ils soient le plus possible en rapport avec les parties qu'ils devront modifier.'

Quant aux agents dits tempérants, ils trouveront aussi leur place dans cette indication, bien qu'ils s'adressent plus directement à la circulation qu'au système nerveux.

§ 11. — Onanisme, satyriasis, priapisme, nymphomanie.

414. Ces divers états se rattachent tous à une perturbation, par excitation exagérée, des aptitudes génésiques quelles qu'elles soient. Souvent consécutifs à des affections cérébrales, ces états peuvent être primitifs ; la sollicitation trop fréquente de ces parties ou du système qui y préside, pouvanty donner lieu, il faut éviter à ceux qui en sont atteints toutes les occasions d'excitation génésique, provoquer au contraire une diversion par le travail, l'exercice pliysique, et la disiraclion honnûte. 11 faut surveiller le couchage et le régime alimentaire; proscrire les fortes épices, les coquillages, les crustacés ; n'user qu'avec réserve du poisson, des truffes, etc. Après s'être attaché à supprimer toutes les causes d'excitation artificielle, il faut encore ne laisser aux causes naturelles d'excitation leur liberté d'influence, qu'autant que la fonction qu'elles soUicitent est susceptible d'être pleinement réalisée; sans quoi elles font l'effet d'un aiguillon perturbateur qui double l'excitabilité au lieu de l'épuiser.

Il y aura souvent lieu d'em-ployer les moyens moraux et môme la coercition physique, les agents propres à déplacer l'habitude nerveuse, enfin les médicalions à détermination spéciale sur l'appareil génital, et, parmi elles, on choisira les agents de dépression : le froid, afîusions froides, et bains froids, locaux ou généraux, voilà pour l'extérieur; à l'intérieur, l'agent par excellence est le bromure de potassium et tous ceux qui, comme lui, sont des réfrigérants des aptitudes génériques; le lupulin, le camphre, que l'on donne aussi en lavement. On a conseillé encore des inhalations de chloroforme (Uumont de Monteux).

HYPERSTUÉNIE DE L'jNNEUYAïION ORGANIQUE. 207

§ 12. — Hypersthénie menstruelle.

415. Il me semble plus rationnel de grouper les troubles menstruels sous ces deux chefs d'hyperslhénie et d'asthénie, qui déterminent l'indication à remplir, bien mieux que ceux d'aménorrhée et de dysménorrhée qui ne répondent à rien. 11 y a en effet des aménorrhées comme il y a des mélrorrhagies par hypersiimulus spasmodique ou douloureux ; et les rafimes accidents se peuvent produire par le fait de l'asthénie nerveuse utérine.

Les moyens câlinants les plus divers, calmants de la sensibilité surtoul, sont mis en œuvre. Le siège des accidents molive des points d'application spéciale. Les injections in tra- vaginales émollientes ou sédatives, les cataplasmes hypogastriques et inlra-vaginaux , les embrocations faites sur les aines, au périnée, sur les reins, dans tous les points en relation de sensibilité sympathique avec.les organes du petit bassin, tels seront les procédés les plus efficaces, sans oublier les lavements. J'ai souvent réussi à calmer les dysménorrhées les plus pénibles, en faisant administrer aux malades, 3 à4 jours avant l'époque présumée des règles, de petits lavements additionnés de quelques gouttes de teinture de belladone, laquelle a le grand avantage de calmer les douleurs et de favoriser l'excrétion sanguine (Uelpech). On conçoit que des accidents hémorrhagiques en feraient rejeter l'usage.

Les excitants emménagogues ne pourraient être employés qu'à titre de substitutifs et à défaut de moyens d'un effet plus simple et plus direct.

§ 13. — Spasmes des canaux et des sphincters.

416. Les canaux excréteurs de la bile et de l'urine en sont le siège le plus ordinaire, ainsi que le sphincter de la vessie et du rectum (ténesme, épreinles).

La médication appropriée à ces accidents, c'est, après les modificateurs de la muqueuse, et des liquides qui lui correspondent, la médication anesthésique, puis les paralyso-moleurs. C'est le triomphe de la belladone et de l'a-

tropine, d'une part, et, d'autre part, du bromure de potassium (Ferrand). Ce sont les moyens les plus utiles dans les crises si aiguës des coliques hépatique et néphrétique

(Voy. Calculs.)

Les excitants des sécrétions correspondant à ces mômes canaux pourront rendre service, mais souvent il y aura lieu de tempérer ces sécrétions au lieu de les provoquer.

§ 14. — Névralgies viscérales. i

Page 1