‹ Traite de thérapeutique médicale, ou, Guide pour l’application des principaux modes de médication à l’indication thérapeutique et au traitement des maladiesChapitre 65 sur 132 · HYPERSTUÉNIE DE L'INNERVATION ORGANIQUE · texte numérisé non relu

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bles ; l'ipéca et la rhubarbe sont ici doublement efficaces.

Enfin, les altérants ont encore été essayés; l'arsenic en particulier l'a été avec succès, surtout sous la forme d'eaux minérales (Vais, source Dominique ; Vichy, source Lardy ; Mont-Dore ; La Bourboule).

384. Les fonctions de l'eslomac étant essentiellemeat intermil lentes, le moment oppoi tun pour l'administration des médicaments devra ûtre choisi avec soin. Ceux qui doivent éteindre une trop grande excitabilité de l'organe au contact de l'aliment seront donnés ulilement un peu avant le repas, dans l'heure qui le précède par exemple ; lorsque ce sont seulement les premières phases de la digestion qui sont laborieuses, le médicament devra être pris au moment même du repas, ou pendant sa durée, ou immédiatement après lui. Beaucoup de gastralgiques enfin ne souffrent que, quand la digestion achevée, l'estomac se trouve dans un état de vacuité relative ; il semble que, dans ce cas, les sécrétions peptiques continuant à s'accomplir au lieu de se suspendre, l'estomac soit menacé de se digérer luimême. C'est alors, à une certaine dislance du repas, deux ou trois heures après, que l'agent modérateur de cette aclivité pourra ulilemenl intervenir.

385. Rien n'est plus délicat et cependant plus important à préciser, dans le traitement de la gastralgie, que la question du régime. Une alimenlalion tonique el reconstituante est généralement conseillée, et il y a en effel plusieurs raisons de l'employer: la gastralgie se lie souvent à un état général d'hyposlhénie , et elle est elle-même une cause d'affaiblissement, puisqu'elle entrave le ravitaillement de l'économie. Enfin, par l'utilité que peuvent avoir les agents astringents, on peut juger que l'alimenlalion tonique pourra avoir encore un effet topique favorable à la muqueuse.

386. 11 faut cependant se garder de l'exagération à laquelle la routine nous a quelque peu conduits. A l'exemple d'Axenfeld, je conseillerai de consulter surtout la tolérance de l'estomac. Tout nerveux qu'ils soient, les troubles lui étudiés témoignent d'une révolte, qui, pour ne pas dépasser

activité fonctionnelle, n'en est pi,s moins à ménager : et la debihté générale de certains sujets n'empêche pas qu'il

n'y ait à tenir compte avant tout de cette excitabilité. Rappelons-nous d'ailleurs que ce qui nourrit, ce n'est pas tant l'aliment ingéré, mais l'aliment assez digestible pour ôlre facilement absorbé et assimilé. Dans d'aulres cas encore, l'aliment sans âtre modifié dans sa qualité, devra l'ûlre dans sa quantité, et les repas seront changés dans leurs heures, relativement aux occupations aussi bien qu'au sommeil ; il pourrait èive parfois utile de les fragmenter en ingestions multiples et modérées ; plus souvent, au contraire, il faudra tenir à la régularité des repas et à l'abstinence pendant les intervalles qui les réparent.

387. Enfin, le médecin devra varier les agents médicamenteux, sans sortir d'une mcîme gamme thérapeutique, et cela, en raison d'aptitudes spéciales et de susceptibilités parfois étranges et impossibles à prévoir, mais que l'on peut rencontrer. La spécificité d'action que certains aliments acquièrent chez certains sujets, pour troubler les fonctions digestives, est un fuit corrélatif. Ces singularités peuvent se comprendre, quand on considère quelle somme d'excitations doit supporter un organe, qui donne accès aux substances les plus diversement irritantes par elles-mêmes, sans compter les qualilés qu'il leur communique à son tour, par la nature de ses sécrétions.

§ 3. — Entéralgie.

388. L'entéralgîe prête aux mômes considérations que la gastralgie. L'excitation fonctionnelle peut porter sur la sensibilité, ce qui donne une colique particulière ; ou sur la motricité, ce qui, avec ou sans coliques, peut amener une espèce particulière de diarrhée ou de constipation ; elle peut porter enfin sur l'élément sécréteur, ce qui donne encore de la diarrhée,-, et de la diarrhée de qualité différente, selon le produit qui y diminue.

L'indication est donc la même que pour la gastralgie : calmants, tempéranis musculo-nerveux, et absorbants, sont les trois classes de médicaments à employer. La question du régime nécessite les mêmes précautions, et le moment opportun pour l'administration des remèdes diffère peu Les points d'application seuls ne sauraient être les

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mêmes : les frictions sur l'abdomen, par exemple, suivront surtout les TL'gions qui correspondent aux points malades ; et l'usage des lavemenls sera souvent préférable à la médication par la bouche.

389. Sous le nom à' hépatahjie, on a désigné un état de névralgie de l'appareil hépatique et de ses voies d'excrétion, dans lequel les douleurs s'expliquent, ou parle spasme des canaux, ou par l'obstruction matérielle, calculeuse ou non, ou enfin par une irritation nerveuse et plus ou moins sécrétoire. (Voy. Colicjue hépatique).

Les agents déjà indiqués suffiront à y pourvoir, par des applications calmantes et narcotiques; et, comme il se joint souvent à cette manifestation un élément d'irritation plus profonde, congestive ou autre, rien de mieux que d'employer les calmants émollicnts (bains, émollients, etc.), et quelquefois les purgatifs.

§ 4. — Dyspnée, asthme.

390. L'excitulion fonctionnelle qui caractérise certaines dyspnées, et, en particulier, l'accès d'asthme, peut tenir à une exagération morbide du besoin de respirer, ou à une contraclion spasmodique des puissances respiralrices, ou enfin à un état pathologique des centres nerveux qui président à la fonction de respiration. Le point de départ périphérique de cette sensation peut être en un lieu quelconque de la muqueuse aérienne : le larynx paraît en être le siège le plus fréquent, le point d'arrivée est dans l'appareil moteur de la respiration, qui peut s'arrêter en contraction, sous l'inQucnce des agents convulsivants. Elle peut encore avoir sa source dans une maladie du cœur; ou bien elle sera enfin symptomatique d'une affection cérébrale, peut-être même peut-elle être sympathique d'un trouble moins direct encore.

A la prendre en elle-même, la dyspnée résulte souvent delà difficulté de l'hématose, par suite d'une insuffisance relative de l'oxygène dans la respiration. Ce fait lui-même peut tenir à une congestion pulmonaire avec stase sanguine. Le régime alimentaire végétal y serait propice (Smith), puisqu'il donne 9! p. 100 d'oxygène à la formation de

l'acide carbonique, tandis que le régime animal ne donne que 74 p. 100. — Les inhalations d'oxygène seraient dès lors indiquées pour combattre la dyspnée en elle-mâme. Il y aurait bien aussi à provoquer l'activité des fondions de la peau, des reins d'abord, et du foie ensuite, organes complémentaires des poumons, dans la fonction de l'iiéraatose.

391. Pour combattre la dyspnée dont la cause réside dans une exagération de la sensibilité, on devra employer les calmants, les narcotiques et mâme les stupéfiants. Le sframoine est l'agent le plus efficace; après elle, viennent l;i belladone, la lobélie et la nicoliane. C'est la base de la médication qui convient à beaucoup d'asthniiitiques, au moins pendant le? accès. On y a employé les injections sous-cutanées de sulfate d'atropine. Les inhalations anestbésiques, qui ont pu rendre service dans ces cas, ont toutefois cet inconvénient qu'elles n'amènent en général d'insensibilité qu'après une phase d'irritation préalable, dont les expériences de M. Berl ont démontré l'importance. Il n'en est pas de même des inhalations arsenicales et nilrées donirefficacité est plus complexe.

392. La dyspnée qui tient à l'excitation motrice des puissances respiratrices relèvera mieux des agents qui tempèrent la molililé de ces éléments, mais l'on sait que beaucoup de ces stupéfiants et anestbésiques dont je viens de parler ne déterminent de résolution musculaire qu'après une période d'excitation qui, en général, se prolonge encore plus sur les muscles lisses que sur les muscles striés. De sorte qu'il ne faudrait pas hésiter à porter rapidement la dose aux limites de l'intoxication, si l'on voulait obtenir, dans ces cas, une résolution rapide, sans aggravation passagère des accidents dyspnéiques.

Les hypnotiques ne présentent pas les mômes inconvénients. Il est surtout un agent qui paraît doublement indiqué dans ces cas : c'est encore le bromure de potassium, qui, comme sel métallique, tend à modérer la convulsion musculaire, et, comme bromure, à tempérer l'action nerveuse.

Ce sont là les indications capitales de la bronchite spasmodiqne et surtout des formes érélhiques de Vasilme; l'accès d'asthme, en effet, paraît impliquer une excitation du nerf vague qui préside à la respiration.

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393. Il importe de ne pas confondre ensemble toutes les dyspnées asilimatiqiies, et si la palhogénie permet de distinguer les dyspnées nerveuses paralytiques des dypsnées nerveuses spasmodiques, cette distinction est importante à faire aupointde vue dos indications Ihérapeuliques, qui sont absolument opposées dans l'un ou l'autre cas. Aux formes spasmodiques conviennent les anesihésiques, bien qu'ils soient d'un usage difficile et quelquefois dangereux ; l'acide carbonique, les gaz de combustion du papier niiré, le chloroforme, malgré leur action irritante topique, pourront cependant être utiles. Outre le bromure de polassium déjà nommé (Séc), la nicotine et la lohélie, en agissant sur le cœur, la belladone et le dalura, en modifiant les centres nerveux, en mOme temps que le cœur, peuvent rendre service; mais, de même que pour les agents aneslhésiques, il faut en élever la dose notablement et assez vite, si l'on veut en obtenir des effets de dépression, sans quoi le résultat produit n'est autre qu'une excitation plus vive encore. Toutefois, la belladone et le bromure agissent plus rapidement et plus eflicacement sur la sensibilité, pour l'atténuer, et c'est par là surtout qu'ils sont utiles.

394. On peut répéter de l'opium ce que je viens de dire des solanées. Il y aurait lieu d'essayer l'usage de ses alcaloïdes convulsivants,thébaïne, etc. L'ammoniaque, beaucoup plus excitante, et dont l'aclion porte sur les nerfs surtout, mais aussi sur les muscles, le carbonate d'ammoniaque, le café et tous les antispasmodiques peuvent Cire essayés encore. Le badigeon du pharynx à l'aide de l'ammoniaque est un procédé violent, dont l'efficacité ne tient sans doute qu'à la vive révulsion qu'il détermine; aussi, est-il à peu près abandonné. Il faut noter encore l'émétique et l'ipéca qui, soit à dose nausî'euse, soit à dose vomitive, soit à dosé contro-slimulante, sont susceptibles de provoquer une dépression favorable.

395. Enfln, le soufre et la lérébenlbine, en s'éliminanl par les bronches, s'atlaquentaux sécrélionsde la muqueuse et peuvent ainsi supprimer un des éléments de la maladie C est donc contre les dyspnées d'origine laryngo-bronchlque," que cette médication pourra servir, et surtout dans les formes catarrhales. Quant à la dyspnée cardiaque, elle re-

connaît de tout autres indications (Voy. Mal du cœur.)

396. On se demande comment agissent dans ces cas les atmosphères arlificielles d'air comprimé ou raréfié, les inhalations d'oxygène, d'azote, d'acide carbonique ? ne sontce que de simples modificateurs, qui éloignent les accidents en changeant la vitalité. des tissus? Ou sait que les altérants (alcalins, arsenic, iode, etc.) peuvent avoir le même effet.

§ 5. — Spasme de la glotte, pseudo-croups.

397. Ces affections qui tiennent le plus souvent à une exaspération des aptitudes nervo-motrices de l'appareil laryngé, sont un élément important dans la plupart des maladies de cet appareil, fût-ce même simplement dans le cas de corps étranger du larynx.

La médication antispasmodique et narcotique est celle qui répondra le mieux à cette indication (belladone, assa fœtida, eau de laurier-cerise, inhalations d'èther, bains tièdes). Marshall-Hall a préconisé la trachéotomie que repoussent Rilliet et Barthez, et qui me semble en effet ne devoir être que bien rarement utile, sauf le cas où un obstacle permanent occupe l'intérieur du larynx.

§ G. - Toux.

398. I-a toux, phénomène convulsif et réflexe, signe d'une excitation périphérique ou centrale, nécessite souvent l'intervention médicale, tant elle prend d'importance au milieu de certains états morbides. Comme la dyspnée, elle peut avoir son point de départ dans toute l'étendue de la muqueuse et de l'appareil respiratoire, même dans la plèvre. Il résulte toutefois de l'expérience, que la partie qui s'étend des cordes vocales à la bifmxation delà trachée, en est le siège par excellence (Nuthnagel) ; mais, tandis qu'il y a des dyspnées paralytiques, la toux est toujours une réaction motrice : aussi molive-elle avant tout une médication sédative.

La toux doit souvent être combattue directement et en elle-même, notamment chez les enfants et chez les femmes grosses. La fatigue qu'elle cause et l'insomnie qu'elle en-

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i traîne suffisent à motiver une intervention; et, quand elle prend la forme de quintes, s'accompagnant de véritable suffocation, ou de vomissements répétés, elle commande impérieusement d'agir. Dans quelques cas cependant, elle a son utilité, lorsqu'elle est proportionnée à une expectoration qu'elle doit expulser, et qu'elle suffit à celte fin. Rien de 1 plus grave., en effet, qu'une pneumonie sans toux, ou qu'une ; bronchite profonde sans toux efficace et expectorante.

Enfin, la toux peut naître sans point de départ périphérique, par une modification des centres, comme il arrive j dans certaines névroses, notamment pour la toux hystéri- , que; ou bien, elle peut avoir son point de départ dans un I viscère étranger à l'appareil respiratoire, témoin la toux I gastrique, la toux de la dentition, ou encore la toux cardiaque.

399. La médication à diriger contre la toux peut agir en modifiant la sensalion périphérique qui en est le point de départ, ou bien elle agit sur le centre nerveux qui en est le point de réflexion, ou enfin sur l'appareil moteur qui est le siège du spasme réfléchi, appareil moteur externe et appareil glotlique.

Les anesthésiques et surtout les narcotiques répondent aux deux premières indications. Toutes les formes peuvent j être employées : inhalations, fumigations, pulvérisations, gargarismes, injections proprement dites; on a même conseillé la prise et préconisé une poudre composée d'une partie de poudre de belladone pour dix de poudre de réglisse (Guéncau de Mussy). Les anesthésiques, l'éther et le chloroforme, Iriomphent surtout de la toux quinteuse spasmodique; du moins sont-ils utiles, pris au moment des quintes, pour en atténuer la violence. Les antispasmodiques en général et le camphre en particulier comptent aussi des succès. Il en est de même des préparations hydrocyaniques.

Les préparations opiacées les plus recommandées sont, avec le laudanum (Pidoux), les alcaloïdes dérivés de l'opium, ceux-là surtout qui sont des modérateurs de l'acte réflexe : la morphine d'abord, puis la narcéine et enfin la codéine. On peut les employer à l'intérieur ou par les méthodes endermigueset sous-cutanées, en les appliquant au voisinage du larynx. La codéine émousse moins la sensibilité que la

morphine, elle est très-peu analgésique, elle est aussi moins soporifique, elle aurait l'avantage d'ûlre en mCme temps moins toxique (?), ce qui fait qu'on l'a préférée souvent, chez les enfants surtout. Il faut citer encore le phellaadi ium,ou mieux la phellandrine, qui est volatile et s'élimine' i par la surface pulmonaire de môme que la ciculine.

Les solanées sont encore indiquées, et en particulier la ' belladone. Celle-ci agit en modérant la sensibilité réflexe, et bien qu'elle soit, à la dose thérapeutique ordinaire, un ; excitant delà contractilité de la fibre musculaire lisse, elle j peutjàune dose plus élevée^devenir unrelâchantdu système • musculaire pathologiquement contracté. De là, la grande ' utilité do la belladone et de la jusquiame, et môme du datura et de la nicotine, plus souvent employés cependant contre la dyspnée astlimatique.

Le chloral est encore, parmi les nouveaux agents, un de | ceux qui sont le plus efficaces contre la toux. Quant au bromure de potassium, son influence modératrice de l'acte 1 réflexe en ferait aussi un médicament héroïque, n'était la j faculté qu'il possède d'être éliminé par la muqueuse respiratoire, et de provoquer la toux au passage. Toutefois, cette propriété môme permet de l'employer comme sédatif du spasme d'abord et comme un substitutif de la sensibilité de . la muqueuse; mais il faudra surveiller les effets de cette substitution, car il est probable que la toux provoquée par le bromure tient surtout à la stagnation des produits de sécrétion, à la surface de la muqueuse, l'action paralysante du bromure devant s'opposer à l'excrétion de ces pro-' duits. Le sulfate de quinine pourrait entraîner des conséquences analogues?

400. Enfin, la médication qui, avec les sédatifs, est souvent la plus efficace contre la toux, c'est la médication vomitive. Il y a entre le vomissement et la toux de nombreuses affinités que la communauté d'innervation explique déjà (bulbe et pneumo-gastrique) ; et c'est un l'ait bien établi que le vomissement calme la toux. Sans doute, le vomissement, en facilitant l'expulsion de l'expectoration, enlève à la toux une de ses causes ; mais, en dehors môme de cet effet, il y a dans le vomissement un état de contro-stimulisnie ou de r-éso- ' lution musculaire, qui est l'opposé de tout mouvement spas-

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modique; il y a encore une sorte de révulsion, l'aclivité nerveuse se trouvant déplacée de l'appareil respiratoire sur l'appareil digestif. Peii(-on expliquer aulrement comment il suffit quelquefois, pour calmer la toux, de faire un certain nombre de mouvements de déglutition profonds et successifs? cela se voit cependant pour la toux spasmodique que provoque l'entrée d'un peu de liquide dans les voies aériennes.

401. Dans le but de modifier la sensibilité, on se sert encore des révulsifs locaux, que l'on applique de préférence au-devant du cou ou à la partie supérieure du thorax : friclions iriilanles, tliapsia, huile de croton, applications ammoniacales, et même vésicatoire, simple ou morphiné.

L'hydrothérapie compte encore parmi les moyens perturbateurs les plus efticaces.

Rosenlhall ayant admis pour la respiration un nerf d'arrC't (nerf laryngé supérieur) lui attribue un rôle important dans la dyspnée et dans la toux. iMuis cette distinction qui n'ebt rien moins que prouvée (Traube) ne me paraît pas encore devoir e.ntrer dans l'interprétation des faits physiologiques et thérapeutiques.

§ 7. — Coqueluche.

402. Cette toux spasmodique et quinteuse a été attaquée par tous les antispasmodiques; j'y ai obtenu quelque succès avecl'éther, le chloral (Bouchut, Ferrand), le bromure de potassium, le camphre. l,es narcotiques y sont peu efficaces; cependant la belliidone (Trousseau, Roger) et la ciguë (Armstrong), mûmc la uicotiane et le brôme, comptent des succès.

Les vomitifs rendront souvent service (Laennec, Trousseau, Roger) et apporteront du moins quelque répit dans l'évolution de la maladie; ils sont d'ailleurs aussi souvent indiqués par les complications diacriliques dont les bronches sont le siège fréquent. De là l'utililé des expectorants en général. Il est difficile de dire quelles seraient les indications des acides chlorliydrique et nitrique, du tannin et des asiringents, cl enfin de la cochenille, que l'on a fort empiriquement administrés.

Le café vert est probablement un peptique, tonique, qui . fait plus pour restaurer le malade que pour combattre la maladie; c'est ainsi que tous les anti-nauséeux, tous les anti-vomitifs rendront grand service. Je n'ai rien à dire des révulsifs et de la cautérisation du pharynx, pratiques qui sont aujourd'hui à peu près abandonnées. On peut agir d'ailleurs au moyen des frictions et des inhalations.

Enfin, une mesure hygiénique utile, surtout à une certaine période delà coqueluche, c'est celle du changement d'air et d'habitation, qui sera exécuté d'ailleurs avec prudence, selon la saison.

I 8. — Névroses liyperstliéniques du cœur.

403. Les névroses du cœur que l'on connaît le mieux sont des névroses par hyperdynamie : palpitations en général, cardialgies, et mûme angine de poitrine; et cependant, pour cette dernière maladie surtout, il est des cas oùle's accidents cardiaques dont elle s'accompagne, tiennent à de la débilité plutôt qu'à de l'excitation.

Les signes de l'hypersthénie cardiaque se rapprochent de ceux qu'on a coutume d'attribuer à l'hypertrophie active. Ils se montrent sous forme de névroses : on les observe bien encore au début de la plupart des affections organiques; ils dominent chez les jeunes gens, dans tous les cas, en un mot, où le dynanisme cardiaque a conservé toute sa puissance.

La systole cardiaque étant analogue de tous points à la secousse musculaire qui est dans les autres muscles l'élément de la contraction (Marey), les mêmes lois président à sa contractiUté et à l'épuisement de son dynanisme. Les sources nerveuses de ce dernier étant multiples (ganglions auto-moteurs, grand nerf cardiaque sympathique, et pneumogastrique) et la dixième paire jouant le rôle d'un nerf d'arrêt, on comprend que la suspension d'action du cœur peut être la conséquence d'une stimulation qui aurait celte origine, aussi bien que de la résolution des véritables sources motrices. j. u ^

404. La médication à mettre en œuvre consistera d abora à supprimer tous les éléments d'excitation qui font partie de la matière de l'hygiène. Éloigner les émotions mo-

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i raies, les vives préoccupations de l'esprit; surveiller le 1 régime alimentaire, le remplacer plus ou moins par la dièle I lactée; le sevrer en tous cas de toutagenl d'excitation pure ; i remplacer le vin par la bière, procédé que je l'ccommande I comme souvent utile; tenir en pleine liberté la circulation j pulmonaii-e et celle des principaux viscères abdominaux j (le foie surtout), éviter en un mot tout ce qui, en faisant va- I rier brusquement ou considérablement la tension vasculaire, ; provoque des contractions cardiaques répétées : les efforts mécaniques par exemple, les déplétions brusques des ré- 1 scrvoirs naturels ou des épancbements pathologiques; etc., tellessont les principales indications hygiéniques de l'hypersthénie cardiaque.

405. La thérapeutique opposera à ces accidents, d'abord les sédatifs généraux : soit l'opium en nature, soit ses alcaloïdes modérateurs, codéine, narcéine et morphine. Plus souvent encore, on a recours aux anesthésiques; bien que l'élément douloureux soit rarement impiniant dans ces cas, ceux-ci réussissent, soit en inbalutions, soit par la voie gastrique, soit en applications externes, ne fût-ce que par substitution; l'éther et le chloroforme pourraient amener la résolution musculaire du cœur, si l'on poussait assez loin leur action ; mais il serait difficile de s'arrêter à temps pour ne pas mettre le malade en dnnger de mort.

L'efficacité des anesthésiques, alors qu'ils n'ont pu guère encore amener de résolution quedans les fonctions encéphaliques. Fans atteindre les centres cardiaques, tient donc probablement ;\ ce qu'ils soustrayent par là tout un ordre de < causes éminemment favorables à l'hypersthénie cardiaque ; I ce n'est qu'un effet indirect, mais néanmoins utile. On comprend que ces agents seront doublement indiqués dans les cas de palpitations douloureuses.

J'ai parlé des applications extérieures des anesthésiques; . il est probable que leur effet sédatif tient plus au froid que provoque leur cvaporation, qu'à leurs propriétés physiologiques. La preuve en est dans la scdalion remarquable que l'on obtient de l'application sur la région précordiale d'un linge trempe d'eau froide, moyen recommandé par Gendrin, qu'on ne saurait employer indifféremment, dans les cas où il y a

danger de répercussion rhumatismale, mais qui est puissamment efQcace.

Les antispasmodiques sont encore des agents utiles : le camphre, les ombellifères et les labiées aromatiques, sont sans doute des excitants ; mais,à un moment donné, ils' peuvent, par un effet de substitution, avoir un résultat utile. Il y a lieu de choisir ceux qui se rapprochent davantage des sédatifs (tilleul, fleurs d'oranger,etc.) . Les grands b.dns de lilleul qui ont été conseillés ne seront utiles qu'aulant que le bain par lui-même n'excitera pas trop les palpitations à se reproduire; dans re cas, leur efTet sédatif sera bon à utiliser.

Les révulsifs externes peuvent avoir encore quelque efficacité; mais c'est surtout contre les affections organiques qu'ils seront utiles,

406. La véritable médication de ces troubles moteurs du cœur, c'est celle qui a pour agents les médicaments névromusculaires. En s'adressant à la totalité des éléments musculaires, ces agents modifient aussi la fibre cardiaque; quelques-uns même ont à cet égard une spécificité locale bien évidente : telle est la digitale.

Donnée à dose légtM-e (0,S0 feuilles de digitale en infusion) (ou bien l à 2 granules de digitaline), la digitale rend les battements du cœur plus rares et plus énergiques, en même temps que s'élùve le chiffre de la tension artérielle. Ce résultat lui a valu tout à la fois le nom d'opium du cœur et de quinquina du cœur; à une dose plus élevée, le ralentissement peut aller jusqu'à la syncope; un usage longtemps prolonge du médicament peut produire le mâme effet et cela, probablement en raison de l'aptitude qu'il possède à s'accumuler. Or l'énergie que la digitale communique aux battements du cœur semble tenir à l'excitation directe de ses fibres musculaires et de ses ganglions auto-molcurs; le ralentissement au contraire, a été attribué à l'excitation du pneumo-gastrique qui est le nerf d'arrêt du cœur; quelques auteurs l'ont considéré comme un fait secondaire consécutif à l'élévation de la tension artérielle (Legroux et Bordier Marey, G. Paul, Ferrand), mais il y a certainement, de plus! influence sur le nerf pneumo-gastrique. linfin, à dose toxique, il y a paralysie de la fibre musculaire et des ganglions, et le cœur s'arréle en diastole (Cl. Bernard).

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On comprend d'après cet exposé, avec quelle délicatesse il faudra manier un agent thérapeutique si puissant, mais dont les ellets sont si complexes, et peuvent môme Otre si difTérents selon les doses employées. M. Jaccoud pense que la digilale doit être réservée pour combattre les palpitations avecadynamie cardiaque; aux hyperkinésies il réserve les bromures, les opiacés, les antispasmodiques et tous les sédatifs. Or, rien ne motive une telle exclusion, pourvu qu'on sache graduer la dose du médicament.

407. Les sels de potassium, les sels métalliques en général, l'acélate de plomb, par exemple, qui semblent agir sur la nutrition plus que sur le dynanisme musculaire, seront

( prescrits avec ulilité. Le broçnure de potassium est encore parmi eux celui qui doit primer les autres, vu son aptitude à calmer fout ;\ la fois les éléments nerveux et musculaire. Il faut y ajouter le sulfate de quinine.

Les diurétiques qui appartiennent aux névro-musculaires et aux paralyso-moteurs jouissent de propriétés analogues à celles de la digitale.

Lavératrine n'est pas employée dans cette médication, bien qu'elle soit un paralysant efficace du système musculaire; c'est queson action paralysante, en mèmetemps qu'elle porte sur le cœur, influence aussi les muscles respirateurs, et la rapidité de son action pouvant déterminer la syncope et l'asphyxie demande une grande prudence dans son usage. Toulelois, comme elle est, de plus que les agents précédents, notablement analgésique, elle pourra quelquefois être utilement employée.

408. Les agents confro-stimulanis et les nauséeux ont aussi pour effet de ralentir le cœur et d'en diminuer l'activité et l'énergie. jMais à moins qu'il ne s'agisse d'affections inflammatoires graves, ce moyen serait hors de proportion avec le but que se propose communément l'indication

I actuellement en question.

409. Le plus souvent au contraire, les palpitations cardiaques étant liées à l'anémie motivent l'usage des reconsti-

I tuants : le quinquina et ses succédanés, le fer et toute la médication tonique seront indiqués. On fera bien toutefois de 1 choisir de préférence les Ioniques fixes, tels que le quinquina ■ par exemple, ou les métaux toniques, plutôt que les slimu-

lants. On sait en effet que ces agents, dits toniques fixes, tout en relevant la nutrition, sont plutôt des sédatifs que des excitants de la fibre musculaire.

§ 9. — Angine de poitrine.

410. Les symptômes si effrayants et si menaçants de l'angine de poitrine, ne sont pas propres exclusivement à la névrose de ce nom ; ils appartiennent encore à un certain nombre d'affections cardiaques ou péricardiaques (aortite, péricardile... Péter), dans lesquelles les plexus nerveux du cœur et de l'aorte sont intéressés.

La médication narcotique a été employée avec quelque succès, dans ses principaux agents; elleest indiquée surtout dans les formes douloureuses de la maladie : l'opium à doses croissantes, la belladone (Bat(en), la jusquiame, la poudre de Dover et l'eau de laurier-cerise, comptent de bons effets. Dans une affection où il faut souvent agir vite et avec une puissance qui demande beaucoup de précision, l'application des alcaloïdes par la méthode endermique, et surtout en injections sous-cutanées, est appelée à rendre de grands services.

Mais l'agent par excellence de cette médication, c'est toujours le bromure de potassium, vu sa double action sédative des nerfs et modératrice des muscles. Les anesthésiques ne seraient pas sans danger dans une affection où la syncope paraît si facile.

411. Les antispasmodiques seront de bons adjuvants du traitement. La valériane (Jurine), le musc (Récamier), le camphre, etc., seront doublement utiles contre une névrose dans laquelle l'hyperkinésie est un élément important sans doute, mais non pas seul important.

C'est pourquoi les excitants trouveront aussi leur place dans cette médication; c'est au moment de l'accès qu'ils seront surtout indiqués. Les alcooliques, l'ammoniaque, l'éther, l'eau de mélisse, le marteau de Mayor, agiront surtout pour produire une perturbation substitutive. Encore est-il bon de ménager la dose de celte excitation, si l'on ne veut pas s'exposer au danger d'épuiser l'influx nerveux.

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