‹ Traite de thérapeutique médicale, ou, Guide pour l’application des principaux modes de médication à l’indication thérapeutique et au traitement des maladiesChapitre 68 sur 132 · Tandis que les troubles hyperdynamiques se voient · texte numérisé non relu

Tandis que les troubles hyperdynamiques se voient

chez les sujets .jeunes, forts, au début des maladies aiguës, dans les conditions de réaction physiologique efl'ective, les troubles hypodynamiques, au contraire, sont le propre des constitutions faibles ou usées, des cachexies, des étals dans lesquels il n'y a, pour ainsi dire, qu'une ombre de réaction. Souvent cette asthénie succède à une stimulation excessive et se produit par épuisement nerveux ; et l'épuisement peut résulter de l'excitation directe du système viscéral, ou succéder sympathiquement à une stimulalion vive, que celle-ci ait porté sur la sphère intellectuelle ou sur la sphère animale de l'innervation. Une émotion morale vive peut déterminer une lipothymie, une résolution des sphincters, etc.

Les altérations du sang, et les atlections infectieuses sont très-aples à provoquer de ces états morbides sur les différents viscères. Les intoxications à une phase avancée ou à un haut degré de leur influence les déterminent aussi.

Enfin, ces débilités viscérales se lient souvent aux dégénérations organiques des viscères; on voit alors marcher d'accord la débilité nutritive et la débilité fonctionnelle; c'est ce qui arrive notamment dans la dégénérescence graisseuse desorganes.il suffit d'ailleurs d'une simple anémie viscérale pour déterminer ces symptômes.

ART. II. — INDICATION THÉRAPEUTIQUE

423. L'hyposthénie du sympathique entre souvent dans la constitution d'états morbides complexes, sur le fond desquels elle se détache trop peu pour servir de base à une indication déterminée; mais il n'en est pas toujours ainsi, et souvent au contraire elle joue dans ces étals morbides (adynamie, état typhoïde, algidilé) un rôle si important, elle paraît entraîner tant d'aulres troubles après elle, qu'on ne saurait trop l'atlaquer, directement ou indirectement.

§ — Moyens hygiéniques.

424. Tous les excitants normaux qui sont les stimulants des fonctions de relation, agissent plus ou moins dans le même sens sur les fonctions organiques : aussi, pourra-

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l-on en conseiller l'usage chez les sujets qui présentent de la débilité ou de l'inertie dans l'appareil nerveux qui préside à ces fonctions.

Les questions de milieu, de température, d'occupations, de régime ont été Iraitées déjà (181-318). Quant aux excitants naturels des fonctions spéciales, il sera bon d'en user avec modération; mais ils pourront rendre de grands services ; tels sont l'air oxygéné, pour la respiration ; pour l'estomac, un régime tonique et même stimulant, etc.

Enfin, l'exercice de la fonclion que l'on veut exciter est déjà par lui-même une provocation utile à l'action, pourvu qu'il ne dépasse pas les bornes voulues et qu'il n'épuise pas, au lieu de les cultiver, les aptitudes motrices ou sécrétoires du viscère qu'il s'agit de modifier.

§ 2. — Médication tonique.

425. Comme la débilité fonctionnelle peut venir d'un trouble nulritif, et comme, en tous cas, elle a pour effet une diminulion de l'activité nutritive, il y a lieu de relever le niveau de la nutrition des appareils ainsi atteints. Aussi, les toniques dits analeptiques devront-ils n'être pas négligés; p^.r exemple, le fer, puis le manganèse. On sait encore combien il imporle à l'activité nerveuse que le milieu intérieur où elle puise sa source ait lui-même une constitution normale et capable de suffire à la nutrition des éléments nerveux. C'est pourquoi l'usage des toniques réparateurs et même des toniques astringents, importe tant aux sujets atteints d'une débilité nerveuse quelconque (Voy. Troubles nutritifs.) ^

Ces deux modes de l'activité vivante sont loin de se modifier toujours parallèlement. Trousseau et Pidouxs'attachent a démontrer que, souvent au contraire, la force d'assimilation peut être à son maximun chez des sujets qui présentent à son minimum la force de résistance vitale, autrernent dit, 1 activité organique. Or, c'est le système nerveux ganglionnaire qui règle cctt. dernière activité, c'est à lui q^je s adressent les agents médicamenteux que ces auteurs rangent sous le chef de toniques névio-sthéniques. 426. Le quinquina y tient la première et la prin-

cipale place. On sait avec quelle profusion on en use dans toutes les débilités viscérales, générales ou partielles. Il est moins facile de se rendre compte de son action, quelque peu complexe d'ailleurs : c'est d'abord un eupeptique, comme fous les amers, et par là, à dose thérapeutique, il peut jouer un rôle utile dans la restauration de la nutrition des organes. On doit même dans ce but conseiller de préférence l'usage du quinquina gris qui contient plus de cinchonine et est plus peptique que les autres. Or, après une phase rapide d'une excitation peu puissante, si on le donne à dose élevée et persistante, il peut affaiblir l'activité du système nerveux tout entier et des muscles de la vie de relation. Bien qu'atteint en dernier lieu, le système sympathique subu à son tour cette influence paralysante; mais la fibre musculaire lisse lui résiste au contraire, ou plutôt elle en reçoit un effet d'excitation favorable {?). . .

Le sulfate de quinine ne saurait être utilement administré comme tonique, parce que la portée de son action fait qu'il arrive trop vite à réaliser la paralysie du systèine nerveux et le ralentissement des actes organiques; mais le quinquina en nature, ou bien ses extraits, et en particulier le quinium, permettent d'agir moins fort et moins vi e, de s'arrêter, dans leur administration, aux effets d excitation des nerfs organiques et surtout de la fibre lisse. ^

Nous verrons ce qu'il faut penser des propriétés antiseptiques du quinquina et de son influence prétendue sur les éléments infectieux des maladies, dans lesquelles 1 asthénie paraît ressortir à de semblables éléments ; et ce qu il faut penseraussidesoninfluencesurlaproduction des leucocyte..

Quant aux principes actifs du quinquina, autres que la quinine, ils n'ont pas beaucoup plus qu'elle de rôle à remplir dans rindication actuelle. La cinchonine plus eupepti- 5ue est aussi plus toxique. Laquinidineestmoms active que la quinine ; mais avec la cinchonidine, elle est aussi active que la quinine, dans le traitement des fièvres inteimitteutes. Quant à l'acide quiniqiie,il est probablement mactit.

En résumé, on voit par ceci que si le quinqmna peut rendre de grands services dans l'asthénie vicérale, c est après avoir agi comme tonique de l estomac, et en excitant les lonctions de l'élément musculaire de la vie organique; mais u

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faut bien se garder de l'employer avec excès, si l'on ne veut ajouter à l'adynamie primitive, en paralysant avec les muscles de la vie de relation, le système nerveux tout entier, cérébro-spinal et sympathique.

427. Le saule et la salicine, le Colombo, le quassia, l'angusture, l'alkékenge, le houblon, la gentiane et la centaurée, sont des substances qui se rapprochent du quinquina par leurs propriétés eupepliques d'abord, et qui probablement aussi, parleur influence astringente, peuvent modifier favorablement la crase sanguine ; rien ne prouve d'ailleurs qu'ils aient une action directe sur l'élément nerveux.

§ 3. — Médication excitante.

428. Les agents dont j'ai à parler maintenant font une suite naturelle aux précédents puisqu'ils partagent avec eux l'aptitude à l'excitation. La plupart sont mieux connus pour les effets qu'ils produisent sur les fonctions de relation, que pour l'influence qu'ils exercent sur les fonctions viscérales. Celle-ci n'est pas cependant à mettre en doute. Celte influence peut d'ailleurs reconnaître deux modes dans la façon de s'exercer, soit par extension du système primitivement atteint à celui qui semblait d'abord respecté, soit encore par une sorte de réaction sympathique qui fait que l'excitation morale est accompagnée d'une stimulation organique, et (ceci est moins absolu, mais souvent incontestable), qu'une stimulation organique détermine une disposition morale particulière.

429. Après l'ingestion d'une tasse d'infusion chaude et stimulante, on sent généralement la circulation centrale et périphérique se faire avec plus d'activité; le pouls s'élève, le cœur bat plus vivement; les capillaires cutanés se laissent distendre par un afflux plus facile et plus abondant, et s'il n'est pas prouvé que la circulation soit plus active dans tous les systèmes capillaires viscéraux, comme elle l'est à la peau, il est certain du moins que cette activité détermine une répartition plus égale et plus satisfaisante du sang et de la chaleur. Les fondions sécrétoires suivent la môme impulsion et les émonctoires divers deviennent la voie d'excrétions plus libres et plus efficaces.

Quant au choix et au mode d'emploi de ces agents, ce que j'en ai dit déjà (184-320) me dispense d'y insister davantage.

On a proposé récemment pour les cas où une adynamie profonde a abattu les forces, non-seulement dans la sphère de relation, mais aussi dans les actes organiques, et où par conséquent les fonctions gastro-intestinales sont plus ou moins suspendues, où Tabsorption est nulle sinon douteuse, on a proposé d'injecter directement dans le sang, ou mieux sous la peau, des substances excitantes, telles que l'éther. 2 à 4 grammes d'éther injectés ainsi sur un cholérique algide ont eu le meilleur effet (Bucquoy) ; c'est un moyen auquel il faut songer dans tous les cas où Tadynamie est profonde : choléra, fièvre typhoïde, affections putrides, etc. Ainsi introduit, le médicament a l'avantage d'être plus sûrement absorbé et d'agir plus rapidement et par conséquent à dose plus active sur le système nerveux. Peut-être la douleur vive déterminée au point d'application du remède n'est-elle pas pour rien dans l'effet obtenu.

430. iiutin, un des excitants les plus importants de l'innervation organique et dont je me réserve d'étudier à fond le maniement, c'est l'hydrothérapie ; l'électricité, encore plus puissante, l'excitant par excellence de la fibre musculaire et des nerfs, garde cette faculté dans la sphère organique et dans la sphère de relafion (v. ce mol). La plupart des iigents excitateurs déji étudiés peuvent être rappelés ici : ergot de seigle, acide carbonique, etc.

ART. ni. — INDICATIONS MÉDIATES.

431. Les moyens à l'aide desquels on peut attaquer directement l'asthénie organique étant peu multipliés, et rendus peu efficaces par la difficulté qu'il y a à les appliquer au viscère malade, on ne devra négliger aucune des sources d'indication qui peuvent êti'e recueillies en face d'un tel état. Les indications causales surtout auront une grande valeur. C'est ainsi qu'il y aura lieu de combattre la septicémie, de prévenir le retour des intoxications ou simplement des secousses violentes, qu'elles soient d'ordre physique ou d'ordre moral ; enfin, d'entretenir l'activité de nu-

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