ART. V, — ÉTAT DES FORCES
491. Il faut entendre, sous ce nom, l'idée d'ensemble que l'on se fait, d'après la physionomie générale du malade, du degré d'activité fonclionnelle qu'il peut opposer à l'influence morbide affective.
On doit sans doute puiser les éléments de celle indication dans l'énergie ou la débilité avec laquelle s'exécutent toutes les fonctions élémentaires. Or, parmi celles-ci, les/fonctions nerveuses jouant le rôle le plus élevé, et se manifestant par les caractères les mieux appréciables, c'est à elles qu'il faut surtout demander, croyons-nous, d'indiquer au médecin quel est le niveau des forces du malade.
492. Enfin, on a distingué les forces radicales des forces agissantes (Barthez) et je ne pense pas que cette distinction doive être rejetée; elle apparaîtra au contraire facile à reconnaître et féconde à appliquer, à qui saura faire la part de l'activité nutritive et de l'activité fonctionnelle des organes. Or, les forces radicales se manifestent par 1 activité nutritive, les forces agissantes par l'activité fonctionnelle. Bien que ces deux modes de manifestation de la vitahte marchent généralement ensemble, ils peuvent souven aussi varier dans des sens différents, inverses même, tait important à savoir et plein de conséquences pratiques.
493. Les forces peuvent être normales et ne motiver aucune indication; elles peuvent être augmentées, ce qui est manifesté par le plein exercice et même par une activité
ATAXIE DE l'innervation ORGANIQUE. 2 45
exagérée des principales fondions élémentaires; elles peuvent être diminuées, alors que ces niâmes fonctions s'exécutent mal ou péniblement; on les dit perverties, quand, l'harmonie qui les unit étant rompue, elles prennent une allure toute différente les unes des autres, ce que manifeste l'ataxie. C'est dans l'ataxie surtout que le désaccord se produisant entre les forces radicales et les forces agissantes, il y a lieu de rétablir, entre l'aclivilé nutritive et l'activité fonctionnelle, l'équilibre, si souvent rompu aux dépens des forces radicales ou nutritives. Enfin, les forces sont dites opprimées, quand l'activité fonctionnelle, au lieu de se manifester par les signes ordinaires, reste latente à son tour, sans que les lorces radicales aient souffert pour cela; si bien qu'il suffit de lever l'obstacle qui enchaîne cette activité pour lui voir reprendre un cours normal ou môme excessif.
494. Ces divers états des forces ou de l'activité physiologique et reactionnelle du malade constituent les indications les plus précieuses à recueillir, parce qu'elles sont ellesmêmes la mesure des ressources curatives de l'économie, et qu elles deviennent par là, dans toute maladie, la meilleure base de l'indication de source physiologique, et pour le pronostic, et pour la thérapeutique.On peut direque cette indication est comme le résumé de toutes les autres, ou de la plus grande partie d'entre elles.
495 C'est en provoquant l'activité des facultés de nutri-
r °" '''S^"''' les agents excitants semblent accroître les forces du sujet. Mais on conçoit quelle dislinction ,1 importe de faire, entre un organe que son état satisfaisant de nutrition maintient apte à agir, selon l o casion et le besoin (forces radicales) et un organe qui,
art fic elle ou excessive, dépense et épuise tout-ce qu'il
aue le 1 rlT l'on conçoit ainsi
que le second fut-il plus actif que le premier, soit de beaucoup le plus faible. C'est un fait dont la théorie de l'épui-
h'r.ni r'''"' ''"^ *^°'"P'« ^"ffi^ant, et que le K apeulene saurai méconnaître, sans s'exposer à prendre
Vs ei^^^^^^^ '''''' laquelle Barthe^
s est efforcé de nous prémunir.