‹ Traite de thérapeutique médicale, ou, Guide pour l’application des principaux modes de médication à l’indication thérapeutique et au traitement des maladiesChapitre 73 sur 132 · Elle l'ait naturullement suiie à la précédente, et elle · texte numérisé non relu

Elle l'ait naturullement suiie à la précédente, et elle

ATAXIE DE l'iNNERYATION ORGANIQUE. 2 39

a souvent lieu d'ûtre mise en œuvre, ainsi que l'indique la débilité fonclionnelle qui fait si souvent partie essentielle del'afaxie. Sans doute, il faut se garder d'épuiser par une excitation trop vive ou intempestive ce qui reste d'influx nerveux organique en voulant le provoquer à l'action ; ce que j'en ai dit déjà (334) suffi là montrer l'efficacité des excitants; mais il en est de spéciaux sur lesquels il faut insister.

Ce sont les agents diaphoréliques ou sudorifiques (le soufre et l'antimoine, le musc et le castoréum, l'ammoniaque, les labiées et les ombellifùres, le gaïac, la salsepareille, la squine, le sassafras et la canne de Provence); les agents diurétiques (l'urée, les sels de potasse, azotate, chlorate et acétate, la scille, l'asperge et la pariétaire) ; les agents emménagogues (la rue, la sabine, le safran) et tous les excitants généraux; enfin, les excitants balsamiques qui portent leur action sur les muqueuses respiratoire et génito-urinaire.

Parmi ces agents, les uns doivent la spécialisation de leurs effets excitants, h une influence topique pro luite par eux sur les voies qui servent à leur élimination ; tels sont le soufre pour les fondions de la peau, les sels de potasse pour les urines, etc. Les autres agissent indirectement sur l'activité fonclionnelle, soit par l'intermédiaire de la circulation, en provoqiiant ou en diminuant l'afflux sanguin, soit simplement par le systèm.e nerveux ganglionnaire , comme il arrive par exemple dans beaucoup de phénomènes viscéraux réflexes.

Quelques-unes parmi ces substances réunissent ces divers effets et arrivent au résultat par diverses voies, excitant tout à la fois et l'élément analomique et ses vaisseaux nourriciers, et les nerfs qui l'animent dans ses fonctions. Il en est enfin qui, plus ou moins modifiées par les phénomènes de nutrition, sont rejetées en partie par une surface d'émonction, en partie par une autre. Tels seraient les baumes, selon M. Cubler; lorsqu'une oxydation peu avancée en a supplément séparé l'essence, celle-ci est éliminée par les voies respiratoires; lorsque au contraire une oxydation plus achevée a résinifié la substance, elle s'élimine par les urines : dans le premier cas, c'est un excitant des fonctions de la muqueuse bronchique, dans le second, c'est un exci-

tant des fonctions de la muqueuse urinaire, et, le plus souvent, elle joue l'un et l'autre rôle.

479. La plupart des excitants s'adressent ainsi sans distinction appréciable, aussi bien à la sensibilité qu'à la motilité organiques. Nous avons vu cependant qu'il en est, parmi les antispasmodiques notamment, qui semblent agir de préférence sur la sensibilité. La niotilité a de môme ses modificateurs plus spéciaux encore : le principal parmi eux est sans contredit l'ergot de seigle dont l'action sur les fibres lisses est si puisiante. On sait quelle spécificité locale cette influence présente pour l'utérus; les vaisseaux la partagent avec lui; ce qui explique, son emploi dans les accouchements et dans les hémorrhagies. Enfin, on l'utilise encore dans les paralysies d'organes formés de fibres lisses, la vessie et l'intestin, non pas qu'il agisse sur les nerfs qui les animent, mais bien parce qu'en provoquant leur excitabilité il peut la réveiller ou l'entretenir, en dehors môme de toute influence nerveuse.

Malgré leurs propriétés excito-motrices,les narcotico-âcres ne seront pas indiqués en raison de la facilité avec laquelle ils dépriment après avoir excité. Toutefois, ce serait le cas de préférer le laudanum et ses effets excitants à toutes les autres préparations opiacées.

480. Je ne fais que citer l'hydrothérapie (voy. ce mot), bien souvent efficace contre ces ataxies. L'électricité, plus difficile à appliquer au système nerveux organique qu'au système encéphalo-racludien,peut ôtre utile encore, surtout sous la forme d'électro-puncture. Trousseau note encore l'influence du massage et de la flagellation.

J'ai insisté sur les spécialisations d'action des agents d'excitation, parce que, en face des états ataxiques dans lesquels les troubles viscéraux sont si multipliés, on ne saurait avoir sous la main un trop -grand nombre de modificateurs, pouvant s'adresser à l'un ou k l'auire de ces viscères.

§ 4. — Médication tonique.

481. Ce que j'ai dit des toniques à propos de l'hygiène (453) doit indiquer déjà quelle est l'utilité et l'importance de cette médication. Les toniques névrosthéniques devront

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Cire préférés pour les raisons que j'en ai données déjà (182-216).— Je ne reviens pas non plussurTutilitéquepourront avoir les toniques astringents et ménoe les toniques analeptiques. Du reste presque tous les agents de cette médication réunissent, bien qu'en proportions diverses, les trois qualités par lesquelles on a cherché à les distinguer.

ART. Ur. — INDICATIONS MÉDIATES.

482. 11 y a une indication médiate que je tiens à mettre la première, parce que, souvent encore, elle peut avoir une influence immédiale sur le trouble fonctionnel : c'est l'indication révulsive. Bien qu'elle soit rarement employée et paraisse peu proportionnée à un simple trouble fonctionnel mais plutôt à une altération organique, l'influence qu'elle exerce, par acte sympathique ou réflexe, sur la sensibilité, non moins que sur le mode de nutrition du viscère auquel on l'adresse, peut souvent en régulariser la fonction troublée.

L'indication médiate la plus fréquente dans ces cas est fournie par les altérations du sang.

ART. IV. — APPLICATIONS

483. Je n'ai que peu de mots à dire sur ce chapitre. L'ataxie organique en effet, de môme que l'ataxie cérébrale, appartient à deux ordres différents de maladie ; ou bien elle entre comme phénomène élémentaire dans la constitution de certaines névroses : l'hystérie nous en offre les types les plus variés ; ou bien elle est un des éléments des pyrexies graves ou des maladies constitutionnelles arrivées à la période cachectique. Les indications spéciales qu'elle réclame dans l'un et l'autre cas, ou bien ont été indiquées déjà à propos de l'ataxie cérébrale (205), ou elles le seront à propos des pyrexies (voy. ce mot).

§ 1 . — Ataxie organique des névroses.

484. Les troubles viscéraux qui compliquent ou accompagnent les grandes névroses, ne réclament guère d'indi-

Ferrani). — Thérapeutique. i 4

cation qui ne relève du trouble nerveux général. Toutefois, dans les formes vraiment alaxiques, où ces troubles prennent une importance dominante, on doit les attaquer directement et en eux-mC'mes.

L'hystérie en particulier, qui manifeste un renversement dans la subordination hiérarchique des actes organiques spéciaux et cérébraux, prête particulièrement à la perversion de chacun de ces actes, et en particulier de ceux qm se lient plus intimement à la nutrition. De là ces écarts smguliers dans les circulations partielles et dans les phénomènes sécrétoires, et surtout dans ceux dont l'appareil génital est

La médication antispasmodique, parfois même excitante, sera la plus indiquée. Jn n'y insiste pas.

485. Un étnt morbide singulier qui se rattache a ces différents troubles, les accompagne et les suit souvent, c est Vhypocliondrie, état dans lequel les sensations internes sont altérées en môme temps que leurs organes sont frappes d'une profonde asthénie fonctionnelle. Cette perturbation s'accompagne à son tour d'une impressionnabilité cérébrale telle, qu'elle fausse l'appréciation de ces diverses douleurs, et d'une réaction intellectuelle, qui les cultive en s y appliquant, au lieu de les éloigner par la distraction, Iby a donc là deux éléments d'indication : un qui rédame une médication tonique, sinon stimulante, des actes organiques, et un qui doit s'adresser, par les tempérants, aux aptitudes cérébrales. De là la difticulté de ce traitement, dont les agents varieront, on peut le dire, avec chaque malade, mais qui relève surtout des antispasmodiques (216), des excitants aussi ^ (477) et, plus souvent encore, des eupep tiques (434).

§ 2. — Ataxie des pyrexies.

486. Tandis que dans les névroses, le trouble cérébrospin!f l'empoHe généralement sur le trouble oi-gamque, .^ins les pyrexies, au contraire, on voit le plus souvent trouble organique dominer, et pour ainsi dire en ïam.r les autres. Aussi, est-il beaucoup plus important d atlaquei l'alaxie des fièvres, dans le domaine des relations sympathi ques et des fonctions viscérales (466).

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^ S'il ost facile de comprendre l'importance de cette indication, il l'est moins de chercher à la remplir. L'ataxie organique qui se traduit par une profonde dépression des forces, comporte cependant des efforts fonctionnels, capables môme' d'une certaine violence ; ce qui tient à une débilité nutritive profonde, en coïncidence avec des accès d'exagération fonctionnelle.

487. La débilité se manifeste, dans ces cas, par le caractère passif des diacrises et surtout des stases sanguines (congestions hypostatiques), par la lenteur des phénomènes de réparation, par la facilité avec laquelle se produisent les ulcérations et mùme les gangrènes, par les paralysies musculaires (tympanite intestinale, etc.).

488. Quant aux accès d'excitation fonctionnelle, ce sont eux qui donnent le délire, qui multiplient les pulsations cardiaques et les respirations, enfin qui élèvent le chiffre des combustions interstitielles pyrétiques.

Le moyen de combattre ces pbénomènes', c'est d'employer

es médications qu'ils indiquent (voy. ces mots). D'abord les toniques, lomques névrosllu'miques et toniques astringents ceux qu on nomme les toniques fixes, plutôt que les analepi tiques. On .ait le rôle que le quinquina est appelé à jouer dans ces fièvres, ainsi que les amers.

Les stimulants des principales f^onctions élémentaires rendent aussi de grands services : je n'ai pas à répéter ce que,) ai dit a cet égard à propos de l'ataxie cérébrale ri78) Le régime reposera aussi sur les mômes bases

Plus encore que dans les autres affections, les antispasmodiques excitants pourront ôtre utiles. Le musc est ouvTnt employé a ce titre. Je le remplace souvent par le camnhîe eut aussi diffusible, au moins aussi facile à'adminis^er e à doser, et presque aussi puissant : en potion, en lavement en lavages, il peut ôtre utile. * lavement,

489. C'est un principe à joindre à tous ceux de l'hymène et de la thérapeutique dans ces cas, qu'il faut exc fe les onc 10ns de a peau; ce qui se fera œrlainemen rprofi des roubles intérieurs, sans compter l'importance que ceh peu t avoir, en raison des éliminations actives dont a peau est le ége jeles compléterai en parlant du traiteme nt de

INDICATIONS DES TROUBLlîS NERVEUX.

§ 3. — Ataxie des intoxications.

490. Beaucoup de poisons, aussi bien les poisons métalliques que les poisons végétaux, parmi ceux qui frappent de déchéance quelqu'un ou plusieurs des éléments anatomiques, beaucoup de poisons, dis-je, provoquent des accidents d'ataxie organique.

Les indications qui leur appartiennent ne diffèrent pas des précédentes. Il suffit d'y ajouter l'indication étiologique qui consiste à faire disparaître ou à neutraliser le poison,, autant qu'il est possible.

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