Que l'on range ces agents dans la grande classe des
excitants (Milne Edwards, Trousseau et Pidou.x), ou dans la
division plus restreinte des eccriliques (Pereira), ou enfin dans une espèce toute particulière (des diurétiques), ils constituent une médication, qui doit puiser ses -moyens d action dans les excitants et dans les reldchanls {Solventiabchroll), dans les agents vasculaires et dans les agents sécrétoires spéciaux. Aussi, ne saurait-on les ranger exclusivement dans une classe thérapeutique. Il est aussi peu utile de les diviser en agents minéraux, végétaux et animaux. Mais on peut leur attribuer une classification qui rappelle celle-des purgatifs, et les distinguer en diurétiques dialvtiques diurétiques mécaniques, et diurétiques irritants ou par élimination.
Certains diurétiques peuvent agir à la fois par effet dialyseur et accroissement de tension vasculaire. Telle est l'eau par exemple, qui, absorbé\3 par le système vasculaire, en élevé la pression intérieure, et tend aussi à se dialyser pour rétablir l'équilibre humoral en vertu duquel le sang garde la composition qui lui appartient
843^ Les diurétiques dialytiques sont les plus nombreux.
RÏhnt/ ' Pl"« puissants diurétiques
(Rabuteau), le vm blanc et toutes les boissons alcooliques On en peutrapprocher toutes les infusions auxquelles une* huile essentielle végétale communique des qualités aromatiques et excitantes. Dans l'usage de ces agents il est flcile de dire où finit l'osmose physique et où cimme^^^^^^ 1 excitation fonctionnelle propre à l'élément sécrétTu. Il en e t un cependant que l'on ne saurait suspectei à ce égard, et qm semble agir, comme l'eau, par les quai és os moliques quil communique au sérum sanguin : t e h-it, qui est certainement le plus doux, et un des plus effi caces parmi les diurétiques. ^ un aes plus elfi-
844. Les diurétiques salins semblent plus aptes à nrn voquer l'osmose pure, bien que leur éliminlti n ne e fa pas non plus sans entraîner quelque excitation de rorgane lénal. Les carbonates alcalins (bicarbonate de soude ft Se potasse), pour produire cet effet, doivent être donnés àa se
baule dose (3 à 10 gr.) et dans une petite quantité de véhicule liquide; sans quoi l'estomac en fait des chlorures qui agissent tout autrement.
Le nitrate de potasse ne mériterait pas, selon quelques auteurs, la réputation de puissant diurétique qu'on lui accorde généralement (Forgel, Martin Solon, Rabuleau). Je crois cependant que les doses auxquelles on l'a expérimenté sont trop élevées (60 gr. Martin Solon), et qu'on a remplacé alors les effets dialytiques, par une irritation qui peut aller jusqu'à la phlegmasie et dont l'acrinie a dû résulter par conséquent. La dose de 10 gr. m'a paru suffire à déterminer parfois ces accidents; et j"ai obtenu pour ma part plus d'effet, en donnant seulement de 4 à 6 gr. de nitre. Un autre danger de ces doses élevées vient de la potasse, qui est toxique pour le cœur et pour le sang; aussi a-t-on conseillé de lui préférer le nitrate desonde, qu'il vaudrait mieux donner à beaucoup d'égards, surtout si l'on se trouvait conduit à élever la dose du médicament.
Il faut joindre à ces sels, les agents végétaux qui les renferment en des proportions suffisantes, pour que leur usage soit suivi des mômes effets : ce sont la pariétaire, la bourrache, qui renferment des nitrates, et surtout l'asperge, dans laquelle, avec l'asparagine, existent des sels de potasse ; le genêt, parla scoparine, agirait de même.
Enfin, il y a l'urée et le nitrate d'urée, qui, diurétiques d'après Mauthner,ne semblent pas bien efficaces; et cela devait être, puisqu'il est bien établi qu'il n'y a pas de rapport proportionnel entre l'accroissement de l'excrétion urinaire et l'excrétion de l'urée (Rabuteau). N'y a-t-il pas môme quelque danger à ajouter encore des produits uréens, à ceux que le sang renferme déjà en excès et dont l'anurie suspend l'élimination ?
845. Sous le chef de diurétiques mécaniques, il faut ranger tous ceux qui produisent la diurèse en agissnnt sur le système vasculaire et exagèrent la tension intérieure de ce système. La digitale et Imscille sont les deux substances qui agissent le plus efficacement dans ce sens,et paraissent élever la tension vasculaire du svstème capillaire du rein. Il faut pour cela, les donner à faible dose (0g--.,05 à 08^,^0 de poud. de digitale); (08^,l0à Off.jlS de poud. de sciile), danslapro-
U "n-np V^Î'V^n"'"' li^^^e e. les vaso-moteurs. U .une doit d ailleurs ûtre préférée d la digitale en ce que son aclion est plus immédiate et qu'elle ne piésen e pas le phénom<sne de l'accumulation. Us forLs pTarma
encore pLi '°"' vins diurétiques. On ^eut
mentTtforlT,' '"'"'^ applications externes, en fomentât ons que 1 on recouvre de taffetas gommé, pour nré venu- 1 vaporalion et assurer l'absorption ^ ^
11 faut rapprocher de ces substances le café et le thé dont
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847. Lorsqu'on les donne à titré ,1. ji agents doivent cire prudemment ml /
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trer les résines et les essences, et qu'il faut préférer aux pilules; celles-ci en effet exigent qu'on fasse intervenir la magnésie, el la confection pilulaire ainsi préparée est exposée à traverser sans se dissoudre tout le tube digestif.
848. Une indication non moins efficace, si elle était bien réalisable, consisterait à atteindre à leur source les produits uréens, pour les détruire, ou les transformer au moment de leur production, et en tous cas, pour les rendre inoffensifs (Voy. Urémie). — C'est un but que l'on peut se proposer d'atteindre, au moyen des antidénutritifs, et des antiseptiques (Voy. ces mots); et mieux encore au moyen d'agents plus spéciaux dans leur mode d'action : tels sont les baumes et la térébenthine, dont le pouvoir ozonisant doit rendre plus achevée l'oxydation des produits azotés; tels sont les benzoates alcalins, qui sont des dissolvants de l'acide urique, et parmi lesquels, on choisira de préférence le benzoale de soude; tel est cntin l'acide benzoïque qui se transforme en acide hippurique, produit dont l'élimination est innocente et facile.
849 Lorsque en présence del'anurie, on se trouvera dans l'impossibilité de rétablir le flux urinaire, il faudra s'adrescer aux sécrétions qui peuvent le remplacer, k celles de la peau notamment, et les exciter le plus possible. La séc rétion sudorale est en effet celle qui peut le mieux suppléer à l'insuffisance de la sécrétion rénale.
Enfin, ie n'ai rien à ajouter relativement aux accidents symptomatiques de l'urémie, accidents dont la cause trouve ici son indication, et dont les formes, caractérisées par le coma, le délire, la convulsion, la dyspnée, la d>arrhée, sont la source ,1'indications symptomatiques, dont 1 histoire a été exposée plus haut (Voy. ces mots).
§ 9. — Acrinie sudorale.
850. La peau, lorsqu'elle se sèche, peut cesser de produire la transpiration, môme la transpiration dite insensible; et cependant, l'utilité decettesécrétion est grande par la dépuration qu'elle accomplit et par la réfrigération qui a suit. Aussi, doit-on souvent rappeler la sueur lorsqu elle se suspend, si l'on ne veut voir des diacrises plus graves et plus
mal placées, la remplacer, la chaleur s'élever et des accidents d'ammoniémie par rétention en être la suite. C'est l'effet que l'on attend de l'usage des sudorifigues.
851. Je ne saurais garder pour les sudorifîques ou diaphorehques, les divisions reçues pour les diurétique^ etc La dialyse n'a plus d'effet sur une membrane (la peau) aui* n est en rapport qu'avec l'air, par sa face superficielle et demeure recouverte des couches cornées d'épiderme, étalées à sa surface comme un vernis. On ne saurait dire non plus qu 11 y ait beaucoup à obtenir des agents à effet mécanique, lesquels agissent en élevant le taux de la tension vasculaire. Quand on a affaire à un système aussi étendu et aussi riche que le réseau vasculaire sous-cutané, il faut gue Jes modifications vaso-motrices s'étendent beaucoup, pour nteresser la plus grande partie de cette surface. On sai lou efo.s quelle diaphorèse abondante suit l'administration aue lT ■ contro-stimulants. C'est ainsi
que les ant.moniaux, a leurs qualités élirainatrices déjà
''''' ^'^'^"-^ 852. Les véritables diaphorétiques 'sont des excitants qui portant ou sur le système vasculaire, ou directe:
onu.onnelle suffisante et qui a d'ailleurs peu de tendance ' "d " ' r"'-'"" Ph'^g'"^^^?"^- Ce sont pour la pluest le c'ffï r '^'"^"^'"^ P^^" s'éliminant,î^tel fpL les sulfures alcalins, par exemnle
io .,f r -vec ses préparations acéta e eTct:
bonate d ammoniaque, etc.). ici«Bicar-
Parmi les substances végétales tonfP<! los omK.* malignes, .iréesdcs famillL des ômS iS d s uJir sonlsudoriliques, par les essences qu'elles conl en, ,„, ,
easloréum (Iroussef." el pTou^, " ^'
853. Les diaphorétiques les plus énergiques sont peutêtre ceux que l'on tire delà maliùre del'hygiène.Telle est la chaleur dont chacun connaît les effets à ce sujet; favorisée par l'inomobilité et l'administration de quelques tempérants (acides légers, etc.) et surtout de boissons largement administrées, elle provoque des sudations abondantes. Les bains de vapeur ont le mOme effet, surtout les bains de vapeur sèche; et nous verrons au chapitre de l'hydrothérapie, quelle puissance possèdent quelques-unes de ces pratiques, pour provoquer des sudations excessives.