‹ Traite de thérapeutique médicale, ou, Guide pour l’application des principaux modes de médication à l’indication thérapeutique et au traitement des maladiesChapitre 92 sur 132 · J'étudierai sous ce titre d'abord un trouble sécré · texte numérisé non relu

J'étudierai sous ce titre d'abord un trouble sécré

toire assez commun bien que peu connu, et qui, s'il se révèlepar une perversion des sécrétions salivaires, semble s'étendre au plus grand nombre d'entre elles ; je veux parler de l'acescence. Puis je passerai en revue les liélérocrinies ht^palique et rénale, c'est-à-dire la lithiase biliaire et la lithiase urinaire. A cette dernière, je rattacherai l'étude des indications du diabète et de l'albuminurie.

§ 2. — Acescence.

856, On entend sous ce nom à'acescence, un état des sécrétions dans lesquelles se produit une acidité excessive ou tout à fait anormale. Si l'on considère combien doit être rare l'acidité primitive desproduits qui ne sont pas normalement acides, on est conduit à regarder l'acescence comme le résultat d'une fermentation, dont les produits de sécrétion sont le siège et fournissent la substance (Gubler).

Quant à ses effets, l'acescence provoque l'irritation fonctionnelle et nutritive des membranes où on la rencontreelle prépare un milieu des plus favorables à la genèse et à' la propagation de certains parasites {muguet, Gubler). De là l'utilité souvent constatée, d'uneinlerveniion thérapeutique surtout pour ce qui regarde l'acescence des premières voies' la plus fréquente et la plus accessible à notre intervention {slomatite catarrhale 752).

857. Les absorbants et les neutralisants (alcalins) sont les premiers agents à employer dans ce cas, du moins aprè« les agents détersifs et expulsifs, lesquels, en balayant les produits de sécrétion, enlèvent aux fermentations leur aliment Ce traitement a la plus grande importance, chez les cnfints et chez les adultes atteints de muguet. L'acescence étant la condition essentielle de la produc

d'abot7'''''''^' ^"''^ ^^"^ ^"

Le moyen héroïque dans ces cas, c'est généralement un gargarisme, ou mieux, un collutoire, dans lequel on mé lange avec un excipient éraoUient (sirops divers, miel rosat etc.) des substances un peu astringentes (extraits styptinues' alun, etc.) ou mieux un sel alcalin (borax, depuis 0^' 50 ju '

qu'à 8 et 10 grammes; eau de chaux, bicarbonate de soude, Valleix, Trousseau).

858. [,e traitement général sera surtout en rapport avec l'élat général du sujet, qui réclame le plus souvent la médication tonique. Ce qu'il faut surveiller surtout, c'est le régime, pour en écarter toutes les substances acides ou susceptibles d'acidification, et pour le rendre propre à faciliter les sécrétions normales, sans les exciter, mais en prévenant plutôt les fermentations dont elles peuvent être le siège.

859. Avec le muguet, il faut noter la dyspepsie acide, une des formes de la névrose gastrique, qui se rattache autant aux hypercrinies spéciales qu'à la perversion sécrétoire (383-769).

Atin d'enlever aux fermentations les matériaux qui peuvent en être le siège, on fera bien de commencer le traitement par un évacuant, et même, sauf éréthisme excessif, par un éméfo-cathartique ; après quoi, les alcalins et les absorbants pourront être utilement employés. On n'oubliera pas de bannir du régime les aliments susceptibles d'une fermentation acide, les sucreries en particulier, les bouillons et le pain, et les acides eux-mêmes. Parmi les absorbants, outre le charbon et le bismuth, il faut noter la magnésie et ses sels qui, avec la propriété qu'ils ont de neutraliser les acides et de combattre les fermentations, ont encore celle d'être des laxatifs doux. Les eaux minérales alcalines, Vichy surtout, seront dans le même cas. Ce traitement toutefois ne saurait être suivi avec une opiniâtreté absolue, si l'on se rappelle ce qu'a si bien vu Trousseau, c'est-à-dire que les alcalins à petite dose, au lieu de neutraliser l'acidité des sécrétions, semblent plutôt la provoquer à se reproduire.

860. Quant à la dyspepsie alcaline, sa rareté fait qu'on la connaît moins; les indications sont à l'inverse des précédentes, mais peuvent être calquées sur le même plan. (Voy. acidité du sang).

§ 3 . — Litliiase biliaire.

861. Le traitement de cette affection comporte deux méthodes fort différentes, selon que l'on a affaire à une attaque

de colique hépathique> ou simplement à la diallu^se calculeuse du foie, dans l'intervalle des attaques.

La douleur étant, pour ainsi dire, l'éléuient essentiel, ou du moins le plus saillant et le plus dangereux, dans ces crises, fait toujours l'objet de l'indication principale. J'ai déjà dit quels sont les moyens par lesquels on doit la combattre, elle et le spasme qui l'accompagne le plus souvent (416). J'ai indiqué comment l'élher, le chloroforme, le bromure de potassium, l'opium et la 'belladone doivent être les principaux agents de cette médication, dont les procédés peuvent être l'ingestion gastrique, l'application externe, la méthode endermique et surtout l'injection sous-cutanée qui permet d'agir vite et fort, en mesurant exactement les doses. Ajoutons-y les grands bains chauds et prolongés.

862. Aux vomitifs, que l'on considère comme dangereux, à cause des secousses vives qu'ils provoquent et des ruptures auxquelles ils exposent, il faut préférer les purgatifs et en particulier les lavements purgatifs, qui ont l'avantage d'exciter des contractions moins brusques, de n'être pas rejetés par le vomissement, et cependant de solliciter la progression des calculs (lavement laxatif simple, et mieux, lavement de séné). Les laxatifs sont encore utiles après la cessation de la crise.pour rejeter au dehors les pierres déj l tombées dans l'intestin. Pendant la crise même, si elle se prolonge, les laxatifs cholagogues pourront être employés avec mesure, pour faciliter la migration des concrétions hors des voies biliaires (838).

863. La véritable thérapeutique de cette affection est celle qu on peut instituer entre les crises, pour en prévenir le retour : elle comporte d'abord un régime régulier et sévère, bien que mixte, mais privé de tout irritant et dont on bannira aussi les graisses. On prescrira l'exercice en plein air et une activité qui favorise les combustions orga-

Il faut ensuite s'attacher à rendre les digestions facile, et complètes; on peut souvent prévenir les^rises en L fiant certaines apepsies qui les provoquent; c'est dans ce but que j ai employé avec succès, d'api^s le consei dP Ll pech, l'extrait de malt et tous le eupep iqu s

864. Il y aura lieu ensuite à alcaliniser autant que possible le sang et les sécrétions, puisque l'on sait que la cholestérine et la cholépyrrhine, base de beaucoup de calculs, sont dissoutes dans une bile alcaline. Les alcalins ont encore pour effet, de combattre la tendance catarrhale qui favorise la lithiase, et souvent aussi de modifier l'état dyspeptique. Vichy et Carlsbad, Eras et Marienbad peuvent ôtre conseillés ainsi que Contrexeville. L'usage du bicarbonate de soude dans la boisson, de la décoction de saponaire en lavement, jouent le même rôle. Selon Bouchardat, les sels végétaux à base organique, se transformant toujours en carbonates, auraient le môme effet. J'ai souvent employé utilement le savon médicinal. Entin, il n'y a rien à négliger dans une affection aussi douloureuse ; c'est pourquoi les frictions locales et les emplâtres de savon pourront être utilisés.

Du reste, toutes les pratiques qui sont susceptibles d'activer les fonctions de la peau seront utiles; il y aurait à rechercher non pas tant celles qui provoquent une sudation excessive, que celles qui exciteraient la sécrétion sébacée, vu la relation qui existe entre les sécrétions graisseuses de la peau et celles du foie. Aussi les frictions, le massage devront-ils être préférés, même à l'hydrothérapie, que l'on ne rejettera pas cependant.

§ 4. — Lithiase urinaire.

865. Le traitement de l'accès de colique néphrétique est identiquement le même que celui que je viens d'étudier dans le précédent paragraphe (416-859) : narcotiques, antispasmodiques et anesthésiques en sont les agent?, dont le mode d'application est identiquement le même. On y ajoutera l'indication diurétique, la diurèse devant faciliter la migration des concrétions (841).

866. Entre les attaques, il faut tenter de dissoudre les concrétions qui peuvent demeurer encore, ce qu'on a pensé obtenir au moyen des li thontriptiques (?), et surtout s'opposer à ce qu'il s'en forme de nouvelles. L'indication doil,à cet effet, s'appuyer sur le diagnostic chimique, et distinguer la gravelle urique et oxalique, de la gravelle phosphatique.

PEKVEKSION DR SÉCRÉTION. /, ^ 3

bien que beaucoup d'indications leur soient communes.

867. La véritable indication curative, dans la gravelle,e3t de prévenir la formation des graviers, en rétablissantl'assimilalion des principes albuminoïdes (Durand-Fradel). L'hygiène et les eaux minérales font la base de ce traitement, qui doit se proposer, avant tout, d'élever au plus haut degré d'activité physiologique, l'ensemble des fonctions organiques (idem).

868. Dans la gravelle uriqxie en particulier, le régime doit être sévère, peu animalisé, privé d'excitants et d'alcooliques, du thé et du café; les légumes verts et les fruits rouges seront préconisés. L'état des fonctions digestives, et aussi l'état général des forces, doivent d'ailleurs donner la mesure de la sévérité avec laquelle ce régime sera suivi. Il faut pour cela, tenir compte des habitudes antérieures," de la dépense dessujeis et de leur idiosyncrasie. L'exercice muFCulaire. sous toutes ses formes, la gymnastique en par-

Jicuher sont des plus utiles.

Enfin, il importe de veiller à l'intégrité des fonctions digestives, dont le rôle est de préparera l'assimilation des matériaux dûment élaborés (voy. Dyspepsies, etc. 434). Il importe aussi de combattre l'état catarrhal des voies urinaires, état SI favorable aux formations lilhiques (Mercier), (786) et surtout à la formation des pierres phosphatiques.'

869. C'est dans la gravelle urique que les alcalins seront prescrits, parce qu'ils ont pour enet d'offrir à l'acide urique a peine soluble, d'entrer dans des combinaisons d'urate de soude ou de potasse, qui sont beaucoup plus solubies. De là 1 usage dessels alcalins, c'est-à-dire du bicarbonate de potasse et du bicarbonate de soude; celui-ci est plus usité que ceui-là, bien que le premier doive être préféré, comme étant le plus so.uble. On donne encore le carbonate de lithine à la dose deO^^bO à) gr. par jour ou bien l'acide benzoïque elles benzoafes alcalins, qui, sans diminuer l'élimination uréenne la transforment en acide hippurique soluble. Tous les sels à acide organique (tartrates, malates, citrates, acétates, margarales sléarates) et à base alcaline (de potasse ou de soude) setransformantdans l'économie en carbonates alcalins, remplissent 1 indication voulue. La richesse du raisin en bilarrate de potasseexplique l'efficacité des cures de raisin, contre la d.athèse unque. Les vins légers, riches en crème de

tartre (vins du Rhin), auraient les mêmes avantages (Liebig).

870. La mesure dans laquelle ces prescriptions seront utiles sera fournie par la réaction des urines, qu'il faut se borner à rendre légèrement alcalines. En général, il suffira pour cela de 4 à 6 gr. de bicarbonate de potasse ou de soude, par jour; aller au delà serait s'exposer à substituer auxcalculs uriques des calculs phospbatiques, fait qu'il n'est pas rare de rencontrer.

Les eaux minérales alcalines. Vichy en léte, sont des moyens puissants en pareil cas et qu'on peut employer en boissons, bains, douches, de façon à en tirer les effets les plus heureusement multipliés. Après Vichy, il y a Vais, le Boulon, Vic-le-Ccre, Vic-!e-Comte, Ems et Carlsbad. Carlsbad comme étant plus laxatif, serait moins favorable que Vichy dans la lithiase rénale, et parfois plus utile dans la lithiase biliaire. Quant à Contrexeville, on ne sait trop si les effets utiles de ses eaux ne dépendent pas uniquement de l'abondance avec laquelle l'estomac peut impunément les recevoir, ce qui provoque une excessive diurèse et une sorte de lessivage des reins (Pâtissier).

871. Dans l'oxalurie, les mêmes agents n auront plus la môme efficacité; c'est la chaux qu'il faudrait soustraire, car l'acide oxalique n'est fâcheux qu'à l'état d'oxalate de chaux, qui est insoluble. On conçoit toutefois qu'il y ait avantage à ne pas ingérer d'acide oxalique en nature et à supprimer

l'oseille du régime.

872. Enfin, dans la. gravelle phosphatique, il y a à prescrire les reconstituants et une bonne nourriture. Pour acidifier les urines, on a donné, en Angleterre, l'acide chlorhydnque; on a conseillé encore l'acide carbonique (Heller), et mieux l'acide benzoïque, qui est éliminé par l'urine à l'état d acide hippurique. Les alcalins pourront encore être utiles, non plus à la dose largement altérante, mais à litre de modificateurs de l'état catarrhal; c'est alors surtout que les eaux de Contrexeville sont utiles.

873. On a pensé répondre encore à la fois aux indicalionss des deux formes opposées ce gravelle, en associant la lithine, qui sert à combattre la diathèse urique, à 1 acide benzoïque, qui s'attaque à la gravelle phosphatique; de la l'usage du benzoate de lithine. L'acide benzoïque se donne

à la dose de 08',50 à 1 gr. par jour; le carbonate de lithine à la dose de 1 à 2 gr. ; et le benzoate de lithine à une dose égale environ. Il ne faut jamais employer le sesqui-carbonate d'ammoniaque parce que l'urate d'ammoniaque est peu soluble, et que l'on pourrait provoquer la formation de calculs de phosphate ammoniaco-magnésien. II en est de môme des sels ammoniacaux en général.

Enfin, comme il y a un intime rapport entre l'activité nutritive des organes et leur activité fonctionnelle, il importe de solliciter l'action de la plupart des organes, en s'adressant de préférence aux appareils qui sont en relation fonctionnelle avec les reins. L'hématose pulmonaire et cutanée est à surveiller avant tout; en la rendant plus parfaite, on facilite les oxydations internes et on diminue les chances de production calculeuse (voy. Lithiase biliaire).

§ 5. — Diabète.

874. Bien que la perversion sécrétoire, qui caractérise le diabète, ne soit pas toute la maladie, elle en constitue cependant une manifestation, dont l'importance est telle, qu'il y a lieu de la combattre en elle-même, indépendamment de la maladie primitive, ou des conditions pathogéniques qui l'ont amenée.

Les premiers moyens à mettre en œuvre sont ceux qui visent à empêcher l'introduction du sucre dans l'économie, et ceux qui visent à détruire ou à éliminer le sucre qui s'y est arnassé avec excès; il faut y ajouter ceux qui ont pour but d'en prévenir la formation, aux dépens des aliments ingérés ou des tissus de l'économie elle-même.

875. La première indication demande qu'on détermine e régime spécial, qui seul convient au diabétique confirmé • la suppression des féculents et des sucres est le premier article, les féculents étant, après les sucres eux-mêmes les agents qui se transforment le plus facilement en glycoseet entretiennent le diabète; de là l'usage du pain de gluten qui ne renferme que fort peu d'amidon, et à son défaut du pam de son, qui en renferme moins que le pain ordinaire Cette suppression, il est vrai, ne saurait Ôlre absolue • la ri* gueur qu'elle commande doit se mesurer sans doute sur la

quantité de sucre que renferment les urine?, et, plus encore, sur les variations de poids que subit le malade et qui révèlent l'état de sa nutrition (Bouchardat). Avant tout, en effet, il faut nourrir le diabétique, et pour cela, il faut chercher à concilier, autant que possible, avec son régime, son goût et ses aptitudes alimentaires. Le régime exclusivement azoté (viandes, légumes verts), souvent préconisé (Chambers), ne saurait être autre chose qu'un objectif auquel il faut viser, sans trop absolument s'attacher à l'alleindre.

Le sucre sans doute n'est pas la glycose, et, à ce titre, il semble qu'il puisse entrer dans le régime (Chevalier, BuddjCtc); mais la facilité avec laquelle il se transforme en celle-ci, doit le faire rejeter absolument. On est moins sévère pour la glycérine, que l'on a cru capable de remplacer avantageusement le sucre, mais qui augmente aussi la glycosurie (Pavy).

Les graisses sont recommandées, comme étant des hydrocarbures capables de suppléer à l'absence des féculents dans l'alimentation, et incapables cependant d'accroître la glycosurie; peut-être cela tient-il à ce qu'elles sont absorbées sans passer par le foie (Cl. Bernard), agent dont le rôle est considérable dans la pathogénèse du diabète {idem). On avait pensé qu'il en serait de môme des alcooliques; et cependant, on a constaté le contraire, aussi bien pour les alcools proprement dits (Cl. Bernard) que pour le vin (Senac, Pfeuffer). On ne saurait cependant le proscrire totalement, mais il faut en modérer l'usage, surtout chez les diabétiques maigres, afl'aiblis et excitables (Durand-Fardel). Il en est de même du café et des autres excitants.

876. Ces réserves faites, relativement aux substances spécialement nuisibles, la règle générale, qui domine la médication des grandes hétérocrinies , subsiste ici tout entière : il faut avant tout favoriser les fonctions d'assimilation, et par conséquent, faciliter les actes digestifs qui préparent les matériaux îi assimiler.

11 y aura donc à soutenir l'activité gastro-intestinale, dans ses sécrétions, dans ses mouvements et dans son absorption. Les eupeptiques de tout genre seront les adjuvants à mettre en œuvre (434) et en particulier la pepsme, la présure et la levure de bière.

PEKVEKSION un SÉCRÉTION. 4I7

On devra employer encore tous les agents qui activent le mouvement nutritif d'assimilation ; et, c'est à ce titre que le chlorure de sodium, que l'arsenic, doivent ûlre cités ici.

L'indication qui consiste à favoriser le mouvement d'échange nutrilif, se confond d'ailleurs avec celle qui se propose de détruire ou d'éliminer le sucre en excès dans l'économie.

877. Les alcalins sont les premiers agenisde cette médication. Donnés à dose légère, ils favorisent les sécrétions intestinales et la digestion ; passés dans les secondes voies, ils servent aux oxydations et à l'hématose; ils facilitent les éliminations, et, pour les urines en particulier, ils en diminuent l'acidité. C'est surtout d'après le degré d'alcalescence des urines, qu'on peut mesurer la portée des résultats de la médication alcaline.

Les alcalins les plus employés sont : l'eau de chaux fort utile quand il y a diarrhée ; la magnésie, la crème de tartre, les tartrate et citrate de soude ; dans le cas contraire le benzoate et le bicarbonate de soude, sans effet spécial su ^ la muqueuse digestive, sont préférés. Ce dernier est la base de l'eau de Vichy, qui, si elle n'est pas la médicalion spécifique du diabète, constitue cependant un palliaiif capable d atteindre souvent à une cure relative. Les eaux de Carlsbad Cusset, Pougues, Royal, Gastein, Balaruc, Bourboa- 1 Archambault.Kissingen et IN'iederbronn viennent ensuite Après les alcalins, nous avons les oxydants proprement dits : 1 oxygène en nature, dont on a conseillé les inhalations avec des résultats contradictoires; le permanganale et le chlorate de potasse, et l'eau oxygénée, il faut y joindre latemture d'iode, de 5 à I0et20 gouttes par jour, altérant qui prête aux mêmes considérations. (V. Troubles nuirUifs) l-.nfin, Il y a 1 exercice musculaire, le massage etrhvdrotherapie, qui, à une influence favorable sur le mouvement nutnli , unissent 1 effet heureux d'activer les fonctions de la peau et I hématose.

878. La Iroisiènie indication est celle qui consiste à l.,l 1er contre la transformation sucrée des aliment e des tï sus; c est la seule que l'on puisse encore remplir quand on atteint la cachexie diabétique ; encore ne le peut-on oue dans une mesure fort restreinte. ^

Dès le début, lorsque l'on a affaire aux formes nerveuses

du diabète, cette indication est autrement efficace : c'est alors contre les lésions nerveuses primitives qu'il faut agir; mais c'est aussi contre la dilatation vasculaire, qui en est l'effet et qui relie la lésion nerveuse à l'hyperglycogénie du foie, dans la patliogénie du diabète (Cl. Bernard).

On ne doit user qu'avec mesure des révulsifs (séton, cautère, vésicatoire, etc.) qui ne sont pas sans inconvénients locaux et peuvent provoquer l'érysipèle elles anthrax, bien plus que chez tout autre sujet ; mais qui doivent modifier la nutrition des centres nerveux. Aussi est-ce aux agents susceptibles d'une action vaso-motrice que l'on s'est adressé de préférence. La valériane, l'asa fœlida, le camphre, parmi les antispasmodiques, l'opium et le bromure de potassium parmi les paralyso-moteurs, la strychnine, le café, l'électrisation môme, parmi les excilo-moteurs, tels sont, avec l'hydrothérapie, les agents qui ont été le plus employés. Malheureusement nous manquons de données sur lesquelles nous puissions baser le choix de l'une ou de l'aulre de ces médications, dans le cas de diabète nerveux; et ce n'est guère que par l'étude des symptômes concomitants que le médecin pourra déterminer celle à laquelle il s'arrôlera, à moins qu'il ne cherche à la fixer au moyen d'une prudente expérimentation.

879. Dans le cas contraire, quand le malade est arrivé à la période cachectique, à ce qu'on a nommé l'autophagie diabétique, comme il fait du sucre avec tout, même avec les substances albuminoïdes, môme avec celles de ses propres tissus, la question de régime cesse d'en être une. La seule intervention rationnelle est celle qui a pu déjà trouver d'ailleurs sa place dans les phases initiales du diabète, c'est celle qui s'arme des reconstituants ; l'huile de foie de morue, les ferrugineux, les vins tanniques(vins de Bordeaux), tels sont les agents à mettre en avant pour soutenir le régime. Les biscuits d'amandes douces (Pavy) peuvent s'y ajouter utilement.

En un mot, il faut moins se préoccuper alors du danger qu'il y a de fournir des aliments à la maladie, et songer à celui qu'il y a de n'en pas fournir suffisamment au malade.

§ 6. — Albuminurie.

880. Les indications de l'albuminurie, comme celles de tout syndi-ôme, relèvent tout d'abord de ses conditions pathogénétiques, elles varient selon qu'elle est transitoire ou permanente, aiguë ou chronique, qu'elle se lie à telle ou telle altération des reins, congeslion, catarrhe ou ncplirite, et qu'elle se rattache à telle ou telle condition diathésique (V. ces mots).

En elle-même cependant, l'albuminurie constitue untrouble dont les conditions instrumentales (Gubler) nous révèlent les indications immédiates et essentielles.

881. La première consiste à modifier l'organe fabricateiir de l'urine ; c'est à quoi l'on peut arriver par les procçdes de la médication antiphlogistique directe, de la médication tempérante et de la médication révulsive ; ce sont ceux qui conviennent spécialement au début de la maladie, a ses phases aiguës et pyréliques. On n'y emploie qu'avec réserve les émissions sanguines, mOme locales; mais on ne craindra pas d'agir au moyen de la révulsion portée sur 1 inteslm et sur la peau. Les révulsifs cutanéa peuvent être largement employés, pourvu qu'un évite ceux qui comme les cantharides, seraient capables, d'irriter sympath.quement le rein. On insistera avec (ont avantage sur 1 usage des diaphorétiques.

Les tempérants en général et ceux en parliculier qui, en diminuant la tension vasculaire, peuvent atténuer la congestion dans le rein, rendront de grands services. Tels sont la digitale (Naumann) et le bromure de potassium (Gubler).

Il faut ajouter encore ici les astringents, qui, par un autre mécamsme, arrivent au mOme résultat, et semblent avoir, chez les albuminuriques, un effet diurétique qu'ils n on pas chez les sujets sains (Gubler). Tels sont le tannin la .de gaihque, i a,un, le perchlorure de fer et même l'er-

do X rénonH* ""'"'^T''' P'"?^^' diurétiques doux lepondrontau même but.

Tels sont les agents qui, avec les altérants, à dose légère n ?. 'Tk''"'"'^'^^' répondront le mieux au^'nd L

42 0 iNDlCATIONS DES TKUUBLKS DK SÉCRÉTION.

882. La seconde indicalioa consiste à modifier, avec le sang, le milieu dans lequel le rein puise les éléments de sa sécrétion, il faut, en premier lieu éviter, que l'albumine s'y accumule outre mesure, et d'autre pari, éviter ce qui pourrait appauvrir encore le sang qui ne sait plus la conserver. Aussi devra-t-on s'attacher à bannir du régime les aliments purement albumineux, les œufs, les crèmes, etc. Dans le môme but, on administre les sels neutres du sang, notamment le sel marin, l'équivalent de diffusion de l'albumine (Schmidt).

On ne manquera pas néanmoins de donner un régime alimentaire tonique, dont la viande et le vin feront la base, et dont on n'excluera pas une dose modeste de légers stimulants (café, alcool, etc.).

883. Il faut, en effet, craindre par-dessus tout l'anémie profonde e( la déchéance nutritive générale, que ne tarde pas à entraîner l'albuminurie, pour peu qu'elle se prolonge, indépendamment des effets que peuvent produire en ce sens les causes de l'albuminurie elle-même. C'est pourquoi l'on s'appliquera à surveiller l'hémopoièse, en maintenant l'intégrité des fonctions digestives, celle de i'hémathose et celle des fonctions glandulaires ou d'élimination.

Tous, les eupeptiques conviendront à la première de ces indications. Pour satisfaire à la seconde, on a les inhalations aromatiques et oxygénées, et surtout les excitants des fonctions absorbantes et éliminatrices de la peau : vêlements de laine, bains excitants, fumigations sèches et aromatiques (genièvre, benjoin). Les éliminateurs et les altérants conviennent à la troisième. C'est à quoi répondent les eaux minérales chlorurées et alcalines.

884. Je n'ai pas à énumérer les indications qui peuvent relever des phénomènes secondaires de l'albuminurie, de l'hydropisie et de ses diverses localisations, de l'intoxication uréraique et de ses manifestations névrosiques, diacritiques, etc. (V. ces mots).

Je n'insiste pas non plus sur la cachexie qui termine cette évolution morbide et n'a d'ailleurs aucune indicalioa qui lui soit spéciale^ en dehors de celles déjà indiquées (V. Mal constitut,)>

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