‹ Traité de thérapeutique vétérinaireChapitre 110 sur 260 · FEUILLES DE NOYER ET BROU DE NOIX · texte numérisé non relu

FEUILLES DE NOYER ET BROU DE NOIX

Racine de ratanhia.

Cette racine provient d'un sous-arbrisseau du Pérou, le Kranieria triandra, de la famille des Polyg-alacées.

La racine de ratanhia contient les principes suivants : acide tannique particulier (acide ratanhia-tannique , rouge kramérique, extractif, matière muqueuse, g'omme. fécule, ligneux, sels alcalins et terreux.

Elle jouit des propriétés ionique ei a^triiKjente du tanin.

Doses.

Poudre.

Cheval 30 grammes.

Cliien 1 ào —

Cette dose peut être donnée plusieurs fois par jour.

Chez le chien, on donne V extrait aqueux à celle de 0f'',5 à 4 g-rammes par jour, la teinture à la dose de 5 à 15 grammes par jour, le sirop de ratanhia à la dose de i à 4 cuillerées par jour.

Suppositoire astringent (Barnouvinl.

Extrait de ratanhia 1 gramme.

Axonge 1 —

Cire blanche 2 grammes.

Beurre de cacao ls'',oO

L'addition de la cire blanche à cette préparation permet d'y introduire une forte proportion d'extrait.

Racines indigènes astringentes.

Nous trouvons surtout les racines de plantes suivantes : la tormentille [Patent illa tornientilta); la benoîte iGeum urhanumh.); laigremoine \Afjrimonia Eupatoria L.) ; la potentille [Potentilla anserina L.) ; le fraisier [Fragaria vesca) ; la bistorte [Potygonum Bistorta) ; la grande consoude ' Synjphijtum officinale L.); la garance {lîubia tinctorum L.).

Feuilles de noyer et brou de noix.

Jugions regia [Juglandées].

D'après Braconnot, les feuilles de noyer et le brou de noix contiennent les principes suivants : acides tannique, gallique.

32a AUTRES FEUILLES INDIGÈNES ASTRINGENTES.

malique, citrique, une matière résineuse, une liuile essentielle, de la chlorophylle, de l'inosite, de l'amidon, du lig-neux.

Effets et emploi. — Les feuilles de noyer et le brou de noix jouissent de propriétés astringentes et toniques très énerg-iques. Ils conviennent surtout contre les maladies gang-lionnnires et lymphatiques. Ils arrêtent la sécrétion du lait. Cette propriété les fait employer pour tarir le lait chez les femelles qui ont perdu leurs petits, comme la jument, la truie, la chienne et la chatte.

Les feuilles de noyer sont également antiparasifaires.

Les autres propriétés sont les mêmes que celles de l'acide tannique.

Feuilles de busserole.

(Uva w'si. )

La busserole ou raisin d'ours est un arbrisseau de la famille des Éricacées, qui croit dans toutes les parties montag-neuses de l'Europe. Ses feuilles, employées depuis fort long-temps dans le traitement des maladies des reins et de la vessie, contiennent du tanin, de l'arbutine, de l'éricoline et de l'urson.

h'ar/jutine est un glycoside qui, dans l'intestin, se dédouble en hydroquinone et en sucre. L'éricoline se dédouble en sucre et éricinol.L'w/'son est une espèce de camphre.

Grâce à la présence du tanin et des glycosides ci-dessus, les feuilles &'Uva Uî'si sont à la fois astringentes^ aîitiseptitjues, amères, balsatniques et diurétiques.

Après l'administration des feuilles de raisin d'ours, les urines contiennent à la fois de l'arbutine en nature et de l'hydroquinone. La présence d 'hydroquinone fait que l'urine prend une teinte vert brun, surtout quand elle a une réaction alcaline.

Les feuilles s'emploient en décoction à raison de 20 g-rammes pour 100 g-rammes d'eau dans la néphrite et la cystite.

Doses.

Grands herbivores 20 à 50 graiiitnes.

Chien 2à 5 —

Autres feuilles indigènes astringentes. Il faut citer celles de chêne [Ouercus robur L.), de la ronce

AIGREMOINE. 327

{Bubus fvuticosus L.), du plantain Plantarjn major L.), de l'aune, du frêne, du peuplier, de la vig-ne, etc., les queues de cerise.

Fleurs astringentes.

Les principales fleurs astringentes sont : les roses de Provins, les fleurs de grenadier (Balaustes), les fleurs du g-enêt à balai {Genista scoparia L.).

Fruits astringents.

i'^ Airelle mi/rtille {Vaccinium myrtillus). — Éricacées. Les baies de cet arbrisseau contiennent : les acides tannique, malique, citrique, une matière colorante rouge, du sucre, de la mannite et de Tarbutine.

Ces baies constituent un astringent interne excellent contre la diarrhée, l'hématurie.

Doses.

Grands herbivores 00 à 100 grammes.

Petits ruminants et porcs 16 à 30 —

Carnivores . 8à 16 —

2° Glands de chêne. — Ils sont composés d'acide tannique, d'extractif amer, de résine, d'huile gérasse, de gomme, d'amidon, de ligneux et de sels. La torréfaction aug-mente les propriétés astring-entes de ces fruits et leur communique des propriétés toniques vermifuges ei antiseptiques.

AlGREMOlNE.

(Agrimonia Eupatoria L.)

Plante de la famille des Rosacées, croissant dans les pays à climat tempéré. Toutes ses parties sont employées en médecine. On y trouve une huile essentielle qui leur donne une odeur aromatique agréable et du tanin qui les rend astringentes. On en fait des cataplasmes et des infusions. Al'intérieur, l'aigremoine convient contre la diarrhée.

Quelques préparations astringentes.

Contre l'eczéma.

Oxvdc de zinc ) -. ,

Sous-nitrate de bismuth S "" ^ gra.nuio.

Poudre d'amidon 3 grammes.

Mélangez par trituration.

Poudre dessiccative (Zundol).

Sous-acétate de cuivre i --■ ,„„

.,„,-. aa 100 grammes.

Alun calcine ) '^

Flour de tan 300 —

Mêlez.

Contre la fourchette pourrie.

Sachet astringent.

Suie tamisée J

Tan > an parties égales .

Craie j

Solution légère d'alun, Q. S.

Faites une pâte épaisse, renfermez dans un sac de toile et appliquez.

Lotion astringente.

Sulfate de fer

> aâ GO grammes.

Alun cristallisé

Sulfate de zinc 30 —

Eau 4 litres

Dissolvez.

Lotion astringente.

Ecorce de chêne 230 grammes.

Racine de gentiane

Écorce de saule

Vinaigre 1/2 litre.

Eau 3 litres.

Faites bouillir les substances végétales, passez avec expression et ajoutez le vinaigre.

Pommade astringente.

Onguent égyptiac 240 grammes.

Axonge 125 —

Sulfate de zinc 30 —

Faites fondre la graisse et l'onguent égyptiac dans le même vase, et ajoutez le sulfate de zinc pulvérisé.

Contre les eaux aux jambes du cheval.

Collgre.

Extrait de Saturne / ~ „ ,. , . „, ^

Eau distillée ( aa part.es égales.

Collyre alumineux.

Alun 1 gramme.

Eau distillée 100 grammes.

Colhjve et injeclion au tanin.

Tanin 1 gramme.

Eau 100 grammes.

La dose de tanin peut être doublée et triplée pour les injections vaginales.

Injeclion pour cavités muqueuses.

Sulfate de zinc 2o centigrammes.

Laudanum de Sydenham 1 gramme.

Injeclion.

.-Vcétate neutre de plomb 3 grammes.

Eau distillée 150 —

Pour injections vaginales, on peut employer deux ou trois fois plus d'acétate.

Injecfio?i.

Acétate de plomb ) ^ ,

o ,<• , , • aa 1 gramme.

Suliate de zmc ) °

Eau distillée 200 grammes.

Il se précipite du sulfate de plomb, et il se forme de l'acétate de zinc qui

reste en dissolution.

Injection astringente.

Feuilles de noyer 20 à 30 grammes.

Eau 1 litre.

Décoction.

Contre l'olorrhée du chien.

Acide ci'éosotique 10 grammes.

Alcool 200 —

Dissolvez.

Contre l'otorrhée.

Salol 5 grammes.

Alcool 200 —

Dissolvez.

Pour les plaies.

Acide benzoïque 2 grammes.

Lanoline 20 —

Faites une pommade.

Bveuvaye aslrintfent.

Borax 30 grammes.

Alun 15 —

Petit-lait 2 litres.

Miel rosat »)0 grammes.

Dissolvez les sels dans le petit-lait et ajoutez le miel rosat.

Tisane de cachou.

Cachou 10 grammes.

Eau bouillante 1 000 —

Faites infuser et passez.

Teinture de cachou.

Cachou I gramme.

Alcool à 60" S grammes.

Laissez macérer, puis passez.

Vin de cachou.

Vin rouge 1 000 grammes.

Teinture de cachou 50 à 80 —

Filtrez après une heure de contact.

Tisane de ratanhia.

Racine de ratanhia 20 grammes.

Eau bouillante 1 000 —

Faites infuser deux heures et passez.

Élecf nuire aslrinrjenl .

Tanin 50 centigrammes.

Conserve de roses 5 granunes.

Laudanum de Sydenhani V gouttes.

Faire prendre au chien, en trois fois, dans les diarrhées chroniques.

Pof.ion astringente.

Tanin 50 centigrammes.

Eau commune 1 00 grammes.

Eau de fleur d'oranger 20 —

Teinture de cannelle 2 —

Faire prendre par cuillerée au chien, dans les inflammations gastro-intestinales chroniques.

Pilules de tanin.

Tanin 1 gramme.

Conserve de roses Q. S.

P(nir 20 pilules, dont deu.K à dix par jour chez le chien.

PREPARATIONS ASTRINGENTES. 33i

Contre le crapaud.

Acide créosotique 5 grammes.

Poudre de tan 10 —

Mélangez.

En application sur les parties malades.

Pour les plaies.

Antifêbrine 5 grammes .

• Poudi-e de tan 10 —

Mélangez.

Saupoudrez les plaies.

Lavement astringent.

Borax 60 grammes.

Alun cristallisé 30 —

Eau de chaux 3 litres.

Faites dissoudre les sels dans un peu d"eau et mélangez à l'eau de chaux.

Lavement astringent.

Écorce de chêne li>o grammes.

Noix de galle concassée 60 —

Racine de guimauve 30 —

Eau 3 litres.

Faites bouillir, passez et administrez.

Lavement de ratanhia.

Teinture de ratanhia } - ^ . ,

Extrait aqueux ^^ a.i o a 10 grammes.

Eau 2oO —

Pour petits animaux.

Les collutoires et les lotions se font avec des solutions deux à trois fois plus chargées.

Boisson astringente.

Décoction légère de feuilles de ronces. 10 litres.

Alun cristallisé 50 grammes.

Borate de soude aO

Faites dissoudre les sels dans la décoction, et ajoutez une petite quantité d'amidon pour exciter les animaux à boire.

Contre les inflammations chroniques du tube dig-estif chez les grands herbivores.

Breuvage astringent.

Ecorce de chêne pulvérisée 60 grammes.

Alun cristallisé 3 —

Camphre 2 ^'laiiiinos.

Eau 2 litres .

Faites une décoction avec l'écorce, ajoutez d'abord l'alun, puis le camphre.

Dans la diarrhée du bœwf.

Sirop de ratanliia.

Extrait de ratanhia 2^) grammes.

Sirop de sucre 975 —

Dissolvez l'extrait dans un peu d'eau et ajoutez le sirop.

Doses, chien : 1 à 4 cuillerées à bouche par jour dans la diarrhée.

l'Unies contre la diarrhée.

Alun 6 grammes.

Cachou 12 —

Opium 2 —

Sirop de roses rouges Q. S.

Faites des pilules de 25 centigrammes.

Doses : 2 à 6 par jour dans la diarrhée chez le chien.

Caustiques.

On désig-ne sous le nom de caustiques les corps qui, en se combinant chimiquement avec les matières organiques, produisent la destruction rapide et primitive des tissus sur lesquels ils sont appliqués. La partie mortifiée prend le nom A'escari'e. Après la mortification organique, il se développe une inflammation locale qui a pour résultat l'élimination de l'escarre. Quelquefois le& médicaments irritants, rubéfiants ou vésicants déterminent aussi une mortification des tissus touchés; mais cette mortification n'est pas primitive, elle est lente et secondaire; elle succède toujours à l'inflammation au lieu de la précéder. C'est en ce point que les caustiques et les irritants difterent.

Division. — Tous les caustiques détruisent, mortifient les tissus; mais ils dillèrent les uns des autres par l'intensité de leur action et par les caractères que revêt l'escarre. Si on prend pour base l'intensité de leur action destructivç, on peut les diviser en caustiques légers ou catliérctiques et en caustiques forts ou escarrotiques. Cette division n'est pas très rig'oureuse, car la même substance peut se montrer cathérétique ou escarrotique, suivant son deg-ré de concentration et la durée de son application. En se basant sur les caractères de l'escarre, on peut les diviser en caustiques coagulants et en caustiques fluidi/iants. Les coagulants

produisent une escarre solide pouvant devenir dure; les tluidifiants donnent une escarre molle parfois fluide.

Nous les diviserons en caustiques alcalins, caustiques acides et caustiques salins.

Effets communs. — Lorsque les caustiques sont appliqués sur des tissus sains ou malades, ils y déterminent une destruction plus ou moins profonde due à une action chimique. Les uns amènent la mortification des tissus en leur enlevant Teau et en les desséchant; les autres en se combinant avec leur matière protéique ou grasse, d'autres en agissant par un mécanisme complexe. Les parties touchées par les caustiques se mortifient; la sensibilité, la circulation, les sécrétions y sont anéanties; elles forment, relativement aux pjarties voisines, un véritable corps étranger qui doit être plus tard éliminé. Cette destruction locale est Teffet primitif, immédiat; elle se produit dans la période rliimique de rescarrification.

L'escarrification varie, en intensité et en durée, suivant une foule de conditions inhérentes soit au caustique, soit aux. tissus, soit à rapplicalion.

Quelle que soit la nature de l'agent caustique, la durée de son contact avec les tissus, son action destructive s'accompag-ne presque toujours d'une douleur plus ou moins vive. Lorsque le caustique est énergique et l'action destructive rapide, la douleur est de peu de durée ; lorsque le caustique est faible et son action destructive lente, la douleur est vive et dure plus longtemps. Il va sans dire que la douleur est d'autant plus intense que le tissu renferme plus de filets nerveux sensitifs. En g-énéral, la douleur est plus vive sur les tissus sains que sur ceux qui sont altérés par la maladie.

Après la formation de l'escarre, il s'établit, au-dessous et au pourtour de cette partie mortifiée, une inflammation plus ou moins vive, qui produit peu à peu l'élimination de cette espèce de corps étranger. La région devient donc douloureuse, tuméfiée et tendue; delà sérosité, puis du pus, se montrent entre la partie morte et les parties vives placées en dessous. Ces phénomènes inflammatoires sont d'autant plus intenses que la cautérisation est plus profonde; quand la cautérisation n'est que légère et superficielle, l'inflammation et la suppuratiun sont à peu près nulles.

En général, la suppuration détache d'abord l'escarre à la circonférence, puis peu à peu l'action se propage vers le centre, et

fini par la détacher entièrement; il est des cas, cependant, où les choses se passent dans un ordre inverse et où la SLi|>puration se montre au centre de l'escarre pendant que la circonférence adhère encore fortement aux parties environnantes; alors on est oblig'é de fendre circulairement la partie morte pour donner écoulement au pus et faciliter l'élimination de l'escarre. Enfin il est des circonstances où, malgré la formation d'une escarre épaisse, il ne se développe aucune infiammation notable et où les parties se dessèchent au lieu de suppurer; on remarque surtout cet effet quand on laisse la préparation caustique en contact avec l'escarre comme la pâte de Ganquoin, la pâte arsenicale, etc. (Tabourin).

Pendant la période inflammatoire des caustiques, deux accidents peuvent apparaître : 1° une fièvre de réaction plus ou moins intense; 2" des phénomènes d'empoisonnement produits par l'absorption d'une partie du caustique. L'escarre formée peut être en partie soluble dans les liquides animaux ; c'est le cas pour les préparations de mercure et de cuivre.

L'inMammation consécutive à la formation de l'escarre a pour résultat non seulement d'amener l'élimination de la partie mortifiée, mais encore de provoquer la régénération du tissu et la cicatrisation. Cette dernière s'opère plus ou moins vite suivant la nature du caustique, selon les désordres qu'il a produits et selon les tissus. Sur certains tissus pathologiques, il faut produire plusieurs cautérisations pour obtenir une cicatrisation définitive.

Aussitôt que la cicatrisation est complète, la région revient g-raduellement à son état normal par suite de la résorption de la sérosité épanchée entre les éléments des tissus constitutifs.

Indications générales des caustiques. — Les caustiques sont indiqués :

1° Poiu' détruire les tissus pathologiques, les caries, les tumeurs, les venins et les virus; ils sont en général (inthcptiques et désinfectants ;

2" Pour ouvrir les abcès, les kystes, etc., surtout quand on veut obtenir une ouverture béante pendant longtemps et qu'on veut provoquer préalablement une indammation adhésive qui empêche les épanchements dans les cavités splanchniques; exemples : abcès du foie, des reins, de la cavité abdominale, etc. ;

3° Pour empêcher les hémorragies en nappe après certaines opérations, car beaucoup de caustiques sont coagulants;

Page 1