IRRITANTS
Nitrate d'argent, bichlorure de mercure, chlorure de zinc.
Voir Antiseptiques et Asti'ingents.
Irritants.
Les médicaments irritants sont ceux qui déterminent une irritation locale sur les points où ils sont appliqués. Cette irritation peut être utilisée dans un but thérapeutique pour combattre certaines inflammations. Suivant la nature et le siège de Tinflammation contre laquelle elle est dirigée, l'irritation artificielle provoque une action substitutive, une action résolutive ou une action révulsive.
Les irritants comprennent les rubéfiants et les vésicants.
l°AcTiON SUBSTITUTIVE SUBSTITUTION. — La subslitutiou est le procédé thérapeutique qui consiste à remplacer une inflammation locale de mauvaise nature parune inflammation artificielle de bonne nature. Elle repose sur des faits d'observation fort anciens. Depuis longtemps, les médecins ont constaté que les inflammations locales chroniques peuvent guérir rapidement par l'application directe d'irritants. A l'irritation primitive rebelle se substitue une inflammation artificielle, facilement curable.
C'est sur ces faits que s'est appuyé Hahnemann, le célèbre fondateur de l'homéopathie, pour poser son fameux princif)e thérapeutique : Similia siinilibus curantur. De ce principe, Hahnemann a fait la base de toute sa thérapeutique. Pour lui, on ne peut guérir un mal quelconque par une puissance morbifique dissemblable, quelque énergique qu'elle soit; mais la cure est exécutable au moyen d'une puissance morbifique apte à produire des symptômes semblables et un peu plus forts.
Aujourd'hui, le champ de la substitution est beaucoup plus restreint, et, avec Fonssagrives, on peut dire : que les médicaments substitutifs sont ceux qu'on applique directement sur les plaies et les parties enflammées de la peau et des muqueuses dans le but de réaliser des inflammations à siège choisi, à limites mesurables et à tendances favorables.
La substitution peut être réalisée à l'aide des astringents, des caustiques et des antiseptiques.
Le choix de l'agent variera avec la nature de la maladie, son in-
PRÉPARATiaNS RÉSOLUTIVES. 349
tensité, sa durée et souvent la susceptibilité particulière de ranimai malade.
Mode d'action des substitutifs. — Autrefois, on expliquait d'une manière très simple les effets curalifs obtenus à l'aide de ces médicaments. On admettait qu'ils agissaient en modifiant la nutrition localement dans la partie médicamentée.
Aujourd'hui qu'on connaît mieux la pathog-énie de l'inflammation et des effets topiques des médicaments placés dans le groupe des substitutifs, on peut reconnaître que la substitution consiste surtout en uner/c//o?i f/es/?î/"é'c/«»/e. Si le nitrated'argentestefficace contre l'ophtalmie purulente, ce n'est pas uniquement parce que, en provoquant une inflammation, il modifie la nutrition des tissus de lœil, mais surtout parce qu'il y détruit les microbes pathogènes, ou, autrement dit, parce qu'il les désinfecte {You- Aritiseptigiies).
A cette action désinfectante, certainement la plus importante, vient s'ajouter une action modificatrice directe de la nutrition des tissus et de leur vascularisation.
2° Résolution. Résolutifs. — Nous appelons résolutifs ou fondants les topiques irritants qui ont surtout pour effet de faire disparaître les tuméfactions superficielles d'origine inflammatoire, sans faire subir aux tissus aucune transformation morbide consécutive. Cette terminaison de l'inflammation s'appelle la résolution.
Les principales préparations résolutives employées sont à base de sels alcalins, d'iode, de mercure, de camphre, de cantharides et autres vésicants (Voir ces mots).
Préparations résolutives.
Pommade liydriodatée.
lodure de potassium 1 partie.
Eau ^ .
Axonge ou vaseline 8 parties .
Dissolvez l'iodure dans l'eau, puis incorporez à la graisse.
En frictions contre les tumeurs indolentes.
Pommade iodurée.
Iode 1 partie.
lodure de potassium 3 parties.
Eau 3
Axonge -'^
Dissolvez l'iode et l'iodure dans l'eau; mtHez à l'axonge.
En frictions sur les engorgements chroniques.
3S0 PRÉPARATIONS RESOLUTIVES.
Onguent contre les indurations des tetidons.
lodure de potassium 2 grammes .
Savon vert 15 à 30 —
Faites une ou deux frictions par jour.
Pommade résolutive.
Pommade mcrcurielic 2 parties .
Campiire 1 partie.
Contre les tumeurs indurées et gangreneuses.
Pommade fondante.
lodure de potassium 1 gramme.
Bichromate de potasse 3 grammes .
Pommade mercurielle 05 —
Cetle pommade s'emploie sur les eng-org-ements articulaires, tendineux, osseux, etc.
Charge résolutive.
Poix de Bourgogne 240 grammes
Huile grasse K-g 90 -
Essence de térébenthine )
Faites fondre la poix dans l'huile à une douce chaleur; ajoutez l'essence en retirant du feu.
Charge de LeLas.
Goudron végétal 125 grammes.
Axonge 125 —
Essence de térébenthine 100 —
Teinture de cantharide 100 —
Faites fondre l'axonge à une douce chaleur, ajoutez le goudron, retirez
du feu ; mélangez, en dernier lieu, l'essence de térébenthine et la teinture de
cantharide.
Charge résolutive.
Coaltar 250 grammes .
Huile de pétrole lampante 75 —
Teinture de cantharide 75 —
Mélangez exactement.
Onguent ?'e'so/u/(/'(Trasbot).
Onguent vésicatoire Lebas > ^ .• , ,
° 1111 j aa parties égales.
— mercunel double ) ^ °
Mélangez très exactement.
PREPARATIONS RÉSOLUTIVES. 3bl
Alcool camphré.
Camplire 100 grammes.
Alcool à 90° î*00 —
SaL'on camphré .
Savon .
ââ 1 gramme.
Camphre
Alcool 8 grammes.
Dissolvez.
En frictions contre le rhumatisme.
Savon camphré.
Savon blanc 90 grammes .
Carbonate de potasse 4 —
Alcool camphré 250 —
Dissolvez,
Frictions résolutives.
Pommade fondante.
lodure de plomb 1 gramme.
Axonge 8 grammes,
Contre les ganglions de l'auge et les tuméfactions peu douloureuses (Reynal).
Teinture fondante.
Alcool ordinaire 100 grammes.
Huile de croton 8 —
Mêlez et agitez.
Contre les molettes et tumeurs indolentes.
Teinture résolutive.
Sel ammoniac 15 grammes.
Vinaigre fort 125 —
Alcool camphré 13 —
Dissolvez le sel dans le vinaigre et mélangez avec l'alcool camphré.
En frictions contre les tumeurs indolentes.
Pommade résolutive.
Mercure coulant 16 grammes .
Pommade de laurier 24 —
Essence de térébenthine 32 —
Cantharides pulvérisées 10 —
Incorporez le mercure à la graisse, ajoutez la poudre de canlharide et enfin l'essence.
Contre les exosloses.
Sii'i RÉVULSION. RÉVULSIFS.
3° Révulsion. Révulsifs. — Les révulsifs sont des irritants ou inflammatoires qu'on emploie pour provoquer l'apparition de phleg-masies superficielles, bénignes, destinées à améliorer ou à arrêter par la voie réflexe les maladies inflammatoires qui ont leur siège dans les organes profonds.
L'action thérapeutique qui consiste à faire disparaître une inflammation naturelle, profonde, par une inflammation artificielle, superficielle, c'est la révulsion d'Hippocrate. Dans le langage du père de la médecine, faire révulsion signifiait : arracher le mal, l'attirer au dehors, ou mieux, le transporter vers une partie où sa présence est moins nuisible.
La révulsion est basée sur des faits d'observation. En effet, dès les premiers temps de la médecine, on a reconnu que certaines maladies phlegmasiques pouvaient disparaître brusquement au moment où, sur la peau ou sur la muqueuse intestinale, apparaissait un état congestif accompagné d'une suractivité sécrétoire (crise des anciens) ; qu'elles pouvaient quelquefois changer de place et se transporter d'une région dans une autre région (métastase) ; ou qu'elles s'évanouissaient au moment où une nouvelle maladie envahissait l'organisme. Elle s'appuie aussi sur cet autre fait physiologique, déjà signalé par Hippocrate : Quand deux douleurs coexistent dans l'économie animale, la plus forte fait taire la plus faible.
Dans la méthode révulsive, le problème à résoudre est le suivant : Une maladie grave d'un organe interne étant donnée, produire artificiellement , dans u?i j)oint du corps moins important, une lésion plus énergique et moins dangereuse, afin d'éteindre ou d'atténuer la première.
On distinguait autrefois la dérivation et la ?^évulsion. La première dénomination était réservée, par Galien, à l'action irritante artificielle pratiquée au voisinage de la partie malade, tandis que le terme de révulsion était employé pour désigner l'action irritante qui était exercée sur un point opposé à celui où existait l'organe malade. On a complètement abandonné cette distinction aujourd'hui. Ainsi, dans le remarquable ouvrage de Trousseau et Pidoux, la révulsion et la dérivation sont confondues et forment la médication irritante transpositive. Pour nous, tous ces termes sont synonymes, et nous les emploierons indifleremment l'un ou l'autre.
î^a révulsion peut être produite sur la surface cutanée (révulsion