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386 CANTHARIDES. — CANTIIARIDINE.

temps en place; dans ce cas, il reste presque toujours des indurations du tissu cellulaire ou une adhérence exagérée entre la peau et les parties sous-jacentes. Un phénomène consécutif à l'emploi des trochisques, qui se présente assez fréquemment, consiste dans la chute de l'épiderme et parfois aussi des poils de la partie lésée; mais cette dépilation n'est jamais que momentanée.

Emploi thérapeutique. — On emploie les vésicants à titre de résolutifs, de substitutifs et de dérivatifs.

Comme ag-ents résolutifs et substitutifs, ils favorisent la diapédèse, activent la phagocytose qui détruit les microbes pathogènes et sont en général indiqués contre les engorgements aigus eichroniques, les névralgies, \erhumatisme, les plaies atoniques, de mauvaise nature, etc.

Conwie dérivatifs, ils sont indiqués lorsque l'effet doit durer long-temps, et surtout quand on veut provoquer une abondante suppuration pour dégager un org-ane profond. Quand on en fait usag-e pendant longtemps, pour provoquer la suppuration, on fait de la médication spoliatrice, qu'on [)Ourrait encore appeler médication anémiante. La suppuration prolong-ée et abondante adaiblit l'animal ; celui-ci maig-rit, son sang- diminue de quantité, s'appauvrit en g-lobules; et comme ce fluide tend constamment à se reconstituer et à reprendre ses caractères normaux, il attire activement les liquides épanchés. Sous l'influence de cette résorption des jjroduits patholog-iques, les engorgements inflamnjatoires diminuent de volume, puis disparaissent.

Gantharides. — Gantharidine.

Les cantharides [Lytta ou Canlharis vesicatoria) sont des

insectes vésicants du groupe des Coléoptères. Elles se montrent

vers la fin de mai et le courant de juin sur le frêne, le lilas, le

chêne et quelquefois le saule et l'orme, dans la partie méridionale

"^ ^"^ de l'Europe, surtout en France, en Espagne et en Italie. ''^^2: ' '''

Desséchées et telles qu'on les trouve dans le commerce, les X^ko^'^'^ ' cantharides sont légères, friables et se réduisent aisément en une poudre grisâtre parsemée de points verts dorés, débris des élytres et des pattes. Entières ou pulvérisées, elles exhalent une odeur forte, désagréable, qu'on a comparée à celle de la souris; leur saveur est d'abord amère, puis chaude et enfin acre.

Pour conserver les cantharides sèches, entières, ou en poudre,

CANTHARIDES. — CaNTIIARIDINE. 3b7

il est nécessaire de les enfermer dans des vases bien clos et exempts d'humidité. Elles deviennent souvent la pjiîia d'une espèce de mite [Anthreniis tnusœorum) et perdent alors à peu près complètement leur activité. Pour empêcher le développement de ce parasite, il faut placer dans les bocaux à cantharides. un peu de camphre, du carbonate d'ammoniaque ou encore du mercure métallique.

D'après Robiquet, les cantharides renferment les principes suivants : ca?it/iaridi?ie, huile volatile, huile verte, tnatière noire et matière jaune, les acides forniique, acétique, urique, phosphorique, des phosphates de chaux et de magnésie.

Les cantharides doivent leur activité à la cantharidine et à V huile volatile.

La cantharidine (G"^H'-0^) est une substance cristallisée en petites paillettes blanches, micacées, inodores et d'une saveur excessivement acre et irritante. Elle est volatile, insoluble dans l'eau, l'éther de pétrole et le sulfure de carbone, peu soluble dans l'alcool froid, soluble dans 34 parties d'éther, dans 68 parties de chloroforme, dans les essences, les corps gras, la plupart des acides et des alcalis. Elle est sans action sur le papier de tournesol et ne forme pas de sels avec les acides. Avec les alcalis, elle forme des sels cristallisables, des cantharidates. Elle est contenue dans les cantharides de bonne qualité dans la proportion de i p. 200 ou 1 p. 250, c'est-à-dire qu'il faut 200 à 250 grammes de cantharides pour obtenir 1 gramme de cantharidine.

Effets physiologiques. — Appliquées en frictions sur la peau intacte, les préparations cantharidées déterminent une cong-estion intense, une élévation de la température locale, une forte cuisson et enfin une formation de vésicules par suite de l'accumulation de sérosité entre la couche profonde et la couche superficielle de l'épiderme. La cuisson porte les anitnaux à se gratter, à se frotter aux corps environnants : on doit les mettre dans Vi?npossibilité de le faire, en les fixant convenablement. Les vésicules apparaissent en général dans l'espace de six à douze heures. Elles sont d'abord pleines d'une sérosité limpide, citrine, qui devient ensuite trouble et souvent sanguinolente. Le liquide exsudé renferme des sels analogues à ceux du sérum du sang-, de l'albumine, de la fibrine, des globules blancs et quelques globules rouges.

Dès que les phlyctènes ont paru, la douleur et le prurit diminuent d'intensité; le derme mis à nu est gonflé, rouge et très

'tf^H^'

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sensible. Si on ne détruit pas les vésicules, elles se dessèchent, forment des croûtes qui tombent après huit ou dix jours en entraînant les poils et en laissant une surface épidermique nouvelle, sur laquelle les poils repoussent avec leurs caractères normaux. L'action vésicante produite par les cantharides est intense chez le cheval et le chien, un peu moins prononcée chez les ruminants et lég^ère seulement chez le porc. Pour augmenter leur activité vésicante, on y ajoute de la poudre d'euphorbe, de Thuile de croton tiglium ou du tartre stibié.

Si, sur la surface enflammée par l'application de préparations cantharidées, on fait de nouvelles applications, la surface sécrète activement du pus de bonne nature, le derme s'ulcère sur une grande profondeur, les follicules pileux sont altérés ou détruits, la cicatrisation est lente et, lorsqu'elle est achevée, il reste une surface sur laquelle les poils ne repoussent plus et qui représente une tare indélébile.

Sur les plaies et les ulcères, les préparations de cantharides

activent l'inflammation et modifient favorablement la suppuration.

Déposées dans le tissu conjonctif, elles ont une action destructive

/ ,^v^^/' énerg-ique. Les séU^ns animés par la pommade cantharidée [)ro-

duisent des eng-org-ements énormes qui quelquefois se g-an-

uÀ^u^ic,-^ g-rènent. 11 faut donc en user avec beaucoup de ménagements.

L'action inflammatoire est encore plus prononcée sur les muqueuses. Quand les animaux lèchent les préparations cantharidées appliquées sur une partie extérieure du corps, la muqueuse buccale s'enflamme, devient le siège d'une douleur brûlante; il se produit aussi une forte salivation, une g-rande difficulté de la déglutition, puis surviennent les effets généraux.

h" absorption des principes actifs des cantharides peut se faiie par toutes les surfaces, même par la peau. On a constaté en effet que le liquide renfermé dans les vésicules contient de la cantharidine. Celle-ci produit rarement des accidents après l'application cutanée, à moins qu'on n'ait fait des frictions trop fortes ou trop étendues. Les accidents d'empoisonnement sont, au contraire, fréquents après l'introduction des cantharides dans le tube digestif, où l'absorption est rapide.

La cantharidine s élimine principalement par Vurine et communique à ce liquide des propriétés irritantes pour les voies qu'il traverse, c'est-à-dire pour les reins, la vessie et le canal de l'urètre.

CANTHARIDES. — CANTIIARIDINE. 389

Administrées à très faible dose, les cantharides activent l'appétit, accélèrent la digestion, améliorent momentanément la nutrition, augmentent l'excitabilité des organes génito-urinaii'es et produisent une diurèse assez abondante.

A doses plus fortes, ces insectes produisent une sensation de brûlure dans la bouche et la gorge, une douleur vive dans la rég:ion de Testomac, de la salivation, du ténesme et des défécations hâtives chez tous les animaux, des vomissements chez les carnivores et les omnivores, de la dysurie, une ardeur brûlante des org-anes sexuels, toujours plus marquée chez les mâles que chez les femelles.

A doses très fortes, les symptômes précédents sont plus intenses : on observe alors une dysurie quelquefois extrême ; l'urine estrare, sanguinolente et albumineuse ; les testicules se rétractent et leurs cordons sont douloureux; le pénis devient le siège d'un priapisme continu ou intermittent, qui produit quelquefois l'inflammation de cet organe ; le clitoris se contracte ; la plupart des animaux donnent des signes d'ardeur vénérienne ; les excréments sont rendus fréquemment et sont sanguinolents ; il y a un ténesme atroce. Les animaux sont dans une grande agitation ; la respiration est accélérée, les mouvements du cœur sont plus nombreux et plus forts ; les muqueuses sont rouges, et la température rectale est très élevée. Ces phénomènes d'excitation et de fièvre cessent après un certain temps ; puis surviennent desphénomènes inverses ; un abattement général, une respiration lente, pénible et fétide, un abaissement de la température de la peau, surtout des extrémités ; des sueurs froides exhalant l'odeur de souris, des tremblements musculaires, des convulsions, la paralysie des membres postérieurs chez les chiens, de l'immobilité, de l'assoupissement, une station chancelante, puis la chuté sur le soi et la mort sans agitation.

Certaines espèces animales n'éprouvent aucun mauvais effet après l'administration de cantharidine ; ce sont: la poule, le hérisson et la grenouille.

.4 t'autopsie des animaux qui ont succombé à l'action de la cantharide, on trouve les lésions suivantes : inflammation gastrointestinale caractérisée par des ecchymoses, une congestion très vive, des vésicules, des ulcérations disséminées sur la muqueuse ; inflammation parenchymateuse des reins; inflammation de la muqueuse de la vessie ; les uretères sont toujours sains ;

390 CANTHARIDES. — CANTHARIDINE.

souvent aussi il y a congestion des synoviales articulaires. Antidotes. — Si les cantharides ont été ingérées, il faut hâter leur expulsion en administrant un vomitif chez les carnivores et les omnivores et un laxatif chez les herbivores. En outre, on administrera abondamment des boissons albumineuses, gom.meuses, mucilagineuses, farineuses, mais non huileuses, parce que les corps gras dissolvent la cantharidine et facilitent son absorption. Quand l'absorption est déjà effectuée et que Tempoisonnement se poursuit, il faut employer les mucilagineux et le camphre pour calmer lesorg-anes g-énito-urinaires et des boissons alcooliques pour soutenir les forces des malades.

Indications thérapeutiques. — 1° .1 Vextérieur, les préparations cantharidées sont employées pour produire la dérivation, la révulsion, la substitution et la résolution.

Gomme dérivatifs et révulsifs, elles conviennent surtout quand on veut obtenir un effet vésicant lent, durable et persistant. On les emploie surtout dans les maladies de poitrine, principalement les pleurésies, les péricardites, les péritonites, les maladies articulaires, etc.

Comme substitutifs, on emploie avantageusement les préparations cantharidées en application sur les plaies contuses, les plaies saîiieuses, les plaies articulaires ; on en fait des injections dans les fistules de mauvaise nature; on les applique sur le bourj^'-^U/Ce £Êle* P*^"^ accélérer et rég-ulariser la poussée de la corne, et sur ««J**«^ ■ '^^^ régions qui sont en voie d atrophie pour rétablir la nutrition normale. Avec des frictions de teinture de cantharide, on obtient aussi de bons résultats dans X alopécie; elles favorisent la pousse des poils.

Comme résolutif, la cantharide est employée sur la plupart des tuméfactions chroniques et aiguës, telles que phlegmons, engorgements glandulaires, lymphatiques, sanguins, hygromas, tumeurs molles articulaires et tendineuses. On fait aussi des frictions cantharidées contre les douleurs rhumatismales des articulations.

A titre d'antigaleux, la pommade cantharidée donne de bons résultats en alternant les frictions avec des bains sulfureux (Brusasco).

2° A rintérieur, les divers effets excitants exercés parla cantharide sur la digestion, la sécrétion urinaire et l'appareil génital ne trouvent guère d'applications thérapeutiques. On possède en effet d'autres substances qui agissent aussi favorablement surces

CANTHARIDES. — CANTHARIDINE. 391

différentes fonctions sans offrir les mêmes dangers. On ne doit g'uère les employer à l'intérieur que pour exciter les fonctions g-énitales chez le mâle indolent et même, dans ce cas, vaut-il mieux faire usage des sels d'yohimbine (Voir Aphrodisiaques).

Doses thérapeutiques.

Poudre. Teinture.

Cheval Oei-,oO à 2 gr. 10 gr.

Bœuf 2 à4— 20-

Mouton, porc, chèvre 06^,20 à 0s^60 2 gr.

Chien 0gr.05 à OsMO 0&r,25 à 1 —

Chat OP',01 à Os'-.Oo Qs^.Qo à O^M

Ces doses peuvent être répétées deu.x fois par jour. 'L'administration se fait en pilules, bols, breuvages ou dans des tranches de pain.

Doses toxiques.

Poudre.

Cheval 13 grammes.

Bœuf 30 —

Mouton 3 —

Chien 3à4 —

Préparations.

1° Poudre de caniharides.

Elle sert de base à une foule de préparations vésicantes.

2° Teinture de canl/taride .

Cantharides pulvérisées .50 grammes.

Alcool à 70° q. s.

Faites par lixiviation 300 grammes de teinture {Codex, 1908.)

3° Huile canfharidée.

Poudre de cantharides Ià3 grammes.

Huile d'olive 10 —

Faites digérer au bain-marie pendant six heures en vase clos, agitez souvent, passez et filtrez.

4° Onguent vésicatoire (Lebas).

Cantharides pulvérisées, 6 grammes.

Euphorbe pulvérisée 2 —

Poix noire et poix résine aa 4 —

Cire jaune 3 —

Huile d'olive 12 —

Faites fondre la poix, la résine et la cire ; ajoutez l'huile grasse et incorporez les cantharides et l'euphorbe en remuant le mélange jusqu'à complet refroidissement.

392 CANTHARIDES. — GANTHARIDINE-

5° Onguent vésicaloire (Codex).

Gantharides en poudre demi-fine, tamis n" 15. 600

Euphorbe en poudre 200

Poix noire 400

Colophane 400

Cire jaune 300

Huile de vaseline 1 000

Divisez la cire, écrasez la poix et la colophane; faites fondre ces trois substances à la plus basse température possible ; ajoutez la moitié de l'huile, en remuant continuellement la masse, puis la poudre d'euphorbe. Faites digérer au bain-marie pendant quatre heures en agitant de temps en temps. Passez à travers une tarlatane. Laissez refroidir à demi, ajoutez peu à peu la poudre de cantharide préalablement délayée dans le reste de l'huile, en ayant soin de remuer la masse jusqu'à refroidissement.

6° Onguent vésicatoîre mercuriel.

(Onguent résolutif.)

Onguent vésicaloire ( ^ „ „

Mercure ( "'* ^ • ^•

Éteignez le mercure dans l'onguent vésicatoire et mélangez très exactement.

7° Onguent vésicaloire non dépilant (Coculet).

Onguent vésicatoire / ^ ...

Pommade mercurielle | - 200 grammes.

Suie de cheminée 100 —

Poudre Je cantharides 15 —

Cet ong-uent peut être appliqué plu.sieurs fois sur la même rég-ion sans altérer les follicules pileux..

8" Pommade cantharidée.

Cantharides pulvérisées 32 grammes.

Axonge 280 —

Cire jaune 64 —

Faites digérer les cantharides dans la graisse fondue, passez avec expression et ajoutez la cire pour donner plus de consistance.

9° Pommade vésicanle pour le 6œM/'(Fergusson).

Cantharides pulvérisées 125 grammes .

Huile de croton tiglium 7 —

Essence de térébenthine 31 —

Axonge 500 —

Mêlez et faites un onguent.

10° Collodion caniharidé.

Épuisez dans un appareil à déplacement 25 parties de poudre de cantharides avec un mélange de 25 parties d'éther sulfurique et de 5 parties d'alcool ; puis dissolvez dans la liqueur ainsi obtenue 1 partie de fulmi-coton.

EUPHORBE (gomme-Résine d'). 393

Cardol.

Le cardol est un extrait éthéré et alcoolique des graines de XAnacardium occidentale ei de VAnacardium orien^a/e, plantes de la famille des Térébinthacées qui croissent dans les Indes.

Le cardol se présente sous la forme d'un liquide brun épais, à odeur caractéristique, insoluble dans l'eau, mais très solubledans l'alcool, l'éther, la benzine et les huiles grasses.

Il jouit de propriétés vésicantes très prononcées. Il présente sur les cantharides l'avantage de ne pas être absorbé et, par conséquent, de ne pas déterminer d'accidents d'empoisonnement.

Euphorbe (Gomme-Résine d').

(Gummi Euphoi'bia.)

En pharmacie, on donne le nom d'Euphorbe au suc concrète et desséché de ï Euphorbia resinifei^a (Berg.), plante de la famille des Euphorbiacées qui croît spontanément en Afrique, en Arabie, aux îles Canaries, aux Indes.

Dans le commerce, cette substance se présente sous forme de larmes ou de poudre.

L'Euphorbe renferme les principes suivants : résine, euphorbone, essence, cire, malate de chaux, gomme et ligneux. ""

La résine ou euphorbine C''^''H '^0* et Veuphorbone G2"H**0^ principes actifs de l'euphorbe, forment environ la moitié en poids de sa masse. Mise en contact avec les dissolvants, la gomme-résine d'Euphorbe cède à l'eau 1/7 de son poids, 1/4 à l'alcool et les 3/5 à l'éther.

Effets. — L'euphorbe produit sur la peau du cheval des effets vésicants plus prompts, plus énergiques, mais moins persistants que ceux engendrés par les cantharides. Elle produit, en même temps qu'une action vésicante, un effet escarrotiqae, ce qui explique à la fois son action peu prolongée et la destruction fréquente des bulbes pileux. La teinture d'euphorbe détermine une vésication prompte, assez énergique, mais qui n'entraîne jamais la destruction de la racine des poils ; c'est donc une bonne préparation. Par contre, la pommade et les autres préparations à excipients gras ou résineux altèrent la peau sur une plus grande épaisseur,

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394 EUPHORBE (GOMME-RÉSINE D')- Aû/f^

détruisent souvent les follicules pileux et exposent à tarer les animaux (Boiteux et Tabourin).

Toutefois, en raison même de ses vertus vésicantes exagérées, l'euphorbe convient très bien pour la confection de Tong-uent vésicatoire, qui est destiné à agir sur la peau épaisse et peu sensible du bœuf. En outre, lorsqu'on a quelques raisons de craindre l'absorption de la cantharidine, on peut aisément confectionner un excellent vésicatoire avec l'euphorbe et le g-arou, à l'exclusion des cantharides.

L'euphorbe, introduite dans le tube digestif, agit comme un XK/yQ^^t ^''■^ éméto-cathartique des plus énergiques chez les carnivores. D'a- 0 près Orfila, le chien meurt dans l'espace de vingt-quatre heures,

au milieu des plus vives douleurs avec la dose 12 à 16 grammes; 8 grammes introduits dans le tissu cellulaire delà cuisse d'un animal de cette espèce ont suffi pour amener le même résultat le deuxième jaur, sans avoir déterminé de désordres locaux bien notables. Chez les grands animaux, elle agit comme un violent ^^(S. e-^i^ drastique et produit la mort à la dose de 60 grammes.

-^V/ Indications. — A cause de l'action irritante si énergique, l'eu-

phorbe n'est pas indiquée à l'intérieur. Tout au plus pourrait-on l'employer sur certaines muqueuses pour provoquer quelques phénomènes réflexes ; ainsi dans l'asphyxie, la syncope, on l'insuffle dans les cavités nasales pour réveiller par action réflexe le cœur et la respiration. Vallon l'a introduite avec succès dans l'urètre pour provoquer l'émission de l'urine, lors de la rétention de ce liquide chez le cheval.

.4 l'extérieur, l'euphorbe est employée généralement associée aux cantharides pour provoquer une vésication énergique ayant pour but de produire une révulsion ou la résolution d'un engorgement local. Il faut toujours faire les frictions avec modération et empêcher les animaux de se lécher.

Préparations.

1° Pommade d'euphorbe.

Euphorbe pulvérisée 2 grammes.

Axongo 32 —

Incorporez.

2° llnile ou linimenl d'euphorbe.

Euphorbe 15 grammes .

Huile grasse 1 kil .

Faites digérer pendant huit jours et passez à létamine.

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