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ACIDE ACÉTIQUE. — VINAIGRE

Indications thérapeutiques. — A /Intérieur, le vinaigre remplit les mêmes indications que les autres acides. La propriété qu'il a de favoriser la dig-estion gastrique et d'arrêter les fermentations le recommande dans les cas d'indigestion gazeuse, d'obstruction du feuillet, de mêtêorisation périodique, etc. Il est avantageux aussi pour combattre les empoisonnements par les alcalis caustiques, parce qu'on le trouve partout et qu'il forme des sels inoffensifs qui deviennent même légèrement purg-atifs.

Dans les maladies intlammatoires, le vinaig-re n'a d'autre effet utile que de calmer la soif et de rendre la bouche moins sèche et moins pâteuse.

Employé en lavements, le vinaigre excite les contractions de l'intestin et peut avoir son utilité dans le cas d'obstruction intestinale.

Les vapeurs de vinaigre, produites eu versant ce liquide sur un corps métallique chaud, agissent comme désinfectantes ; on utilise cette propriété contre les catarrhes infectieux, la pneumonie gangreneuse, le croup, etc.

Ces vapeurs excitent vivement les surfaces muqueuses, ce qui les recommande aussi en inhalation contre les syncopes et l'asphyxie, etc.

Le vinaigre chaud est un rubéfiant, un réi-u/s if précieux contre les maladies inflammatoires internes au début. On trempe un drap dans du vinaigre bien chaud, et on en entoure complètement le corps de l'animal ; par-dessus, on applique une couverture de laine. La peau ne tarde pas à se congestionner, à s'échaulîer; il se produit de la dîaphorèse et une révulsion extériew^e très puissante.

On l'associe soit à des teintures, soit à des plantes aromatiques pour faire des applications dans les cas de mammite.

L'action désorg-anisatrice du vinaigre sur les cellules organiques est utilisée pour exciter etlubréfier les plaies de mauvaise nature, pour détruire les cancroidcs, les papillomes, etc.

IL jouit aussi de propriétés antiparasitaires et est employé contre les poux et contre les oxyures du rectum.

Les principales préparations à base de vinaig-re sont les suivantes :

1° Oxycrat.

Vinaigre fort 1 gramme.

Eau commune 10 grammes.

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£° Oxymel simple.

Bon vinaigre 1 gramme .

Miel ordinaire 2 grammes .

Délayez le miel dans le vinaigre : faites cuire à feu ménagé jusqu'à consistance de sirop, et passez dans un linge clair.

11 est employé à la dose de 100 à 200 grammes par litre d'eau ou de décoction émolliente pour faire des boissons ou des breuvages acidulés et béchiques.j •' l j^(\

3" Vinaig

Vinaigre de vin 1 gramme.

Eau-de-vie ordinaire 1 —

Mélangez et dissolvez dans suffisante quantité d'eau, tant pour l'usage interne que pour l'usage externe.

Doses. — La quantité d'oxycrat qui peut être administrée aux divers animaux est indiquée par le tableau suivant :

1» Grands ruminants oOO à 1000 grammes.

2° Solipèdes 2S0 à 500 —

3° Petits ruminants et porc 30 à 100

4" Carnivores 5 à 15 —

Ces doses peuvent être, selon les exigences des cas, répétées plusieurs fois dans le courant d'une même journée.

Vésicants.

Les vésicants sont des irritants qui provoquent entre le derme et l'épiderme l'accumulation de sérosité et la formation d'ampoules analog-ues à celles que produisent les brûlures superficielles. Ils ne se disting-uent des rubéfiants que par leur degré d'activité.

Principaux vésicants. — Les agents vésicants principaux sont: la chaleur, l'électricité, les acides minéraux concentrés, les alcalis caustiques, plusieurs sels métalliques, l'émétique, l'ammoniaque, certaines essences, certaines huiles g-rasses comme celle de croton tig-lium, l'euphorbe, l'écorce de garou, les racines de thapsia, d'ellébore, et enfin la cantharide, qui est l'ag-ent le plus usité.

Effets communs aux différents vésicants. — On disting-ue

les elîets immédiats ou primitifs et les effets consécutifs (M. Tabourin).

1° Effets primitifs. — On peut reconnaître dans les effets des vésicants trois périodes distinctes : une de rubéfaction, une de vésication et une de suppuration.

a. Durant la première heure de son application, un topique vésicant développe les mêmes efîets qu'un rubéfiant, c'est-à-dire qu'il détermine de la douleur, de la rougeur, de la chaleur, et enfin une tuméfaction plus ou moins intense du derme.

h. Après un temps d'application variant beaucoup suivant les animaux, mais qui est compris généralement entre six et vingtquatre heures, les médicaments vésicants déterminent entre le derme et l'épiderme la production d'une sérosité albumino-fibrineuse analogue à celle que provoquent les brûlures, et amènent la formation d'ampoules ou phlyctènes caractéristiques. D'abord très petites, nombreuses, disséminées çà et là sans ordre, ces petites vésicules s'agrandissent peu à peu à mesure que le contact du topique se prolonge, et finissent, en s'élargissant, par se réunir en une seule ampoule de l'étendue de l'application vésicante. La sérosité qui les gonfle, d'abord peu abondante et claire, de nature albumineuse, s'épaissit de plus en plus et devient fibrineuse à mesure qu'elle prend de la consistance. Au début, ce liquide tend à transsuder à travers l'enveloppe qui l'emprisonne : mais l'épiderme s'imbibant de sérosité devient opaque, s'épaissit et forme dès lors une barrière infranchissable aux produits sécrétés, d'autant plus que ces derniers acquièrent de la consistance.

c. Si, après le développement des phlyctènes, on se contente d'en évacuer le contenu par une petite ouverture et sans enlever l'épiderme, comme cela se pratique dans ce qu'on appelle un vésicatoire volant, les désordres sécréloires cessent bien vite, et la couche épidermique ne tarde pasà se réunir de nouveau au derme. Mais si, au lieu de procéder ainsi, on enlève les phlyctènes de manière à mettre le derme à nu, le contact de l'air sur cette face dénudée, très sensible et vivement enflammée, change le caractère des sécrétions qui ont lieu jusqu'alors, et à la place de la sérosité on obtient du pus de bonne nature et plus ou moins abondant. En appliquant pendant un certain temps des préparations irritantes sur cette plaie accidentelle, qu'on appelle un exutoire, on entretient une suppuration plus ou moins durable ; sans cette précaution, la plaie ne tarderait pas à se fermer en se cicatrisant.

384 VËSICANTS.

Tels sont les phénomènes les plus habituels de la vésication sur une peau peu épaisse, comme celle de l'homme, du chien, du mouton, et celle qui entoure les ouvertures naturelles chez les grands animaux. Mais sur la peau épaisse du cheval, du bœuf et du porc, la vésication offre d'autres caractères. D'abord, il faut qu'elle présente une assez grande intensité pour entamer le cuir épais de ces animaux; les cantharides elles-mêmes, ce type admirable des vésicants, sont souvent insuffisantes, et il faut presque toujours le secours d'un vésicantescarrotique, comme l'euphorbe, pour amener une action assez énergique. Quoi qu'il en soit, on peut disting-uer deux périodes dans la vésication intense de la peau des grands lie?'blvores.

Dans la première, qui dure de un à trois jours, l'épiderme est soulevé par de la sérosité ; celle-ci suinte à travers les tissures qui se forment dans l'épiderme et se concrète sous forme de larmes jaunâtres, comme gommeuses. Dans la seconde période, beaucoup plus longue, la sérosité est remplacée par un pus de bonne nature, quand la vésication est régulière, et par un pus sang'uinolent, lorsque la vésication est accompagnée d'une action escarrotique.

En médecine vétérinaire, on n'emploie jamais que des vésicatoires temporaires ou volants. 11 y aurait, en effet, un inconvénient fort g-rave à entretenir un vésicatoire suppurant sur la peau du cheval, pendant quelques jours seulement, car la suppuration finit par altérer sa texture à une certaine profondeur, et, par conséquent, par détruire les bulbes pileux et amener une tare indélébile, ce qu'il faut éviter avec le plus grand soin, pour ne pas diminuer la valeur des animaux.

L'épiderme soulevé par la suppuration ainsi que les croûtes doivent être enlevés. • / r ■•^.

Indépendamment de ces effets locaux, les vésicants provoquent souvent, surtout chez les petits animaux, et sur ceux des grandes espèces qui sont jeunes ou irritables, une fièvre de réaction plus ou moins intense, mais rarement prolongée, à moins qu'elle ne soit entretenue par l'absorption du principe actif des vésicants, comme on le remarque parfois avec les cantharides.

Si, au lieu d'appliquer les vésicants sur la peau, on les introduit dans le tissu conjonctif sous-cutané, on obtient des effets qui sont analog-ues au fond, mais qui se présentent sous un tout autre aspect, à cause de la position du point irrité et de la manière

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dont se déposent les produits exsudés. La présence d'un corps irritant sous le tégument y détermine bientôt une inflammation vive et la formation d'un eng-orgement plus ou moins étendu. La sérosité albumineuse qui se forme, ne pouvant se faire immédiatement jour au dehors, s'infiltre dans l'intérieur des tissus et leur communique une consistance anormale; mais, quand l'air peut pénétrer dans la plaie, il s'établit une suppuration abondante autour du corps irritant, et les produits sortent à mesure qu'ils se forment, si l'ouverture est déclive. Dès lors la douleur et la fluxion disparaissent, et l'engorgement diminue graduellement, comme s'il fondait sous l'influence de la suppuration.

2° Effets consécutifs. — Les effets consécutifs des vésicants varient un peu selon qu'ils suivent un vésicatoire volant, unvésicatoire fixe ou un trochisque. Il est nécessaire de dire quelques mots de chacun de ces cas :

a. Quand on réapplique l'épiderme soulevé parTampoule sur le derme, après avoir évacué la sérosité, ces deux couches de la peau ne tardent pas à se souder entre elles intimement. Cependant cette adhésion n'est jamais que momentanée, et, quand tous les l^hénomènes inflammatoires ont entièrement disparu, l'épiderme recollé s'exfolie peu à peu et finit par disparaître entièrement,

souvent en entraînant les poils qui le traversent. Cette chute épi- . , . , . i.c\x dermique est toujours accompagnée d'une vive démangeaison qui porte les animaux à se gratter. }r\ ^<^6^.A/VL- o r^,^v*1LCvv'a.c

b. Lorsque l'épiderme a été enlevé et que le derme a été mis entièrement à nu, l'application de nouvelles préparations irritantes provoque la suppuration. Quand celle-ci cesse, la surface dénudée tend rapidement à la cicatrisation; la plaie se dessèche, et > les produits qu'elle excrète s'enlèvent par écailles furfuracées jusqu'à ce que l'épiderme soit reformé. Dans quelques cas, les poils qui étaient tombés pendant la vésication repoussent avec leur couleur primitive, et toute trace de lésion disparaît; mais il arrive souvent que la cicatrice reste nue et qu'une tare indélébile en est le résultat. Cet accident arrive surtout lorsque l'application vésicante est restée trop longtemps en place et que le derme a été profondément attaqué parla suppuration. 11 faut éviter autant que possible cet inconvénient grave, parce qu'il déprécie les animaux.

c. Les trochisques, étant placés sous la peau, laissent rarement des traces visibles, à moins qu'ils ne soient demeurés trop long-

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