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ADMINISTRATION PAR LA VOIE DIGESTIVE

Certains médicaments éprouvent des altérations ciiimiques dans l'estomac ou dans l'intestin, en présence des sucs dig-esUfs ou en présence de certains aliments, et peuvent perdre leurs propriétés physiologiques et thérapeutiques.

Il est nécessaire de tenir compte de ces considérations dans l'emploi interne des médicaments.

B. — Administration par la voie digestive.

La bouche et l'anus, qui sont les deux orifices naturels de la cavité dig-estive, peuvent être choisis l'un et l'autre pour l'introduction des médicaments.

1" Administration par la bouche.

C'est par la bouche que les animaux prennent les aliments et les boissons. C'est aussi à cette voie naturelle qu'on songe d'abord lorsqu'on se propose d'administrer les médicaments. Certaines substances médicamenteuses sont prises naturellement, soit seules, soit mélang-ées aux aliments et aux boissons ; mais un grand nombre impressionnant désag-réablement les sens de l'odorat et du g-oùt sont réfusées obstinément. C'est pour administrer ces dernières qu'il y a lieu d'employer quelques artifices ou quelques procédés spéciaux.

Les principaux modes d'administration sont : le g-arg-arisme, le nouet ou mastigadour, la boisson médicamenteuse, l'aliment médicamenteux, les bols, pilules, granules et le breuvag-e.

A. — Gargarisme.

On donne le nom de g-arg-arisme à tout liquide médicamenteux qu'on fait arriver dans la bouche pour remédier à des altérations locales de lamuqueuse buccale. Ce mot s'applique non seulement à la préparation, mais aussi à ce mode spécial d'administration.

Dans l'administration du g-arg-arisme, on doit éviter, autant que possible, la déglutition du liquide administré. En général, celui-ci doit agir exclusivement sur la muqueuse de la bouche et ne pas arriver dans l'estomac et l'intestin.

Pourg-argariserla bouche d'un grand animal (solipède, bovidé), un aide produit l'écartement des rnàchoires à l'aide d'un pas-

8 NOUET OU MASTIGADOUR.

d'âne ou en tirant la lang-ue au dehors et de côté vers Tune des commissures des lèvres ; l'opérateur introduit alors dans la bouche la canule de la seringue contenant le liquide et dirige le jet dans différents sens pour atteindre les divers points de la muqueuse. Dans ces conditions, l'animal ayant les mâchoires plus ou moins écartées ne peut pas déglutir; le liquide injecté dans la bouche s'écoule en totalité au dehors.

A défaut de seringue, on se contente souvent d'imprégner du liquide médicamenteux un tampon d'étoupe ou de linge, fixé au bout d'un bâtonnet, et de le promener sur les points malades.

Chez les petits ruminants, le porc et le chien, l'écartement des mâchoires s'obtient soit en les tirant avec les deux mains, soit en engageant dans la bouche un morceau de bois ou en pressant avec les doigts les joues sous les arcades dentaires. On pousse alors le liquide sur les points malades avec une seringue, ou bien on le laisse simplement couler à leur surface, ou encore on les touche avec un tampon imprégné du liquide médicamenteux. Il faut éviter de trop soulever l'extrémité de la tète pour empêcher l'écoulement du liquide dans le pharynx et le larynx.

B. — NoUET ou MASTIGADOUR.

Ce mode d'administration consiste à maintenir un médicament solide ou pâteux longtemps en contact avec la muqueuse buccale, en le plaçant dans un nouet ou petit sac de toile fixé solidement dans la bouche. Très employé autrefois par les maréchaux et les hippiatrcs, ce mode d'administration est à peu près complètement délaissé aujourd'hui.

Chez les solipèdes, on attache solidement le nouet au mors d'un bridon ou d'un filet ; chez les grands ruminants, on ficelle le nouet sur un billot de bois, et, au moyen d'une corde fixée à chaque extrémité, on l'attache aux cornes ou au sommet de la tête comme une têtière.

Le médicament, ainsi disposé dans la bouche des animaux, traverse lentement l'enveloppe de toile, sous l'influence du jnâchonnement continuel, impressionne la muqueuse et provoque généralement, par action réflexe, une forte salivation. Si les médicaments ont un goût agréable, les animaux en déglutissent une partie ; dans le cas contraire, la presque totalité du médicament estrejeléc au dehors.

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