RACINE DE GENTIANE
Elle conlient : un glycoside amer cristallisé, la r/cnfiopicrine (G-"H'^"0'-), très soluble dans l'eau et lulcool, se dédoublant par l'ébullition avec une solution acide en gentiogénine (G'*H**0*) et sucre; du glycose, une matière colorante, de la pectine, de l'acide g-entianique (G**H"'0^), une faible proportion d'huile essentielle.
Effets. — Dans la bouche, la racine de gentiane a une saveur amère très prononcée et provoque par action réflexe une sécrétion active de salive. Dans l'estomac et l'intestin, elle excite légèrement la muqueuse, produit une certaine hyperémie très favorable à la mise en jeu des fonctions digestives; on voit en effet bientôt survenir une active sécrétion de suc g-astrique et des différents liquides qui se déversent dans l'intestin en même temps que des contractions plus énergiques dans la paroi musculeuse. Si le tube digestif est relâché, s'il y a atonie, on voit le relâchement disparaître sous l'influence de la g-entiane et l'intestin reprendre sa tonicité. La digestion étant plus active, plus complète, les animaux montrent un plus grand appétit. La gentiane s'oppose avec une certaine énergie aux fermentations qui se développent quelquefois dans le tube digestif, surtout dans l'estomac, et elle provoque assez souvent l'expulsion de vers intestinaux.
Des doses trop fortes ne favorisent pas la digestion, mais l'arrêtent.
La gentiopicrine exerce, comme la quinine, une action nocive sur l'hématozoaire du paludisme.
Après l'absorption du principe actif de la g-entiane, tous les tissus deviennent plus fermes et acquièrent une saveur amère.
L'élimination s'effectue par toutes les voies, même par le lait, qui prend une amertume caractéristique très prononcée.
Indications. — La racine de gentiane est indiquée dans Vatonie du tube digestif, dans Vanémie, dans Vl?iappéte7ice sans lésions organiques, comme on le remarque à la suite de certaines espèces de coliques, de diverses maladies fébriles épuisantes ; pour combattre la lycorexie, la suspension de la rumination, le ballonnement intermittent, les digestions difficiles, etc. C'est un médicament eupeptique ei tonique surtout très utile chez les ruminants. On peut l'utiliser à la place du quinquina pour combattre la fièvre paludéenne.
Contre-indications. — La gentiane ne doit jamais être administrée dans les maladies fébriles aiguës, quand la bouche est sèche et chaude, quand l'estomac est irrité ou enflammé.
!il8 MÉNYANTHE OU TRÈFLE D'EAU.
Doses. — La racine de gentiane constitue souvent un remède héroïque pour les atl'ections dig-estivos; mais on en abuse fréquemmentdans la ])ralique en l'administrant à troj) fortes doses. Vogel a observé, h la clinique de l'École vétérinaire de Stuttgard, que, lorsque les doses dépassent 15 à 20 grammes chez le cheval et le bœuf, on obtient souvent des ellets opposés à ceux que Ton attend. Buchheim et Eng-el ont constaté ég'alement que les amers à fortes doses, au lieu de favoriser la digestion, la gênent et môme la suspendent. Souvent aussi elle entrave la rumination à cause de sa saveur amère, qui répugne aux animaux.
Les doses ordinaires sont :
l'oudreou ti'intLii'c. Extrait.
Cheval 10 à 20 •çr. 2^1-.
Grands ruiiiiriaiits . 13 à 30 —
Mouton ff fliù\ Ti' o à 10 —
Chien OK'',.'i il 2 0b'',30 à OS'.iiO
Ghal ol volailles Os',2 à 1
Ces doses peuvent être administrées deux fois par jour.
Chez les petits animaux, on peut utiliser aussi le sirop à la dose de 10 à 20 grammes par jour.
La teinture de gentiane est ù 1/5 et se donne aux mêmes doses que la poudre.
Administration. — La poudre de gentiane en nature est la préparation la moins favorable à la digestion. Il vaut mieux faire usag-e de la teinture ou de Vextniit. Quand on fait usage de la poudre, il est utile de l'associer à des matières aromatiques ou salines pour en corrig-er la saveur. On la mélang-e au sel de cuisine, au fer, au quinquina, à l'anis, au fenouil, ou, ce qui est encore préférable, à Teau-de-vie ou au vin. Quand on emploie la gentiane pour combattre la fermentation acide de l'estomac, on doit l'associer à des sels alcalins^ qui absorbent l'excès d'acide.
MÉNYANTHE OU TRl^KLE d'eaU.
\Meiiijanthes trifoliala (Gentianées).]
Le trclle d'eau, qui croît dans les prairies hvmiides, renferme ini glycoside cristallisé, la iiiLniyanlhine C'^U'^'^O'*, très voisine de la g'entio]iicrine.
Cette plante amère est un succédané de la gentiane et s'emploie aux mêmes doses.
ACORE VRAI. 519
ACORE VRAI.
iCalamtis aromaticus L.)
C'est une plante des marais, de la famille des Aroïdées, qui croît dans la plus g-rande partie de l'Europe, mais surtout en Belg-ique, en Alsace, dans les Vosges, la Bretag-ne, la Normandie,
Son rhizome est la seule partie employée en médecine. Jl se présente dans le commerce en morceaux un peu tortueux, cylindriques ou aplatis, ayant de 1 à 3 centimètres de diamètre. Chaque morceau est marqué extérieurement, au niveau de sa face supérieure, de cicatrices velues, laissées par la base des feuilles et, sur sa face inférieure, d'une série de cicatrices un peu saillantes, provenant des racines et disposées suivant une ligne courbée en zigzag-. Ce rhizome, d'ordinaire rugueux et ridé, a une coloration brune, dégage une odeur aromatique très agréable et une saveur lég-èrcment amère. Quand on substitue au rhizome d'acore vrai celui de ïlris pseudo-acorus ou d'acore faux, la fraude est facile à reconnaître par l'absence d'odeur aromatique.
Le rhizome du Calanius aromaticus contient : une essence [essence de calamus) ; un g-lycoside, Vacorine (C^H'^O) ; un alcaloïde, la calamine, du tanin, de l'inuline et de la gomme.
L'essence de Calamus aromaticus est un liquide jaune brunâtre, d'une odeur fortement aromatique, d'une saveur amère.
Son action physiolog-ique a été étudiée récemment par MM. Cadéac et Meunier, qui lui ont reconnu des propriétés épileptisantes et tétanisantes très puissantes. La dose de 25 centig-rammes injectée dans les veines de chiens de 5 à 6 kilog^rammes suffit pour déterminer un accès d'épilepsie et de tétanos. A faible dose, elle n'est ({n'' excitante, elleaug-mente les forces sans déterminer l'ivresse.
Propriétés et emploi. — La racine de Calamus est un stomachique excellent, à la condition que le tube digestif ne soit pas irrité. Elle est prise facilement par tous les animaux et excite les fonctions stomacales et intestinales. Elle peut remplacer avantageusement tous les stomachiques exotiques. Elle convient surtout contre les dyspepsies, l'atonie du tube digestif, le ballonnement et les gastro-entérites chroniques. Elle est administrée