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MENTHE POIVRÉE

A l'intérieur, elle convient pour favoriser la digestion, pour combattre les indigestions, les douleurs intestinales, la diarrhée, le relâchement g-astro-intestinal. C'est également un excelleut tonique pour relever la nutrition dans l'anémie et la faiblesse g-énérale.

On l'administre sous la forme d'infusion à raison de 10 à 30 grammes de fleurs pour 1 litre d'eau. On la donne aussi en poudre à la dose de 30 à 40 grammes chez les grands animaux et de 2 à 5 grammes chez les petits. Pour ces derniers, on emploie souvent l'essence de camomille à la dose de I à III g-outtes avec de l'huile, du sucre, etc.

Camomille commune.

{Malricarla cliainoniilla.)

Les fleurs contiennent une huile essentielle qui est d'un bleu foncé, une matière résineuse et un principe amer.

Elles sont surtout employées en Allemagne comme Ioniques et antispasmodiques.

Mêmes doses que pour la camomille romaine.

Menthe poivrée.

[Metit/ia piperila (Labiées).]

Cette plante est cultivée en France et surtout en Angleterre. Elle a une odeur fine, très pénétrante et une saveur piquante, acre et aromatique, qui laisse dans la bouche une sensation de fraîcheur agréable.

Les feuilles renferment une huile essentielle, un princijie amer, une matière résineuse, du tanin.

L'essence de menthe est liquide, d'une couleur jaune verdàtre, claire, transparente, d'une consistance lég-èrement huileuse, d'une densité de 0,80, soluble dans l'alcool. A 0" elle abandonne des cristaux de menthol C'^H-oO.

Effets et emploi. — La menthe est stomachique et antispasînodique; elle convient, comme la camomille, contre les indig-estions, les coliques, les douleurs provoquées par les crampes de la vessie et de l'utérus.

Le menthol est souvent employé chez l'homme contre la mi-

g-raine, les névralgies. C'est aussi un bon antiaeptiqup utilisé en poudre contre le coryza.

A forte dose l'essence de menthe est toxique ; elle paralyse la moelle et le centre respiratoire.

La menthe est donnée aux mêmes doses que la camomille romaine.

Toniques névrosthéniques.

Quinquina.

On désig-ne sous le nom de quinquina une écorce exotique fournie par des arbres appartenant au g-enre Cinchona, de la famille des Rubiacées, qui croissent spontanément dans les montagnes de l'Amérique méridionale, notamment au Pérou, en Bolivie, dans les grandes Cordillères, et qui sont actuellement cultivés dans l'Inde.

La poudre d'écorce de quinquina a été connue successivement sous différents noms. Les Européens l'appelaient d'abord la poudre de la Comtesse, parce qu'elle avait guéri la comtesse de Ginchon, vice-reine du Pérou, d'une fièvre opiniâtre. Plus tard, elle reçut le nom de poudre des jésuites, parce que ces relig-ieux la distribuaient aux malades. Enfin le cardinal du Lug-o, en ayant introduit l'usag'e à Rome, le nouveau médicament y fut connu sous le nom de poudre du cardinal.

Pendant long-temps on fît usage du quinquina sans en connaître l'origine botanique; mais, en 17 40 environ, deux savants français, de la Condamine et Josepli de Jussieu, firent connaître les arbres qui fournissent la précieuse écorce et leur donnèrent le nom général de Cinchona. Aujourd'hui, l'histoire du quinquina est à peu près complètement éclairée.

L'écorce de quinquina contient :

1° Les alcaloïdes principaux sont les suivants :

Quinine C^oiI2iAz^02

Quinidine G-'OH-^^Az^O^

Cinchoninc G'^H^Uz^O

Cinclionidine GisH^Uz^O

Quinaniine CisH^^Az-^O^

2» Les acides quinine, quinotannique et quinovique, unis aux

alcaloïdes précédents et en partie à la potasse, à la chaux et à la magnésie ;

3° Le rouge cinchonique soluble et le î'ouf/e insoluble;

'iO Une matière colorante jainie ; des principes résineux et balsamiques;

5° Des matières grasses, de Tamidon, du ligneux, delà g'omme, de Taricine, etc., des sels minéraux et jiarliculièrement des sels de chaux.

Les espèces officinales d'écorce de quinquina sont :

n. Le quinquina jaune ou calisai/a, fourni par le Cinchona Calisaya do Wcddel. Il contient principalement de la quinine, do la quinidine et de la cinchonine;

l). Le quinquina rouge, provenant du Cinr/tona succirubra. Les alcaloïdes principaux sont la quinine, la cinchonine et la cinchonidine.

Les principes qui communiquent aux quinquinas leurs propriétés physiolog'iques et thérapeutiques sont : la quinine et la cinchonine. Les autres alcaloïdes, ainsi que les diverses substances qu'on rencontre dans le quinquina, y sont contenus en quantité trop faible pour produire des elVets notables.

La proportion de quinine et de cinchonine varie suivant les espèces de quinquina, suivant leur mode de récolte, levu' conservation, etc. r/est ainsi que la proportion de quinine peut varier de 3 à 50 p. 1000 suivant les échantillons; il en est de mémo de la cinchonine.

Effets. — Localement, la poudre de quinquina agit comme un tonique, un astringent et un antiseptique léger. Son action tonique et astringente locale est prononcée ; elle est due aux principes qui accompag-nent la quinine et la cinchonine et surtout aux matières tannantes que contient l'écorce. Celte action tonique se manifeste surtout dans l'appareil digestif relâché et alonique.

Les animaux supportent bien l'écorce, même à dose relativement forte. Cependant, si la médication est prolong'ée à forte dose, le quinquina produit une diminution de l'appétit et une certaine g'ène dans la digestion. T^a poudre de quinquina rég-ularise la nutrition, aug-mente la tonicité des org'anes, diminue les sécrétions ; mais son action sédative sur le cœur et la température est peu prononcée. C'est pourquoi ou doit lui substituer les sels de quinine quand il s'agit de pi^ovoqucr une action antit/ierntique et antifc'brile. La poudre exerce une action foitifianle i)lus mar-

quée sur le système nerveux et la nutrition g'énérale que la quinine.

Indications. — Les préparations faites avec l'écorce de quinquina sont spécialement indiquées :

lo Gomme stomachiques et toniques du tube dig-estif dans l'inappétence, la diarrhée chronique, les indig-estions chroniques;

2° Gomme toniques généraux dans l'hématurie, la fièvre pétéchiale, la néphrite, la cystite, l'hydroémie, etc. ;

3° A Vextérieu7\ comme cicatrisants^ astringents et antiseptiques sur les plaies suppurantes.

Préparations. — Les principales préparations officinales sont : la poudre de quinquina, la teinture de quinquina au cinquième, le vin de quinquina, l'extrait aqueux et l'extrait alcoolique de quinquina. Ge dernier doit contenir 10 p. 100 d'alcaloïdes totaux et l'extrait aqueux G p. 100.

Vin de quinquina officinal.

Quinquina en poudre 23 grammes.

Alcool à, 60" 75 —

Acide chlorhydrique dilué 2 —

Faites macérer pendant vingt-quatre heures, puis ajoutez :

Vin rouge 900 grammes.

Faites macérer pendant vingt-quatre heures. Filtrez.

Administrations et doses. — On donne la poudre de quinquina sous forme d'éiectuaire ou de breuvage.

Le breuvage se fait en faisant une décoction aqueuse à laquelle on ajoute quelques gouttes d'acide chlorhydrique ou un liquide alcoolique.

Doses thérapeutiques.

Poudi'c.

Cheval 10 à 20 grammes.

Bœuf 20 à oO —

Mouton et chèvre 5 à 15 —

Chien 2 à 8 —

Chat 1 à 2 —

La teinture se donne aux petits animaux (chien, chat) à la dose de V à XX gouttes, l'extrait aqueux à la dose de 0-%25 à 1 gramme.

Incompatibilités. — Dans les préparations de quinquina, il faut éviter les alcalis, les bromures, les iodures, les phosphates alcalins^ le benzoate de soude, la caféine, le tanin, l'antipyrine, etc.

Composés arsenicaux.

Acide arsénieux.

As203.

Cet acide, vulgairement encore appelé arsenic, se présente , ç^ sous sa forme officinale en une poudre blanche, cristallisée, inodore,

^jaÂ'i»"^ /d'une saveur fade d'abord, puis styptique et nauséeuse, soluble ^Ç)' dans 82 parties d'eau froide, dans 10 parties d'eau bouillante,

dans 140 parties d'alcool, dans 5 parties de g-lycérine. La présence de l'acide chlorhydrique aug-menle beaucoup sa solubilité dans l'eau.

Effets physiologiques. — L'acide arsénieux eët un antiputride énergique dont l'efficacité est démontrée dans la momification des cadavres et la conservation des pièces anatomiques et zoolog-iques. Les fermentations, dues à des g-ermes fig-urés, sont suspendues par la présence de l'acide arsénieux; mais ce corps n'a aucune action sur les ferments solubles, et il ne s'oppose pas , complètement au développement des moisissures, f---- ■ i^-j-^â-^-^mm/u

Sur la peau intacte, l'acide arsénieux n'agit que très lentement; après ving-t-quatre heures, la peau se sèche, se racornit et se j^Usse autour du point attaqué ; puis une escarre brune, épaisse, se forme et tombe après quelques jours.

Dans le tissu conjonctif, l'acide arsénieux produit une vive douleur, un engorgement inflammatoire très volumineux, la gangTène de la peau et des tissus touchés ; souvent aussi ces phénomènes locaux sont accompagnés d'une absorption dang-ereuse du poison. D'après Hertwig', il suffit de 4 g-rammes d'acide arsénieux, appliqué sur les plaies fraîches du cheval et du bœuf, pour amener la mort; 30 centig^rammes produisent le même effet sur le mouton et 10 à 20 centigrammes sur le chien. r La cautérisation produite par l'acide arsénieux se dislingue de celle produite par les véritables caustiques : elle est lente, la douleur est très vive et ])rolongée, l'escarre est grise, très adhérente et d'une élimination, difficile ; le gonflement inflammatoire est très intense. Elle n'est pas le résultat de la soustraction d'un élément simple ou composé, ni do la coag-ulation de l'albumine, mais la conséquence de l'inflammation ulcérative.

L'acide arsénieux dillere des vrais caustiques en ce qu'il n'agit

que sur les tissus vivants ; il est sans action sur les tissus morts, tandis que les acides, les alcalis, les sels caustiques détruisent indilVéremment les tissus morts ou les tissus vivants. V Sur les muqueuses, l'action irritante se développe avec une grande intensité. Quand on donne l'acide arsénieux en poudre ou en solutions concentrées, on remarque la perte de l'appétit, la sécheresse de la bouche, des vomissements chez les carnivores et les omnivores, des coliques chez les herbivores et une diarrhée infecte à odeur alliacée, parfois sang-uinolente. Si les animaux meurent, on trouve, à l'autopsie, tous les sig-nes dune vive inflammation f/astro-intestinale, des ecchymoses dans le cœur, et une dégénérescence graisseuse du foie, du cœur, des reins el des centres nerveux. En g-énéral, les cadavres des animaux empoisonnés par l'acide arsénieux se putréfient moins facilement et ont de la tendance à se momifier.

Chez les ruminants, l'administration prolong-ée de l'acide arsénieux en poudre peut être suivie de la perforation de la panse, accident qui entraîne fatalement la mort de l'animal.

Administré à faibles doses, l'acide arsénieux exerce sur le tube digestif une excitation légère favorable aux transformations djg'estives. Dans ces conditions, ce corps peut être supporté pendant très long-temps chez la plupart des animaux ; il est absorbé lentement et produit des effets généraux très remarquables. Il se localise d'abord et surtout dans les globules blancs, les reins et le foie, puis dans les muscles, les os, la substance nerveuse.

Son élimination de l'organisme se fait par les différentes voies: intestin, bile, urine, lait, peau, sueur, poils. Elle est assez rapide. A la suite de l'administration d'une dose unique, elle est complète en trois jours. Elle est lente lorsqu'il s'ag-it des faibles doses répétées ; alors elle peut durer jusqu'à cinquante jours après la cessation de l'administration.

Sous l'influence de faibles doses d'acide arsénieux, les herbivores et particulièrement les chevaux acquièrent de la vig-ueur et ^ La/u^o^^ / de l'embonpoint, leur appétit aug-mente, ils ont le pouls plus fort ,/vj,,^^^^^t;^/

et les muqueuses plus colorées; la peau est chaude et les poils -^j,

prennent un brillant remarquable, le regard est vif, les mouvements sont plus prompts et plus énerg-iques, la respiration est plus facile, plus légère. Ces effets tonic/ues favorables sont connus depuis bien long-temps. Les montagnards du Tyrol font, paraît-il,

o38 ACIDE ARSÉNIEUX.

un usage courant de Tacide arsénieux pour augmenter leur puissance respiratoire et leur force musculaire; les jeunes gens en consomment souvent pour se donner plus d'embonpoint, pour rendre leurs formes plus arrondies et leur teint plus frais. Il y a des éleveurs qui donnent de l'acide arsénieux à leurs animaux quand ils les soumettent à rengraisscment. On a constaté aussi que les femelles, qui reçoivent de l'acide arsénieux à petites doses, eng-endrent des produits plus forts, plus vig-oureux, et dont les os sont plus durs. Gomme l'arsenic s'élimine en partie par le lait, il en résulte que les petits à la mamelle reçoivent de l'arsenic avec le lait, et on les voit augmenter rapidement de poids, acquérir des tissus fermes et des os très compacts.

L'action tonique peut s'interpréter par le fait d'une stimulation do la vie élémentaire ou par l'amélioration du processus de nutrition.

Les recherches de Gornevin établissent que, chez les ruminants, l'acide arsénieux n'exerce aucune action favorable sur l'eng-raissement.

L'org-anisme, qui consomme journellement de petites quantités d'ai-senic, s'habitue bientôt à cette substance et peut alors supporter des doses considérables sans éprouver le moindre malaise. Les hommes et les animaux arsénicojjhages ne sont pas impressionnés par des doses qui sont toxiques pour d'autres animaux non habitués à ce poison.

Sous l'influence de doses faibles d'arsenic, la respiralUm se ralentii et devient plus/V/cZ/e; il se produit aussi une diminu/ion du nombre des pulsations et un abaissement de température évalué de 0",5 à i". On note souvent une diminution du nombre des hématies en même temps qu'une augmentation de leur matière colorante.

On a admis que l'arsenic devait diminuer les oxydations et, par

■ \^^ni.h^' conséquent, agir comme un aliment d'éjpargne ; l'expérience a

confirmé cette idée; ainsi Schmidt et Stlirzwag-e ont constaté une

diminution de l'exhalation de l'acide carbonique pendant l'admi-

y • nistration d'arsenic et une notable diminution de la quantité

'^*<i4;t^ d'urée éliminée. Salkowsky a vu le glycoso disparaître dans le

'^ l'oie de lapins soumis au régime de l'arsenic et Ja piqûre du

centre diabéti(|uc ne produire aucun effet hy|ierglycémique et

giycosuri([ue sur ces animaux.

L'empoisonnement chronicjue par l'arsenic produit une para-

lysie du système nerveux moteur et sensitif. On constate d'abord une diminution de la sensibilité, puis do la difficulté dans les mouvements; enfin l'abolition complète des fonctions motrices et sensitives.

En analysant les effets de l'acide arsénieux, on constate qu'à dose très faible il est tonique^ excitant nutritif et nerveux., qu'à dose plus forte il est altérant et paralysant du système nerveux.

Antidotes. — Pour combattre les elfots toxiques do l'arsenic, on peut avoir recours : au lait, au blanc d'œuf, à l'eau de chaux, aux vomitifs, aux purg'atifs, à la magnésie calcinée, au protosulfure de fer hydraté, à l'hydrate de sesquioxyde de fer. Ce dernier corps semble être le meilleur contrepoison, car, d'après Orfila, il triomphe presque toujours de l'empoisonnement lorsqu'il est administré rapidement et qu'il est de préparation récente. D'après de nombreuses expériences, Schrolf admet cependant que l'hydrate de magnésie est de beaucoup plus efficace que l'hydrate de sesquioxyde de fer.

Indications thérapeutiques. — L'acide arsénieux, étant très bien toléré à faibles doses, est indiqué chez tous les animaux.

1° Pour augmenter Vappétit, relever la nutrition altérée et tonifier le tube digestif. Il est donc administré avec avantage quand il y a inappétence, appétit capricieux, atonie du tube dig'estif, état catarrhal chronique de l'intestin dû surtout à des helminthes, etc. ;

2° Pour combattre les maladies lymphatiques et l'anémie. C'est un des meilleurs moyens à opposer aux eng-orgements g-anglionnaires, aux lymphangites chroniques, aux tumeurs malignes, au rachitisme, aux infiammations des séreuses articulaires et tendineuses, aux maladies osseuses, etc. ;

8° Pour soutenir les forces et la nutrition dans les maladies infectieuses, telles que la fièvre typhoïde, la tuberculose, les fièvres infectieuses diverses, la maladie du jeune àg-e et toutes les maladies qui abattent rapidement les forces. On a sig-nalô les bons effets curatifs de l'arsenic contre la dourine et le nagana;

4° Pour diminuer V excitabilité du système nerveux dans la chorée, l'épilepsie, l'éclampsie des femelles, la toux nerveuse, les névralg'ies du trijumeau et les maladies convulsives ;

5° Pour faciliter la respiration chez les chevaux poussifs et chez tous les animaux qui ont une g-êne de l'hématose. Dans la

bronchite et la pneumonie chroniques, l'arsenic est le médicament qui réussit le plus fréquemment ;

6" Gomme vermifuge contre tous les helminthes. On l'administre sous forme de poudre ou de pilules, souvent on l'associe à l'aloès. Cependant, quand on veut simplement provo([uer l'expulsion des parasites qui vivent dans le tube dig-estif, il vaut mieux en général avoir recours aux véritables anthelminthiques, qui sont moins dang-ereux et souvent plus efficaces.

7° Gomme antiparasitaire externe^ contre toutes les éruptions cutanées : psoriasis, prurigo, eczéma humide, (jales diverses, éléphantiasis, crajiaud., eaux aux jambes, actinomycose (Voir Antiparasitaires). On l'emploie dans tous ces cas à l'intérieur et à l'extérieur. Les bains arsenicaux ont été recommandés aussi pour tuer les tiques et préserver les ruminants de la fièvre du Texas (Gray, Robertson);

8° Gomme caustique, pour détruire les verrues, les tumeurs malig-nes et indolentes. Nous possédons cependant des caustiques plus énergiques et moins dangereux; aussi n'emploie-t-on que rarement l'acide arsénieux pour détruire les tissus morbides. Quand on veut en faire usag'e, il faut toujours prendre toutes les précautions pour éviter l'absorption et l'empoisonnement.

Administration et doses. — .1 Vintérieur, l'acide arsénieux est toujours administré soit sous forme de poudre, soit sous forme de liquide de Fowler. Les doses ne doivent pas être les mêmes sous ces deux formes, car il est démontré que l'acide arsénieux est incomparablement plus actif en dissolution qu'en poudre. En poudre, il en faut environ 45 grammes pour faire périr les chevaux, tandis qu'il suffit de 3 à 4 g-rammes quand cet acide est en dissolution. Gette différence d'activité est due uniquement à la différence dans la rapidité de l'absorption. Quand on commence la médication arsenicale, il faut toujours employer de très faibles doses et les élever ensuite gTaduellement à mesure qu'on constate une tolérance plus grande. Avant de cesser la médication, on diminue peu à peu les doses jusqu'à suppression complète.

Il convient d'être particulièrement prudent dans l'administration de l'arsenic chez les ruminants.

Ch.'val.

Bœuf. .

Mouton Chien., l'orc...

Poule . .

Pigeon..

Homme

Doses toxiques.

l'oudre (estomac).

Poudre appliquée

sur une plaie.

10 à 4o grammes.

2 graunnos.

Osr.2

Og',02

Os',0 à 1 gramme

08T,1 à 0^,lo

OBr,01

Une vache a succombé après l'administration à rintérieur de 5 grammes d'acide arsénieux par jour pendant deux jours (Durréchau).

Les effets toxiques que développe l'arsenic dépendent non seulement de la dose administrée, mais encore de son état de pureté, de son état de division, de la masse alimentaire contenue dans le tube dig-estif et, si on l'emploie à l'extérieur, de l'état de la peau sur laquelle on l'applique.

L'arsenic pur est certainement plus actif que celui qui est fraudé avec des poudres inertes comme du plâtre; il est plus actif à l'état de solution que sous forme de poudre ; il est plus toxique quand il est donné à jeun que lorsqu'il est ingéré avec la masse alimentaire; enfin, quand il est appliqué sur une peau dénudée, excoriée, que lorsque le tégument est intact. Il y a à tenir compte de ces diverses conditions dans l'emploi thérapeutique de l'arsenic.

Doses tliérapeuliques.

Poudre (estomac). Liqueur de Fowier à 1 ; 100 estomac.

Clieval 1 à o gr . 10 à 50 gr.

Bœuf 1 à2— 10 à 30 —

Petits ruminants et

poi-c Osf.Ol à Og'-,0.3 0SI-.30 à 2 —

Chien Oer.OOS à 05^00.^ Ob'^.Ob à OsM (II à X gouttes).

Pouh's Osf,000.3 à 0&r,002 O^M (1 à II gouttes).

Préparations.

1° Poudre (Vacide arsénieux.

2° Liqueur de Foivler.

Acide arsénieux 1 gramme.

Carbonate de potasse i —

Eau pure 100 grammes.

Faites bouillir le tout jusqu'à dissolution complète; filtrez après refroi-

/-te

542 CACODYLÂTE DE SOUDE.

diaseniont et l'eniellcz une quantité d'eau suffisanle pour reconstituer 100 grammes.

Solution pour injection sous-cutanée.

Acide arsénieux 5 grammes.

Carbonate de snude cristallisé Tj —

Eau distillée 7o —

Glycérine cliimi(juement i»ure 25 —

En injection sous-cutanée à la dose quotidienne de 1 à 5 gTammes chez le cheval atteint de dourine (Novikow).

Pommade contre les verrues (l'écus).

Acide arsénieux / „ .

Poudre de cantharide ^

Térébenthine grasse 1

Huile

Cire S

Pour les verrues un peu épaisses, on peut augmenter la proportion d'acide arsénieux dans cette pommade.

Bain arsenical.

(Voir Antiparasilaires.)

Cacodylate de soude.

0 = As(CI13)20Na.

(Di)nélhijlarsinaie de solide.)

Le cacodylate de soude est une poudre blanche, amorphe ou ^'cristallisée en paillettes nacrées, déliquescente, très soluble dans eau et l'alcool. Il contient 30s'",05 d'arsenic, 1 gramme de cacodylate de soude correspond à 08'',70 d'acide cacodylique et à 0gr,30 d'arsenic métallique.

Le cacodylate de soude est facilement toléré, même à dose forte; c'est ce qui rend son emploi avantageux. 11 améliore rapidement l'état général et produit une aug-mentation de poids des animaux anémiques et ceux qui sont en convalescence de maladies graves. L'élimination a lieu par les urines. Dans Torg-anisme, le cacodylate se décompose lentement et donne de l'arsenic sous forme inor(janique qu'on retrouve surtout dans le foie et la moelle osseuse. A. Gauthier pense que le cacodylate se substitue au phosphore dans les lécithines et dans les nucléines phosphoréesi

ATOXYL. 543

On doit l'administrer en injection hypodermique et non à l'intérieur.

Les injections sous-cutanées de cacodylatc de soude ne sont pas douloureuses et ne déterminent aucun accident local. On ne doit pas donner le cacodylate à l'intérieur, parce qu'il est transformé dans le tubedig-estif en oxyde de cacodyle toxique, produit qui est décelé par l'odeur alliacée de l'air expiré, de la peau et de l'urine. ^ÛccwI-UaX

Dans la douriiie, l'acide cacodylique, le cacodylate de soude et l'acide arsénieux inorganique ont donné de bons résultats.

Solution pour injeclion sous- cutanée.

Cacodylate de soude 20 graïamcs.

Eau distillée 100 —

Injecter au cheval douriné 2 à 5 centimètres cubes de cette solution par jour pendant huit jours. Reprendre le traitement après huit jours de repos. Résultats favorables dans la dourine.

Arrhénal.

Méthijlarsinate disodique AsO.CH^ (0Na)2.

Ce corps, analog-ue au cacodylate ou diméthylarsinate sodique, renferme 39,10 p. 100 d'arsenic. Ce médicament a été vanté beaucoup chez l'homme contre la fièvre palustre et l'anémie. Il excite l'appétit, améliore rapidement l'état général. Dose chez l'homme, Os^OB à Os^lO en injections hypodermiques, ou à l'intérieur en pilules, ou en solutions.

En vétérinaire, on a obtenu la g-uérison de mulets atteints de nagana avec des injections sous-cutanées d'arrhénal à la dose journalière de 50 centig-rammes.

Atoxyl.

On donne le nom d'atoxyl à l'anilide de l'acide méta-arséniquG, C'est une poudre blanche, inodore, de saveur légèrement salée, soluble dans l'eau. Les solutions aqueuses s'altèrent à l'ébullition et surtout à une température plus élevée. Il faut donc les stériliser à une température inférieure à 100".

Effets et usages. — L'atoxyl exerce une action spéci/lque sur

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