MERCURE MÉTALLIQUE
ont vieilli; cette différence tient à Tétat d'oxydation plus ou moins avancée du mercure. L'absorption se fait assez facilement par la peau, et il n'est pas rare de voir apparaître des effets généraux, à la suite des frictions faites sur le tégument. On n'est pas encore fixé sur la forme sous laquelle le mercure est absorbé par la peau; t[uelques-uns croient qu'il i)énètre à l'état métallique dans le tissu du derme ; d'autres pensent qu'il se forme d'abord des oxydations et des composés solubles ; enfin il y en a qui admettent qu'il pénètre sous forme de vapeurs par les voies respiratoires seulement. Les symptômes de l'empoisonnement sont exactement ceux décrits plus haut.
Indications. — Autrefois on conseillait l'emploi du mercure métallique pour désobstruer l'intestin dans les cas d'invagination, de volvulus ou de pelotes ; on pensait que par son poids il amenait la désobstruction. Ce moyen n'est nullement à recommander; car, outre que le plus souvent il est impuissant à faire disparaître l'obstacle, il présente l'inconvénient d'être très dangereux, à cause de l'introduction du métal dans les voies respiratoires pendant l'administration et de la production des distensions intestinales, qui sont souvent suivies de rupture de cet organe. Ce moyen doit être banni de la médecine.
À Les pommades mercurielles sont fondantes, résolutives et conviennent contre toutes les inflammations cutanées ou sous-cutanées, qu'elles soient aiguës ou chroniques (engorgements ganglionnaires, phlegmons, érysipèle, etc.). Elles calment la douleur en ramollissant les tissus et en leur permettant de se gonfler ; elles augmentent aussi les résorptions locales. Pour obtenir des effets certains, il est nécessaire de les employer avec persévérance et de les unir quelquefois à des irritants plus énergiques, par exemple au vésicatoire. Aussitôt qu'on remarque quelques effets généraux indiquant une absorption, il faut suspendre les frictions, pour les recommencer après que tout danger d'intoxication à disparu. Il ne faut jamais perdre de vue la susceptibilité particulière de certaines espèces animales, telles que les oiseaux, les chats, les chiens et les ruminants.
On faisait usage autrefois de la pommade mercurielle contre les inflammations de la conjonctive, de la cornée, de l'iris, etc. ; mais l'insufflation de poudre de calomel est toujours préférable.
On a vanté les frictions de pommade mercurielle contre lamammite chez la vache; mais elles sont dangereuses. On ne doit em-
Kaufmann. iîd