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SULFURES DE MERCURE

ployer que des pommades faibles, en y adjoig'nant du savon vert ou de Taxong-e et empêcher absolument les animaux de se lécher.

Ses propriétés antiparasitaires énei"giques sont utilisées pour détruire les poux, les trichodectes, les acares de la g-ale. 11 ne faut en user qu'avec prudence chez les ruminants et les carnassiers.

On ne doit jamais em[)loyer en frictions plus de 60 grammes de pommade mercurielle double chez le cheval, 30 grammes chez les grands ruminants et 2 à 4 grammes chez le chien. Il faut toujours empêcher les animaux de lécher la partie médicamenlée.

Doses toxiques. — Les expériences de H. Bouley ont fait voir que le cheval meurt au bout du huitième jour, à la suite de frictions cutanées, faites avec 120 grammes de pommade mercurielle double dans les vingt-quatre heures. Lafosse n'a pas constaté d'effets généraux chez le bœuf en faisant une friction sur le garrot avec 04 grammes de pommade; il a observé des effets toxiques assez g-raves avec 100 grammes. Melde a vu survenir l'empoisonnement chez une vache portant une petite tumeur à l'épaule qu'on a frottée pendant huit jours avec de la pommade mercurielle à la dose de 30 à 40 grammes en tout. Lamoureux a observé l'empoisonnement d'une vache traitée d'un eczéma à la mamelle par l'application de 40 grammes de pommade mercurielle. Barbe signale aussi Tintoxication à la suite d'applications locales de pommade mercurielle dans la mammite chez la vache.

La dose toxique pour les petits ruminants n'est pas déterminée; mais on sait que ces animaux sont très susceptibles ; ainsi on a vu mourir des agneaux parce qu'on frottait les brebis qui les allaitaient avec l'onguent gris.

Pour les autres animaux domestiques, les doses toxiques restent encore à déterminer.

Sulfures de mercure.

On connaît deux sulfures de mercure distingués par leur couleur différente.

1° Sulfure noir Hg-S {protosulfure ^ sulfure mercureux, éthiops minéral). Il est en poudre noire, inodore, insipide, insoluble dans l'eau, volatil et décomposable par la chaleur, qui le chang-e en mercure et sulfure rouge ;

2° Sulfure rouge HgS, bisulfure ou sulfure mercurique

OXYDE MERCURIQUE. 563

{cinabre^ vermillon). En masse, il est d'un roug-e violacé, et on rappelle cinobre\ réduit en poudre, il est d'un beau rouge et reçoit le nom de vermillon. 11 est inodore, insipide, insoluble, volatil.

Effets et usages. — Ces deux sulfures sont moins irritants localement que la pommade mercurielle. A r intérieur^ ils sont rendus difficilement solubles, déterminent la diarrhée, mais ne produisent que rarement des accidents g-énéraux.

On doit se servir do ces sulfures, de préférence chez les ruminants, soit à l'extérieur, soit à l'intérieur, à cause de leur toxicité peu prononcée.

On en fait des pommades pour l'extérieur; et, à l'intérieur, on les donne en électuaires ou en bols.

Protochlorure de mercure.

Voir Purgatifs.

Bichlorure de mercure.

Voir Antiseptiques.

Oxyde mercurique.

HgO.

[Oxyde jaune de mercuve. — Précipite rouge.)

Cet oxyde est solide, en poudre jaune ou rouge suivant qu'il est obtenu par précipitation ou par voie sèche. L'oxyde rouge et l'oxyde jaune sont inodores, d'une saveur acre et presque insolubles dans l'eau.

Effets. — x\ppliqué sur la peau intacte, l'oxyde roug-e de mercure l'irrite lég-èrement; sur les plaies et les muqueuses, il est plus irritant et même légèrement caustique. Il a une grande affinité pour l'albumine et coag'ule la surface des tissus vifs.

.1 V intérieur, cet oxyde est irritant et rapidement toxique.

Emploi. — A V extérieur, on utilise la propriété coag-ulante et légèrement caustique du précipité rouge pour modifier les plaies de mauvaise nature et activer le bourgeonnement. Lorsque les plaies ou les ulcères ont des bords indurés, l'oxyde de mercure produit un bon elfet fondant sur le tissu malade.

564 rsilODURE DE MERCUHE.

Il est caiti2)arasit(n?'e, antipsorlque et donne de bons résullats sur les dartres ulcérées, les eaux aux jambes, l'herpès lichénoïde.

Ses légers eirets irritants et antiseptiques en font un médicament précieux contre les maladies des paupières, de la conjonctive, des voies lacrymales, de la cornée.

Les principales préparations que l'on emploie sont :

i° La poudre.

■ H" l'onimade d'oxyde de mercure jaune.

Oxyde fie mercure jaune 1

Vaseline 19

3° Z,a pommade de Ujon.

Oxyde rouf,'e de mercure porphyrisé. 1 graiiime. Onguent l'osat 11) grammes.

4° La pommade du Be'genl.

Oxyde rouge de mercure 4 grauuaes.

Acétate neutre de plonih '..... 4 —

Camphre Oer.30

Beurre frais ou axonge 7:2 —

î>° La pommade de Desaull.

Oxyde de mercure \

Oxyde de zinc / ~. ,

,, ■' , o , > ;ia 4 griimmes.

Sucre de Saturnin (

Alun calciné )

Bichlorure de mercure Osf.fiO

Axonge 3^ —

lodures de mercure.

Protoiodure de mercure.

Hg^I^.

Ce sel, d'un jaune verdâtre, n'est pas employé à V intérieur. A rextérieur, on en fait des pommades que l'on emploie en frictions ; mais, en général, elles ne sont pas assez actives chez nos grands animaux.

BlIODURE DE MERCURE.

HgP.

Le biiodure ou iodurc mercurique est en poudre d'un rougecoquelicot magnilique, inodore, insipide, peu solublc dans l'eau

miODURE DE MERCURE. fifi^

froiJe, plus soluhle dans lalcool, les corps gras, ainsi que dans les solutions de ciilorures et d'iodures alcalins.

Effets et usages. — La pommade de biioduie de mercure produit d'abord la vésication, puis l'engorg-ement de la peau et des parties sous-jacentes, la chute de l'épiderme et des poils. Dans le tube dig-eslif, les edets irritants de ce sel sont intenses, aussi ne l'emploie-t-on jamais à Tintérieur.

A l'extérieur, la pommade de biiodure de mercure est indiquée en frictions pour résoudre les engorgements glandulaires et les tumeurs indolentes, les diverses espèces de dilatations synoviales articulaires et tendineuses, les engorgements tendineux, les tumeurs osseuses. Cette pommade réussit souvent là où le feu et les vésicants ont échoué. Pour éviter les tares qui pourraient résulter de ces frictions, il est nécessaire de les interrompre de temps en temps pour laisser calmer l'irritation locale.

C'est un désinfectant des plus puissants, mais il est rarement employé dans la désinfection des plaies à cause de son action irritante et de sa toxicité.

Préparations.

Pommade de proloiochire de mercure.

Protoioduic di^ iiiiTciirc 1

Axunyr 8

Pommade de biiodure de mercure.

Deutoiodurt' de iiicrcuii' 1

Axonyï' 8

Selon l'exig-ence des cas, on augmente et on diminue la proportion de sel mercuriel. Pour augmenter les vertus fondantes de ces pommades, on y ajoute de Tiodure de potassium.

Pour obtenir une solution antiseptique, on ajoute à 1 litre d'eau 50 centigrammes d'iodure de potassium et 25 centigrammes de biiodure de mercure.

Chez l'homme, on emploie contre la syphilis le sirop et les solutions aqueuses.

Sh'op.

Biudurc, de Hy O.iiO

lodure de putassiuiri 2a

Eau distillée 2o

Sirop de sucre OiiO

Ciiaque cuillerée abouche lenl'eriiie Ob'", 01 de biiodure et 1 ^'raimue d'iodure de potassium.

)66 lODURE DE POTASSIUM.

Solution pour injections hypodermiques profondes.

Biiodure de mercure Oe'',lO

lodure de sodium Oe'',10

Eau distillée 10 grammes .

Cliatjuc centimètre cut)e contient Os'-.Ol de biiodure de mercure.

Iodés.

Ils comprennent l'iode, l'iodosol, l'iodipine, l'iodure de potassium, riodure de sodium, les iodures de mercure, Tiodure de plomb.

Iode, lodosol, lodipine.

Voir Antiseptiques.

lodure de potassium.

Kl.

Ce sel est en cristaux cubiques d'un blanc opaque et laiteux, d'une légère odeur d'iode, d'une saveur acre et alcaline.

A l'air il s'altère; une partie de l'iode est déplacée par l'oxygène, ce qui lui communique une teinte jaunâtre. 11 est très soluble dans l'eau, qui en dissout son poids; il est moins soluble dans l'alcool, qui n'en dissout qu'un douzième. La solution aqueuse d'iodure de potassium peut dissoudre une assez forte proportion d'iode. L'iodure de potassium est décomposé par l'eau chlorée, les hypochloriles alcalins, les acides minéraux.

Effets physiologiques. — Localement, l'iodure de potassium n'est que peu irrit.mt. 11 est très rare de voir apparaître une inflammation notable sur la peau, sur les muqueuses et sur les tissus dénudés, aux points d'application de ce sel ou de ses préparations.

^ A la surface cutanée, les iodures éprouvent une décomposition partielle mettant de l'iode en liberté. Cet iode libre peut être absorbé par la peau et provoquer une diapédèse abondante de leucocytes dans le tissu cellulaire sous-cutané, les muscles et autres tissus.

Dans l'estomac, l'iodure ne produit pas d'irritation marquée, et il peut être supporté longtemps par les animaux. On n'a jamais observé d'iode libre dans l'estomac, après l'administration d'io-

ÏODURE DE POTASSIUM. 567

dure de potassium, ce qui conduit à admettre que ce sel ne subit aucune décomposition dans ce viscère (Pelikan).

L'absorption de ce sel est rapide, car, quelques minutes après l'administration, on retrouve l'iode dans les urines. 11 est démontré que riodure de potassium ou de sodium se décompose partiellement dans le sang- et que de l'iode est mis en liberté. En effet, Liebreiclit et Issersohn ont observé qu'après l'injection hypodermique d'iodure de potassium l'iode apparaît dans les urines avant le potassium ; ce n'est que plus tard que ce métal est éliminé, et son élimination continue quand celle de l'iode est déjà terminée depuis un certain temps. Après l'injection d'iodure de fer, l'iode s'élimine par l'urine, le fer par l'intestin.

Pouchet a montré que la décomposition de l'iodure s'opère sous l'influence des diastases oxydantes. Les tissus à réaction acide tels que l'estomac et les reins, l'écorce cérébrale, sont ceux dans lesquels cette décomposition des iodures se fait le plus facilement. L'iode ainsi mis en liberté se fixe sur la matière albuminoïde et donne naissance à des produits dans lesquels l'iode se trouve à Vétat dissimule.

Action sur la nutrition. — Pendant que l'iodure de potassium circule dans le sang-, il se produit une mise en liberté lente et continue d'iode à l'état naissant, d'où résu Ite une désintégration rapide des matières albuminoïdes. Cette décomposition des iodures se continuant dans les tissus, on observe assez rapidement, par la médication iodurée, une action atrophiante puissante sur certains organes, surtout les ganglions lymphatiques, le corps thyroïde, les mamelles, les testicules, organes qui montrent une grande affinité pour l'iode et dans lesquels ce corps se retrouve en plus forte proportion. Ces organes glandulaires diminuent surtout beaucoup de volume quand ils sont hypertrophiés. D'autres organes aussi diminuent de volume, mais d'une manière peu marquée : ce sont la rate, les prostates, les ovaires, l'utérus. L'iodure de potassium, ainsi que tous les iodés, constitue un désassimilateur des matières albuminoïdes des tissus. Il exerce une action élective sur le tissu lymphoïde des gangfions, dont les éléments sont excités; il provO(|ue une surproduction de cellules lymphatiques et une mononucléose abondante sur les séreuses. Cette action est très importante au point de vue de la défense de l'organisme contre les infections. Ce sel favorise V élimination du mercure et du plomb fixés dans les parenchymes. Il augmente

568 lODURE DE POTASSIUM.

aussi l'élimination d'azote, d'acide phosphorique et des chlorures, et il augmente la résorption des produits pathologiques.

Action .sur la circulation. — L'iodure de potassium augmente la force et la fréquence des battements du cœur. Au début de son action, il élève la pression sang-uine ; plus tard, il la diminue par suite de la vaso-dilatation. Le cœur étant tonifié pendant que la pression sanguine est diminuée, les ondées sanguines lancées dans les artères sont plus volumineuses, d'où résulte un pouls plus fort et plus ample. L'iodure de potassium favorise doublement l'action du cœur : en le tonifiant par l'élément potassium et en diminuant la résistance à vaincre au moment des systoles par suite de la vaso-dilatation produite par l'élément

Action sur la respiration. — L'iode et les iodures ont aussi une action marquée sur la respiration. Ils aug-mentent le nombre des mouvements respiratoires, déterminant une hyperémie et une hypersécrétion broncho-pulmonaire qui a pour conséquence la liquéfaction des exsudats visqueux et leur plus facile expulsion. Ils favorisent donc l'entrée de l'air dans les alvéoles pulmonaires et facilitent l'hématose. A dose élevée, ils peuvent devenir nuisibles en provoquant dans le poumon une congestion intense avec tendance aux hémorrag-ies.

Éiifninatio/i. — L'élimination de l'iodure de potassium se fait par la salive; l'urine, le lait, le mucus bronchique, la bile, la sueur, les œufs ; elle est généralement complète ving-t-quatre heures après l'administration.

Action sur les sécrétions. — L'iodure produit assez souvent une diurèse marquée, il diminue la sécrétion lactée.

Par un usage prolongé de ce sel, certaines muqueuses s'enflamment et sécrètent abondamment : telles sont la conjonctive, la pituitaire, la muqueuse buccale, la muqueuse pharyngienne et la muqueuse bronchique (iodisme chronique).

On observe ég-alement souvent une éruption cutanée avec prolifération épidermique intense, surtout chez les bovins.

Indications thérapeutiques. — L'iodure de potassium est surtout indiqué pour produire la diminution de volume des organes g-landulaires hypertrophiés, pour activer la résorption des exsudats morbides, pour amener la fonte de certains engorg-ements et pour dissiper une obésité trop prononcé'^.

1° Ce sel est un remède héroïque contre le goitre quand celui-ci

lODURE DE POTASSIUM. 569

est dû à une hyperplasie du corps thyroïde ; il réussit moins bien quand le goitre résulte de kystes thyroïdiens;

2° Il produit de bons résultats contre les engorgemenlK lymphatiques chroniques ou aig-us, les tumeurs. Dans ces cas, on peut l'employer à la fois à l'intérieur et à l'extérieur. On l'a administré avec succès dans le traitement du champignon chez le cheval à la dose de 10 g-rammes par jour en deux fois (Thomassen);

3" Il hâte la fX'sorpfion des Hquides et des fausses membranes qui existent dans les cavités séreuses enflammées comme l'arachnoïde, la plèvre, le péritoine, le péricarde. Il hâte aussi la j'ésolution de la pneumonie, de la bronchite et des autres maladies catarrhales. Chez l'homme, il agit bien contre l'asthme et chez le cheval contre la pousse;

4° Il convient pour faire maigrir les animaux trop bien nourris; mais le meilleur moyen que l'on peut employer, c'est de les faire jeûner et de leur administrer des sels purg-atifs ;

5° L'iodure de potassium est un spécifique contre Yactinomycose, surtout contre la langue de bois (Thomassen, 1885).

0° En injection dans la mamelle par l'ouverture des trayons, la solution d'iodure à i p. 100 donne d'excellents résultats contre la fièvre vitidaire (De Bruin). Schmidt-Kolding- recommande d'injecter en même temps de l'air et de faire un massage de la mamelle. Plus récemment on a reconnu que les injections d'air pur ou d'oxyg-ène dans les trayons donnent les mêmes résultats favorables ;

7° Dans les empoisonnements par les sels métalliques (mercure, plomb), il est utile pour favoriser l'élimination des métaux déposés dans les parenchymes ;

8° Gomme antitoxique, l'iodure donne aussi de bons résultats dans les maladies infectieuses en général, le tétanos, la cirrhose hépatique du cheval, la fluxion périodique. On lui attribue aussi une certaine action immunisante contre la fièvre aphteuse;

9° C'est le meilleur médicament à opposer aux scléroses, qui dans certaines atïections tendent à envahir divers organes, notamment les centres nerreux, la moelle, le foie, etc. ;

10° Comme dëpresseurdela c</'ei^/ff?2on, il est avantageusement utihsé contre l'hypertrophie du cœur et les palpitations;

11° Il est contre-indiqué chez les femelles qui allaitent parce qu'il tarit la sécrétion lactée;

12° Il a été employé aussi avec succès en applications locales

570 lODURE DE POTASSIUM.

contre les taches de la cornée et les granulations de la conjonctive. Doses et administration.

Doses toxiques.

Gliien 4 grammes.

Cheval Plus do 100 gr.

Certains auteurs disent avoir obtenu des effets toxiques avec des doses plus faibles et même des hémorrag-ies intestinales; mais ces résultats extraordinaires ne peuvent être attribués qu'à l'impureté de l'iodure de potassium employé.

Doses thérapeutiques.

Gluival 5 à 15 grammes.

Bœuf 10 20 —

Porc et mouton 1 o —

Gliien 0s»-,30 à 1 Rramme.

Chai, volailles Ûg>',l à Ok',20

Gomme il y a une grande différence dans la susceptibilité des animaux pour l'iodure de potassium, il est toujours utile de commencer avec les doses faibles et d'interrompre de temps en temps l'administration pendant un jour ou deux.

Préparations. — Pour l'administration interne, pour les injections sous-cutanées ou intratrachéales, l'iodure de potassium s'emploie en solutions. Pour bien conserver les solutions, on y ajoute avantag-eusement un peu d'hyposulfite de soude, qui empêche la mise en liberté de l'iode et qui n'a pas d'efl'ets nuisibles.

,1 Cexti'rieur., on emploie les préparations suivantes :

Pommades iodées et lodurées.

lodurc (le jiotassium 1

Axonge 4

lodure de potassium 2

Iode 1

Axonge 8

Iode 1

Savon vert 10

Alcool 5

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