ADMINISTRATION PAR L'ANUS
la bouche serait plutôt défavorable en provoquant des mouvements susceptibles de faire faire fausse j-oute à l'instrument et de le faire toniber dans la trachée. Avant de faire passer le breuvage, il est indispensable de s'assurer que la sonde est bien dans l'œsophag-e et non dans la trachée. Quand la sonde a fait fausse route et est dans la trachée, les mouvements expiratoires provoquent à son extrémité une expulsion d'air sensible à la main ou à la vue. Cependant parfois, la respiration étant très calme, il est difficile de constater ce courant d'air d'expiration. Le mieux est de s'assurer de la présence de la sonde dans l'œsophage par la palpalion dans la g-outtière jugulaire du côté g-auche de l'encolure.
Ce procédé, préconisé par M. Lesage (1), serait la méthode idéale d'administration des solutions médicamenteuses dans l'estomac, chez les solipèdes, s'il n'y avait jamais d'incertitude sur la position exacte de la sonde. Il pourrait devenir dangereux entre des mains inexpérimentées et n'est pas recommandable dans la pratique courante.
Chez le chien et autres petits animaux, le procédé de la sonde œsophagienne donne en général d'excellents résultats. 11 est d'une application plus facile que chez les solipèdes. 11 permet de faire arriver à coup sûr le liquide en totalité dans l'estomac. Le manuel opératoire est très simple : l'animal debout est maintenu entre les jambes d'un aide, qui en même temps relève la tète; on introduit un petit pas-d'àne dans la bouche pour écarter les maxillaires ; quand l'écartement est suffisant, on pousse la sonde droite vers l'isthme du gosier ; elle entre naturellement dans le pharynx et l'œsophage. Quand elle est en place, on verse le liquide dans l'extrémité évasée de la sonde; il coule immédiatement et directement dans l'estomac. Quand l'administration est terminée, la sonde est retirée très facilement.
Le pas-d'àne, pour écarter les mâchoires, peut consister en une simple planchette un peu épaisse, percée d'un trou dans laquelle on introduit la sonde.
2° Administratiou par Tanus.
On choisit l'orifice anal pour faire arriver directement certains
tl) Bull, de la Soc. centrale, 1904, p. 706.