‹ Traité de thérapeutique vétérinaireChapitre 32 sur 260 · INFLUENCE DU FOIE ET DU POUMON SUR L'ABSORPTION MÉDIC · texte numérisé non relu

INFLUENCE DU FOIE ET DU POUMON SUR L'ABSORPTION MÉDIC

organiques. Or, avant d'arriver dans le système artériel, le sangveineux, qui s'est chargé de molécules médicamenteuses sur Tune des surfaces absorbantes étudiées ci-devant, est forcé de ti-averser le poumon et souvent aussi le foie. En passant à travers ces organes placés sur le trajet des veines, le sang- peut perdre une proportion ' , plus ou moins grande des principes actifs qu'il charrie. Il en chM^ résulte que, dans certains cas, les médicaments elles poisons administrés même à forte dose ne produisent pas d'elfets appréciables.

Le foie, org-ane à travers lequel passe tout le sang- qui revient du tube gastfo-hites/i/ia/, peut agir de trois manières sur les substances médicamenteuses et toxiques. 11 peut les retenir, les modifier et les éliminei-.

Le foie retient au passage les sels métalliques, en général, et divers alcaloïdes : cuivre, mercure, fer, arsenic, antimoine, phosphore, nicotine, quinine, morphine, strychnine, vératrine(Roger), antipyrine, cocaïne (Gley), etc. Lorsque ces substances sont absorbées par la muqueuse gastro-intestinale, elles sont plus ou moins complètement arrêtées par le foie, qui les fixe dans son. tissu. L'activité rélentive du foie à leur égard est sous la dépen- '^'*' dance de la fonction glycogénique et est, par conséquent, fort

variable. Elle arrête les poisons d'autant plus activement que la proportion de glycogène est plus élevée (Cl. Bernard, Roger). (Juand le foie est privé de glycogène, comme cela arrive après une abstinence très prolongée ou pendant certaines maladies^ il laisse passer complètement toutes les substancees médicamenteuses et toxiques. Dans ces conditions, les doses, qui d'ordinaire sont facilement supportées, peuvent provoquer des accidents toxiques. Il faut donc tenir compte de l'état du foie dans l'établissement des doses administrées dans les diverses conditions pathologiques. En général, chez les jeunes animaux, le foie joue un rôle protecteur supérieur à celui du foie des adultes.

Certaines substances ne sont jamais ai'rètées par le foie ; ce sont les sels de potasse, de soude, la glycérine, l'acétone, l'alcool, la digitaline, etc. Ces substances produisent toujours des effets identiques, quelle que soit la voie d'administration. A leur égard, le foie ne joue aucun rôle de rétention.

Il peut même arriver que le foie exalte la toxicité de certaines substances d'origine microbienne. Ce fait a été observé par J. Tessier et Guinard ])Ourles toxines diphtéritiques, la pneiunobacilline, la malléine, qui, injectées dans une racine de la veine

Page 1