EFFETS PHYSIOLOGIQUES DES MÉDICAMENTS. U
OU le fait d'une soustraction d'eau (Raphaël Dubois). Cet état g-ranuleux du protoplasma des cellules nerveuses a été observé après l'absorption d'alcaloïdes et de substances diverses. Mais de ce qu'on voit cet état granuleux sur les cellules mortes, il ne faudrait pas conclure qu'il existe aussi pendant la vie. Il est fort probable que, sur la cellule vivante, les modifications protoplasmiques engendrées par les médicaments sont moins g-rossières. Ne pouvant examiner les cellules au microscope pendant qu'elles sont encore vivantes, il nous est impossible d'avoir des notions certaines sur les modifications de structure qu'elles subissent sous l'action des médicaments. Chaque médicament et poison produit sans doute des modifications propres, mais en tout cas inconnues pour le moment. Ces modifications disparaissent d'ailleurs en général assez rapidement, puisque, par l'élimination médicamenteuse, les fonctions redeviennent normales.
Effets physiologiques des médicaments.
Les actions physico-chimiques exercées par les médicaments sur les éléments vivants des tissus provoquent des modifications organiques et fonctionnelles qui constituent les effets physiologiques ou pharmaco-dynamiques.
Les tissus vivants réagissent en présence de la substance médicamenteuse ou toxique. Cette réaction peut se manifester par des changements notables soit dans leur; activité nutritive, soit dans leur activité fonctionnelle.
Les changements dans l'activité nutritive des cellules se traduisent par des augmentations, des ralentissements ou des perversions. Parfois les cellules se gonflent, se divisent et prolifèrent; d'autres fois, elles s'atrophient; d'autres fois encore elles subissent des dégénérescences diverses, par exemple la dégénérescence graisseuse.
Les changements dans l'activité fonctionnelle des éléments anatomiques se traduisent soit par une exaltation, soit par une diminution, soit même par une extinction de Y activité \^vo\)r& de ces éléments. La même substance médicamenteuse ou toxique peut, à certaines doses, produire ces divers changements fonctionnels successivement. C'est pourquoi C. Bernard a pu poser la loi suivante : Arant (fctre paralysées et frappées à mort par un agent médicamenteux ou toxique, les cellules commencent
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iVahord par être excitées. Cette loi trouve sa plus complète démonstration dans les effets des hypno-anesthésiques.
Tout le monde sait que le chloroforme, Téther, avant de paralyser les centres encéphaliques et médullaires, les excitent au contraire fortement et provoquent une période d'agitation plus ou moins long-ue qui précède la période de sommeil anesthésique.
Les modifications org-aniques et fonctionnelles provoquées primitivement par une substance médicamenteuse ou toxique peuvent, à leur tour, amener des modifications nouvelles, qui viennent compliquer les effets pharmaco-dynamiques visibles. C'est qu'en effet toutes les parties de l'organisme sont solidaires les unes des autres et agissent les unes sur les autres par l'intermédiaire soit du système nerveux, soit du sang-. A la suite de l'emploi de topiques^ on voit souvent apparaître des effets éloig-nés d'ordre réfiexe, parfois très compliqués. Après l'application d'un sinapisme sous la poitrine du cheval, on constate deux sortes d'effets : les uns exactement localisés, comme la rougeur, la chaleur, la tuméfaction et la douleur; les autres éloig'nés, d'origine purement nerveuse et réflexe, comme les modifications de la respiration, de la circulation, de la thermog-enèse, etc. GeleyetL. Guinard ont constaté que l'application d'une solution de spartéine au ving-tième à la face interne des cuisses chez l'homme fébricitant produit, par la voie nerveuse et sans qu'il y ait absorption, un abaissement de la température rectale de 1" à 5°. Le système régulateur de la thermogenèse se trouve donc infiuencé dans ce cas par une action purement réfiexe. Beaucoup d'effets très importants consistent dans les actes nerveux réflexes provoqués par l'action exercée au lieu d'application des médicaments.
Les médicaments absorbés produisent également deux sortes d'effets : effets principaux on primitifs et effets secondaires ou dérivés.
Les effets principaux dépendent de l'électivité et de la localisation du médicament. C'est ainsi que les hypno-anesthésiques agissent d'abord sur les cellules nerveuses encéphaliques et médullaires, provoquent l'ag-itation générale suivie du sommeil anesthésique et de la résolution musculaire. La strychnine se localise dans les cellules des centres réflexes médullaires; elle les excite, eng-endre des convulsions, puis les paralyse et produit