CAUSES DE VARIABILITÉ INHÉRENTES AU MEDICAMENT
doit ag'ir sur le même élément organique et en sens inverse de la; substance dont il annihile les effets. Quand un poison combat les. effets d'un autre sans agir sur les mêmes éléments, il n'y a pas antagonisme vrai. Ainsi le curare, qui paralyse, n'est pas un antagoniste de la strychnine, qui produit des convulsions, parce que, pour produire la-paralysie, le curare agit surlesterminaisonsdes nerfs moteurs et la strychnine, pour provoquer des convulsions, agit sur les cellules de la moelle.
On distingue un antagonisme simple ai un antagonistne réciproque. Dans l'antagonisme simple, la substance A est capable d'annihiler les ellets de la substance B ; mais cette dernière nejouit pas de la même propriété vis-à-vis de A. Dans l'antagonisme réciproque, les deux substances peuvent s'annihiler réciproquement. Un cas d'antagonisme simple est olfèrt par l'atropineet la pilocai'pine. Ce dernier alcaloïde excite les sécrétions, l'atropine les supprime, même lorsque l'animal est sous l'influence de iapilocarpine. Quand les sécrétions ont été arrêtées par l'atropine,, la pilocarpine est impuissante aies rétablir complètement. L'atropine fait donc disparaître les ellets de la pilocarpine, mais cette dernière n'a pas la pro[)riété de faire disparaître ceux de l'atropine.
Un exemple d'antagonisme réciproque est donné par l'ésérine et l'atropine. Sous l'influence de l'ésérine, les glandes salivaires paralysées préalablement par l'atropine reprennent leur l'onction sécrétoire, et la pupille dilatée par l'atropine se rétrécit; inversement, la sécréfion salivaire fortement augmentée par l'ésérine cesse sous Tinfluence de l'atropine, en même temps que lapupille se dilate. L'ésérine détruit les eflets de l'atropine, et réciproquement l'atropine détruit ceux de l'ésérine.
Antidotisme. — Les antidotes sont les substances qui empêchent l'éclosion des phénomènes d'empoisonnement ou qui en arrêtent la marche. Ils agissent par suite d'une modification chimique qu'ils font éprouver au poison qu'il s'agit de combattre. Ordinairement ils atteignent le poison dans le tube digestif avant son absorption.
Le plus souvent, les antidotes ou contrepoisons forment avec la substance toxique des combinaisons insolubles qui la rendent réfractaire à l'absorption; c'est ainsi qu'agit le blanc d'oeuf vis-àvis des sels métalliques, l'acide tannique vis-à-vis des alcaloïdes et l'essence de térébenthine vieille vis-à-vis du phosphore. D'au-