‹ Traité de thérapeutique vétérinaireChapitre 70 sur 260 · CH · texte numérisé non relu

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Le tannoforme est le produit de la combinaison du tanin avec l'aldéhyde formique. Il s'obtient à l'état d'une poudre blanc roug-eàtre, très lég-ère, inodore^ à saveur légèrement astring-ente, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, l'éther et les solutions alcalines faibles. La solution a une couleur jaune ou brun rouge. Par l'addition d'une g'outte de perchlorure de fer, il se forme un précipité bleu foncé de tannate de fer soluble dans l'acide chlorhydrique. Il possède des incompatibilités avec les sels de fer, les alcaloïdes végétaux, les albumineux et les mucilagineux.

Effets et usages. — D'après les essais faits en Allemagne par Frohner, Bass, Wuif, en France par Bissauge, etc. , le tannoforme jouit des propriétés combinées de ses deux composants, tanin et aldéhyde formique, et constitue un excellent astringent et un désinfectant puissant.

Les plaies saupoudrées avec de la poudre de tannoforme sont désinfectées et cicatrisées rapidement. La suppuration, les sécrétions morbides sont taries et rendues inodores. D'après Frohner, c'est de tous les médicaments connus actuellement celui qui offre le plus d'avantages dans le traitement des plaies, des ulcérations.

Il estavantag-eusement employé aussi à titre d' antiparasitaire externe dans les gales, principalement dans la g-ale des oreilles chez le chien, l'herpès, l'impétigo, le lichen, le pityriasis, le psoriasis et toutes les inflammations cutanées.

En raison de son bon marché, de ïabsence d'odeur et de ses vertus cicatrisajites, il est bien supérieur à l'iodoforme, dont il remplit d'ailleurs toutes les indications externes.

A l'intérieur, le tannoforme est peu toxique et manifeste à un haut deg-ré ses propriétés astringentes et désinfectantes, ce qui le fait employer avec avantag-e dans toutes les affections accompagnées de diarrhée, de catarrhe et de fermentations anormales du côté du tube digestif.

Le tannoforme se décompose dans le canal intestinal en présence des sucs alcalins en ses deux éléments, l'acide tannique, Kaufmann. 12

qui est un astringent, et Taldéhyde formique, qui est un antiseptique. Aussi donne-t-il d'excellents résultat dans les diarrhées chez tous les animaux. Il arrête la diarrhée chez les veaux et les chiens à la dose de 1 à 3 g-ranrimes répétée deux à trois fois par jour ; chez le cheval et les grands ruminants adultes, à celle de 20 à 25 g-rammes (Bass, Bissaug-e). Il s'est montré efficace ég-alement contre Vhématiiric chez les bovins à la dose de 20 à 30 grammes par jour.

Mode d'emploi. — a. Pour f usage externe, on emploie le tannoforme :

1° En poudre soit seul, soit mélangé en proportion variable avec l'acide borique, l'alun, le sucre pulvérisé, le talc, l'amidon, le charbon, la poudre de quinquina, le cachou, la colophane, etc. ;

2" En pommades. Formules indiquées par Bissauge :

Tannoi'orme 10 grammes.

Paraffine 100 —

Protecteur antiseptique et cicatrisant.

go

Tannoforme 5 grammes.

Vaseline ou lanoline 25 —

Plaies, eczéma, dermatoses.

Tannoforme 10 grammes.

Beurre de cacao / „ ^

Huile de ricin ) ^"

Fistules, javart.

Tannoforme 5 grammes.

Huile de bouleau 1 gramme.

Vaseline 25 grammes.

Essence d"eucalyptus OB'", 50.

Blépharite.

Tannoforme 3 grammes.

Huile d'amandes douces 50 —

Blanc de baleine 30 —

Cire blanche 2 —

Eau de roses 2 —

Dartres, eczéma.

Tannoforme 2 grammes.

Savon vert ... 20 —

Alcool de lavande 10 —

Eczéma, psoriasis.

3" Associé au goudron, à l'huile de cade :

ââ 10 grammes.

Tannoforme

Goudron végétal

Dermatoses humides.

Tannoforme 10 grammes.

Huile de cade 30 —

Alcool Q. S.

Ezcéma humide.

4° En solution alcoolique ou éthe're'e, glycérinée, ou associé au coliodion :

Tannoforme 10 grammes.

Alcool 50 —

Glycérine 30 —

Plaies articulaires.

Tannoforme 5 à 10 grammes.

Éther Q. S.

Coliodion 100 grammes.

Sutures, plaies articulaires.

Tannoforme 10 grammes .

Alcool ou éther Q. S.

Brûlures, plaies, kystes.

Tannoforme 10 grammes.

Alcool 50 —

Essence de Wintergreen 3 —

Glycérine 10 —

Catarrhe auriculaire.

b. Pour V usage interne, le tannoforme est donné en potion, breuvage, en suspension dans une infusion froide, dans du vin, dans une décoction d'avoine ou d'org-e; en électuaire mélang-é à la poudre d'écorce de saule, de quinquina et au camphre, en bols, en poudre.

Tannoforme 25 à 30 grammes.

Poudre de gentiane. . /

... , aa 50 —

de qumquma.

Excipient Q. S.

Pour deux bols (gTands animaux). Entérite, diarrhée.

Tannoforme 20 grammes.

Acétate d'ammoniaque 30 —

Infusion froide de camomille 1 litre.

Hématurie, entérite du bœuf.

Tannoforme ) -, .„ «. . „„, ^ ,,

Extrait de Colombo )

Poudre de Dower Ogr^SO

Sucre blanc 5 grammes.

Pour cinq paquets. Un par heure.

Diarrhée profuse du chien.

Tannoforme ) ,

.-,,.,. i ' gramme.

Acide salicylique ) *

En plusieurs fois dans la journée dans la diarrhée et la dysenterie du chien.

Tannoforme 0,50 à 1 grammes.

Éther Q. S.

Teinture de cannelle 10 grammes.

Une cueillerée à café trois fois par jour dans la diarrhée du chien.

6° Tannoforme 1 gramme.

Teinture de ratanhia \ -> , „

j ,, { aa 10 grammes.

— de cannelle ) "

1 à 5 g-rammes par jour dans l'entérite du chien.

Tannoforme 1 gramme.

Alcool Q. S.

Potion gommeuse. 150 grammes.

Aprendreen vingt-quatre heures. Hématurie, néphriteduchien.

Ichtyoforme.

C'est un thiodydrocarbosulfate de formaldéhyde. Il se présente sous l'aspect d'une poudre fine à grains brillants, presque incolore et insipide, d'une couleur qui varie du brun au vert foncé. Il est insoluble dans l'eau et les dissolvants ordinaires ; il s'émulsionne dans la glycérine.

Emploi et doses. — On l'utilise avec succès à l'extérieur comme antiseptique et cicatrisant; à l'intérieur, comme anticatarrhal

dans les afîections da tube digestif, principalement dans les cas de diarrhée profuse des chiens et des veaux.

Le formulaire est le même que pour le tannoforme

Les doses thérapeutiques sont d'après Bass :

Cheval 13 grammes.

Bœuf 20 —

Poulain 5 —

Veau 0 —

Chien 3 —

y lodoforme.

CHP.

Liodoforme a la constitution du chloroforme, mais le chlore est remplacé par l'iode. Il se présente sous forme d'une poudre jaune-citron, formée de cristaux hexagonaux. Il a une odeur forte, caractéristique, s'attachant longtemps aux objets qui en ont été une fois pénétrés. Il est très peu soluble dans l'eau, 1 p. 5000; il est soluble dans 80 parties d'alcool à 90°, dans G parties d'éther, dans 7 parties de coUodion, très soluble dans le chloroforme, les huiles g-rasses et les essences. Il est volatil.

Effets physiologiques. — L'iodoforme agit localement sur les tissus comme anesthésique et antiseptique. Lorsqu'il est mis en contact avec les plaies ou les solutions de continuité, il est lentement décomposé et dég-ag-e de l'iode à l'état naissant. C'est à cette production incessante d'une petite quantité d'iode qu'il faut attribuer ses vertus antiseptiques. Une plaie traitée par l 'iodoforme montre dans les liquides qui la recouvrent des iodures alcalins, quoique à ce moment ces iodures fassent défaut dans l'urine. Binz attribue la décomposition de liodoforme aux g-raisses des tissus. En elfet, lorsqu'on dissout de l'iodoforme dans une huile, il y a toujours production rapide d'une petite quantité d'iode. A l'état sec, l'iodoforme se décompose même simplement sous l'influence de la lumière. Dans un liquide alcalin quelconque, j iodoforme se décompose lentement en fournissant de l'iode. Il empêche le développement des microbes du pus, facilite le bourgeonnement des tissus vifs et fait disparaître le prurit et les démangeaisons.

Introduit dans l'estomac, il est facilement supporté à doses faibles ; il s'oppose aux fermentations anormales des matières alimentaires et passe en partie à l'absorption.

A fortes doses, il devient irritant, provoque des vomissements chez les carnassiers et de l'inappétence, la paralysie et la mort chez tous les animaux.

Son absorption se fait dans l'intestin à la faveur des matières grasses émulsionnées. Une fois parvenu dans le torrent circulatoire, il est décomposé; l'iode est mis en liberté et forme avec les alcalis du sang- des iodures qui sont rapidement éliminés par les urines et les autres liquides excrétés. Ses effets généraux sont exactement ceux de l'iode, c'est-à-dire qu'il agit surtout sur la nutrition. Il produit l'amaigrissement progessif, la fluidité du sang, une hypersécrétion des muqueuses et quelquefois des éruptions cutanées.

L'iodoforme n'est pas un microbicide très énergique. S'il a une action germicide marquée vis-à-vis du vibrion du choléra, du bacille tuberculeux, etc., il y a beaucoup de microbes qui cultivent très bien dans des milieux imprégnés d'iodoforme. L'explication de ses excellents effets dans le traitement des plaies ne doit pas résider exclusivement dans le pouvoir bactéricide. Son action résulte de la mise en liberté d'une façon continue de petites quantités d'iode et de propriétés physiques spéciales.

Le fait de la décomposition de l'iodoforme au contact des tissus vivants est hors de conteste, mais on peut discuter encore sur le mécanisme de cette décomposition. Quoi qu'il en soit, l'iode naissant agit comme oxydant, puis se transforme en iodure alcalin.

Si l'iodoforme est peu microbicide, il est par contre fortement antitoxique. Mélangé à dose convenable aux toxines diphtériques, tétaniques ou autres, il les rend inoffensives (Behring, Stchegoleff). Il neutralise puissamment les poisons microbiens qui existent dans les plaies infectées.

Indications thérapeutiques. — On l'emploie comme antiseptique et cicatrisant sur les plaies fraîches et sur celles qui sont déjà le siège d'une suppuration plus ou moins abondante. On en a obtenu d'excellents résultats en chirurgie comme agent de pansement. Après les opérations, on saupoudre la solution de continuité de poudre d'iodoforme, et on applique un pansement antiseptique. On prévient ainsi la formation du pus, on calme la douleur. Cette poudre se fixe solidement sur la plaie et met les parties à l'abri de l'air; au contact des tissus, l'iode naissant se dégage constamment et agit comme microbicide et antitoxique. Il a été employé

avec succès contre le crapaud, les diverses affections du pied du cheval et contre les fistules articulaires et autres.

D'après les recherches récentes de Querruan (1), Tiodeforme est pour ainsi dire un spécifique contre le crapaud. Après curettag-e complet, on saupoudre abondamment d'iodoforme les points atteints. Pour assurer la pénétration de Tiodoforme dans la profondeur des lacunes et des fissures, il est bon de panser avec l'éther iodoformé à saturation, qui est doué d'un pouvoir de pénétration plus grand que la poudre. çJj.AJto-'^'V^'*'*''^ •

Chez nos animaux, il n'y a jamais à craindre l'empoisonnement après son application sur des plaies, car il reste en grande partie insoluble, et la petite quantité d'iode qui se forme est insuffisante pour déterminer des accidents g-énéraux. Mais des effets toxiques peuvent se manifester avec une grande intensité, quand les animaux se lèchent et ingèrent l'iodoforme. Il faut donc mettre les animaux dans l'impossibilité de lécher les plaies.

A rintérieur, l'iodoforme n'est que rarement employé. Il pourrait être administré à la place de l'iode. Siedamgrotzky dit en avoir obtenu de bons résultats à la dose de 2 grammes dans la fièvre typhoïde du cheval.

Préparations. — Administration et doses. — On l'emploie sous des formes diverses : en poudre plus ou moins fine sur les plaies; pur ou associé au tanin, au charbon, à l'acide borique; sous forme de coUodion iodoformé pour recouvrir les plaies sur lesquelles les pansements tiennent difficilement ; sous forme d'éther iodoformé lorsqu'on veut faire des pulvérisations à la surface des tissus ; sous forme de pommades ; enfin on l'utilise pour rendre aseptiques les matières des pansements, pour confectionner la ouate iodoformée, la g-aze iodoformée, etc.

Pour lui enlever son odeur forte et désagréable, on le mélange avec du marc de café, du tanin, de l'essence de lavande, du baume du Pérou, de l'aniodol, de la cannelle de Geyian. Cette dernière substance masque le mieux l'odeur de l'iodoforme. Ellemême est fortement antiseptique, et son odeur pénétrante éteint celle de l'iodoforme et la domine. L'essence de térébenthine fait aussi disparaître l'odeur désagréable de l'iodoforme.

Éther iodoformé.

Iodoformé 1

Éther 10

(1) Rec. de méd. vél., p. 173, 1908.

Collodiun iodoformé.

lodofornie \

Gollodion 10

Les doses toxiques sont de O^^^ô par kilogramme d'animal lorsq ue la substance est injectée dans les cavités séreuses (Potjâkow) ; de 1 gramme lorsqu'elle est prise à l'intérieur, et de 1 à 2 g-rammes lorsqu'on l'injecte sous la peau.

Une vache a succombé trente-six heures après l'administration interne de 50 g'rammes d'iodoforme. Un veau âgé de cinquante jours n'a rien présenté d'anormal après avoir reçu 10 grammes de cette substance en une fois (Frohnerj.

Succédanés de riodoforme.

lODOFORMOSOL.

C'est une solution d'iodoforme à 3 p. 100 dans le vasog-ène. Cette préparution s'émulsionne parfaitement dans l'eau et n'a que faiblement l'odeur de l'iodoforme. L'iodoformosol est indiqué dans les mêmes cas que l'iodoforme : alTections du pied, plaies, fistules, caries, etc.

lODOL.

C^FAzH.

L'iodol est obtenu en faisant réagir l'iodure de potassium ioduré sur le pyrrol G^H^AzH.

Il se présente sous forme d'une poudre fine cristalline ou amorphe, d'un brun jaunâtre, inodore et insipide. Il se dissout dans 5 000 parties d'eau, dans 1 partie d'éther, dans 3 d'alcool et dans 15 d'huile. Il renferme 88, G d'iode.

L'iodol est un antiseptique \iey\i-&ive plus énergique que l'iodoforme, et il offre sur ce dernier quelques avantages ; il n'a aucune odeur et est moins toxique. On s'en sert pour l'usage externe dans les mêmes cas que l'iodoforme. 11 est employé en poudre, en pommade ou mélangé au collodion, à la glycérine, à l'alcool, à l'éther, etc.

Solutions pour les pansements.

lodol 1

Alcool 60

Glycérine 34

SOZOÏODOL.

Sous le nom impropre de socoïodol, on désigne des corps résultant de la combinaison de l'acide diiodoparaphénolsulfonique aveclesodiam, le potassium, le zincouraluminium, le mercure, etc. Ils ont la formule générale G'''H"-,OC, l'^SO^R.

La sozoiodol sodique et le sozoïodol potassique cristallisent sous forme d'aiguilles fines parfaitement incolores et Inodores. Le premier se dissout dans l'eau et la giycérique dans la proportion de 7 àS p. iOO. La solution giycérinée exposée à la lumière reste complètement inaltérée, tandis que la solution aqueuse se colore peu à peu. Le sozoïodol potassique ne se dissout que peu dans l'eau et la glycérine (environ 2 p. 100) ; il est préférable, sous forme de poudre, dans tous les cas où il s'ag'it de maladies demandant un traitement par des antiseptiques peu solubles et dont TelTet doit être durable.

Effets et indications. — Les sozoïodols sont fortement antiseptiques et peu toxiques. Des solutions à 2 p. 100 rendent la gélatine absolument stérile.

On les emploie pour le />an5emen? des plaies. On peut se servir des solutions aqueuses d'acide libre et de sels de sodium, d'aluminium à 2 ou 3 p. 100. 11 est facile aussi d'en imprégner la g-aze ou l'ouate. Dans les cas où l'on a besoin d'une action long-temps prolong-ée, il est préférable de se servir du sozoïodol potassique, en poudre, soit seul, soit mélangé avec du talc ou du sucre de lait dans la proportion de 5 à 10 p. 100.

Le sozoïodol mercurique est très antiseptique et beaucoup moins toxique que le sublimé ; il peut être avantageux employé chez les ruminants pour désinfecter les voies g-énitales dans les alfections calarrhales. On peutl'employersousformedepoudre oxidebougies qu'on place dans le vag-in ou dans le fourreau et qui fondent graduellement.

Pour les pommades, on emploie le sozoïodol potassique, sodique, plombique, aluminique à la dose de 5 à 10 p. 100 avec la lanoline.

La poudre en nature ou mélangée au sucre de lait sert aussi à faire des insufflations sur les muqueuses enflammées.

DlIODOFORME.

cap.

Corps plus stable que Tiodolorme, inodore, insoluble dans Teau, très solublc dans le chloroforme. En médecine humaine, on Ta préconisé dans le pansement des plaies en général. Les résultats sont bons. On l'a employé fort avantageusement en insufflation dans la tuberculose laryng-ée.

LOSOPHANE.

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