‹ Traité de thérapeutique vétérinaireChapitre 71 sur 260 · C6H1^.CH3.0H · texte numérisé non relu

C6H1^.CH3.0H

[Crésol triiodé.)

Corps antiseptique contenant 80 p. 100 d'iode, se présentant en poudre blanche soluble dans l'alcool, insoluble dans l'eau. Étant sans odeur tout en étant antiseptique et légèrement analg-ésique, quelques praticiens le préfèrent à l'iodoforme.

EUROPHÈNE.

[loihire d'isobuthylofthocrésol.)

Poudre légère, jaune, à odeur aromatique, renfermant '28 p. 100 d'iode, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, l'éther, les huiles, lecoUodion. Elle adhère facilement à la surface des plaies et cède lentement de l'iode, tout en étant dépourvue de toxicité. Cet antiseptique semble avoir une valeur ég-ale à l'iodoforme sans avoir sa mauvaise odeur.

On emploie : 1° la poudre d'europhène pur (pour saupoudrer) ; 2° un mélang-e de poudre d'europhène et d'acide borique parties égales ; 3'' l'huile d'europhène à 1 p. 5 ou 1 p. 2 (on fait dissoudre l'europhène dans l'huile d'olive au bain-marie à 60°).

Aristol.

(Biiodiire de dititytnol).

On a donné le nom d'aristol à un composé d'iode et de thymol obtenu sous la forme d'un précipité rouge brun, en versant une

solution alcaline de thymol dans une solution d'iode iodurée. Ce corps possède les avantages des deux substances composantes sans en présenter les inconvénients. <>^i/-6^

L'aristol est une poudre amorphe, acajou, insipide et à peu près inodore contenant 46 p. 100 d'iode, insoluble dans l'eau, la glycérine, l'alcool, soluble dansl'éther et les huiles grasses. Il se décompose à l'air, à la lumière ou la chaleur ; c'est pourquoi ont doit le tenir renfermé dans des flacons bleus et dans un lieu trais.

Il possède toutes les propriétés antiseptiques et cicatrisantes de l'iodoforme sans avoir son odeur nauséabonde et sa toxicité.

Il ne développe aucune action irritante locale et est très efficace dans les maladies de peau. On obtient d'excellents résultats contre le psoriasis, les mycoses, l'eczéma, la gale, les plaies douloureuses, les ulcérations ordinaires, les ulcères épithéliomateux, l'otorrhée.

On l'emploie en pommade, ou incorporé à 10 parties de collodion.

Dermatol. — Gallate basique de bismuth.

Le corps, découvert par M. B. Fischer, est une poudre jaune amorphe ou cristaUisée, insipide, inodore, insoluble dans l'eau, l'alcool, l'éther, rougissant le papier bleu de tournesol, soluble à chaud dans l'acide sulfurique étendu, dans la lessive de soude.

Usages. — Antiseptique proposé pour remplacer l'iodoforme. A l'intérieur, on l'administre comme succédané du salicylate de bismuth pour obtenir l'antisepsie du tube intestinal.

Le chien peut supporter la dose de 1 à 3 grammes pendant plusieurs jours sans grand inconvénient. Il détermine cependant de la constipation. Des doses de 5 g-rammes produisent une entérite.

Des petites doses administrées pendant long-temps peuvent provoquer la formation de calculs intestinaux et une néphrite (Gadéac et Guinard).

Dans la diarrhée, on ne doit l'administrer que pendant deux à trois jours à la dose de 1 ou 2 grammes chez le chien.

Le dermatol en poudre ag-it très bien sur les plaies, l'eczéma du chien, le catarrhe auriculaire.

Il ne tue pas les bacilles coli communis et pyocyaniques.

Hoffmann signale ses propriétés dessiccatives et le recommande contre les affections cutanées humides, eczéma, suppurations cutanées, crapaud.

Bass le recommande contre les fistules sécrétantes, les ulcères, l'otite, l'eczéma, l'inflammation de la muqueuse vag-inale. Étant inodore, inoffensifet bon marché, il peut remplacer l'iodoforme.

DiAPHTOL.

Guinard a donné le nom de diaphtol à l'acide orthoquinolinemétasulfonique préparé récemment par Merck.

D'après Guinard, ce corps, peu soluble dans l'eau, jouit de propriétés antiseptiques prononcées. A la dose de 1 p. 100, il empêche la végétation des BacUlus anfhracis dans le bouillon. Une solution de diaphtolate de soude à 2 p. 1 000 détruit la virulence de la bactéridie charbonneuse, du bacille pyocyanique, du bacille pyog'ène fetidus et des streptocoques de l'infection purulente après trente-cinq à cinquante minutes de contact.

Administré à l'intérieur, le diaphtol est absorbé grâce à sa transformation en sel alcalin. Il s'élimine sous cette forme par les urines et leur communique un certain pouvoir antiseptique. Chez le chien, il est bien toléré et ne produit pas de phénomènes toxiques, même à forte dose.

Gomme ce corps communique aux urines la propriété de se conserver longtemps sans se putréfier, Guinard le i-ecommande de préférence au salol pour obtenir l'antisepsie des voies génitourinaires.

Phénol. — Acide phénique.

CnieO.

Le phénol offre plusieurs variétés :

1" V acide phénique cristallisé. — Cristaux incolores ou légèrement rosés, à odeur empyreumatique particulière, fusibles à 35°, solubles dans 50 parties d'eau, en toute proportion dans l'alcool, l'éther, le chloroforme, le sulfure de carbone, les huiles, la glycérine;

2° Le phénol absolu. — C'est le précédent parfaitement purifié ; il est incolore en petits cristaux détachés, fond à 40"*, a un odeur

peu prononcée, soluble dans 19,5 parties d'eau froide, trèssoluble dans Falcool, l'éther, la glycérine, les huiles g-rasses. A la long-ue, le phénol même le plus pur prend une coloration rouge ;

3° L'acide phénique liquide. — C'est un mélang-e de 90 parties d'acide phénique et de 10 parties d'alcool ; il se présente sous la forme d'un liquide incolore à odeur d'acide phénique, miscible à 18 parties d'eau;

4° L'acide phénique coloré. — Phénol impur à coloration plus ou moins foncée, à odeur désag-réable. Son prix peu élevé permet de l'employer pour la désinfection des locaux.

Effets. — Le phénol précipite l'albumine, propriété qui a une grande importance au point de vue de l'action locale.

Les solutions concentrées d'acide phénique sont caustiques et antiseptiques ; elles ont en même temps une action anesthésique locale.

Appliqué sur la peau du cheval sous forme liquide ou de pommade, le phénol produit un gonflement et un durcissement considérable du derme, avec anesthésie locale. D'après Delsol (i), une simple application de l'acide phénique sur la peau de nos animaux domestiques blanchit d'abord l'épiderme, puis celui-ci se crispe et se fendille ; au bout de dix minutes, le derme se cong-estionne et se tuméfie comme après l'emploi des rubéfiants ; enfin une escarre légère se forme d'abord, puis tombe au boutde quinze à vingt jours, en entraînant les poils; mais l'épiderme se rég-énère, lespoils repoussent, et avec le temps toute trace d'application irritante disparait.

Appliqué sur les solutions de continuité et les muqueuses, ,rt^^

l'acide phénique pur en coagule la surface, les momifie et pro- ^^ ' duit un lég-er effet caustique superficiel ressemblant à celui produit par le nitrate d'argent. Cependant une seule application ne suffit pas généralement pour détruire complètement la vitalité des tissus. Plusieurs applications produisent une escarre véritable, mais qui reste toujours superficielle.

Lorsqu'on dépose l'acide phénique sur une grande étendue de la surface cutanée, on peut observer son absorption, qui s'annonce par l'apparition de phénomènes toxiques graves. Ces accidents sont surtout à redouter chez le mouton, le chien et le chat.

Après l'injection hypodermique des solutions d'acide phénique

(1) Rec. de méd. vét., 1872, p. 532.

on observe généralement une inflammation locale très vive, une momification des tissus touchés suivie d'une plaie ulcéreuse. Dans ce cas, l'absorption est rapide et l'intoxication à craindre avec de fortes doses.

L'acide phénique donné à Vintérieu)\ a dose faible et en solutions très diluées, n'influence que peu la digestion : les excréments deviennent de plus en plus consistants. A dose forte, le phénol produit toujours une irritation g-astro-intestinale et une intoxication générale. Absorbé facilement par la muqueuse digestive, il se combine dans le sang, avec des sulfates, pour former des sulfophénates alcalins, de l'acide carbonique, de Thydroquinone C^H^O*, de l'acide oxalique G-H^OS produits qui sont éliminés par les urines. L'acide phénique est aussi en partie éliminé par les bronches, car l'air expiré prend, après son administration, une odeur de goudron des plus marquées. Pendant son élimination par les reins, il excite la fonction de ces glandes, provoque une diurèse abondante et communique aux urines une teinte brunâtre très foncée due à la transformation du phénol en dihydroxylbenzol, c'est-à-dire en hydroquinoneet pyrocatéchine. L'élimination par les urines est rapide. Au contact de l'air, la coloration brune s'accentue de plus en plus.

Les effets les plus saillants produits par l'acide phénique, absorbé en petite quantité, sont : un mouvement fébrile assez intense, mais de courte durée, des contractions musculaires dans la région du coude, du grasset, de la croupe. A la dose de 20 grammes chez les grands herbivores el à celle de 4 grammes chez le chien, l'acide phénique produit rapidement une grande faiblesse, de la stupeur, puis des tremblements musculaires et des convulsions tétaniques ressemblant à celles produites parla noix vomique; enfin des mouvements choréiformes suivis de la t*^-^ ^"^ paralysie du système locomoteur et de la mort. L'acide phénique ''^^^ "^ est, comme on le voit, un poison violent pour les animaux ; il ^-o^^^ agit sur le sang et le système nerveux.

Quand l'intoxication se produit à la suite de l'administration interne, on observe une inflammation intense de la muqueuse stomacale et intestinale, des bronches et des poumons. Pendant l'intoxication, le phénol s'accumule dans les centres nerveux en beaucoup plus forte proportion que dans les autres organes.

Dans l'emploi interne, l'acide phénique est plus toxique en solution aqueuse qu'en solution glycérinée.

Il est à remarquer que les sulfophénates formés dans le sanget éliminés par les urines ne sont que peu toxiques pour les animaux. On peut utiliser cette particularité pour chercher à combattre les ellets toxiques de l'acide phénique. Quand ce corps a été absorbé à dose dang-ereuse, il faut, autant que possible, favoriser sa combinaison avec les sulfates, afin de le rendre inoffensif ; il en résulte qu'on doit administrer aux animaux empoisonnés des sulfates et principalement du sulfate de soude. Le sucrate de chaux serait aussi un excellent antidote (Husemann). Les injections intraveineuses d'ammoniaque arrêteraient ég-alementles effets toxiques de l'acide phénique (Baumann).

Le phénol jouit de propriétés antiseptiques, antiputiHdes et antiparasitaires . A la dose de 0,5 p. 100, il empêche la putréfaction du pus; à la dose de 1,5 p. 100, il s'oppose à la fermentation de l'urine; à celle de 2 p. 100, il conserve intacte l'albumine et la viande. Les fermentations lactique et alcoolique sont arrêtées par l'addition aux liquides de 1 p. 100 d'acide phénique. D'après les recherches d'un grand nombre d'auteurs, les bactéries et les vibrions sont détruits par des solutions de 0,2 à 0,5 p. 100. Les spores des moisissures perdent leur faculté g-erminative dans une solution à Ip. 100; les mycéliums des moisissures sont anéantis .^pi'^^-iM.^i^i^ par des solutions de 1 à 2 p. 100. Le vacciji reste actif avec 1 p. 100 ; mais il devient inactif avec 2 p. 100 d'acide phénique. Le virus du charbon symptomatique perd ég-alement ses propriétés dans une solution d'acide phénique, d'après les recherches de MM. Arloing-, Gornevin et Thomas. Le bacille de la tuberculose est tué après un séjour de ving-t-cinq heures dans une solution d'acide phénique à 5 p. 100.

L'acidephénique ne conserve ses propriétés antiseptiques et antiparasitaires qu'autant qu'il est dissous dans l'eau. Les solutions huileuses ou alcooliques sont à peu près inactives, d'après Koch.

L'acide phénique ne détruit pas les g-az qui s'échappent des produits organiques en putréfaction; il n'est pas désodorisant \ mais, en s'opposant aux fermentations, il prévient la formation des mauvaises odeurs.

Indications. — L'acide phénique est indiqué :

l'' Gomme antiputride, comme antiseptique, pour traiter les plaies suppurantes, les clapiers, les solutions de continuité quelconques, la non-déUvrance, la métrite chronique, l'eczéma, l'otorrhée, etc. ;

2° Gomme anlivirulent^ toutes les fois qu'un virus ne peut pas être détruit par les caustiques et qu'il est encore localisé ; il convient aussi pour désinfecter les écuries, étables et objets contaminés par des germes de maladies contagieuses ;

3° Gomme antipédiculaire et antipsorique, pour détruire tous les parasites ectozoaires;

4° Gomme antivermineux. Krœnig a pu g-uérir rapidement la bronchite vermineuse du mouton en injectant dans la trachée 5 grammes d'une solution phéniquée à J p. 100;

5° Gomme calmanl et léger astringent^ on l'emploie en solutions glycérinées étendues contré les brûlures légères ;

6° Gomme caustique, lorsqu'il est en solutions concentrées, contre le javart cartilagineux et les javarts tendineux, etc. Ges mêmes solutions conviennent contre les aphtes des ruminants et les ulcères des pieds dans la fièvre aphteuse.

Get acide produisant, au point d'application sur la peau, un gonflement dur, résistant, est utilisé pour guérir les hernies ombilicales à la place de l'acide azotique. Le gonflement inflammatoire a pour efl'et de réduire la hernie et de produire la fermeture de l'ouverture herniaire.

A Vintérieur, ses effets astringents et antiputrides le recommandent contre l'atonie du tube digestif, contre la diarrhée, la dysenterie, les fermentations anormales.

L'acide phénique est indiqué aussi contre les maladies débilitantes infectieuses, accompagnées de catarrhe des diverses muqueuses : dans la maladie des jeunes chiens, la pneumonie, la bronchite chronique, les écoulements urétraux anciens, etc.

En injections sous-cutanées, l'acide phénique en solution à 2p. 100 prévient l'avortement épizootique. L'injection sous la peau de 20 centimètres cubes d'une solution d'acide phénique aux vaches pleines d'une écurie infectée renouvelée trois fois à quinze jours d'intervalle arrête complètementl'avortementépizootique (Rafin). L'administration interne journalière d'une solution de phénol à 1 p. 100 à la dose de l litre à l',5 par vache, pendant cinq à dix jours, prévient également l'avortement (Nuesch).

Il est contre-indifjué chez les chats, chez tous les animaux jeunes ou fortement débilités, et chez les animaux de bou-<^^*'^'^ chérie, à la viande desquels il pourrait donner une odeur désagréable.

Il n'a aucun effet pour arrêter la marche du charbon, de la

ANTISEPTIQUES ORGAMQUES. 193

morve, delà rage et d'autres maladies virulentes, quand ces maladies sont déclarées.

Administration. — On administre l'acide phénique par la voie dig'estive ou par la voie respiratoire. Par la première voie, on le donne en boisson, en breuvage ou en lavement. En le faisant dissoudre dans une assez g-rande quantité d'eau, on lui enlève sa saveur et son odeur trop prononcées. Pour favoriser la dissolution, on peut employer l'alcool, l'acide acétique ou la glycérine. Pour le faire pénétrer dans les bronches, on met l'eau phéniquée dans une casserole en terre, et on la fait bouillir; on dirige les vapeurs dans les voies respiratoires, à l'aide d'un conduit en toile. On peut ég'alement injecter une solution à 1 p. iOO directement dans la trachée.

Préparations.

a. Solulio7}s aqueuses 1-2-3 p. 100.

Ces solutions sont utilisées comme antiseptiques pour les besoins chirurgicaux, pour laver les plaies purulentes, en injections dans les cavités qui sont le siège d'une suppuration ou d'une décomposition putride. On les emploie aussi en injections hypodermiques lorsqu'on veut développer les effets généraux. Pour les inhalations, on emploie les solutions à 0,5 p. 100.

b. Pommade phéniquée à 5 p. 100.

Antipsorique.

c. Savon phénique à 1-10 p. 100.

Antipsorique.

d. Glycérine phéniquée ^à o p. 100.

Antipsorique, brûlures.

e. Solution phéniquée alcoolique.

Acide phénique 5 grammes.

Alcool 250 —

Contre l'otorrhée.

f. Solution contre la diphtérie des volailles.

Acide phénique 5 grammes.

Glycérine et eau distillée àâ 75 —

Porter le liquide sur les parties malades à l'aide d'un pinceau. Kaufmann. 13

g. Bain de Zundel contre la gale des moutons.

Acide phénique brut \^^,o

Chaux vive 1 kilo.

Carbonate de soude 3 —

Savon nqir 3 —

Eau 260 litres.

Pour 100 moutons.

Durée du bain cinq minutes ; puis frictions énergiques.

h. Pour les pansements aseptiques.

On utilise l'ouate phéniquée, la gaze phéniquée. Le catg-ut et les fils sont rendus aseptiques en les conservant dans une solution phéniquée à 5 p. 100. Doses. — Les doses thérapeutiques par la voie stomacale sont :

Cheval o à 8 grammes.

Btjeuf 0 à 15 —

Mouton 1 à 3 —

Porc Og'-,aO à 2 —

Chien 06'-,0o à OS'-,2

Chat 0g'',02 à 0g'',05

Ala vache menacée d'avortement infectieux, on peut administrer à Vintérleur i litre à l',5 d'eau phéniquée à 1 p. 100 par jour pendant cinq à dix jours. En injection sous-cutanée, on peut administrer à la vache 20 centimètres cubes d'une solution à 1 ou 2 p. 100.

Aseptol.

CGH^OH.SOSH.

[Acide orthopkénylsulf'ureux ou sozolique (Serrant).

L'aseptol s'obtient en laissant en présence, à la température ordinaire, de l'acide phénique et de l'acide sulfurique. Il cristallise en aiguilles déliquescentes et forme avec les bases des sels cristallisables. Il est très soluble dans l'eau, l'alcool et la glycérine.

Propriétés. — L'aseptol est doué de propriétés antiseptiques énergiques et est préférable à l'acide phénique, non seulement sous le rapport de la puissance microbicide, mais aussi parce qu'il est moins caustique et moins toxique.

Phényforme.

Combinaison du phénol avec l'aldéhyde formique. C'est une poudre inodore, de couleur g-ris jaunâtre, inaltérable à l'air et à la lumière, non hygroscopique, insoluble dans l'eau, l'éther, le chloroforme et la benzine ; soluble dans les alcalis et l'alcool.

Le phényforme est antiseptique et cicatrisant et peut remplacer riodoforme pour le traitement des plaies. Ce produit est inodore, non toxique, non virulent et coûte moins cher que l'iodoforme.

Parachlorophénol.

C'est une combinaison du chlore avec l'acide phénique. Il se présente en cristaux blancs peu solubles dans l'eau, facilement solubles dans l'alcool et l'éther.

Il est très antiseptique, moins irritant et moins toxique que l'acide phénique. Il peut être employé sur les plaies.

Il a été recommandé par Le Dentu pour les besoins chirurg-icaux.

Acide picrique.

C6H2(Az02)3 0H.

Cet acide, encore appelé acide carbazotique, acide trinitrophénique, résulte de l'action de l'acide azotique fumant sur l'acide phénique. Il est cristallisé en prismes ou en lamelles jaunes, brillantes, soluble dans 86 parties d'eau à 15°, très soluble dans l'alcool, l'éther, le chloroforme. Il est inodore, a une saveur très amère et teint en jaune la peau, les poils, la laine et les tissus. Il précipite fortement l'albumine. L'acide picrique et les picrates font explosion lorsqu'on les chauffe.

Effets. — L'acide picrique ag-it comme antiseptique plus puissant que l'acide phénique et l'acide salicylique (Sozewitsch). Les picrates sont moins actifs que l'acide libre.

En solutions concentrées, l'acide picrique est irritant et détermine une douleur cuisante sur les surfaces sensibles et délicates. S'il est dilué dans l'eau à 1 p. 100 et au-dessous, il provoque, après une lég-ère cuisson, une insensibilité presque complète. Il active la production épidermique et la kératog-énèse :

A l'intérieur, l'acide picrique est difficilement toléré; il produit facilement une inflammation gastro-intestinale.

Après son absorption, il dissout les globules du sang- et produit une teinte ictérique de la peau. Le chien succombe à la dose de 0s'',6. Les symptômes d'empoisonnement consistent dans des vomissements, des convulsions et une diarrhée très forte.

Cet acide tue rapidement les vers intestinaux ; il constitue un ant hebninthique puissant, mais un peu dang-ereux et par suite peu recommandable. Comme les picrates alcalins sont moins toxiques et moins irritants, on les emploie de préférence contre les parasites intestinaux.

Usages. — Contre l'infection vermineuse des ag-neaux, on administre l'acide à la dose de Oer,! à Q^%2 et le picrate de potasse à la dose de O^^S à 1 g-ramme par jour sous forme de pilules.

Dans l'helminthiase intestinale du porc, on donne le picrate de potasse dans de l'eau farineuse ou dans une décoction mucilagineuse à la dose de Q^%2Q à O^^ôO par jour. On a obtenu aussi du succès avec ce corps dans la bronchite vermineuse des bètes bovines en injectant dans la trachée 150 à 200 g-rammes d'une solution à 2 p. 1 000 (Pelers).

C'est à l'extérieur que l'acide picrique peut rendre les meilleurs services. Il est utilisé dans les affections de la peau accompagnées d'exsudations et de sécrétions, dans le traitement des eczémas, des dermatites, du crapaud, etc. Dans toutes les affections locales accompag-nées de sécrétions et d'exsudations, l'acide picrique est utile comme dessiccatif et calmant. Il dessèche et désinfecte les plaies et il supprime la suppuration.

Chez l'homme, il est préconisé contre l'hyperhydrose plantaire. En solution à 5 p. 100, il supprime la transpiration des pieds ou l'atténue considérablement.

C'est surtout dans le traitement des brûlures que l'acide picrique donne d'excellents résultats. Il enlève toute mauvaise odeur, supprime la douleur, désinfecte la surface et active la régénération de l'épiderme. On applique sur la brûlure des compresses de g-aze ou de tarlatane imbibées d'une solution aqueuse d'acide picrique à 1 p. 100. Ce pansement est recouvert d'ouate ou d'étoupes et fixé par des bandes.

Mode d'emploi. — Les solutions qu'on emploie varient de 1 p. 100 à 5 p. 100 suivant la délicatesse des tissus. On en fait des bains, des badig-eonnages, des lotions ou des compresses.

Pyoctanines.

Ce nom fut donné par Stillin^' à plusieurs dérivés du triphénylméthane.

On connaît la pyoctanine jaune, la blanche et la bleue. Cette dernière (violetdeméthyle), qui colore fortement les tissus en bleu, a surtout été recommandée comme antiseptique utile dans le traitement des plaies et des surfaces suppurantes. Mais il semble démontré que son emploi ne présente aucun avantage sérieux ni en chirurgie, ni en ophtalmolog'ie.

On se sert de la poudre pure ou mélang-ée sur les plaies, les ulcères, de la pommade de 2 à 10 p. 100, des solutions de 1 à 10 p. 1 000.

Résoreine.

La résoreine est un oxyphénol obtenu par synthèse, en faisant réagir la potasse sur l'acide chlorophénylsulfureux.

Elle se présente sous forme de cristaux incolores, qui prennent une coloration roug-eàtre à Tair lorsqu'ils ne sont pas absolument purs. Ils ont une lég-ère odeur phéniquée, sont très solubles dans Teau et l'alcool, la g-lycérine et l'éther et insolubles dans le chloroforme. Les solutions aqueuses rougissent à l'air et à la lumière.

Effets et emploi. — La résoreine est un antiseptique "^mssoxïi, et à ce titre elle convient en solution à 1 p. 100 sur les plaies cutanées, sur les muqueuses qui sont le siège d'une sécrétion purulente, et pour faire des pansements antiseptiques après les opérations chirurg-icales. En chirurg-ie, on utilise le coton et la g"aze à la résoreine.

Sous l'influence de cette substance, l'albumine est coagulée, les plaies suppurantes ou ulcéreuses se couvrent de g-ranulations et se réparent rapidement.

Outre l'effet antiseptique, elle développe une action anesthésiante locale et convient particulièrement contre les maladies inflammatoires des yeux, des mamelles, de l'utérus et du vagin, etc. On a obtenu d'excellents résultats par l'emploi de la pommade à la résoreine dans la conjonctivite, la kératite et les taches de la cornée chez le cheval (Kuffner).

A l'état concentré, les préparations de résorcine sont lég'èrement caustiques et modèrent le bourgeonnement. Sous cette forme, elle coagule la surface des plaies, produit une escarre blanchâtre au-dessous de laquelle se forme une surface rosée bien nette qui tend rapidement à la cicatrisation. A titre de caustique, elle convient contre la nécrose, la diphtérie, les plaies de mauvaise nature, le crapaud, les papillomes, les fibromes, etc.

Elle produit aussi d'excellents résultats dans les maladies cutanées, le psoriasis, l'érythème, l'herpès, l'eczéma du chien. On rapplique sur les parties malades préalablement lavées au savon, sous forme de solutions de 1 à 10 p. 100 ou de pommade de 5 à 20 p. 100.

Elle jouit aussi de propriétés hémostatiques et convient localement surtout pour arrêter les hémorragies capillaires.

A l'intérieur, les faibles doses sont facilement supportées et agissent en désinfectant le tube digestif et en empêchant les fermentations anormales. Elle a donné d'excellents résultats contre la diarrhée des veaux et contre les affections catarrhales de l'intestin. Elle est beaucoup moins toxique que le phénol; son élimination se fait par les urines, qui, agitées avec de l'ammoniaque, prennent une coloration verte qui devient bientôt brune. L'urine contenant de la résorcine peut même laisser déposer spontanément un précipité bleu.

Chez le chien, elle est toxique à la dose de 30 centigrammes par kilogramme d'animal. La mort est précédée de convulsions et de coma. A l'autopsie, on constate une hyperémie pulmonaire comme dans l'empoisonnement par le phénol et des congestions de la rate, du pancréas et du mésentère.

Doses. — A l'intérieur, on l'administre généralement sous forme de pilules à la dose de 15 grammes chez les grands animaux et de 2 à 4 grammes chez les veaux. Ces doses peuvent être administrées deux ou trois fois dans les vingt-quatre heures. A l'extérieur, on utilise les solutions de 1 à 10 p. 100 et les pommades de 10 à 20 p. 100.

Hydroquinine et pyrocatkchine.

L'hydroquinine et la pyrocatéchine sont des substances isomères de la résorcine. Elles ont des propriétés analogues, sont

antiseptiques mais moins irritantes. On les emploie dans les mêmes cas à l'extérieur en solutions de i à 2p. 100.

Créosote.

La créosote est un liquide oléag-ineux incolore ou de couleur jaune pâle, d'une odeur de suie, d'une saveur amère, acre et Jlj\^ caustique, qu'on obtient dans la distillation du g-oudron de bois. Elle est peu soluble dans l'eau froide, soluble en toute proportion dans l'alcool, l'éther, la g-Iycérine, les essences, les huiles grasses, l'acide acétique, le sulfure de carbone, etc. Elle dissout à son tour le phosphore, l'iode, le soufre, les corps g'ras, les résines, le camphre, les principes colorants. Cette substance coag-ule immédiatement l'albumine, le sang- et tous les liquides animaux.

La créosote est un mélang-e à parties variables de créosol, de g-aïacol, de crésylol, de phorol, de petites quantités de phénol, etc.

Effets physiologiques. — Appliquée pure sur la peau, la créosote y détermine une brûlure ; sur les muqueuses apparentes et sur les tissus dénudés, elle blanchit subitement les surfaces comme le nitrate d'arg-ent ou le beurre d'antimoine et ag-it à la manière des caustiques coagulants ; elle cause peu de douleur et occasionne même assez vite un sentiment d'eng-ourdissement, une véritable anesthésie locale.

Etendue d'eau ou d'alcool, la créosote perd ses propriétés escarrotiques, devient un astringent énergique, un hémostatique assez puissant et un l)on antiseptique.

Donnée pure à l'intérieur, elle détermine une irritation gastrointestinale et est assez toxique.

Les effets généraux sont presque semblables à ceux produits par l'acide phénique ; excitation suivie de paralysie du système nerveux central.

La créosote possède surtout à un très haut degré la propriété de tuer les êtres inférieurs qui vivent en parasites sur le corps de nos animaux ; elle s'oppose aussi énergiquement aux fermentations et à la putréfaction. Gomme bactéricide., elle se place avant l'acide phénique (Bouchard).

Emploi thérapeutique. — Ses propriétés astringentes et antiseptiques la font employer :

1° A l'extérieur, dans le traitement des plaies suppurantes, des ulcères, des fistules, des nécroses, etc., et à l'intérieur pour com-

battre les fermentations anormales des matières alimentaires dans l'estomac et l'intestin; contre la diarrhée, la dysenterie, la maladie du jeune âg-e chez le chien ;

2° En inhalation ou en injection intratrachéale, on Tutilise dans les afîections putrides ou parasitaires de l'appareil respiratoire. La bronchite vermineuse des bovins g-uérit facilement en pulvérisant dans l'appareil 1 gramme de créosote dissoute dans 100 g-rammes d'un mélang-e à parties égales d'eau et d'alcool (Scheibel).

En médecine humaine, elle est employée avec avantage contre la tuberculose soit sous forme d'huile créosotée injectée dans le larynx, soit à l'intérieur par la voie antérieure et postérieure.

3° Ses propriétés antiparasitaires la font employer contre les différentes gales et les autres parasites de nos animaux ;

4° Enfin comme hémostatique, pour arrêter les hémorragies en nappe.

Préparations. — On emploie les préparations suivantes :

1° Eau de créosote.

Créosote pure 1

Eau distillée 100

2° Teinture de créosote.

Créosote pure 1

Alcool 16

3° Teinture composée de créosote.

m *? i ■ ■,"..■ ■ j { Parties égales .

Teinture cl iode ) °

Étendez ce liquide des deux tiers de son poids d'eau avant de l'injecter.

4° Linimeyxt de créosote.

Créosote 1

Essence de térébenthine 2

Huile d'olive 2

Mettez les trois substances dans une fiole et agitez vivement,

5° Pommade de créosote.

Créosote pure 1

Axonge 4

Incorporez.

Doses. — A l'intérieur, on donne les doses suivantes :

Bœuf 3à8 —

Mouton, porc 1 à 2 grammes.

Chien 0,05 à Osr.SO

Volailles 0,01 à Os'.Oa

Ces doses peuvent être répétées deux ou trois fois par jour. L'administration se fait sous forme d'émulsions, de bols, de pilules, d'électuaires.

Gaïacol.

Le gaïacol est un des composants de la créosote. Parfaitement pur, il est cristallisé, fondà28° et bout à 205° (Béhal et Choay),[a une saveur sucrée et brûlante, une odeur de créosote, est soluble dans 60 parties d'eau à 20°, dans son poids de glycérine officinale, D = 1,242, très soluble dans l'alcool et l'éther. Mais le g-aïacol du commerce n'est g-énéralement pas pur, c'est même un produit à composition assez variable.

Le g-aïacol agit comme la créosote, dont il est un succédané. Il est quatre fois plus antiseptique que le phénol et est beaucoup moins toxique. Dans la tuberculose humaine, il est préféré à la créosote par certains médecins.

Sciolla et Bard ont découvert que le badigeonnag-e d'une partie de la peau avec du g-aïacol produit un abaissement énorme de la température interne, effet qu'on peut utiliser dans les pyrexies.

Cette action antipyrétique est expliquée en partie par une excitation périphérique et une mise en jeu par voie réflexe du système nerveux (Guinard), en partie par l'absorption cutanée du g-aïacol, qui est absorbé à l'état de vapeurs (Guinard et Stourbe, Linossier et Lannois). On a reconnu aussi au gaïacol une action anesthésique locale. On peut donc l'utiliser comme la cocaïne à titre d'analgésique.

Toutes les vertus du gaïacol se trouvent plus ou moins développées dans la créosote.

Ichtyol.

L'ichtyol est un liquide huileux, d'aspect goudronneux, qu'on obtient en distillant une roche bitumineuse du Tyrol riche en débris de poissons fossiles.

L'ichtyol est d'un brun foncé, comme le goudron ; il répand une

odeur de bitume ; il est soluble dans l'eau, dans un mélange à parties égales d'alcool et d'éther, dans le benzol, dans l'huile, dans la vaseline.

Effets et usages. — L'ichtyol est un antiseptique et un antiparasitaire énerg-ique.

A l'extérieur, on l'utilise contre la g-ale sarcoptique et l'eczéma chronique des chiens. On l'emploie g-énéralement sous forme d'un Uniment à 10 p. 100 ou d'une pommade au même titre. L'application doit être renouvelée pendant deux ou trois jours, et le cinquième jour on lave la rég-ion, ou bien on fait prendre un bain.

On en a obtenu de bons résultats contre les inflammations chroniques des articulations, les contusions, les gerçures des mamelons, les mammites (Wolff) la kératite (Rabe), la vag-inite infectieuse (Rœbiger).

A l'intérieur, c'est un antiseptique intestinal. Rabe a eu des succès, en l'administrant au chien par cuillerées à café, sous forme de solution aqueuse à 2 ou 4 p. 100, dans les catarrhes de l'estomac, de l'intestin et la maladie du jeune âge. Lustigsig-nale aussi ses bons effets dans la fièvre pétéchiale du cheval, lorsqu'on l'administre à la dose de 50 g-rammes.

Préparations.

Linimenl.

Ichtyol 10

Alcool ^

Éther .' \ àa 30

Eau distillée )

Contre la gale, l'eczéma.

Pommades.

Ichtyol iO

Eau 10

Lanoline 30

Ichtyol 10

Axonge 1 00

Solutions.

Ichtyol 5 i 2

Eau distillée 100 100 100

Pour injections, tamponnements, lavages, etc.

Thiol.

C'est un succédané de Tichtyol, qu'on prépare à l'aide de rhuile de g'az du commerce, du soufre et de l'ammoniaque. Il se présente sous l'aspect de petites paillettes brillantes d'un brun noir que l'on pulvérise. La poudre ainsi obtenue est le thiol sec.

Le thiol, qui est un mélange de carbures sulfurés et non un corps bien défini, est très soluble dans l'eau, et sa solution à 40 p. 100 représente le t/iiol liquide du commerce.

II est antiseptique et a un pouvoir kéralinisant remarquable.

Il répond pour l'usage externe aux mêmes indications que l'ichtyol.

^Goudrons.

On disting"ue deux variétés : le g-oudron végétal ou le goudron minéral ou coaltar.

1° Goudron végétal ou goudron de Norvège.

Le g-oudron de bois résulte de la distillation des pins et des sa- a,v^^ pins. II se présente sous l'aspect d'une masse demi-fluide de couleur brune, d'une odeur empyreumatique, d'une saveur acre et désag-réable, ayant une réaction franchement acide. Il est très peu soluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, l'éther, les essences, les corps gras. Sa composition chimique est très complexe.

On y trouve: de l'acide acétique, de l'acétone, de l'alcool méthylique, de la créosote, de l'acide phénique, de la naphtaline, de la benzine, de la paraffine, du phlorol, du crésol, du g-aïacol, du benzol, du toluol, du xylol, du styrol, de la poix noire, etc. -f-t^ii,

Lorsqu'on soumet le g'oudron à la distillation, on obtient l'huile de g-oudron; celle-ci peut se diviser en huile légère e,l huile lourde. La première est formée surtout d'acétone, d'alcool méthylique, d'essences diverses, de benzine, etc. ; la seconde contient principalement la créosote et les acides pyrogénés du goudron. Pour l'usag-e médical, on peut se servir du mélang-e des deux huiles ou les employer séparément; dans la médecine des animaux, il faut préférer l'huile lourde, parce que, en raison de sa richesse en créosote, elle est beaucoup plus active que l'huile lég'ère.

Effets physiologiques. — Appliqué sur la peau intacte, le goudron produit d'abord des effets astriiKjents^ puis, après un contact prolongé, il devient irritant et peut déterminer delà r^^6ef action et même de la vésication. Ces effets irritants se manifestent d'ailleurs avec une intensité variable suivant les sujets, dont les uns sont beaucoup plus susceptibles que les autres.

Sur les muqueuses, le goudron agit comme sur la peau. A petite dose, il ne montre que des effets astringents; il resserre les surfaces et tarit les sécrétions qui y existent.

Introduit dans l'estomac, le goudron est favorable à la digestion à dose très faible; ainsi, sous l'action de l'eau goudronnée, on voit l'appétit augmenter; mais, à dose un peu forte, il resserre l'estomac et l'intestin, tarit les sécrétions digestives et produit une constipation opiniâtre. vStrf'it/^,-/

Après l'absorption des principes du goudron, il se produit une légère excitation nerveuse et cardiaque, une diurèse abondante et une diminution de toutes les autres sécrétions. Les principes empyreumatiques sont éliminés par le poumon et les reins. L'urine prend une coloration un peu plus foncée.

Gomme le goudron n'a pas toujours une composition absolument constante, il en résulte que les effets no sont pas toujours les mêmes. On a déjà vu survenirdes phénomènes d'empoisonnement par l'administration de ce produitchez les carnassiers, notamment chez le chat ; les symptômes étaient ceux de l'intoxication par la créosote ou l'acide phénique.

Le goudron tue rapidement les divers parasites de nos animaux et s'oppose aussi à la putréfaction et aux fermentations. Il est donc antiparasitaire, antiseptique et désodorisant.

Indications thérapeutiques. — L'eau de goudron, ayant la propriété de resserrer les tissus et de tarir les sécrétions, répond à toutes les indications locales des astringents.

Le goudron, ayant des effets astringents et antiseptiques très

puissants, convient surtout pour les maladies du pied du cheval

et du bœuf caractérisées paç le ramollissement delà corne ou des

tissus sous-cornés, ou par une sécrétion morbide quelconque. Il

/ donne d'excellents résultats contre la fourchette pourrie, le (îra-

^ paud et les plaies du pied, etc. On l'emploie pur ou associé à l'al-

. , ','- cool, aux graisses, au plâtre, à l'acide borique.

' A cause de ses propriétés antiparasitaires et antiséc?'étoires, on

l'utilise avantageusement contre la gale, les dartres, les crevasses^ ^;

les eaux aux jambes, l'eczéma chronique et au très maladies cutanées. a

Appliqué sur les plaies, le goudron en modère le bourgeonne- {^ment, les dessèche, les garantit contre la vermine, contre les germes de la septicémie et hâte la cicatrisation. -C'^CUi l^'^--'''

A l'intérieur, il est indiqué pour accroître V appétit^ pour tonifier l'estomac et l'intestin, pour arrêter la diarrhée, la dysenterie, et pour tuer les vers.

Les efTets g-énéraux qu'il développe après son absorption ont pour résultat de combattre la laxité des tissus, les maladies hydroémiques, l'hématurie, les hypersécrétions muqueuses ou mucoso-purulentes de Vappareil respiratoire Qi des voies génitourinaires. C'est surtout contre les ma/aG?«>scfl^a?'r/m /es chroniques de ces appareils que le g-oudron ag-it efficacement.

Administration. — Pour combattre les maladies catarrhales des voies respiratoires, on l'emploie souvent en fumig-ations. On réduit le goudron en vapeurs, soit en y plongeant un fer chaud, soit en le projetant sur des charbons ardents, soit en le chauffant dans un vase ou en le faisant bouillir avec de l'eau. C'est ce dernier procédé qui est le meilleur ; on fait ainsi respirer à l'animal la vapeur d'eau chargée de vapeurs de goudron . Pour rendre ces vapeurs moins irritantes, il convient de neutraliser, avec le carbonate de soude, l'acide pyroligneux contenu dans le goudron. Ces fumigations conviennent aussi très bien contre \di pneumonie vermineuse, les œstres, \q pentastome ténioïde. Les parasites, il est vrai, ne sont pas tués par les vapeurs, mais ils sont forcés d'émigrer et de quitter les voies respiratoires.

On a conseillé les fumigations de goudron pour désinfecter les étables où sont morts des animaux atteints de maladies contagieuses. Mais il est reconnu qu'elles ne sont pas assez actives. II vaut donc mieux employer les vapeurs de chlore, l'acide sulfureux, l'acide hypoazotique ou l'aldéhyde formique, désinfectants infiniment plus énergiques.

A l'extérieur, il faut prendre garde de ne pas appliquer le goudron sur de trop larges surfaces à la fois, afin d'éviter la mort par le procédé des enduits cutanés.

Doses. — A l'intérieur, le goudron est administré aux doses

suivantes :

Cheval et bœuf 10 à 20 grammes.

Porc, mouton, chèvre 2à 5 —

Chien 08^,3 à 1 —

Volailles O»',! à 08^,2

Préparations. — Les principales préparations du goudron sont :

1° Eau de goudron.

Goudron 100 grammes,

Eau ordinaire 1 litre.

Laissez en contact, pondant quatre ou cinq jours et décantez.

2° Pommade de goudron (Codex).

Goudron 10 grammes.

Axonge 90 —

Incorporez.

Pour donnerplus d'activité àcetteyjreparrt^/on antipsorique, on y ajoute parfois du savon vert, de la potasse, de la pommade mercurielle, du soufre, des cantharides, de l'ellébore noir ou blanc, du sulfure d'antimoine, etc. En y ajoutant de la glycérine, on rend son emploi plus commode .

3° Topique caustique.

Goudron 100 grammes.

Sublimé corrosif 60 —

Acide arsénieux 30 —

Incorporez à froid ou à chaud, selon la consistance du goudron.

Charge ou topique de Lebas (Codex).

Goudron végétal > - ^25

Axonge S

Essence de térébenthine / ,^^ ,„q

Teinture de cantharide.

Faites fondre l'axonge à une douce chaleur ; ajoutez le goudron, retirez du feu et mélangez.

2° Goudron de houille. — Coaltar.

Le goudron de houille ou goudron minéral s'obtient dans la distillation de la houille. C'est un liquide épais, d'un noir foncé, d'une odeur forte et d'une saveur acre et désagréable.

Le goudron de houille (coaltar) renferme sensiblement les mêmes principes que le g-oudron de bois, mais ce sont les corps irritants et toxiques qui y prédominent.

Effets et emploi. — Le g-oudron de houille, ayant une composition chimique assez analog'ue à celle du goudron de bois, produit sur l'organisme des animaux des effets à peu près identiques, mais plus intenses. C'est un astring-ent local qui peut deve-

nir irritant ; il est fortement antiseptique et antiparasitaire.

A rintérieur, il produit facilement la constipation et un arrêt de la dig"estion. Ses principes actifs sont absorbés rapidementet produisent souvent des effets toxiques. — Il n'est pas employé à l'intérieur.

A l'extérieur, il est indiqué dans les maladies parasitaires cutanées et les plaies de mauvaise nature à odeur fétide. Quand on en fait usag'e comme antipsorique, il est prudent de ne l'appliquer que sur de petites surfaces à la fois, car en applications étendues il pourrait amener la mort.

Préparations.

Poudre désinfectante (Corne).

Plâtre de mouleur 100

Goudron minéral 1-2-3 à 5

Cette poudre est très désinfectante.

Saponme coaltarée vétérinaire.

Savon vert 1

Eau 2

Alcool à 90° ,1

Coaltar \

Dissolvez le savon dans l'eau chaude, ajoutez l'alcool et le coaltar, agitez en refroidissant.

Poudre désinfectanle.

Plâtre de mouleur 100

Noir animal pulvérisé 20

Goudron minéral o

Mêlez exactement dans un mortier.

Cette poudre n'a pas d'odeur désagréable et est très antiseptique.

Teinture coaltarée.

Goudron de houille 100 grammes.

Teinture alcoolique de Panama 240 —

On emploie de 20 à 40 grammes de ce mélange par litre d'eau pour toutes les plaies.

3° Huile de cade.

Obtenue par la combustion incomplète du bois de g-enévrier [Juniperus oxycedrus L.), l'huile de cade est un goudron liquide brunâtre, huileux, à odeur empyreumatique, analogue à celle du goudron de bois, d'une saveur acre et caustique.

Elle a une composition très complexe, voisine de celle du goudron de bois.

Effets. — Appliquée sur la peau saine, elle ne provoque ni douleurs ni démangeaisons ; sur la peau dépouillée de son épiderme et les muqueuses enflammées, elle détermine une cuisson lég'ère, mais de courte durée. Long-temps continuée en frictions et en applications, elle produit une éruption papulo-pustuleuse.

Elle est antiseptique, antiparasitaire. Les acares de la g-ale et les parasites vég-étaux de la teigne et de l'herpès sont tués par cette huile. Elle ag-it aussi sur les entozoaires, surtout sur les vers du tube dig-estif.

Indications thérapeutiques et administration. — A l'extérieur, onl'emploieen frictions contre les diverses g-ales etles mouches ou autres parasites qui vivent à la surface de la peau de nos animaux. Ses propriétés antiseptiques et astring-entes la font employer aussi contre les g^erçures, les crevasses, les plaies suppurantes. Malheureusement, son odeur forte et la couleur que cette huile donne à la laine, aux poils et à la peau font qu'on lui préfère souvent d'autres médicaments antigaleux.

A rintérieur, elle est astring-ente et anthelminthique.

On l'administre soit sous forme d'eau, dans laquelle on fait macérer de l'huile de cade, soit sous forme de pilules ou d'électuaires.

Doses.

Grands animaux 30 à 50 grammes.

Moyens 4 à 8 —

Petits O^-'.SO à 2 —

Naphtalan.

C'est un produit obtenu parla distillation fractionnée du naphte du Caucase associé à du savon. Il se présente sous forme d'un corps mou, presque fluide, d'un brun verdàtre, d'une odeur aromatique.

Le naphtalan est «n^ïse/j^i^î^e, antiparasitairc, calmant, antiphlogistique et sédatif. Il a donné d'excellents résultats contre l'eczéma chronique du chien, les brûlures, les g-erçures et crevasses, l'herpès, le psoriasis. Il calme bien ladémang-eaison et fait cesser le grattag-e.

On peut l'employer pur en onctions ou associé à d'autres produits :

Formules.

Naphtalan • } r, ,■ ^ i

, *^ ,. > Parties égales.

Lanoline ) °

Glycérine 10 grammes.

Naphtalan 20 —

Tanin : 1 gramme.

Naphtalan 20 grammes.

Naphlol 5 grammes.

Soufre précipité 4 —

Naphtalan 40 —

Précipité blanc 4 grammes,

Sous-nitrate de bismuth 4 —

Naphtalan 40 —

Grésyl ou créoline.

Le crésyl ou créoline est un produit retiré du goudron de houille. C'est un liquide brun foncé, sirupeux, à odeur de g*oudron, dont la densité varie de 1023 à 1080, qui a un goût aromatique et un arrière-goût acre. Lorsqu'on verse la créoline g-outte à goutte dans l'eau, elle forme d'abord des nuag-es blanchâtres, qui ne tardent pas à se confondre en une émulsion uniforme laiteuse ; cette solution ou émulsion dans l'eau possède une réaction légèrement alcaline; la proportion de crésyl qui s'émulsionne le plus parfaitement dans l'eau est de 2,5 p. 100 (Prohner). La créoline est soluble en toute proportion dansl'élher, le chloroforme, l'éther de pétrole, l'alcool absolu; elleestinsoluble dans l'esprit de bois et forme avec la glycérine une émulsion brune et épaisse.

Le crésyl est un composé très complexe, obtenu parla saponification du goudron au moyen de la soude et de la résine. Il renferme des crésols, de la naphtaline, de ïanthracène et des bases py indiques.

La créoline fut découverte en Angleterre, en 1875, par Jeyes, et ses propriétés furent étudiées d'abord par le professeur Attfield Kaufmanx. 14

(de Londres). Vers 1887, la compagnie Pearson s'est mise à fabriquer induslrieilemenl ce produit, qui devint presque aussitôt l'objet de nombreuses recherches dans les laboratoires et les hôpitaux de tous les pays. Parmi les travaux les plus remarquables sur les propriétés et l'emploi thérapeutique de la créoline, il faut citerceux de Pruhner {BerliîierA rc/iÏD fur ThiorlieUkiinde^ 1887), d'Esmarch iCentralblatt fiir Bactériologie und Parasifenkunde, 1887), de Biel {Clœmiker-Zeitung , Saint-Pétersbourg-, 1887), de Fischer {Phannnccutische Zeitung, 1887), de Nocard [Recueil de vétérinaire, 1888), etc.

Effets. — Localement, la créoline est autiparasifaire, désinfectante, désodorisante, hémostatiijue et astringente. Après son absorption, elle est peu toxique.

Les recherches bactériologiques du professeur Nocard démontrent la puissance de cet antiseptique. En émulsion 2,5 à 5 p. lUO, il détruit presque instantanément la bactéridie du charbon (sans spores) et les microbes du choléra des poules, de la morve, de l'araigfnée, de la mammite des vaches et ceux du pus [Streptococcus et Stapliylococcus). Une émulsion à 3 p. 100 détruit en quelques minutes la virulence du bacille tuberculeux. Les spores de la bactéridie du charbon sont tuées en ving-t-quatre heures par l'émulsion de créoline à 5 p. 100 ; le virus du charbon symptomatique a perdu toute sa virulence après dix-huit heures de contact avec une émulsion à 3 p. 100.

D'autres expérimentateurs : Forster, Esmarch, Eisenberg, etc., sont arrivés à des résultats analog-ues. La créoline tue plus rapidement que l'acide phénique \q bacille typhique, le vibrion du choléra, \q Streptococcus de l'érysipèle, \e M icrococcus aureus , les Staphilococcus pyogenes albus et aureus, le Micrococcus tetragenus, etc. Elle tue également, mais un peu plus lentement, les spores des divers microorg-anismes. Son action antiseptique et désinfectante est près de dix fois plus forte que celle de l'acide phénique ; elle peut être comparée à celle du sublimé en solution àlp. 1000.

La créoline est un des meilleurs désodorisants. Les recherches de tous les auteurs concordent sur ce point. D'après Ed. Nocard, l'émulsion à 2 p. 100 supprime absolument la mauvaise odeur du sang-, de l'urine et des pièces anatomiques en putréfaction.

La créoline constitue également un excellent antiparasitaire.

Les observations de Frohner, Nocard, Esmarch, Eisenberg-,

Lichwitz, etc., démontrent delà façon la plus nette que lacréoline agit comme un toxique puissant sur tous les êtres inférieurs. Elle tue rapidement la vermine de la peau de nos animaux : les poux, les puces^ les 7'icins ou ixodes, les mouches, les tnites, etc. ; elle détruit les acares divers qui occasionnent la gale : les sarcoptes, les psoroptes, les dermatophages, les dermatoryktes ; elle s'attaque ég'alement aux parasites d'orig-ine végétale tels que : le trichophyton, le faviis, les parasites de la diphtérie des volailles : enfin elle est même vermifuge, puisque Nocard a obtenu sur un chien auquel il avait fait prendre d'un seul coup 250 grammes d'émulsion à 5 p. 100, une expulsion d'une grande quantité d'ascarides et de ténias.

La ci'éoline n'attaque pas les tissus, mais elle exerce sur eux une action styptique assez énergique et, par suite, un certain effet hémostatique, qui peut être utilisé dans les hémorragies. Sur les plaies, elle exerce une action siccative et antisécrétoire.

Administrée à Vintérieur, la créoline développe dans le tube digestif son action antiseptique et antiputride sur les matières alimentaires.

A faible dose et diluée fortement, elle empêche les fermentations intestinales et prévient tout dégagement gazeux. A forte dose, elle peut provoquer de la diarrhée et même du vomissement.

Chez le chien, les doses isolées, même fortes, ne sont pas mortelles ; mais, si on répète les fortes doses, on peut provoquer de l'albuminurie et de l'hématurie.

Son innocuité aété reconnue par une foule d'expérimentateurs. Fruhner n'a observé aucun elfet nuisible après l'administration de la créoline à la dose de 250 g-rammes sur la vache, de 100 grammes chez le cheval, de 50 grammes chez le chien, de 25 grammes chez la chèvre et le mouton. A un chien, il a donné chaque jour, pendant quatre semaines, 2 grammes de créoline sans rien observer d'anormal. Il signale une légère amertume du lait chez la vache. Il en a été de même lorsqu'il a employé la créoline en frictions sur la peau ou sous forme de bains.

Nocard, en expérimentant la créoline pendant une année à l'école d'Alfort, formule sa conclusion de la manière suivante : « Le crésyl n'est pas toxique ; du moins peut-on en administrer de très hautes doses par ingestion ou par injection intraveineuse aux moutons, aux chiens, aux lapins, sans provoquer d'accidents

sérieux. — Les recherches faites sur l'homme par Spath, Kortun, Neudorfer, Klamann, etc., ont donné des résultats analogues.

Il ne faudrait pourtant pas croire que la créoline soit toujours inolTensive. Dix a observé deux cas d'empoisonnement chez le cheval à la suite de lavag-es cutanés faits contre les poux (1), Hobday a vu les jeunes chiens et chats succomber à la suite de l'administration interne et d'applications cutanées de créoline Jeyès (2).

Il est fort probable que la composition de la créoline n'est pas toujours identique ; la proportion de phénols et de crésols peut varier.

Emploi thérapeutique. — La créoline est employée :

1° Comme antiseptique chirurgical remplaçant avantag-eusement l'acide phénique et le sublimé, corps qui ont l'inconvénient d'être d'un prix assez élevé, d'attaquer les mains et les instruments et de provoquer facilement des empoisonnements. La créoline, outre qu'elle n'exerce aucune action nuisible ni sur les mains et les instruments, ni en général sur l'ensemble de l'économie, a encore l'avantage d'arrêter les hémorragies en nappe, de favoriser le bourgeonnement des plaies, de hâter l'élimination des parties mortifiées ou nécrosées et de provoquer la cicatrisation. D'après Neudorfer, la créoline est l'antiseptique le plus sûr, le plus commode, le meilleur marché et le plus inoffensif.

Pour la chirurgie, on emploie deux solutions de difï'érente force : l'une à 2 p. 100 et l'autre à 0,5 p. 100. La solution à 2 p. 100 sert à la désinfection des mains, des instruments, ainsi que des parties à soumettre à l'opération. La solution à 0,5 p. 100 est employée pour le lavage des blessures, pour imbiber les tampons, pour humecter les bandages, etc.

Les émulsions de crésyl étant opaques rendent invisibles les instruments quiy sont plongés ; de plus, elles donnent du glissant aux objets et aux mains du chirurgien. Ces deux inconvénients font parfois renoncer à son emploi comme antiseptique chirurgical.

Sur les plaies et les ulcères, on peut aussi employer l'acide borique mélangé à 2 p. 100 de créoline.

2" Comme antiparasitaire, la créoline est efficace contre les diverses gales de nos animaux, contre la vermine, et cela sans

(1) Zeilschr. fur Thirheilkunde, VIII, p. 66.

(2) The J. of. comp. Path. and Therap., vol. IX, p. 1.

grand danger d'empoisonnement, contrairement à ce qui arrive avec l'acide arsénieux ou les préparations de tabac. Nocard en a obtenu d'excellents résultats contre la gale sarcoptiquc du chien. Frohner a débarrassé des moutons des tiques qui couvraient leur corps par un seul bain de créoline à 2,5 p. 100. Il en a également obtenu d'excellents résultats dans la gale du mouton (Voir A n t ip a ra s i t a it'es ) .

Contre la teigne tniisurante et le favus, on emploie de préférence des solutions alcooliques de créoline à 5 ou à 10 p. 100; contre les poux, les tiques, les émulsions aqueuses à 3 p. 100. Frohner a aussi employé avec succès des solutions aqueuses de 2 à 5 p. 100 contre la diphtérie des volailles.

3» Gomme désinfectant, astringent et désodorisant, la créoline est indiquée en injections dans les cas de non-délivrance, de métrite, de catarrhe purulent du vagin et des diverses muqueuses. On utilise alors des solutions aqueuses à 0,5 ou 1 p. 100. Cette même solution a été employée par Frohner contre les cystites purulentes, les stomatites ulcéreuses, Votorrhée, etc. Nocard, Reul et d'autres en ont obtenu d'excellents résultats dans le traitement du catarrhe auriculaire, des dartres, des rougeurs, des dépilations, etc. (solutions aqueuses de 1 à 1,5 p. 100). Contre Vecréma chronique, Frohner emploie le liniment composé de : créoline et savon vert parties égales, alcool moitié, ou l'alcool créoline à 1 p. 5 et 1 p. 10, ou des pommades à la créoline à 1 p. 10 ou 1 p. 5.

Dans la fourchette pourrie et autres affections du pied des solipèdes et des ruminants, on emploie des solutions de crésyl à 5 p. 100.

On peut utiliser les solutions de 2 à 5 p. 100 ^^onr désinfecterXes locaux dans lesquels ont séjourné des animaux atteints d'affections contagieuses. C'est un bon désinfectant pour les abattoirs et les marchés d'animaux. Pour désinfecter les mains, on emploie le savon créoline.

4° .4 V intérieur, la créoline est administrée pour combattre lu diarrhée, la dysenterie, les fermentations anormales, les ballonnements, les indigestions et les catarrhes chroniques, les affections chroniques des reins et de la vessie. On en a obtenu aussi de bons résultats dans le charbon bactéridien chez les bovins à la dose de 50 à 100 grammes.

ôP En inhalation, on emploie la créoline à titre de désinfectant

et d'expectorant dans la bronchite, la pneumonie catarrhale, la pneumonie g-angreneuse, etc. ;

6" En ophthalmologie, on a vanté beaucoup la créoline contre la conjonctivite, les kératites ulcéreuses du chien et du chat, etc., en solution de 0,5 à 1 p. iOO.

Doses. — A l'intérieur, la créoline est associée à des poudres diverses et g-énéralement administrée sous forme de pilules, de bols aux doses suivantes :

Cheval et bœuf 10 à 25 grammes.

Chien Oei',5à2 —

Préparations. — Solutions aqueuses, alcooliques, g-lycériques à des titres divers. Pommades créolinées de 1 p. 10 à 1 p. 100. Ouate créolinée. Gaze créolinée, etc. Savon créoline. Liniment créoline.

Crésols.

CH3CSHiOH.

(Crésylols. Acides crésyliques.)

On connaît trois variétés de crésol : le para, l'ortho et le métacrésol. L'industrie fournit actuellement un produit contenant les trois crésols, c'est le cresylol ofJJc'mal. Il est liquide, miscible à l'eau dans la proportion de 1 p. 45. La solution aqueuse n'est pas caustique, mais elle est fortement antiseptique et légèrement analgésique. La solution à 1 p. 100 convient pour les besoins de l'antisepsie chirurgicale et de la désinfection.

On emploie aussi le cresylol sodique dissous [Codex] :

Cresylol olTicina! 1 000

Soude caustique 1 000

Effectuer le mélange dans un récipient en grès ou en métal. La réaction dégage beaucoup de chaleur et pourrait provoquer la rupture des récipients en verre.

On n'emploie pas le cresylol sodique pur; on le dissout dans de l'eau commune dans des proportions convenables.

Les crésols forment la base du lysol, du bacillol, du solutol, du solvéol et du sapocai'bol.

Lysol.

Le lysol s'obtient en faisant bouillir ensemble l'huile de gou-

dron, une huile douce et du savon de potasse. Sa composition chimique n'est qu'incomplètement connue; mais on sait que c'est un mélange de composés alcalins des divers phénols et de savons gras résineux. C'est un liquide jaune, alcalin, à odeur de goudron, oléagineux et parfaitement soluble dans l'eau. Ses solutions aqueuses sont transparentes, plus ou moins colorées en jaune, suivant leur degré de concentration. Ce corps a conquis une des premières places dans la médication antiseptique en médecine vétérinaire.

Effets et usages. — Le lysol en solution à 5 p. 1000 tue les spores du charbon bactéridien en cinq jours ; en solution à 2,5 p. d 000, il détruit en cinq minutes le staphylocoque pyogène, le streptocoque et tous les microbes qui jouent un rôle dans l'infection des plaies (Gerlach). La désinfection des déjections cholériques est réalisée en sept heures par l'addition de lysol dans la proportion de 3,5 p, 1000 {Vincent). Cet antiseptique est supérieur à l'acide phénique, et il est beaucoup moins toxique que le sublimé. Sa toxicité est presque nulle, puisque Gerlach a pu injecter sous la peau du lapin 2 grammes de lysol par jour, pendant quinze jours, sans produire aucun accident sur cet animal. Il a pu prendre sans inconvénient la même dose à l'intérieur.

Les essais thérapeutiques entrepris avec le lysol sont très satisfaisants. Une solution à 3 p. 100 a les propriétés d'un savon et peut être employée avec le meilleur succès pour la désinfection des mains et des instruments du chirurgien. Les bistouris et les ciseaux peuvent séjourner pendant des heures dans le lysol sans s'émousser, mais les instruments deviennent glissants, ce qui est un inconvénient. La soie pour sutures et ligatures, le catgut sont stérilisés dans une solution de lysol à 2 p. 100, et cela sans perdre leur ténacité. Appliqué sur les plaies, le lysol les désinfecte sans les irriter. On emploie des solutions de 0,5 à 1 p. 100 contre les affections catarrhales, pour les lavages de l'appareil génital chez les femelles, etc., ces solutions déterminent sur les muqueuses une légère douleur qui disparaît au bout de une à deux minutes.

Pour les maladies cutanées, on peut faire usag-e sans aucun inconvénient de solutions à 20 p. 100.

Quoique en général inoffensif, le lysol peut devenir toxique dans certains cas :

Un cheval frotté sur tout le corps avec une solution de lysol à 3 p. 100, dans le but de détruire les poux, a préseuté, vingt mi-

nutes après, des phénomènes d'intoxication très graves : agitation, sudation, accélération de la respiration et du pouls, tremblements dans tous le corps, incapacité de se tenir debout, urines brunes comme du café (Reinhardt). Plusieurs chevaux ont succombé après un lavage pareil (Borchardt). Uthof ayant lavé un cheval tondu atteint de gale sur tout le corps, avec une solution de lysol à 2 p. iOO, a vu survenir des accidents d'empoisonnements : inflammation de la peau les jours suivants, pneumonie, mort. A l'autopsie, on a trouvé de la myocardite, de la néphrite, de l'hépatite hémorragique et de l'œdème pulmonaire.

Des poules lavées avec une solution de lysol à 5 p. 100 pour détruire les poux ont succombé (Albuxo). Un perroquet a succombé à la suite de frictions de lysol faites dans le but de le débarrasser de parasites cutanés (Schtney).

Noack, Môbiu3, Robert ont observé des phénomènes d'empoisonnement chez les chiens, frottés sur les deux tiers du corps avec du savon lysolé à 50 p. 100.

Bacillol.

Ce produit, formé de crésol, est un succédané du crésyl et du lysol. Il est parfaitement soluble dans l'eau, agit localement comme léger irritant et est très antiseptique^ désodorisant, désinfectant et anliparasitaire. Il a donné de très bons résultats en solution à 0,5 p. 100 en injection contre les affections catarrhales infectieuses des voies génitales des femelles. Il paraît supérieur au crésyl dans le traitement de la gale du mouton.

Solvéolet solutol.

Ce sont, comme le lysol, des dissolutions alcalinisées ou non de divers phénols et principalement des crésylols émulsionnés au moyen de savons oléo-résineux. Les solutions aqueuses sont presque transparentes.

En solution à 2 p. 100, ils sont antiseptiques et sont à recommander pour l'usage externe, plaies, abcès, otite, vaginite, etc.

Ils conviennent également comme agents désinfectants des écuries, des locaux (abattoir).

Contrairement au sublimé, ils continuent à agir dans un milieu qui contient de l'albumine.

Pour Maisel, le solutol est moins actif comme désinfectant pour les abattoirs, etc., que le lysol. 11 préfère ce dernier, qui empêche même la putréfaction.

En Allemagne, les solvéols et solutols sont employés de préférence au phénol et à la créoline. Leurs solutions sont ne?^/res, non irritantes et Xrès antiseptiques.

Naphtaline.

Page 1