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Le salol résulte de la combinaison de l'acide salicylique et du phénol; on l'appelle encore salicylate de phénol ou ét/ier phénylsalicylique.
A l'état de pureté, le salol se présente sous la forme d'une poudre blanche légèrement amère à odeur aromatique, formée de lamelles cristallines losang-iques fusibles à 42°. Il est insoluble dans l'eau, dans la g-lycérine et les huiles lourdes de pétrole, soluble dans l'alcool (1 p. 10), l'éther (3 p. 1), le chloroforme, la benzine, l'essence de térébenthine, les huiles g-rasses et volatiles.
Action physiologique. — Le salol est un antiseptique comme les deux corps (l'acide phénique et salicylique) qui entrent dans sa composition.
Après son administration, il est dédoublé en phénol et acide salicylique, sous l'intluence de la salive, du suc pancréatique et du suc entérique. Par ses produits de dédoublement, il entrave la pullulation des microbes, qui produisent les fermentations intestinales et les résidus dig-estifs sont ainsi rendus plus ou moins aseptiques. Sur l'animal à jeun, le salol ne subit aucun dédoublement (Gley).
Après son absorption, le salol produit un abaissement notable de la température et constitue un antitherniique puissant. Il est éliminé par l'urine sous forme d'acide salicylique, d'urate de salicyle et de sulfo-phénol. L'urine prend une coloration noire comme après l'administration de l'acide phénique. On peut y déceler facilement la présence de l'acide salicylique et du phénol. On a constaté aussi qu'il accélère ïq?, mouvements lespiratoires et qu'il diminue leur amplitude. Il exerce aussi une action calmante sur le système nerveux et n'est toxique qu'à très forte dose.
Indications. — Le salol est indiqué :
1° Gomme antiseptique chirurgical, dans les mêmes cas que l'iodoforme; il olTre l'avantage de ne pas être toxique et de ne pas avoir d'odeur désagréable ;
2° Gomme désinfectant des plaies suppurantes et des muqueuses qui sont le sièg-e d'un catarrhe muco-purulent. Il a produit de bons résultats dans la vag-inite, les ulcérations du col de l'utérus, les conjonctivites, l'otorrhée, la stomatite, l'ozène ;
3° A l'intérieur, comme antifei^jnentescible et antiputride, dans les afîections putrides du tube digestif accompagnées de fermentations anormales et de ballonnements fréquents : catarrhes, ictère, fièvre typhoïde ;
4° Comme antipyrétique et analgésique, dans le rhumatisme articulaire et musculaire. Il paraît que son administration n'offre pas les inconvénients de l'acide salicylique et du salicylate de soude, qu'il ne fatig-ue pas l'estomac. Frôhner en a obtenu d'heureux résultats chez le chien dans le rhumatisme aigu et chronique, dans le lombagx) rhumatismal.
Administration et doses. — A l'intérieur, le salol est employé en poudre, en électuaire, en pilules.
Doses thérapeutiques de salol.
Chien 0gr,2o à 1 gramme.
Cheval 15 à 25 grammes.
Pour produire un effet antipyrétique et antirhumatismal, ces doses peuvent être données trois ou quatre fois dans les vingtquatre heures.
A l'extérieur, on l'emploie sous forme de Uniment, de poudre, de pommade. On peut aussi l'incorporer au collodion.
Poudre à pansements.
Salol pulvérisé.. . . , Amidon pulvérisé.
Pommade de Capilan.
Salol 4
Cocaïne O^f, 25
Vaseline 50
Cette pommade est recommandée contre les brûlures et toutes les irritations cutanées douloureuses.
Chrysarobine.
La chrysarobine C''*'H"^^0'' existe dans la poudre de Goa et dans la racine de rhubarbe.
La poudre de Goa se trouve dans les cavités dont se creuse le tronc d'un arbre du Brésil, YAîidira araroba, delà famille des Légumineuses Papilionacées.
Cette poudre est jaune, inodore, d'une saveur acre et amère,
soluble dans l'éther, le chloroforme, la benzine et les alcalis dilués ; elle est presque entièrement constituée par .de la chrysarobine. Lorsque cette substance estpurifiée,ellese présente sous forme de cristaux en lamelles, inodores, solubles en petite quantité dans l'alcool et très solubles dans l'éther et les alcalis. Effets. — La poudre de Goa et la chrysarobine pure agissent localement à la façon des irritants. Cette action irritante doit être attribuée à leur pouvoir réducteur considérable et à leur avidité pour l'oxyg-ène. La chrysarobine, en effet, absorbe del'oxyg-ène et se transforme en acide chrysophanique d'après l'équation suivante :
G3»H260^ + 40 = 2Ci^HioO^ + SH^O.
Chrysarobine. .\cide chrysophanique.
A l'intérieur, la poudre de Goa produit rapidement des nausées, des vomissements, de la diarrhée, des coliques, tous les sig-nes d'une g"astro-entérite et de l'albuminurie. Après son absorption, la chrysarobine est transformée en acide chrysophanique dans le sang-, acide qui est éliminé par les urines, auxquelles il communique une color-ation rouge.
Emploi. — La poudre de Goa n'est jamais employée à l'intérieur; on l'utilise à l'extérieur dans le traitement des affections de la peau et principalement de V eczéma chronique^ de V herpès tonsurant^ de Vherpès circiné, dans le pityriasis, le psoriasis. On l'applique sous forme de pommade.
Pommades.
Poudre de Goa 2à4 grammes .
Axonge 30 —
Acide acétique Ià2 —
Chrysarobine 10 grammes.
Axonge 90 —
Chrysarobine 5 grammes.
Lanoline 25 —
Anthrarobine.
L'anthrarobine est retirée de la garance. C'est une poudre d'un blanc jaunâtre, soluble dans l'alcool et la glycérine. En solution
ASEPSIE ET ANTISEPSIE. 225
alcaline, elle absorbe l'oxygène avec avidité et se colore en violet sombre. En s'oxydant, elle donne de Talizarine.
L an thrarobine colore la peau en jaune, mais ne l'irrite pas.
Elle peut être employée comme la chrysarobine dans le psoriasis, l'herpès tonsurant, le pityriasis, etc., sous forme de pommade ou de solution.
1° Pommade.
Anthrarobine 10 à 20 grammes.
Huile «l'olive 30 à 40 —
Lanoline ou axonge, q. s. pour 100 grammes de pommade.
2° Solution.
Anthrarobine 20 grammes .
Alcool à 60° 80
Aniodol.
L'aniodol est une combinaison de triméthanal avec une substance de la série allylique, le tout en solution dans une g-lycérine spécialement distillée. Il existe aussi en poudre.
Ce corps aurait un pouvoir batéricide supérieur à tous les autres antiseptiques connus et présenterait en outre l'avantage d'être inodore, incolore, non irritant et non toxique. Il aurait aussi un pouvoir désodorisant de premier ordre ; il ferait disparaître complètement l'odeur d'iodoforme.
Les plaies sont désinfectées et désodorisées avec des solutions à 1 p. 3000. Pour les mains et les instruments, on emploie une solution à 1 p. 2 000.
On peut aussi employer le savon à l'aniodol àl p. 100.
Asepsie et antisepsie.
L'asepsie, c'est la méthode prophylactique qui consiste à préserver les tissus sains ou malades du contact des microbes pathogènes, surtout de ceux qui produisent les accidents septiques.
L'asepsie est surtout très importante en chirurgie et en obstétrique. Tous les accidents d'infection consécutifs aux opérations sai»glantesou aux accouchements laborieux doivent être attribués aux microbes ou à leurs toxines. vclaXv
Les germes infectieux viennent tous de l'extérieur. Ils pénètrent dans les tissus avant, penda?it ou après ïinterventïon chirurgicale. Kaufmann. £5
226 ASEPSIE ET ANTISEPSIE.
Étant disséminés et déposés sur tous les objets en contact avec l'atmosphère, les germes infectieux existent toujours en plus ou moins grand nombre su)^ la peau, à l'endroit où doit se faire l'opération chirurgicale, à la surface des instruments, sur les inains du chirurgien et enfin sur les objets de pansernent. Rien d'étonnant donc si les accidents de l'infection sont à redouter à la suite des opérations chirurgicales, des lésions traumatiques accidentelles et de la parturition laborieuse. -^
Dans lesopérationssang-lantes ou autres, l'indication essentielle à remplir consiste certainement dans Vasepsie des surfaces. En effet les chirurg-iens ont, depuis longtemps, constaté que, si les mains de l'opérateur et tous ses instruments, ainsi que la peau de la région où se fait l'opération, sont bien lavés, désinfectés, si les pansements sont bien faits, on obtient des plaies propres, à cicatrisation rapide, régulière, c'est-à-dire des plaies aseptiques.
Mais, dans la pratique, il est assez difficile d'empêcher toujours et complètement les germes d'arriver jusqu'à la plaie. En médecine vétérinaire, une plaie, parfaitement aseptique au moment de l'opération, est généralement envahie quelque temps après par des microbes divers, provenant de l'air, de la litière et du fumier. Nos opérés sont indociles, dérangent leurs pansements, et par suite les causes d'infection des plaies sont chez eux nombreuses et agissent presque fatalement.
Nous devons donc nous efforcer d'empêcher les germes d'arriver jusqu'aux plaies, au moment de l'opération, et chercher à les détruire quand ils s'y sont introduits.
On appelle antisepsie la méthode qui consiste à détruire les microbes pathogènes fixés sur un tissu de l'organisme, afin de prévenir leur multiplication et, par suite, d'éviter les accidents locaux et l'infection générale.
En médecine vétérinaire, ces deux modes, Vasepsie et Vantisepsie, se complètent et doivent être employées ensemble. Elles ne difTèrent pas essentiellement, car toutes les deux ont pour but la destruction des microbes pathogènes ; par l'asepsie, on détruit ceux qui sont fixés surla peau, les objets et les instruments mis en contact avec les tissus vifs ; par l'antisepsie, on détruit ceux qui, étant déjà implantés dans un point de l'organisme, menacent de l'envahir. L'asepsie intervient avant et pendant l'opération chirurgicale ou obstétricale ; l'antisepsie intervient surtout après l'opération pendant la période de cicatrisation.
ASEPSIE CHIRURGICALE. 227
1° Asepsie chirurgicale.
Elle consiste à stériliser le champ opératoire et tout ce qui doit arriver au contact de la plaie : instruments, matières de pansement, mains du chirurgien et de ses aides.
La stérilisations obtient par lachaleuretpar les agents chimiques étudiés précédemment.
Avant toute chose il y a une règ-le qui s'impose : c'est la propreté la plus tninutieuse du chirurgien. Ce.\?i suffit le plus souvent dans la pratique vétérinaire.
Pour assurer la stérilisation, on ne doit employer que les instruments simples, entièrement métalliques, autant que possible sans rainures ni cavités étroites et profondes.
Action microbicide de la chaleur. — La chaleur élevée et prolongée constitue l'agent microbicide par excellence. Aucun germe ne résiste à son action.
Son intensité microbicide dépend de plusieurs facteurs : 1" de son degré ; 2° de la durée de son action ; 3° de son état hygrométrique ; 4° de l'espèce de microorganisme; 5° de la forme (mycélium ou spores) des microbes.
La chaleur humide agit toujours plus énergiquement que la chaleur sèche. Les microbes à l'état de spores résistent mieux qu'à l'état de mycélium.
Le tableau suivant, emprunté à Vinay, montre le pouvoir microbicide de la chaleur humide sur les divers microorganismes et virus.
Température à. laquelle périssent les microorganismes.
(Chaleur humide.)