C'OH
La naphtaline est extraite des huiles lourdes de g-oudron de houille. Elle forme des cristaux minces en tables rhomboïdales brillantes, d'une odeur goudronneuse, d'une saveur acre et aromatique. Elle est très soluble dans l'eau bouillante, dans l'alcool, l'éther, les huiles grasses, le benzol, les acides acétique, oxalique et chlorhydrique, mais elle est insoluble dans l'eau froide.
Effets physiologiques. — La naphtaline constitue un toxique assez puissant pour les ferments fig"urés, les microorganismes pathogènes, les champignons et les parasites divers. Elle est donc antiseptique^ désinfectante et antiparasitaire.
Appliquée sur la peau, les muqueuses, les plaies, elle ne provoque aucun effet apparent, si ce n'est une action désinfectante.
A l'intérieur, elle n'est que peu absorbée à cause de sa faible solubilité; elle ne produit guère que de la diarrhée. Cependant, si on continue son administration pendant plusieurs mois, elle" peut produire un amaigrissement général et une altération de diverses parties de l'œil. Le cristallin devient opaque comme dans la cataracte (Bouchard et Charrin), la rétine se couvre de petites taches blanches ou jaunâtres et la cornée s'ulcère. Les animaux qui succombent à cet empoisonnement lent montrent aussi les lésions de la néphrite parenchymateuse. La naphtahne s'élimine principalement par les urines et leur communique souvent des ])ropriétés irritantes assez marquées. On croit que la naphtahne produit dans le tube digestif des naphtols et que ce sont ces nouveaux produits qui agissent comme antiseptiques et toxiques.
Indications thérapeutiques. — Elle est indiquée :
1° Gomme antiseptique, et cicatrisant sur les plaies suppurantes, les ulcérations diverses, les javarts cutanés, les fistules, l'eczéma chronique;
XiJ^'^
2° Gomme antiectozoairc^ contre la vermine qui pullule quelquefois sur la peau de nos animaux telle que : les poux, les puces, les acares, les ricins, etc., ainsi que contre le parasite de la teigne tonsurante ;
3° Gomme vermifuge^ chez le chien ; on obtient souvent l'expulsion des ténias à l'aide de la naphtaline ;
4° Gomme antifermeiilescible et désinfectant du tube digestif, lorsque les matières alimentaires fermentent anormalement, comme cela a lieu dans les indig-estions chroniques caractérisées par du ballonnement, ou dans les diarrhées des jeunes veaux ;
5° Gomme antipyrétique^ et modificateur des voies urinaires et des voies respiratoires, quand elles sont le siège d'inflammations catarrhales.
Administration et doses. — A l'extérieur, la naphtaline s'emploie sous forme de poudre, seule ou associée à l'alun, à l'acide borique, au sucre, etc. ; sous forme de pommade au cinquième, au dixième, etc. ; sous forme de Uniment au cinquième, etc.
A V intérieur, on l'administre en pilules, en bols, en électuaires, en breuvages à l'huile, à la glycérine, etc.
Les doses internes sont :
Cheval et, bœuf 5 à 10 grammes.
Veau, porc et mouton 2 à 5 —
Chien O?',! à 1
Chat el volailles 0",05 à 0ef,2
Les doses toxiques sont chez :
Cheval 20 grammes.
Chien 2 —
Naphtol.
CioH7(OH).
On distingue les naphtols a et p. Ge sont des dérivés de la naphtaline.
TjC naphtol 8, le plus employé, se présente sous la forme d'une poudre blanche, cristalline, à odeur phéniquée, à saveur piquante, très peu soluble dans l'eau (0,2 p. 1000), trèssoluble dans l'alcool, i'éther et les huiles. D'après Anotta, l'acide borique, à saturation dans l'eau, élève au quadruple la solubilité du naphtol. Pour faciliter sa dissolution dans l'eau, on mélange celle-ci à l'alcool.
On peut dissoudre par litre O^^SS dans l'eau contenant 1 d'alcool p. 1000; 1 gramme dans l'eau contenant 50 d'alcool p. 1000; 2 g-rammes dans l'eau contenant 200 d'alcool p. 1000.
Le naphtol a est plus soluble dans l'eau et plus irritant pour les tissus.
Effets et emploi. — Le naphtol S est un antiseptique puissant (Bouchard) et un bon antiparasitaire (Kaposi).Il suffit d'une solution à 0,5 p. 1000 pour préserver la viande de la putréfaction. En solution à 1 p. 3000, il empêche le développement des microbes de la morve, de la mammite de la brebis, du charbon, du choléra des poules, de la pneumonie, de la suppuration, et il retarde énormément, mais sans l'arrêter complètement, le développement du bacille de la tuberculose et du bacille typhique (Bouchard).
Le naphtol est seize fois moins antiseptique que le biiodure de mercure, cinq fois plus que l'acide phénique et trois fois plus que la créosote.
Ce corps agit aussi énerg-iquement sur les animaux supérieurs. Après l'absorption de doses toxiques, le naphtol produit une vive excitation des diverses muqueuses, excitation qui se manifeste par des éternuements, des ébrouements, de la salivation, ^^ J^ de la toux, des nausées, de la diarrhée, de la dysurie, etc. (Willenz). A doses plus fortes, on remarque chez le chat et le cheval des convulsions épileptiformes; chez le chien, ces convulsions manquent, mais il se produit chez lui un coma et un abaissement de la température. On observe souvent de la néphrite accompagnée d'albuminurie etd"hémog-lobinurie(Cag-ny, Lesage). L'élimination du naphtol se fait par les reins ; on le retrouve dans les urines sous forme de naphtol sulfo-conjug-ué.
M. Bouchard n'a jamais obtenu le moindre symptôme d'empoisonnement quand il n'a pas fait ing-érer le naphtol au delà de la dose quotidienne de l^*", 10 par kilog-ramme d'animal. On l'emploie à l'extérieur :
l" Contre Veczéma, \sigale, etc., en pommade à 1 p. 5 ou en solution alcoolique. Il ne convient pas chez le chat, qui est très sensible à son action ;
2° Contre les plaies, les maladies catarrhales des muqueuses apparentes (vagin, urètre, cavités nasales), sous forme de lotion et d'injections d'eau naphtolée ou de solutions boriques naphtolées.
A /'intérieur :
i° Comme anthetmintliique contre les ascarides et les ténias (Willenz) ;
2<' Gomme antiseptique intestinal dans toutes les maladies accompagnées de putridités intestinales ou qui sont la conséquence d'une infection microbienne par cette voie.
Les doses toxiques internes de naphtol p ne sont pas les mêmes chez les diverses espèces animales. Par ing^estion, le chien supporte Is^lO par kilog-ramme ; le chat, O^^IS; le lapin, S^^SO. Le cheval peut recevoir une dose de 5 grammes par jour.
Préparations.
Salicylale de bismuth 7K^bO
Naphtol p finement pulvérisé 15 grammes.
Mêlez intimement et divisez en 30 paquets.
Pour l'antisepsie intestinale et gastrique. Un paquet par jour chez le chien et dix par jour chez le cheval.
2° Eau iiaphlolée.
Naphtol p 40 grammes.
Alcool à 90° q. s. pour faire 100 centimètres cubes.
Ajoutez de cette solution alcoolique 5 ou 10 centimètres cubes dans :
Eau bouillante 10 litres .
Filtrez après refroidissement.
Pour injections désinfectantes dans le vag-in, l'utérus, les cavités nasales, etc.
3° Camphre naphtolé.
Naphtol p pulvérisé 10 grammes.
Camphre en poudre 20
Triturez jusqu'à liquéfaction du mélange des poudres.
Pour onction de la peau sur les parties qui doivent être le sièg-e d'une opération ; pour toucher les éruptions suppurantes, les excoriations, les plaies; pour rendre aseptiques les croûtes et les escarres.
Thymol.
Gi»H«*0.
Le thymol, ou acide thymique, se retire de l'essence de thym. Il
est solide en cristaux transparents ayant une odeur douce aromatique et une saveur piquante et poivrée. Il est peu soluble dans l'eau (1 p. 1200 environ), très soluble dans l'alcool, Téther et la glycérine.
Effets. — Le thymol est un antiseptique environ quatre fois plus puissant que le phénol. Il empêche le développement du Staphylococcus aiireus et du Bacillus anthracis à 1 p. 3000. A 1 p. 1000 il arrête la putréfaction et la fermentation. La dose de 1 p. 100 empêche l'action de l'émulsine.
Localement, le thymol est irritant; ses solutions sont, suivant leur deg-ré de concentration, caustif/ues ou astringentes pour les muqueuses et les plaies.
Aprèsl'administration interne, le thymol est rapidementabsorbé puis éliminé par les reins en partie sous forme d'acide thymolglycuronique, en partie sous celle de sulfate de thymolhydroquinone. Il est environ dix fois moins toxique que le phénol. Le chien peut en supporter 2 g-rammes. Des doses plus fortes peuvent déterminer de la gastro-entérite, de la néphrite, de l'albuminurie, de l'hématurie, du collapsus, de l'hypothermie, un ralentissement du pouls et de la respiration, et enfin la mort. Les lésions consistent dans une cong-estion énorme des poumons et des reins, une dég-énérescence g-raisseuse du foie.
Indications. — L'acide thymique étant antiseptique, désodorisant, dessiccatif et cicatrisant, peut être employé pour le pansement des plaies en solution à 1 p. 1000, contre les brûlures^ Vecséma, la stomatite ulcéreuse^ la stomatite aphteuse. Malheureusement il a l'inconvénient d'être d'un prix très élevé.
A l'intérieur, il a été employé avec succès comme anthelminthique contre les oxyures, le Strongylus armatus chez le cheval et contre l'ankylostome duodénal chez l'homme.
Mode d'emploi et doses. — A l'extérieur, pour l'usage chirurgical, pour la désinfection des mains, on emploie la solution de 1 à 4 p. 1000. On augmente la solubihté du thymol par l'addition d'un peu d'alcool ou de g-lycérine. On emploie aussi la pommade de 1 à 4 de thymol pour 200 de vaseline.
A l'intérieur, on donne au chien de 0,50 à 2 g-rammes de thymol en solution aqueuse ou alcoolique.
A cause du prix élevé du thymol, on peut employer en médecine vétérinaire le thym en infusion à la fois pour l'usage externe et interne.
Salol.