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IV. — Virus divers

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Vaccine (Carstens et Gœrt) Sa» à 34°

Peste bovine (Serainer et Raupacli). . . 55°

Clavelée 55°

Rage 60°

Charbon syni|)toiuatique (Arlnino) 70° (en 2 h. 20 min.

— " — — 80° (en 2 h.).

— — — 100° (en 20 min.).

^' La clialeure de 120° prolong-ée pendant un quart d'iieure suffit ■> pour tuer tous les microbes, quel que soit leur état (mycélium ou ^ spores).

i° Stérilisation des instruments. — Les instruments métallitiues sont stérilisés par la chaleur. On emploie le llambage, Tautoclave, rétuve sèche, TébuUition.

Flambage. — II consiste à promener l'instrument dans la flamme d'une lampe à alcool ou d'un bec de gaz pour briîler tous les germes qui peuvent exister à sa surface. Mais ce procédé simple n'est pratique que pour stériliser un instrument isolé. On rend le flambage pratique en chirurg-ie de la manière suivante : les instruments sont placés dans une boite métallique formant cuvette ; on les arrose d'alcool, qu'on allume. Sous l'influence de la combustion de l'alcool, les instruments sont portés à une température très élevée qui les stérilise parfaitement. On les refroidit en versant dessus de l'eau bouillie froide. Celle-ci, au contact des instruments surchaufl'és, se volatilise en partie en produisant un sifflement caractéristique qui est la preuve qu'ils ont été chauffés suffisamment. Le flambag-e ainsi pratiqué convient particulièrement en médecine vétérinaire.

Autoclave de Ghamberland. — C'est une sorte de marmite de Papin, dans laquelle l'eau est portée à 120 ou 130". La vapeur sous pression mouille et pénètre bien tous les objets placés dans l'appareil et par sa haute température les stérilise parfaitement. ' Ce mode de stérilisation est utilisé dans les laboratoires, les écoles

vétérinaires, mais n'est g-uère à la portée des praticiens, à cause du prix élevé de l'appareil.

Étuve sèche. — C'est une sorte de boîte métallique qu'on peut porter à la température de 140 à 150° à l'aide d'un foyer quelconque. 11 n'y pas de vapeur, c'est l'air sec qui enveloppe les instruments et les désinfecte. Ce procédé de stérilisation,

230 ASEPSIE CHIRURGICALE.

très en usage en chirurgie humaine, convient pour les instruments métalliques.

Ébullition. — L'ébullition de Teau se fait à nos altitudes à 98 ou 99". Or certains microbes résistent à cette température même prolongée pendant plusieurs heures. On ne peut donc pas compter sur une stérilisation absolue par ce procédé. Cependant, dans la pratique, il donne de bons résultats et paraît suffisant dans la g-rande majorité des cas. On peut d'ailleurs augmenter la puissance stérilisante de Tébullition en dissolvant dans l'eau 2 p. 100 de benzoate de soude. Cette solution bout à 106° (Roux). A cette température, presque tous les germes sont tués après une demi-heure.

On a recommandé des liquides dont le point d'ébullition est encore plus élevé, tels que la glycérine et l'huile; mais, outre que ces liquides sont coûteux, leur chauffage est difficile à régler et nécessite des thermomètres spéciaux. On peut donc, dans la pratique vétérinaire, se contenter de faire bouillir les instruments dans l'eau ordinaire ou dans l'eau à laquelle on ajoute du benzoate, ou du borate de soude, ou du chlorure de sodium, afin d'élever son point d'ébullition. Pour évite?' la rouille, on ne doit plonger les instruments dans l'eau que lorsque celle-ci est déjà en ébullition.

Après la stérilisation, les instruments sont maintenus pendant l'opération dans un bain d'eau phéniquée à 5 p. 100, ou dans une solution de formol ou simplement dans de l'eau bouillie refroidie.

2" Stérilisation des matières de pansement. — Les fils de lin et les soies peuvent êtres stérilisés à l'autoclave ou soumis à une ébullition prolongée. On peut se procurer dans le commerce des fils et des soies stérilisés qui sont enroulés sur des bobines placées dans des tubes stérilisés et hermétiquement clos.

Les fils de catgut sont obtenus avec les boyaux de brebis ou de chat. Après les avoir débarrassés de leur graisse par l'éther et les avoir séchés lentement, on les soumet à l'action des vapeurs d'alcool absolu chauffées à 120° sous pression. On les enroule sur des baguettes de verre. Ces baguettes sont enfermées dans des tubes stériles et bien bouchés. Le commerce les livre tout préparés et stérilisés.

h'ouate, Vétoupe, la gace et toutes les matières de pansement de même nature sont fournies aseptiques par l'industrie. Elles sont même souvent imprégnées d'antiseptiques divers, tels que : le sublimé, l'acide phénique, l'acide borique, l'acide salicylique, l'iodoforme, etc.

ASEPSIE CHIRURGICALE. 231

En médecine vétérinaire, Touate de tourbe stérilisée par la chaleur est une excellente matière de pansement. D'après Cadiot et - WaMteuffel, elle est élastique, légère, douce, très absorbante pour les liquides des plaies, d'un prix minime et très facile à conserver. « L'emploi de l'ouate de tourbe permet de combattre les fâcheux effets de la suppuration abondante des plaies. Elle peut remplacer les drains en raison de son pouvoir absorbant ; elle est supérieure à l'étoupe, à la tilasse, même à la ouate de coton, et s'applique mieux qu'elles sur les plaies. Sa douceur, son élasticité rendent la confection des pansements plus facile et moins douloureuse ; ses propriétés hémostatiques sont mises à profit dans les opérations sanglantes, notamment pour celles du pied. Enfin, avec elle, les pansements occlusifs et rares sont possibles » (Gadiot). Éponges. — Elles ne supportent pas la chaleur élevée, elles doivent être stérilisées par des agents chimiques. Voici un pro- . cédé qui paraît donner de bons résultats. Après les avoir battues •• ,9A!-vC*~^ pour les assouplir et briser les coquillages et les graviers qu'elles peuvent contenir, on les lave à l'eau courante; quand elles sont bien propres, on les place pendant douze heures dans une solution de permanganate de potasse à 1 p. 1000. Il faut 20 litres de liquide pour 500 grammes d'épongé. On les lave ensuite à l'eau et, après les avoir exprimées, on les décolore par une solution de bisulfite de soude saturée du commerce, dont on verse 500 centimètres cubes dans 20 litres d'eau. On ajoute au liquide 50 centimètres cubes d'HGl, et on obtient un dégagement abondant de SO-, qui les blanchit instantanément. Il suffit ensuite de les laver parfaitement et de les plonger pendant quinze jours dans une solution de phénol à 5 p. 100. On les lave ensuite à l'eau filtrée au Ghamberland ou bouillie, pour les débarrasser de l'acide phénique en excès. Puis on les conserve dans des bocaux stérilisés. vyOJw-i**' Les éponges étant d'une stérilisation fort difficile et souvent insuf- ^

fisante, le mieux est de ne pas les employer. On les remplace avantageusement par de la gaze ou du coton hydrophyle, qu'il est facile de stériliser à 150° dans une étuve sèche.

Drains et sondes. — On doit les choisir en caoutchouc rouge et les stériHser à l'autoclave, c'est-à-dire à la chaleur humide et non à l'étuve sèche. On peut aussi les désinfecter en les plongeant dans une solution de permanganate de potasse à 5. p. 1000 et en décolorant ensuite par le bisulfite. On les conserve ensuite dans une solution phéniquée à 2 p. 100.

232 ASEPSIE CHIRURGICALE.

Cuvettes, cristallisoirs. — Après les avoir bien lavés et brossés, on les sèche et on les stérilise à l'étuve sèche, soit, à défaut de celle-ci, en y faisant brûler une petite quantité d'alcool. Il faut avoir soin d'incliner la cuvette en différents sens afin que la flamme lèche bien toute la surface.

3° Désinfection des mains du chirurgien et de ses aides. — La désinfection des maii^s doit être très minutieuse, cai' elle est difficile à réaliser. Les lavages à l'eau et au savon ne suffisent pas. Il est en elîet démontré, par les analyses bactériolog'iques, qu'après le lavag-e simple le mieux fait on peut encore obtenir de nombreuses colonies de microbes avec le produit du raclage de la peau et des ongles. Il est reconnu aujourd'hui que la désinfection des mains est à la fois plus importante à réaliser et plus difficile à obtenir que celle des instruments et des objets de pansement. Il est bien établi que le dernier réceptacle des germes se trouve dans le bord libre des ong-les, dans l'espace sous-ong'uéal.

Quand le chirurgien a touché des matières septiques, du pus, il ne doit pas opérer avant quarante-huit heures au moins. Terrillon a en effet démontré que, lorsque, après désinfection très sérieuse des mains, on ensemence avec les doigts des tubes de culture, ceux-ci cultivent toujours lorsque les mains ont touché du pus le jour niême ou la veille ; ce n'est qu'au bout de quarante-huit heures que les mains redeviennent stériles.

Voici la technique conseillée par Terrillon et Ghaput pour la désinfection des mains :

' 1° Curage des ongles à sec;

2" Lavage au savon, à la brosse et à l'eau bouillie pendant plusieurs minutes ;

3° Second nettoyage des ongles. Ce curage des ongles encore humides est beaucoup plus parfait que le curage à sec ;

4° Nouveau lavage à la brosse ou au savon ;

5° Troisième cui-age des ongles ;

6° Stérilisation chimique :

a. Les mains sont lavées dans une solution de permaganate de potasse à 1 p. 100. Cette solution n'est nullement caustique, mais elle colore les mains en brun ;

6., Lavage des mains dans une dissolution de bisulfite de soude à 10 p. 100, acidulée pour décolorer le permanganate. Les mains sont alors blanches et douces.

c. Immersion et brossage dans l'alcool, ou dans le sublimé à 1 p. 1000;

d. Lavage ou formol à 1 p. 1000.

Cette technique rend les mains blanches, lisses, souples et douces.

Les mains des aides doivent être désinfectées avec le même soin que celles du chirurgien.

4° Désinfection du champ opératoire. — En médecine vétérinaire, il est absolument impossible de préparer la malade dès la veille. On se contente, avant l'opération, de couper les poils ou de raser la peau. Puis on savonne et brosse avec soin, autant que possible avec une brosse stérilisée, du savon stérile et de l'eau bouillie chaude. On enlève le savon avec de l'eau stérilisée, puis onlasèche avec unecompresse, afin de mieux la disposer àladésinfection chimique. On frotte ensuite la surface d'abord avec de l'éther, puis avec de l'alcool pour enlever les matières grasses ; puis on termine par un lavage au sublimé à 1 p. 1 000 ou du formol à 1 p. 1000.

On emploiedepuispeu en chirurgie humaine un procédé d'asepsie de la peau très simple et efficace. Après avoir rasé les poils de la région opératoire à sec, on badigeonne à la teinture d'iode toute la surface et la peau environnante, sans aucun lavage préalable. Après suture de la plaie opératoire, on badigeonne encore la ligne de réunion, et on termine par un pansement à la gaze stérile. La guérison par première intention est constante (Grossich). Ce procédé rendra certainement des services en chirurgie vétérinaire.

Règles a observer pendant l'opération. — Pendant l'opération, il importe de ne laisser contaminer ni les mains, ni les instruments, ni les appareils et objets de pansement, par des contacts impuî's. On ne doit, sous aucun prétexte, se servir d'instruments déposés sur une table ou qui seraient tombés à terre ou qui auraient été essuyés avec un linge suspect.

2° Antisepsie des plaies et des surfaces enflammées et infectées.

Si l'asepsie pouvait être réalisée facilement et complètement, l'antisepsie deviendrait souvent inutile. Mais, en médecine vétérinaire, nous ne pouvons obtenir ordinairement qu'une asepsie relative. Presque toujours, les plaies ainsi que les surfaces

enflammées s'infectent plus ou moins, malgré les précautions aseptiques dont on dispose dans la pratique. Il en résulte que, si l'on veut arriver à supprimer ou à restreindre la puUulation microbienne, chez nos animaux, on doit unir l'antisepsie à l'asepsie.

Pour les plaies fortement infectées, l'antisepsie seule donnera des résultats sérieux; pour celles, au contraire, qui sont propres, l'asepsie suffira très souvent.

On sait, depuis les recherches de Metchnikoff que, si les tissus ne recèlent qu'un très petit nombre de microbes, l'animal peut se défendre contre eux par les cellules migratrices, les phagocytes. Ce savant a démontré que ces cellules, qui s'accumulent toujours en g-rand nombre dans les points enflammés, ont un goût spécial pour les bactéries, qu'elles absorbent dans leur substance protoplasmique et dig-èrent, empêchant ainsi leur propag-ation indéfinie dans les tissus. Ce fait nous permet de comprendre pourquoi certaines plaies incomplètement aseptiques se cicatrisent sans suppuration et sans autre complication d'infection, malg-ré l'absence de soins antiseptiques spéciaux. Dans ce cas, les cellules phag-ocytes en dévorant les microbes produisent une asepsie consécutive complète. Dans la lutte qui s'engag-e entre les agents infectieux et les leucocytes, la victoire reste aux plus nombreux et aux plus aptes à la lutte. Si les microbes sont rares, ils succombent fatalement devant les voraces cellules mig-ratrices, qui les tuent par les antitoxines qu'elles sécrètent et les dig-èrent ensuite; si, au contraire, ils sont déjà très abondants au moment de l'arrivée des phag-ocytes, ceux-ci sontimpuissants pour réaliser l'asepsie, et l'infection microbienne se poursuit.

, C'est dans ces derniers cas surtout qu'il y a lieu d'intervenir à l'aide des agents antiseptiques. En engourdissant, en affaiblissant ou en détruisant à l'aide de ces ag-ents, les microbes qui ont envahi les tissus,, nous rendons plus facile et plus efficace le rôle de défense dévolu aux phag-ocytes dans l'org-anisme animal.

Par l'asepsie et l'antisepsie bien comprises et bien appliquées, nous pouvons empêcher d'une façon certaine la multiplication des microbes dans les tissus, prévenir la suppuration, ainsi que les accidents fébriles et infectieux et assurer une cicatrisation rapide et régulière.

Quelques préparations antiseptiques pour plaies, fistules et surfaces infectées.

lo

Bichlorure de mercure Ià2 grammes .

Chlorure de sodium 2 —

Eau 1 litre .

Dissolvez.

Biiodure de mercure 0b',2d

lodure de potassium 0s'',50

Eau 1 litre.

Dissolvez.

Sulfate de cuivre 0«',50 à 1 gramme.

Eau 100 grammes.

Dissolvez.

Acide phénique làS grammes.

Eau 100 —

Dissolvez.

Permanganate de potasse 0a!r,25 à 1 gramme.

Eau 1 litre.

Dissolvez.

Gréoline làS grammes.

Eau 100 —

Mélangez.

Iode 1 gramme.

lodure de potassium 1 —

Eau 1 litre.

Dissolvez.

lodoforme 2 grammes .

Acide borique 20 —

En saupoudrer les plaies.

Acide borique 25 grammes .

Gréoline 08^,50

Mélangez.

Appliquer la poudre sur les plaies.

10" Poudre d'iodo forme.

Saupoudrez les plaies.

Ce corps se dissout très lentement dans les liquides organiques, dégage de l'iode libre et exerce une action analg-ésique et antiseptique prolongée. Il convient surtout quand les pansements doivent être rarement renouvelés.

Clilorure de zinc pur 10

Eau 100

Dissolvez.

C'est un des meilleurs destructeurs des microbes de la suppuration. Aucun ag-entnelui est supérieur pour la purification d'une région où existent des fistules (Lucas Championnière). A côté de son bas prix et de son efficacité, il est surtout à recommander en médecine vétérinaire. Au lieu de chlorure de zinc pur, on peut employer le produit qu'on appelle désinfectant de Saint-Luc et qui n'est autre chose qu'une solution de chlorure de zinc à 33 p. 100 colorée par des traces de fer.

Oxyde de zinc 50 grammes.

Chlorure de zinc 5 —

Eau 50 —

Faites une pâte.

Recommandée parle D' Socin(deBàle) pour recouvrir les plaies. On projette à la surface delà charpie fine ou du coton découpé en petits morceaux pour en augmenter la résistance.

Alun calciné pulvérisé 25

Poudre de tan 25

Mélangez.

Saupoudrez les plaies.

lodoforme 5

Éther 50

Dissolvez.

Convient surtout en injections dans les fistules.

Acide salicylique 1 gramme.

Glycérine 100 grammes.

Dissolvez.

Bon antiseptique local, peu toxique.

ANTISliPSIE DES PLAIES ET DES SURFACES ENFLAMMÉES. 237

Ifio

Acide salicylique 1

Poudre d'amidon 5

Mélansez.

Saupoudrer les surfaces enflammées.

Créosote 25 ' '-

Alcool 250

Dissolvez.

En injection dans les fistules osseuses.

Huile d'olive 500 grammes.

Essence de térébenthine 500 —

Sulfure de carbone 50 —

Soufre en poudre 10 —

Mélangez.

Badig-eonner avec un pinceau la surface de la plaie (Gagny).

Préparations antiseptiques spécialement employées pour laver et irriguer les voies vaginales et utérines infectées.

Chlorure de sodium 5 grammes

Eau bouillie 100 —

Dissolvez.

Sulfate de soude 10 grammes.

Glycérine 6 —

Eau 100 —

Dissolvez,

Acide phénique 1-2 à 3 grammes.

Eau 100 —

Dissolvez.

Acide salicylique 1 à2 grammes.

Eau 1 000 —

Dissolvez.

Permangan,ate fie potasse 1

Eau :. 1000

Dissolvez. ■ ' '"■ ;

Sulfate de cuivre ,'."■'. 1

Eau 180

Dissolvez.' ■ \ . . '

^-•' C'est une des meilleures préparations.

Sublimé 1 gramme .

Chlorure de sodium 2 grammes.

Eau 2000 —

Dissolvez.

Peut devenir dangereuse chez les ruminants par un usage prolongé.

Biiodure de mercure Oe',25

lodure de potassium O^.bO

Eau 1 litre.

Dissolvez.

Peut devenir dangereuse chez les ruminants par un usage

prolongé.

Acide phénique ) - ...

Alcool. r' bO grammes.

Eau tiède 5 litres.

Dissolvez.

Faire des lavages des voies génitales dans Tendométrite.

3° Antisepsie médicale.

Elle cherche à réaliser la destruction des microbes et de leurs toxines après leur pénétration dans la profondeur de l'organisme.

Pour montrer comment il faut la comprendre, je ne puis mieux faire que de reproduire ce qu'en dit le professeur Bouchard.

« On ne conteste plus, dit-il, la valeur de l'antisepsie chirurgicale, mais on oppose à lantisepsie médicale une fin de nonrecevoir absolue. On dit que l'agent infectieux étant dans l'antimite des tissus, il faudra, pour l'atteindre, imprégner tout l'organisme de la substance antiseptique, qui impressionnera également les cellules du malade et les cellules pathogènes, qui tuera le malade avant de tuer le microbe.

« Ce sophisme peut être réfuté par trois arguments :

« lo II est des substances inolfensives pour l'organisme qui tuent, je ne dis pas les microbes, mais certains microbes. L'oxygène indispensable à l'homme empêche la vie de toute une catégorie de ferments ; l'argent, à dose insignifiante pour un organisme animal, arrête le développement d'un Aspergillus.

« 2° Il y a des maladies médicales, la dysenterie, la fièvre typhoïde, la diphtérie, etc., où l'agent infectieux est au moins

pour un temps limité à la surface de certains org-anes et pourrait être atteint localement, sans imprégnation de toute l'économie par la substance antiseptique.

« 3° La thérapeutique antiseptique médicale ne se propose pas de tuerie microbe, comme on le répète faussement, elle se propose seulement d'entraver sa pulkilation. En efTel, quand dans les maladies infectieuses la victoire se décide en faveur des g-ermes, c'estquecesderniers se renouvellent incessamment pour que de nouveaux combattants, toujours plus nombreux, succèdent à ceux qui sont usés dans la lutte pour la vie contre les cellules animales. On peut espérer que des modifications peu considérables de l'org-anisme infecté pourraient entraver lapullulation indéfinie de certains microbes qui l'auraient déjà envahi. »

Antisepsie gastro-intestinale. — Elle a pour but de s'opposer au développement exagéré des g-ermes nuisibles dans la cavité digestive de nos animaux.

A l'état physiolog-ique, le tube digestif est rempli dans toute sa longueur d'innombrables organismes inférieurs et en particulier d'organisme de la putréfaction. Les matières alimentaires tendent donc à s'y putréfier. Mais,, grâce à l'intervention des sucs digestifs, le milieu alimentaire est modifié ; il devient moins propre au développement et à la multiplication des germes ; il en résulte qu'à l'état normal les produits putrides engendrés sont peu abondants.

Parmi les produits solubles, qui prennent normalement naissance dans le tube gastro-intestinal par l'action des microorganismes sur les substances albuminoïdes, quelques-uns sont peu connus. Ces produits sont résorbés au moins en partie, puis détruits dans le foie et dans le sang, ou éliminés par les émonctoires, principalement par les reins, lis n'ont une action réellement nuisible que lorsqu'ils sont produits en surabondance, comme cela arrive lorsque les sécrétions digestives sont arrêtées ou altérées, lorsqu'ils s'accumulent dans les tissus par suite de l'insuffisance de leur oxydation ou de leur élimination. Alors on peut constater de la diarrhée, des coliques, de la dysenterie, des troubles généraux et un véritable empoisonnement de l'organisme.

Beaucoup de maladies infectieuses ont aussi leur point de départ dans le tube digestif, parce que les germes pathogènes y sont introduits avec les aliments ou les boissons : exemple, la

fièvre typhoïde, la dysenterie, la pneumo-entérite infectieuse, etc.

D'après M. Bouchard, il se forme dans le tube digestif sain et malade des alcaloïdes d'orig-ine microbienne ; ces bases sont partiellement absorbées par la muqueuse et éliminées par les reins, après qu'elles ont exercé leur action funeste sur toutes les fonctions organiques.

Pour débarrasser le tube dig-estif des germes putrides ou autres, ainsi que de leurs produits toxiques solubles, on peut employer les évacuants et les microbicides non toxiques pour l'animal.

En médecine vétérinaire, nous obtenons l'évacuation des matières nuisibles contenues dans le tube dig-estif, à l'aide des vomitifs et des purgatifs.

Les antiseptiques gastro-iîitestinauxcom^\è{eï\i\dLméà\ç,Ai\or\. Ils doivent offrir certaines qualités qu'on ne recherche pas pour ceux employés cà l'extérieur. Il faut qu'ils ne soient que faiblement absorbés, afin de prévenir l'empoisonnement du sujet et qu'ils n'exercent aucune action irritante locale sur la muqueuse dig-estive. C'est pourquoi on s'adresse surtout aux substances insolubles, ou tout au moins assez peu soJubles, afin qu'elles puissent traverser le canal intestinal sans être sensiblement absorbées.

Les principaux antiseptiques gastro-intestinaux sont le charboii , Viodo forme, le sulfure noir de mercure, \d,naphtaline , \Qnaphtol, le calomel, le salicylate de bismuth, Vacide salicylique, Yhyposulfite de soude, la créoline, la quinine et ses sels, le sous-nitrate de bismuth, le salol, le thymol.

Quelques préparations antiseptiques gastro-intestinales.

Charbon de peuplier finement pulvérisé 100 grammes.

lodoforme 1 gramme.

Mélangez.

Bouchard a recommandé cette poudre pour combattre chez l'homme typhique la fétidité desselles.

Salicylate de bismuth.

Administrer cette poudre dans les cas de diarrhée abondante qui accompagne certaines affections infectieuses, comme la fièvre typhoïde. Ce sel est fort instable et se décompose à peu près com-

plèlement dans l'estomac en acide salicylique et oxyde de bismuth. 11 a l'avantage de combattre à la fois la fièvre et la diarrhée.

Naphtol p 10 grammes.

Camphre 4 —

Administrer sous la forme d'électuaire dans le cas de diarrhée chez le chevai (Gag-ny).

Naphtaline pure o grammes.

Sucre blanc 10 —

Essence de bergamote 3 —

Mélangez et faites 20 paquets.

Un ou deux paquets par jour contre la diarrhée infectieuse chez le chien.

Salicylate de bismuth \

Magnésie anglaise [ âa 10 grammes.

Bicarbonate de soude )

Mélangez et divisez en 30 paquets.

Administrer au chien un ou deux paquets par jour dans ses

aliments.

Salicylate de bismuth j

Naphtol p [ aa 10 grammes.

Charbon )

Mélangez et divisez en 30 paquets.

Administrer au chien deux paquets par jour dans ses aliments.

Salicylate de bismuth \

j/ Naphtol a I ^ , ,,

\ , f^ ^- . . > aa 10 grammes.

-, , s (• Craie préparée i °

~ " ' " Phosphate de chaux )

Mélangez et divisez en 40 paquets.

Administrer au chien deux paquets par jour dans ses aliments.

Naphtaline en poudre

Administrer à titre de désinfectant digestif dans le catarrhe intestinal, la fièvre typhoïde, la pneumo-entérite, la diarrhée, etc.

Créoline 0&r,50

Faites 10 capsules.

En donner 1 à 2 par jour au chien dans le catarrhe stomacal. Kaufmann. 16

Créoline 50 grammes .

Poudre de réglisse 100 —

Extrait de réglisse et cire jaune, q. s. pour faire 4 bols.

Administrer deux bols par jour au cheval atteint de catarrhe gastro-intestinal.

Quinine et ses sels.

Ces composés sont antifébriles et antiseptiques gastro-intestinaux.

Calomel.

On l'administre à dose purgative. Il peut être considéré non seulement comme un évacuant, mais encore comme un excellent désinfectant intestinal dans la dysenterie, la fièvre typhoïde, etc.

Calomel 0&^05

Sucre .r 0",2

Mélangez. Divisez en 6 paquets.

Trois paquets par jour chez le chien atteint de la maladie du jeune âge.

Calomel 5 grammes.

Poudre de guimauve 100 —

Eau, q. s. pour faire un électuaire.

Administrer en une fois au cheval atteint d'infiuenza.

Calomel 4 grammes.

Opium 8 —

Poudre de racine de guimauve 30 —

Eau Q. S.

Faire 2 bols.

Administrer dans la journée au cheval atteint de gastro-entérite.

Calomel 0e>-,05

Opium O^M

Sucre Oe',b

Mélangez.

Administrer au chien atteint de catarrhe intestinal, en plusieurs fois dans la journée.

Sous-nitrate de bismuth — Ob',5

Sucre 0k'-,5

Mélangez.

Pour le chien atteint de catarrhe gastro-intestinal.

lEOCULATIONS VIRULENTES OU VACCINATIONS. 243

Sous-nitrate de bismuth 1 gramme.

Bicarbonate de soude 5 grammes.

Mélangez.

Donner par petites prises au chat atteint de diarrhée.

Sous-nitrate de bismuth 1 gramme.

Poudre de gomme 2 grammes.

Mélangez. Faites 6 paquets.

Deux par jour chez le chien atteint d'entérite catarrhale.

Immunisation.

Un microbe pathog-ène ne peut provoquer de maladie infectieuse ou virulente que si l'organisme animal, dans lequel il tend à s'implanter, offre dee conditions favorables à sa pullulation . Or le terrain org-anique est parfois impropre au développement d'un microbe donné; alors l'animal est réfractaireà l'infection que produit ordinairement ce microbe.

Cet état réfractaire constitue V immunité. Celle-ci peut être m;?e> ou acquise.

L'immunité est innée lorsque l'animal la possède naturellement par hérédité ; elle est acquise lorsqu'il en est privé naturellement, mais qu'on la lui confère par des moyens artificiels. L'immunisation, c'est-à-dire la création artificielle de l'immunité, s'obtient par les moyens suivants : 1" les inoculations virulentes ou vaccinations ; 2° les injections sous-cutanées de produits solubles d'orig-ine microbienne ; 3'' les injections sous-cutanées de sérum provenant d'animaux qui jouissent de l'immunité naturelle ou acquise.

1° Inoculations virulentes ou vaccinations.

On sait depuis long-temps c|ue les individus ou les animaux qui g-uérissent de diverses maladies contagieuses sont ultérieurement réfractaires à ces mêmes maladies. A une certaine époque, on inoculait le virus varioleux à l'homme pour le préserver de la variole naturelle, toujours très g-rave. Mais cette inoculation préventive oflrait par elle-même un g-randdang-er, car elle déterminait parfois une variole mortelle. Aussi ne fut-elle que peu apphquée.

L'inoculation virulente préventive n'entra définitivement dans la pratique courante qu'après la découverte de la vaccine pai-

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