INDICATIONS PRONOSTIQUES ET DIAGNOSTIQUES
pérature considérables, sans que le pronostic soit grave; chez les vieillards, au contraire, Talgiditô est un symptôme alarmant.
Si rabaissement de température se fait brusquement dans les cavités centrales^ la mort survient dans la majorité des cas.
Nous retrouvons du reste, en pathologie générale, de nombreux exemples qui démontrent le danger des perturbation:^ brusques de l'organisme.
Conformément à ces principes, nous avons vu qu*un abaissement de température de 2 degrés à peine, se produisant brusquement, était pour nous un indice de mort et aussi avons-nous pu dire dans notre chapitre : Température dans les grands traumatismes : Tout blessé qui présente une température de Sb^'b succombe.
Dans les fièvres graves on observe de nombreux exemples de la gravité des abaissements brusques de la température.
Les abaissements périphériques de la température ne sont pas généralement graves.
L'abaissement rapide des températures périphériques n*est pas d'un pronostic fâcheux, à moins qu'il ne se prolonge. (Choléra, etc.)
Une différence très notable entre les températures périphériques et centrales, est un signe défavorable.
Un abaissement continu, général et progressif des températures centrale et périphérique, alors même qu'il est peu considérable, est un signe fâcheux.
Plus rabaissement de température est considérable, plus le danger est grand. i
Les températures qui persistent pendant un certain temp?; au-dessous de 35'^ indiquent un état grave. (Choléra, etc.) î
Si rabaissement de la température est passager (bien que] cet abaissement ait été considérable) et que le thermomètre j remonte lentement et revienne à la normale (réacticaj franche), le malade peut guérir. |
Quand le centre baisse et que la périphérie baisse davan*! tage, la mort survient. (CoUapsus dans les fièvres, cho-| léra,etc.) i
FOUamBS PAR LES ABAISSEMENTS DE TEMPERATUR ; 277
Si le centre baisse et non la périphérie, la mort survient ^néralement à bref délai.
Lorsque dans la réaction le rectum marque une température normale ou même supérieure, à la normale, si Taîsselle reste peu élevée, et si la température de la bouche est basse, il 7 a une fausse réaction et le pronostic est grave.
(Test un signe grave, lorsque la température, après s'être abaissée brusquement, remonte rapidement au dessus de la normale. (Ck>llapsus, choc chirurgical.)
Le collapsus avec élévation de température est plus grave que le collapsus avec abaissement de température.
Le collapsus avec dépression thermique constatée dans le rectmn, n'indique pas un pronostic fatal, si la respiration et le pouls se ralentissent en même temps que la température rabaisse; bien plus, cet état peut marquer le début de la conyalescence.
Un retour d'algidité indique un pronostic sérieux.
Dans le stade de convalescence de quelques maladies algides, lorsque la température, devenue normale, tombe subitement au-dessousde lanormale, cela indique un état très grave.
Les abaissements de température (températures basses relatives), (abaissements proagoniques de Wunderlich), survenant dans le cours d'une fièvre grave, et donnant une rémission trompeuse, sont un indice fâcheux. Si la rapidité et la petitesse du pouls coïncident avec la chute du thermomètre, et si toute force semble éteinte, il est probable que le malade ne survivra pas.
Un abaissement de température se produisant dans cer- Wnes maladies vers le dixième ou le douzième jour (fièvre tjphoïde) est loin d'être défavorable.
Si des abaissements notables de la température se pro- <3uisentle matin et le soirdans le cours d'une maladie fébrile, le cas est grave.
Dans le fastigium, les grandes exacerbations suivies d'abais- ^ments profonds de la température ne sont pas un signe alarmant.
Dans la pyémie, dans la péritonite, les alternatives de températures très élevées et très abaissées, avec irrégularité, constituent des cas très graves.
278 INDIOATIONB PRONOBTIQnBS ET DTAONOSnQUBt
Un abaissement de température survenant dans le cours régulier de la âëvre typhoïde est sourent Tindice d'une per^ foration ou d'une hémorrhagie intestinale, oomplicationa à redouter.
L'abaissement léger et passager de la température observé vers la fin des fièvres, est l'indice de la .crise et de la convalescence.
OHAPITRE XXV
TBilTniINT Dl L'ALQIDITÂ BT OBB ABAIBBBMBNTg
DE TEMPBRATUBB,
II existe un certain nombre de règles thérapeutiques à talTTs dans le traitement de T'algidité et des abaissements de température.
II faut avant tout ramener la chaleur à la périphérie, s'opposer au rayonnement par tous les moyens possibles.
La physiologie expérimentale nous apprend en effet que des animaux sur le point de mourir avec un refroidissement considérable^ ont pu revenir à la vie, grâce au réchauffement.
Chossat a tu des pigeons mourants du refroidissement consécutif à Tinanition, reprendre le mouvement et la vie, lorsqu'ils étaient portés dans une atmosphère chaude.
Claude Bernard, Brown Séquard sont parvenus à rappeler à la vie un grand nombre d'animaux refroidis^ au moyen du réchauffement seul.
Lorsque le refroidissement est trop considérable, lorsque la température s'est trop abaissée, toute tentative de réchauffement échoue.
Walther ayant réchauffé ses animaux jusqu'à 28* après les avoir refiroidis jusqu'à IS"", vit la plupart d'entre eux succomber.
Dans Valgiditétraumatique, nous avons obtenu d'excellents résultats en maintenant les blessés pendant un certain temps dans une atmosphère chaude.
Nous pensons que l'établissement dans les ambulances d'une Huve maintenue à une température élevée, aurait d'excellents résultats en permettant le réchauffement des blessés atteints de choo.
280 TRAITEMENT DE L'aLOIDITB
Les bains chauds prolongés, en empêchant la déperdition de chaleur, sont à recommander.
Dans le choléra, dans le sclérëme, le réchauffement permet d'obtenir des résultats inespérés.
Magendie s'est servi avec succès chez les cholériques de l'application directe du calorique entourant les malades de sachets de sable chaud, administrant des bains tiëdes. . Brescbet est parvenu à ranimer les enfants atteints de sclerème en les exposant à un feu ardent ou en les plongeant dans des bains très chauds.
Dans la fièvre algide, dans les empoisonnements, le réchauffement par tous les moyens, Tapplication de linges chauds, de sinapismes, etc., doivent être recommandés.
Les malades, dans quelques cas, devront être enveloppés d'une couche épaisse de ouate. Chez les brûlés ce moyen nous a été très utile.
Avec Walther (deKiew),nous pensons que le réchauffement
doit se faire d'une façon prompte.
Les mouvements musculaires, les frictions, au moyen de liquides excitants, l'ammoniaque, etc., peuvent aider à ranimer la chaleur. On doit combattre la tendance des malades à Timmobilité.
L'akool à l'intérieur à dose modérée, les excitants diffosibles doivent être administrés.
Ualimentation sera aussi un moyen précieux d'élever la température. Ainsi que l'a démontré Chossat : La ealoricit^ perdue se recouvre par la digestion.
Chez les tourterelles inanitées et refroidies, cet observateur a vu que l'alimentation dès la première ou la deuxième heure du réchauffement artificiel produisait une élévation de température persistante.
Chez les enfants, Talimentation a souvent prévenu les graves accidents du sclerème et de Tathrepsie.
La respiration artificielle, qui élève la température des animaux refroidis, devra être employée en clinique et dans les empoisonnements en particulier.
L'application de Vélectricité, est souvent utile.
Il faut s'abstenir dans tous les cas des agents qui agissent sur le système nerveux en le déprimant ; repousser l'emploi
da chloroforme, de Topium, de la morphine, qui, à notre avis, présentent dans ces cas de très grands dangers.
Dans l*algidité traumatique, l'intervention chirurgicale doit être retardée dans tous les cas ou un motif impérieux n'oblige pas à faction immédiate,
S*appuyant sur les expériences de Gschleiden qui a montré que Textraît de la f&ve de Galabar est un excitant puissant poor le nerf splanchnique, certains auteurs ont proposé des injections sous-cutanées d'extrait de fève de Calibar, dans les cas graves d'algidité traumatique, dans le but de prévenir la paralysie réflexe du côté de Tabdomen.
Bn raison de la puissance toxique de cet agent, les tentatives dans ce sens doivent être, faites avec beaucoup de circonspection.
Lts injections som-€titaniesd*éther à la dose de 4,8, 10 gouttes que nous avons vu souvent employer dans le service de M. Vemeuil, sont indiquées dans les cas d*algidité, de prostration, de coma profond, dans l'inanition.
 closes modérées, Téther agit comme excitant, élève la température, excite le système nerveux déprimé.
Dans plusieurs observations de hernie étranglée (Bennett etCroIy), d*algidité traumatique (Verneuil), d'ovariotomie Terrillon), de pelvi-pôritonite avec collapsus (Schmetz de Schelestadt), de collapsus des fièvres, de variole^ etc. (Peter, Brouardel, du Caste], Barth, Burdell), remploi de ce moyen encore peu connu et qui commence à se vulgariser, a produit des résultats inespérés.
Dans une de nos observations de blessure par ai'mes à feu, le malade est refroidi, sur le point de succomber, on pratique une injection sous cutanée d*éther, la température remonte et le malade rentre dans les conditions ordinaires des opérés.
Dans plusieurs cas, contrairement aux conclusions d'Hayem * , nous avons vu d*une façon très nette que les injections souscutanées d^éther élèvent la température rectale des malades en état d*algiditd.
1. Hatem. De la valeur des injections sous-cutanées d'élher en cas de ^Tt imminente par hémorrhagie. Académie des sciences. iS82.
282 TRAITBHBIIT DB L'ALOIDiri
Les thèses doM'^^Z. OoounkoffS OUiyidr ' font bien ressortir rimportanoe de remploi de réfher sulftirique en injection soufr*Otttanée dans les hémorrbagies, l'algidite, le coma^etc.
Notre interyention sera surtout efficace lorsque Talgidité est survenue lentement et graduellement ; chez les enrants, dans les intoxications^ le réchauffement s'emploie concuremment ayeo les autres moyens indiqués, il ramène la tem> pérature à son niveau normal et ce résultat une fois acquis devient définitif, la guérison peut être espérée.
Lorsque au contraire rabaissement s*est ftiit brusquement, comme dans les formes graves de coUapsus, la température descendue a un niveau très bas» ne remonte plus soua Tin. fluence de notre médication, ou éi elle remonta, elle redescend bientôt.
1 é Z. OcouNioFF. Du ràk pkffiiologique de Véiher êuifurique cl de son emploi en ir\jection sous-euianées. Thèse de Paris, 1877.
2. Ollivier. Des injections sous-cutanêes â^éther dans les étais adynamiques. Thèse de Paris, 1883.
Voyez aussi : W. Zublzbr. Ueber subcutane Anwendung von exeiUrenden mitteln, Èerliner Klin. Wochensehrift. 1871.
Traill. De la médication éthérée opiacée dans la miiole. Thèse de médecine de Lille» 1882.
BncQUBT. De la médication éthéree opianée dans la x>ariole* Thèse de Paris. 1883.