INTRODUCTION. — HISTORIQUE
L*étQde des températures locales à Tôtat de santé et de maladie, a yiyement préoccupé dans ces derniers temps les médecins. Sous Timpulsion de MM. Broca, Peter, Colin, (d'Alfort), un grand nombre de travaux sur cette question ont successivement parus en France et à Tétranger.
Cette étude n'est cependant pas absolument neuve et dans les temps les plus éloignés, les observateurs ont signalé les modifications de la température locale. C*est ainsi qullippocrate disait ! « Dans le corps, là où est de la chaleur ou du froid, là est la maladie. » (Aph. 89, t. IV, p. B17 trad. Littré.)
Parlant de la possibilité de découvrir le lieu afTecté par le fait de sa plus grande chaleur, Hippocrate dit : « Quibus latus snblatum in tumorem, ac calidius est, et inclinatis in alterum, gravitas aliqua impendere videtur, his pus ex una parte est. » (Coac. prsenot., n"" 248.)
St il recommande ailleurs pour connaître le point où il faut inciser dans Tempyëme, de recouvrir la poitrine du malade d*un linge enduit de terre rouge bien passée imbibée d'eau tiède, disant que c'est là où la terre se de<)sèche d'a- ^wd qu'il faut inciser.
284 THBRMOMBTRIE LOCALE
Vers la fin da xvii* siëclet Borelli, Martine se servirent les premiers du thermomëtre pour rechercher la température locale de quelques organes.
Martine (17.^) compare la température de la peau à celle des viscères et du sang.
De Haen (1758), considéré à juste titre comme Tinventeur de la thermométrie médicale, signale dans plusieurs des observations la température locale d*organes malades.
11 étudie les modifications de la température locale des membres à la suite de lésions nerveuses et dans Thémiplégie. Il note Tôlévation de la température locale dans un cas de cancer de la mamelle.
J. Hunter (1766) observe le premier Taugmentation de la température dans les organes enflammés. € Une inflammation locale, dit ce célèbre chirurgien, ne peut élever la chaleur de ^a partie au-dessus de la température de ranimai, et lorsqu'elle a un siège dans des parties dont la température naturelle est inférieure à celle qui existe à la source de la circulation, elle ne s'élève même pas Jusqu'à cette dernière. »
Il fait un très grand nombre d'expériences sur la chaleur aux différents points du corps chez l'homme et les animaux.
J. Davy établit en 1814 la topographie de la chaleur animale et donne le résultat de ses recherches sur la température de la peau en diverses régions^ du sangetdes principaux viscères. Il se sert dans ses expériences d'une méthode d'exploration rigoureuse.
Quelques années plus tard (1815) Forster et Hodgson signalent les modiflcations de température des membres inférieurs après la ligature de l'artère fémorale.
Everard Home et Scarpa (1815) virent, qu'après la ligatur.3 de l'artère principale d'un membre, la température locale loin de s'abaisser s'élève au contraire dans les heures qui suivent l'opération.
Becquerel et Breschet (1835) étudient la température locale au moyen d'appareils thermo-électriques extrêmement ingénieux, ils examinent la température dans les différentes parties du corps et au niveau d'organes enflammés .
Bouillaud indique en 1847 la nécessité de rechercher les températures de surface, l'utilité d'un thermomètre qui per-
mettrait de prendre les températures des cavités et qui pourrait serrir en outre à obtenir les températures pôriphériqaes.
Piorrjr (1840) reconnaît l'utilité de la mensuration de la température cutanée dans les maladies.
« Il faudra, disait cet auteur, comparer la température des répons voisines des centres circulatoires à celle des extrémités, les degrés de chaleur du thorax avec ceux de l'abdomen ; rélévation du thermomètre dans la bouche ou d'autres cavités accessibles aux instruments avec celle qui a lieti sur Its téguments. S'il s'agit de maladies qui sont bornées, circonscrites, telles que les dermopalhies, il faudra comparer la chaleur qu'elles donnent avec celle des autres régions du corps. »
Gavarret (1855), résume dans son ouvrage les travaux de ses prédécesseurs sur la question.
Demarquay étudie en 1847 les modifications de là température au niveau des foyers inflammatoires.
En 1856 et les années suivantes, il signale l'élévation de la température locale dans Térysipèle, le phlegmon diabétique, les malformations des membres, etc., il note les modifications thermiques dans les anérysmes, dans les oblitérations vasculaires et dans l'embolie.
Broca indique les services précieux que prend la thermométrie locale en chirurgie et particulièrement dans les affections du système vasculaire, dans les anévrysmeSj dans l'embolie. Ces premières recherches conduisirent Broca à rétude des températures cérébrales.
Dès 1864, M. Peter, commençait ses études sur les températures morbides locales et publiait ses premières observations de thermométrie périphérique dans les maladies putloonaires.
Cest à partir de 1865, et après les travaux de Demarquay, Broca, Peter, que l'étude de la thermométrie locale prend un grand développement.
En 1867, E. Seguin propose un thermomètre construit spécialement pour la recherche des températures locales. Il publie ses résultats dans un important traité paru à New- York en 1876,