Rrdigr. Notice sur la météorologie de P(wi$f
THBEMOSCOPSS. THSBMOORAFB^ 311
cet appareil la température est donnée par les dilatations et les contractions d'un fll de cuivre de 16 mètres de longueur, tendu en se repliant sur lui-même, le long d'une poutre de sapin de 8 mètres dont la dilatation est négligeable.
Ep résumé, les thermomètres métalliques, actuellement connut, quoique extrêmement sensibles (Halle) et se mettant rapidement en équilibre de température, sont presque toujours volumineux, ils s'appliquent difficilement sur les régions à explorer et donnent des indications peu pré<;lse8.
Thermoscopes. — Les différents thermoscopes présentés par lesauteurs et principalement ceux de Marey *(1865), deSeguint' de Winternltz sont la reproduction exacte des tbermoinètres à air de Rumford,de Leslie'.Ces instruments (thermoscopes, alorimètre de Winternitz, radiomètre de Seguin) ne peuvent servir dans Tétude de la thermométrie locale, les Indications qu'ils donnent ne soht pas suffisamment exactes.
Nous devons cependant signaler ici, le thermographe très ingénieux proposé par le D' Witz^.
Cet instrument est une sorte de thermomètre à air de Leslie dont une des boules est maintenue à une température (^^nstante, de telle sorte que les indications de instrument ^ient dès lors absolus au lieu d'être différentielles. Ce thermomètre est indépendant des variations de la pression atmosphérique ; de plus, il peut être gradué et la température y ^tre lue directement, ce par quoi il diffère de tous les thermomètres à air précis que l'on a construits jusqu'ici. Toirfig. 38).
Dans le but d'obtenir un régulateur thermique capable de conserver facilement et à peu de frais, une température constante au dixième de degré près et sans pecourir à aueune lampe ni veillausê, M. Wits se sert d'un fll de platine enroul0 0n spirale et introduit dans l'eneelntê d*air ; le cipeuit est
i. Mahct. Journal de Vamtomie et ie lnphy$iqlogie, 1865* 1 Secitix. Médical tkermometry and humam température, 4876, p. t7«.^7».
3. LisuK (John). Expérimental in q}^iry on the mture (|nd propikr^ionofkeai, London, tB04, ip-8.
4. WiTz. Des thermomètres et des thermographes médicaux. Journal de$ 9eienee$ de lUlê, 1880.
312 TECHNIQUE DE LA THERUOMETEtm LOCALE
Appareil enregistreur
Cotipe AB
Fig. 38. — Thïrmogruphe de Witi.
fermé par une colonne mercurielle, qui se meut daii> h partie inférieure d'un thermomètre à alcool analogue à celui de Sin et Bellani, de telle sorte que sa position dépend de la dilatation de l'alcool du réservoir. Une des extrémités delà colonne de mercure est toujours en contact avec le circuit. I/autre au contraire ne ferme le courant qu'au moment précis où la température atteint une limite inférieure déterminée. A ce moment, le courant passe et échauffe le fll de platine; la température de l'enceinte s'élève aussitôt; l'alcool se dilate donc, le mercure recule et le courant est interrompu.
YHERMOGRAPHES 313
La température à laquelle fonctionne ce petit appareil étant V 'périeure de 10 à 12 degrés à celle de Tair ambiant, il y a antaîîonisme continuel entre Faction extérieure de l'air et Vaciion intérieure du courant, qui relève la température sans poiv'oir dépasser un maximum donné. Il en résulte une jnstance parfaite.
U pile proposée par M. Witz dans le but de maintenir la U'mpérature du régulateur constante est une pile analogue à celle de Bunsen, dans laquelle Tacide azotique est remplacé par une solution de 25 parties de bichromate dépotasse dans 1<K) d'eau et 12 d'acide sulfurique, suivant la formule de Poggendorff. Cette pile ne donne pas de vapeurs acides, et die est d'un entretien facile, il suffit de renouveler tous les jmrsun quart environ de l'eau acidulée et d'ajouter dans ie vase poreux qui entoure le charbon un petit cristal de bichromate.
L'bydrogëne qui se porte au pôle positif réduit ce sel il se forme du sulfate de chrome ; l'eau acidulée se colore en vert et il est très facile de juger de l'état de la pile par l'intensité 'ie cette coloration ; c'est un précieux indice.
Ceiie pile ne polarise pas et possède une force électro-motrice considérable.
Ce thermomètre, dit M. Witz, est d'une sensibilité extrême le degré est représenté par une variation de 30"/" dans la position du liquide manométrique ; on peut donc apprécier 1 '")0 de degré, et l'exactitude de ces indications est parfaite ^i Ton prend la peine de leur faire subir une légère correction due à la dilatation du liquide manométrique.
Le liquide auquel M. Witz donne la préférence est l'huile d'amandes colorée en rouge par de Torcanette.
< Mon instrument, dit cet auteur, se prête bien à l'inscription photographique des positions du liquide, car la couleur rouj?e orangée de l'orcanette arrête la radiation chimique et fait donc l'office d'un corps opaque.
« 11 me parait présenter un avantage considérable sur le thermomètre de M. Marey, en ce qu'il est indépendant de la pression barométrique et n'exige qu'une seule correction négligeable, tandis que les variations de la température extérieure influençaient sensiblement le premier de ces instru-
ments. Je propose son emploi pour la thermographie médicale parce que la boule thermoscopique peut être façonnée de toutes formes, en sphère, en olive, en disque, en cylindro. J'ai fait de nombreux essais avec un petit cylindre de laitou argenté de 25 millimètres de diamètre et de 30"" de long; la colonne d'huile prenait très rapidement sa position d'équilibre. La capsule métallique est reliée à Tinstrument par un fil capillaire d*argent recuit, lequel est d une souplesse remarquable : un malade auquel on aurait appliqué mon therjpomàtre jouirait donc d'une grande liberté de mouvements.
« L'inscription photographique est, par malheur, beaucoup moins pratique que le tracé au orayon ; mais il faut absolument s'y résigner, du moment que le thermomètre ne subit pas riniluence de la pression extérieure. Du reste, la difficulté est plus apparente que réelle, et je dirai avec le D' Dujardin, qu'on est surpris du peu de temps qu'il faut pour les opérations de la préparation du papier, du virage et de la fixation. Une petite lampe suffit pour produire une image si on emploie du papier iodo^bromuréi et de ce chef l'embarras n'est pas grand non plus.
<c Tel est le thermographe que je propose, C'est un instrument exact et précis; répondra- 1- il aux bespins de la clinique médicale et son maniement sera-t^il jugé asses simple et assez facile pour qu'on l'adopte dans les hôpitaux? Je ne le sais, mais le désire vivement; ce n'est certes point par amourpropre d'inventeur, mais parce que je crois aux immenses services que la thermographie peut rendre h la médecine, je serais fier d'y contribuer pour la moindra paï't. »
Thertnagraphes à liquide, — Les principauit thermographes à liquide sont ceux de Niaudet, de Marey, de Pictet et Cellerier pt celui plus récent do Marié».Davy\ construit par Salleron.
Le thermomètie enregistreur de M. Niaudet, construit par la rnaison Bréguet, a été mis en usage & Montaouris en 187G; mais Marié-Davy lui préfère le thermographe Salleron.
Voici en quoi il consiste : A Tintérieur d'un pavillon spécial et exposé à Tair libre, est le réservoir du thermomètre, consistant en un tube de cuivre recourbé en U, de 3 mètres de
1 . Cités par J. André. Coniribuiion à la Thermographie, Thèse de médecine ae Lyop, 1881.
THKBMOQRAPHBS 815
long sur 8 millimètres de diamètre inférieur. Ce réservoir est rempli d'alcool absolu, et, par un long tube capillaire, qoi (rayerse la clôture, communique avec la partie inférieure d'tiAd botte remplie d^alcool. Les parois de cette boite, toutes 'je maillechort mince, sont très flexibles et très élastiques; et. la paroi supérieure est reliée par une tige à double crochet, à un bras do levier monté sur un couteau de balance, ainsi qu*à une longue aiguille en aluminium. Le tout est ^'qoilibré par un contre-poids, et une vis de rappel, placée aa<dessu8 de celui-ci, permet d'allonger ou de raccourcir le bras du levier. Enfin, Taiguille se termine par une pointe qui appuie légèrement sur un cylindre tournant par un mou- Ti'msnt d'horlogerie. Lorsque, par suite des variations de température, le volume de l'aloool augmente ou diminue (laoi le tube, le couvercle de la boite se soulève ou s*abaisse en transmettant son mouvement au levier,
M. Marey ' dit avoir obtenu des résultats satisfaisants au moyen d'une disposition qui consiste h mettre le liquide d'up thermomètre en rapport avec un petit tube de Bourdon, qui change de courbure suivant le degré de dilatation du liquide tiu thermomètre. Le tberroomètre est formé d'un réservoir cylindrique en laiton de 6 mlUin^ètres de diamètre sur 3 cen^ timètres de longueur; il est prolongé par un tube capillaire de cuiyre rouge qui s'ouvre d'autre part dans le tube de Bour- <lon. Le tout est rempli d'huile et fermé. Sous l'influence des variations de )a température, l'huile se dilate ou se resserre fin modifiant la courb ure d u tube de Bourdon ; les changements de courbure de ce dernier actionnent un levier insciipteur.
MM. Pictet et Cellerier ^ se sepvent dans leurs recherches d un thermo-dyuamomètre très compliqué, donnant la teml'^rature au moyen de mesures kilogrammétriques, c'est-&dire au moyeu des tensions maxima des liquides volatils.
En 1878, U' Marié Pavy a publié à la Société française de physique la descriptiou d'un thermographe construit sur ces indications par M. Salleron.
}: Haeky. Comptes rendus des séances de TAcadémie des sciences,
2. PicTKT et Gexlgrier. Méthode générale d'intégration continue. Ge- ^^c, 1879.
litn, 1879.
Le principe de ce thermographe est le suivant : Un tube de Bourdon, de trente-cinq centimètres, en cuivre écroui, à section elliptique très allongée, et tordu sur lui-même en une sorte de spire, est exactement rempli de liquide et fermé à ses deux extrémités.
Ce tube torse est fixé par un de ses bouts, Tautre extrémité libre porte une aiguille mobile chargée des indications. En chauffant le liquide, la dilatation oblige le tube à se détordre et l'aiguille à se mouvoir.
Cet appareil, modifié par M. Lépine, peut servir aux expériences physiologiques. (Voir thèse de Lyon. J. André, 1881.)
Les thermographes à liquides exigent un apprentissage et une parfaite connaissance des lois physiques de la part de ceux qui veulent en tirer des indications précices. Leur graduation est difficile, ils sont volumineux, ne peuvent pas se transporter, les corrections aux courbes obtenues par leur emploi sont laborieuses et exposent à des erreurs, ils ne sont pas applicables à la physiologie et à la clinique.
Appréciation des thermomètres employés pour l'étude de h température locale. — Valeur des différents instruments proposés. — Des précautions à prendre dans leur application. — Le thermomètre médical ordinaire, qui sert à l'étude de la température générale, présente un certain nombre d'inconvénients lorsqu'il est appliqué à la recherche des températures de surface.
Le réservoir a un certain volume, il contient une masse de mercure qui absorbe une grande quantité de chaleur pour se mettre en équilibre de température avec les parties adjacentes ; si ces mêmes parties ne peuvent recouvrer immédiatement la chaleur perdue, il en résulte nécessairement un abaissement de température. (Voir Becquerel, Traité eipérimental de l'électricité^ page 9.)
Le thermomètre à réservoir volumineux ne peut non plus accuser des changements brusques, puisqu'il faut lui plusieurs minutes pour se mettre en équilibre avec les milieux ambiants.
Nous avons recherché avec soin le temps nécessaire pour l'équilibre de température des thermomètres à réservoir volumineux. Il faut au moins dix à douze minutes, il en est de
APPRÉCIATION DES THERMOMETRES 317
même pour les thermomètres en spirale, des thermomètres '•culaires, etc.
Le temps d'application nécessaire est donc très considérable, et c*est là un inconvénient sérieux.
Les thermomètres à réservoir volumineux ne s*appliquent, en outre, que par une partie de leur surface sur la région à explorer et c'est là une circonstance qui nuit considérablement à la précision. Il nous paraît bien démontré que les therraom'ètres, même lorsque le réservoir est petit, ne peuvent rappliquer facilement.
Si le thermomètre est appliqué à l'air libre, le réservoir étant volumineux, il y a une perte do chaleur par rayonnement, la partie est refroidie par le contact du thermomètre ; :«i le réservoir est recouvert par de la ouate, il résulte des inconvénients (voir plus loin) de sorte que dans les deux cas il existe des causes d'erreur.
Les thermomètres à petits réservoirs, ceux de Walferlin, de Dumontpallier, de Voisin, etc. sont meilleurs que io thermomètre médical ordinaire, la sensibilité dépendant du volume relatif du réservoir et d'une division : le déplawment du liquide dans sa tige étant d'autant plus considérable pour une variation de 1 degré que le réservoir est plus volumineux et la tige d'un diamètre plus fin .
En raison du petit volume du réservoir, ces instruments p<*uvent, en outre, être facilement mis en contact avec des •surfaces peu étendues, sans que l'on ait à craindre que la t^^mpérature de ces parties soit altérée par la quantité de chaleur cédée ou absorbée par l'instrument.
Ces thermomètres se mettent rapidement en équilibre de température.
Les thermomètres dits de contact présentent de très sérieux inconvénients.
L'appareil de Haubold ne peut donner d'indications précises, Teau contenue dans la caisse en métal et dans laquelle plonge le thermomètre est un liquide très mal choisi dans l<^ cas particulier, et qui cède ou emprunte de la chaleur aux parties voisines avec une extrême facilité.
Le thermomètre de contact de Lépine a comme principal iQConvénient d'offrir une masse de mercure très considérable
318 TECHNIQUE DB LA THBHMOMJBTItlB LOCALB
et qui met un temps très long à s'échauffer (une demi-heurei une heure).
M. Lépine a abandonné depuis longtemps œt instrument.
Le thermomètre de Voisin^ qui a un très petit réseryoir, se met rapidement en équilibre de température, et maigre quelques inconvénients que nous avons signalés cet instrument a une réelle valeuri
Le thermomètre de Seguin^ dont la forme est destinée à faciliter l'application d*une grande partie du réservoir* ne remplit pas le but recherché, car on remarquera qu'une des faces du réservoir de rinstrilment est à l'air libre et exposée à réchauffement ou au refroidissement* La masse de mer* cure contenue dans cet instrument est assez grande et il faut au moins* d'après nos recherches, 8 à 10 minutes pour obtenir un équilibre de température* Si Tinstrument est seulement laissé en place 3 à 5 minutes, ainsi que le recommande M. Béguin, on s'expose à des erreursi
Les thermomètres discoïdes présentent, en outre, Vinconvénient d'avoir un réservoir à parois minces et élastiques qui cèdent à la pression et et donnent ainsi de fausses indications^
Les thermomètres à réservoir en spirale^ surtout employés par les Américains, et par Dupré,Mortimer-Granville, Lépine, Burq, Peter^ ont comme principal inconvénient de présenter une grande masse de mercure qui se met par conséquent très lentement en équilibre de température. Il est à remarquer aussi qu'une des faces de la spirale est en contact, dans plusieurs de ces instruments, avec l'air ambiant^ cause d'erreur déjà signalée pour le thermomètre médical ordinaire.
La construction de ces thermomètres est en outre assez difficile, ils sont difficilement comparables entre eux, et les constructeurs éprouvent une réelle difficulté à calibrer le tube du thermomètre contourné en spirale et coudé dans certaines formes de ces instruments.
Le thermomètre de Mortimer-Granviile présente tous les inconvénients des thermomètres àréservoir spirale. La coupe de maillechort de cet instrument, destinée à faire Toffica d'un réservoir de chaleur^ met un certain temps à s'échauffeTi augmente la durée de l'application de l'instru-
APt'RéciATION DES THfîRMOMfeTkfiS 319
nient; elle se Itiet en contftcit par utie grande sufface arec l'air ambiatit et peut agti* ainsi sur le mercure dontenù dans le réservoir en spirale.
Que de causes d'erreur, dit M. Colin, sont ajoutées par les boîtes, les tarnboufs de Corne, d*osl ou d'Ivoire, datts lesqueH on propose d'enfermer le réservoir thermométrique. Ces corps, assez bons conducteurs du calorique, font à la peau des emprunts nuisibles et des échanges avec lé ré^efvoii* auquel Ils donnent ou sotitireUt de la chaleur* suivant qu'ils ont une température supérieure ou inférieure à la sienne. C-?-? accessoires doivent être proscrits au nom des pfinciped >s plus élémentaires de la physique et de la physiologie.
Le thermomètre de M. Laborde est etcellent, mais il ne î'-nne pas, à proprement parler, des températures de surface, il renseigne Sur la température des couches supefflcielles et a rinconvénient d'exiger une piqûre et de produire ainsi une petite plaie : un grand nombf e de malades se refuseraient à son application.
Les theftnomëtres utérins, qui sont des thermomètres des^ tinés à renseigner sur la température de la cavité utérine, v>nt excellents.
Les thermomètres oculaires s'appliquent difficilement sur rceii, ils offrent une grande quantité de mercure da ns leur réservoir.
En résumé, âuôun des thermomètres proposés jusqu'à ce jour p^ur la recherche de la température superficielle ne remplit les ^'>ndition$ <f un instrument précis. L'étude de la température locale avec des thermomètres est hérissée de difficultés, (Monneret.)
Le meilleur des thermomètre à température locale est celui à réservoir très petit, dit de Voisin, que nous avons souvent eroplojé et qui nous a rendu de réels services. Il donne une précision suffisante pour certaines recherches, particulièrement pour la thermométrie locale en chirurgie, qui n'exige pas une précision absolue, les différences de température entre la région malade et la région similaire étant «ouvent de !•, 2«, »•.
Les thermomètres en spirale de forme plus ou moins va^
fiées nous paraissdut devoir être rejetés, comme exposant k
des erreurs, et nous préférons les thermomètres à petits réservoirs de Walferlin, de Colin, de Cl. Bernard, de Dumontpailler, de Broca, de Biaise. Ces petits thermomètres, employés par Broca, Biaise, Maragliano, ,dan? l'étude de la thermométrie cérébrale sont à recommander. Nous nous sommes très souvent servi de ces instruments et nous pensons qu'à Taide de quelques précautions, on peut se mettre à l'abri de grosses erreurs.
Précautions à prendre dans Capplication des thermomètres. — îiO réservoir du thermomètre doit être appliqué sur la région, en exerçant une pression modérée.
Nous avons pu très nettement constater que la pression plus ou moins forte sur le réservoir du thermomètre, surtout si le réservoir est petit, faisait monter la colonne mercurielle de 3, 4 et 5 dixièmes de degré. Les petits réservoirs avec paroi mince et élastique présentent le grand inconvénient d'être influencés par la pression.
Maragliano et Seppili repoussent l'objection que le D' Shaw faisait à C. Gray devant la Société neurologique de New York, à savoir : que la pression exercée sur la cuvette du thermomètre produisait une notable élévation de la température locale, A l'appui de leur manière de voir, ils instituent deux séries d'expériences qu'ils considèrent comme absolument démonstratives. Dans le premier cas, ils placent un thermomètre entre le pouce et l'index, et attendent que la colonne mercurielle se tro.uve en équilibre pour faire la lecture ; ils serrent alors fortement la cuvette du thermomètre entre leurs deux doigts, et tout ce qu'ils peuvent observer, c'est une élévation de trois dixièmes de degré. Dans ce second cas. ils placent autour d^une forme de «chapelier et sur les lieux d'élection une série de thermomètres ; ils procèdent comme précédemment, et n'arrivent, par une pression énergique, qu'à une élévation de un à deux dixièmes.
Ces expériences ne nous paraissent pas démontrer que la pression exercée sur la cuvette du thermomètre ne fait pas monter la colonne mercurielle ; l'élévation de 3 dixièmes 2 dixième observée par Maragliano et Seppili, est à remar. quer surtout si l'on considère que les auteurs se sont servis d'un thermomètre à réservoir assez épais. Dans nos expé-
PRÉCAUTIONS A PRENDRE DANS L*APPliICATION DES TH. 321
riences avec différents thermomètres à parois plus ou ^oins épaisses, la pression exercée sur là cuvette du thermomètre a topjonrs fait monter la colonne mercurielle de 4, 5, 6 dixièmes au moins.
La pression plus ou moins forte exercée sur une région suffit en outre pour modifier la température de la partie explorée et si, à Texemple de Schiff et de Lombard, on applique le thermomètre avec force de façon à causer une anémie locale, on est exposé à des causes d^ erreurs multiples; on n'a pas U température exacte de la région observée, surtout si celleci est riche en vaisseaux.
Le thermomètre, surtout s'il est à petit réservoir, produit tine action irritante sur la peau ; dans les cas oh il est appliqué avec force et longtemps, la peau rougit, ce que nous avons constaté maintes fois, et la température de la région se trouve ainsi modifiée.
Ayec Davy, Colin, nous recommandons de laisser le réservoir da thermomètre à Tair libre et de ne pas le recouvrir aiec du coton, du taffetas, des bandes ainsi qu'on Ta recommaDdé.
Gubler', dans ses recherches de therinométrie locale comparée de la joue et des aisselles dans la pneumonie, indique les erreurs auxquelles expose la méthode qui consiste à recouvrir le réservoir du thermomètre avec de la ouate.
Le coton, le taffetas ont le grand inconvénient de créer autour de la partie à explorer, une masse d*air confiné qui en réchauffant, élève la température de la peau et fait monter le thermomètre.
Repoussant la pratique qui consiste à recouvrir le thermo- R^ètre appliqué sur une surface d'une couche de ouate, M. Ler^bouUet « dit :
* Nous pouvons citer des chiffres qui montrent que le vo- •orne de la masse d'ouate appliquée sur le réservoir du ther- Diometre, et peut-être aussi l'attention apportée à bien maintenir ce réservoir en contact avec la paroi, peuvent singuliè-
^'(^^hiE%. Société médicale des hôpitauXt 18o7, et Union médicale, '^57, !!•• 23 et 25.
^ loiRBouLLET. Qateitc hebdomadaire de médecine et de chirurgie, *'*î,i878, p. 763.
RiDABO. 21
822 TECHNIQUS DB LA THERMOMÂTRIB LOCALE
rement modifier les résultats obtenus. Alors, en efléty que tous les observateurs constatent toujours, dans Vaisselle, nue température constante et sensiblement égale, au niveau du deuxième espace intercostal, au contraire, les chiffres varient singulièrement. Che2 un individu atteint de fièvre typhoïde on trouve à une demi-heure d*intervalle : 1* dans Taisselle, 39^4, et cette température ne varie point; 2* au niveau da deuxième espace intercostal, à gauche, 9r*fi quand le réser^ voir du thermomètre est recouvert d^une couche d'ouate un peu épaisse, et à droite, Sï'^fi dans les mêmes conditions ; à gauche 36 degrés et à droite, 36°,4, lorsque le réservoir dn thermomètre est appliqué directement sur Tespace intercostal et recouvert seulement d'une très légère couche d*ouate.
Ces causes d'erreurs sont très graves au point de vue de rimportance que Ton peut attacher aux résultats obtenus dans la mensuration des températures locales. Il importait de les signaler avant de résumer les observations qui ont été faites dans des conditions absolument identiques sur plusieurs malades placés dans notre service. »
Il est bien certain qu'une cause d*erreur vicie les résultats obtenus lorsque Ton recherche la température des surfaces, le réservoir du thermomètre étant laissé à Tair libre, Pair agissant sur le mercure de la boule suivant que la température de l'atmosphère est supérieure ou inférieure à celle da tégument. Mieux vaut, à notre avis, s'exposer à eette cause d'erreur qu*à celle beaucoup plus sérieuse qui résulte dej l'application d'ouate, de taffetas qui échauffé les parties explorées.
L'expérience démontre qu*ii existe des écarts assez nota*, blés de température suivant que l'exploration se fait la bouM du thermomètre étant à Talr libre ou recouverte. L'applica- X ion de la ouate, de la flanelle fkit monter la colonne merci» riellede5dixièmesàl*.
Remarquons que lorsqu'on applique le réservoir d*un ther* momètre sur une surface et qu'on le recouvre de ouate, d«| ftanelle, d'un corps isolant, etc., la température accusée se rapi proche de celle des parties profondes. Il ne s*agit plas dans G3s cas, malgré les apparences^ de la détermination d^une