‹ Traité de thermométrie médicale, comprenant les abaissements de température, algidité centrale et la thermométrie localeChapitre 203 sur 337 · moÎB Atrophie Abaissement de · texte numérisé non relu

moÎB Atrophie Abaissement de

10. 7 ans Atrophie Abaissement de 0 8. 8. 7 mois Peu d'atrophie Abaissement de 0<^.

Dans ces dix obserrations, dit Folet, nous constatons deux fois l'élévation thermométriqne bien accusée des parties paralysées (0*6 et 0*8). Chez le premier malade rhémiplégie De date que d*un an ; chez le second elle est plus ancienne, mais elle est incomplète, il y a quelques mouvements ; enfin, ni chez l'un ni chez l'autre il n'y a d'atrophie.

Dans trois cas» il y a équilibre thermométrique. Ces trois hémiplégies sont anciennes, la plus récente a vingt mois. Chez ces trois malades, l'atrophie est peu marquée.

Nous ayons trouvé cinq fois rabaissement de température (lu côté paralysé, abaissement qui a varié de 0^ à 0*8. Dans ces cinq cas, l'atrophie est bien marquée et la paralysie est ancienne (dix-huit mois et plus), sauf chez un plombique, qui avec une paralysie ne datant que de sept mois et une itrophie légère donne au thermomètre un abaissement de 0^6.

Voici les eonclitiions de cet auteur :

1* Dans l'immense majorité des cas, la production d^une hémiplégie s'accompagne, dès le début, d'une élévation de température du côté paralysé : très rarement l'équilibre persiste, presque Jamais on ne rencontre d'abaissement.

2* L'élévation habituelle varie entre 0^3 et 0^, ne dépasse )as ordinairement 1 degré, à moins que l'exploration ne se 'a<se aux mains. Dans ces cas, en raison du refroidissement '^' lie, on rencontre des différences de température de 3, 4, I degrés (Charcot). L'élévation de température s'accompa- ^ant de turgescence des veines peut être appréciable au impie toucher; le thermomètre révèle souvent alors une diférence moins considérable que ne l'aurait fait supposer le oucher.

S"" Les contractures ne paraissent pas avoir d'influence sur e résultat thermométrique.

4' La différence de température peut s^accuser pour toute S^èco de lésion cérébrale, apoplexie, ramollissement, sclé- >^e, — Nous ne savons si le siège de la lésion a une influence sur exagération de la calorieiti.

460 TEMPBRATURB DÉS MEMBRES

6^ La guérison de la paralysie ramène Téquilibre thermométrique. Quand la paralysie persiste, la durée derélévatioa de température est extrêmement variable. Tandis que chez | certains sujets, surtout chez ceux où l'hémiplégie ne s'est pas | produite brusquement, elle peut n'être plus constatable aa | bout de deux mois, chez d^autres, au contraire, elle peut per- 1 sister plusieurs années. Au bout d'un certain temps» généra- 1 lement au début de Tatrophie, Tôquilibre se rétablit. ,

Ô** L'atrophie paralytique bien marquée s'accompagne dun abaissement de température.

7^ Lorsqu'à la suite d'une hémiplégie de longue durée entretenant un excès persistant de température, l'autre côté se paralyse à son tour, l'équilibre thermométrique se rétablit ou même l'augmentation de chaleur se manifeste du côté de la paralysie récente.

En 18Ô8, R. Lépine ^ institue à la Salpétrière, dans le service de Charcot, un grand nombre d'expériences dans le but de rechercher comment se comportent les parties paralysées par rapport aux parties saines, symétriques, quand on les place, pendant un temps égal, dans un mêmemilieaà température tantôt basse, tantôt élevée. Voici ses conclusions :

1® En plaçant les deux membres sains et paralysés d un hémiplégique dans certaines conditions déterminées et identiquement les mêmes pour les deux membres, on peut observer des variations très notables de leur température relative. Ainsi Tun des membres peut devenir alternativement plus ou moins chaud que celui du côté opposé.

2® Dans l'hémiplégie récente, le membre paralysé, qui e>i normalement plus chaud que le sain, peut devenir le plus froid si les deux membres sont soumis à un certain degré de refroidissement ; si ce degré, qui paraît en rapport avec le degré de la paralysie vaso-motrice, est dépassé, le membre paralysé se refroidit moins que le membre sain.

3* Dans l'hémiplégie très ancienne avec refroidissement dï membre paralysé, ce dernier revient relativement plus chaui

1. Lépi.ne. Notes sur les variations de température des membres y> ralysés relativement aux membres sains. Gaz, méd. p. 501, 186S.

DANS L*H£MIPLÉGIE 461

que le membre sain, lorsqu'on les soumet tous deux à un certain degré de refroidissement.

Il reste en général moins chaud que le sain, si tous deux sont alors réchauffés .

La température d^un membre dont les vaso-moteurs ne fonctionnent pas d*une manière normale, ne semble donc pas susceptible de présenter des écarts soit en haut, soit en bas, aussi considérables qu'un membre sain.

4' D*une manière générale, il semble possible de se rendre compte des variations thermiques relatives des deux membres, en admettant que les actions vaso-motrices nécessaires pour l'adaptation au milieu ambiant se produisent plus lentement et moins complètement.

Dans une observation de Bevan Lewis ', à la suite d'une hémorrhagie récente dans le corps strié, chez un aliéné, on note:

Le quatrième jour après Tattaque d'apoplexie un abaissement tre»; considérable de la température du côté hémiplégique :

Aixseilc gauche 38<»6

Ai<selle droite du côté paralysé 33*»5

Au sixième jour, aisselle droite 35*8

Au septième jour, dans les deux aisselles 40<^

Au huitième jour, aisselle droite. (Au moment de la mort). 36<*1

S'appuyant sur de nombreuses recherches expérimentales Bufalini ', donne les conclusions suivantes :

l"" La température locale, prise pendant un certain nombre de jours dans les extrémités, présente des oscillations, que ces extrémités soient paralysées ou saines, tandis que. la température générale ne varie pas;

2*" La température locale des extrémités paralysées ou saines, prise plusieurs fois dans la journée, présente des variations; la température générale demeurant presque constante;

^ Dans 213 cas, la patte paralysée a été trouvée 148 fois

i. Bevan Lewis. Case of hemipkgia with great dépression of iemï^rature The Lancei, p. 502, 7 octobre 1876.

2. BuFAUNi. Compte rendu des Recherches expérimentales fqites 'kus le laboratoire de Physiologie de l'Université de Sienne. Archives de i'husiologie normale et pathologique, t. III, p. 830, 1876.

402 TEMPÉRATUai DBS MEMBRES

plus chaude que Tautre ; 51 fois la température était a peu près égale des deux côtés; 14 fois la température de Teitrémité paralysée a été trouvée de 2 à d degrés centigrades inférieure à celle de la patte saine ;

4"^ Dans la même journée, Textrémité paralysée a été trouvée à un certain moment plus froide que la saine, à un autre moment on Ta trouvée plus chaude;

5® La température de la patte paralysée est plus élevée le soir que le matin; mais les variations de la température da soir, dans les deux extrémités postérieures, concordent entre elles et ont lieu parallèlement à celles de la températare générale.

Notbnagel * a cité plusieurs cas d*héraorrbagle cérébrale avec troubles vaso-moteurs et thermiques du côté paralysé. Dans un cas il trouve, dans la paume de la main, sur un membre parôsiô une température de 0°2 moindre que celle du côté sain.

Seeligmûller ' a donné dans son étude < Pathologie da sympathique > une observation d'hémorrhagiecérébraleavec troubles vaso-moteurs du côté non paralysé.

Il s'agissait dans ce cas d*une hémorrhagie cérébrale avec porésie passagère de la moitié droite du corps. Au dix-huitième jour, la pupille gauche était considérablement rétréci. Le côté gauche de la face était rouge, congestionné, la temperature du côté gauche était 3G*'4, du côté droit (paralysé), 1^'^'. Ces troubles vaso-moteurs et thermiques ne durèrent que quelques jours.

Dans une de ses observations, SchifiT' a constaté chez ofl homme atteint d*une lésion traumatique de la moelle arer paralysie d'un des membres inférieurs, un refroidissement très marqué du côté paralysé, avec sécrétion sudoraletrèâ faible.

A rétat de repos absolu, la température prise entre le gros et le deuxième orteil était de 29*3 à droite (côté paralysé), de

I.NoTHNAOKL. Vivchow's Ârchiv, Bà,, LXVllI. et Berl, Klin. VtV chenschr. 1867. p. 337.

2. Sreligmullcr. Zur Pathologie des SympatMeus, Deutckes Archn fur Klinische Medicin. 20. 1877.

3. ScHiFF. Sulla temperatura locale délie parte paralitiche.{io Sptrtmentale* Mars 1875.)

DANS VniuiPJÀQiz 463

31' à gauche. Au moment de la sueur : pied droit, 83% pied gauche, 36o; creux poplit'é droit, 35^8, creux poplitô gaoche, 30^2.

Eo hiver, le malade s'étant promené pieds nus dans sa chambre pendant une heure, Schiff obtint 2&* pour le côtô droit, Sb'^ô pour le côté gauche.

Dans ses expériences sur les animaux, Schiff note que Thémisection de la moelle, s*accompagne d'élévation de températare dans le membre correspondant, mais que de même que chez le malade précédent, le creux poplité ne présente qu'une &ible différence de température.

La dilatation yasculaire et l'élévation de température très marquée après la section, va en diminuant progressivement pour disparaître même, sans que le nerf se soit régénéré.

Les recherches de Schiff démontrent en outre qu'il se produit dans les extrémités paralysées et saines, des variations de température, d'un jour à l'autre et dans la même journée.

Ces oscillations, d'après Schiff, ne dépendent pas d'une condition générale et particulière de l'organisme, mais de condiUons spéciales à chaque extrémité. Ainsi, le matin, la température du membre sain était le plus souvent peu élevée; ^e^s 11 heures, quelquefois plus tard, vers 3 ou 4 heures du ^')ir, survenait une augmentation qui se maintenait pendant deux à cinq heures, suivie d'une diminution. Entre 7 et 0 heures du soir, on observait une nouvelle élévation plus notable que la première, qui s'accentuait pendant le sommeil du chien ; puis, entre 6 et 7 heures du matin, la température s'abaissait de nouveau. Or, le matin, pendant que l'extrémité saine présentait une température peu élevée, on trouvait une différence de 2« à &* en faveur du côté opéré; quand le membre sain s'échauffait, la température du côté opéré restait stationnaire ou variait très peu, cependant les deux membres n'arrivaient pas à une température égale, car, avant que le fait pût se réaliser, le côté opéré présentait une augmentation de température qui d^abord avait une marche plus rapide que celle du côté sain, mais qui bientôt se ralentissait et finalement s'arrêtait. En somme, le côté opéré demeurait légèrement plus chaud que l'autre. Il ressort nettement de

464 TEMPERATURE DBS ^MEMBRES

ces expériences que le côté paralysé subissait des osdUations thermiques moins amples que le côté sain.

Dans la majorité dos cas, Tôlévation de la température des membres paralysés se produisait immédiatement après la section de la moelle. Dans d'autres cas plus rares on observait après l'opération une diminution subite de la chaleur durant une demi'heure^ une heure et davantage, suivie d'*éUvcUion thermiquey et d^ affaiblissements des pulsations artérielles.

Les oscillations de la température ne présentaient aucune régularité et aucun parallélisme avec les variations delà température rectale.

L'observation suivante, de Robert W. Porrest S est un exemple des modifications très considérables de la température locale qui surviennent dans l'hémiplégie d'origine médullaire :

Chez un homme atteint à la suite d'un accident de chemin de fer d'une fracture de la colonne vertébrale, avec raideur et foarmillement du membre inférieur droit, Robert Forrest nota les températures suivantes avec le thermomètre de MorUmer Granville :

A un pouce et demi au dessus du coudyk du fémur, le ihermoméUt

est appliqué d 11 A. 30 du malin.

Jambe droite Jmmbe puich»

c6%é malade. Mia.

A 6 heures du soir, 6 h. 1/2 après rapplication 91«»8F.

A 6 heures 10 91<« F.

A 6 heures 15, après 5 minutes d^application sur la jambe gauche . 93e2 F.

A 6 heures 20, après 5 minutes d'application sur la Jambe droite. . 91<^ F.

Au niveau de la rotule, à 12 ft. 30 du maUn.

Jambe droite Jambe p^^eiie

côté malade. nia.

A 2 heures 50, 2 heures après . . 87^ F.

A 3 heures, après 10 minutes d'application sur la jambe gauche. . . 88*8 F.

A 3 heures 10, après 10 minutes d'application sur la jambe droite . . 86o2 F.

La température de Tair est 78® ; de l'aisselle, 98^. F.

f . Robert W. Forrest. Abstract of Noies of a case of railway tit/vryi with observations of surface température. The Lancet, 1878, tomeHi page 509.

DANS L'HBMIPLéoiE 465

Au niveau de la rotule, le tkermomélre est appliqué à 4 A. iO du matin.

Jamb« droite, Jambe çaucbe,

côtù malade. c6lé sain.

A 7 heures 45, après 3 heures 35

d'application 89*8 F.(32«c)

A 7 heures 55 QO* F. (32*1^)

A 8 heures 17, sur la jambe droite 86«6 F. (30»4c)

A 8 heures 27 86<>8 F. (30°6c)

A 8 heures 37 86°6 F. (3a>5c)

8 heures 49, après 12 minutes

I application sur la jambe gauclie . 90<>6F. (32°6c)

A 9 heures, après 1 1 minutes d'ap-

pîieution sur la jambe droite . . . 86MF.(30o2c) La température do la chambre, 64"F. (18<>c); sous les draps,

>> F. (28<»c); sous l'aisselle, 98oF. (36°7«); de la bouche, 98°4 F.(36°9c)

Au nacau de la rotule^ le thermomètre est appliqué à (y h, 30 du matin.

Jambe droite Jambo gancho

c6tè malade. sain.

A 0 heures 20, après 2 heures 50,

^application 88«F. (aiMc)

A 9 heures 30, après 12 min. . . 90o2F.(32^2c)

A 0 heures 52 90«4"F. (32°3c)

A !0 heures 90"6 F. (32«6c)

A 10 heures 22 90°6 F. 32%^)

La température de l'air sous les draps, 75<*F. (24*^); do la ehamtre, 61«F.(16'»c); de l'aisselle, 99«> F. (37«>24c).

Parmi les dernières recherches sur la température locale ^t^^ parties paralysées, nous devons citer le travail de L*^quôux', et tout particulièrement les intéressantes conclu - ^if»n3 de Biaise.

Lequeux n'étudie la température des hémiplégiques que iur un petit nombre de sujets et ses conclusions sont basées ^ur une seule observation thermométrique pour chaque malade.

« En général, dit-il (13 fois sur 15), au delà de deux ans de )aralysie, la température du côté paralysé est inférieure à la empérature du côtô sain, au moins de quelques dixièmes de ferrré.

Avant deux ans, la température est plus élevée du côté aralysé (3 fois sur 4).

/. Lkocecx. Contribution à l'étude de V hémiplégie. Thèse de Paris, • 91,1879.

RSDARD. 30

466 TEMPÉRATURE DBS MEMBRES

L'atrophie n*6st pas un phénomène constamment en rapport avec rabaissement de la température et la diminution du nombre et de la force des pulsations artérielles, mais accompagne souvent ces troubles de calorification et de circulation. »

De Texamen d*un grand nombre d'observations, M. Biaise déduit les propositions suivantes :

D*aprës Biaise, voici les modifications thermiques que l'on observe dans Thémorrhagie et le ramollissement cérébraux récents :

l'' Lorsque Fhémorrhagie cérébrale se fait en une seule fois, on observe sur les courbes de la tête, de Faisselle et des membres : V Un stade (rabaissement initial ; 2^ Un stade slaimnaire, qui est suivie par ; 3* Un stade ascensionnel^ lorsque le cas devient fatal. Ces trois stades correspondent aux trob périodes établies par Charcot pour la marche de la température centrale.

I*^ Le premier stade^ qui abaisse au-dessous de la normale, et souvent d'une façon très notable, les températures périphériques, a une durée très courte qui dépasse rarement trois heures.

La durée de ce stade est ordinairement un peu plus restreinte au rectum qu*à l'aisselle.

La chute thermique est beaucoup moins prononcée à h tête qu'aux membres.

Les membres paralysés se refroidissent plus que les membres sains. La différence est d'autant moindre qu'on se rapproche davantage de la racine de ces membres.

2^ Le deuxième stade, ou stade stationnaire, est caractérisé à Taisselle par des oscillations de quelques dixièmes autour de la normale et plutôt en dessus qu'en dessous de cette der- 1 nière. Il peut durer un temps variable, de quelques heureà quelques jours. Il manque, dans les cas d'apoplexie grave od l'abaissement initial est suivi immédiatement d'une ascension brusque et fatale.

Le stade stationnaire des membres est un peu différent d^ celui de l'aisselle. Il s'établit sur des chiffres supérieurs à la normale et paraît commencer plus tard que le stade station' naire de l'aisselle, celui des cuisses débutant encore pi^s tardivement que celui des avant-bras.

DAIiS L'flBMIPLÉOIE 467

Il en résulte qu'entre la période initiale et la période stationnaire, on peut observer pour les membres un stade intermédiaire ascensionnel moins important mais aussi accentué que la période ascensionnelle de la fin, quand elle existe.

3* Si le cas. est mortel, on voit survenir une troisième péuode^ dite ascensionnelle ^ ordinairement courte, dépassant rarement un jour, et pendant laquelle on voit la température aiiilaire arriver rapidement à des chiffres souvent très élevés. Cotte période ascensionnelle s'observe aussi aux membres, où elle paraît débuter plus tard qu'à l'aisselle.

Les membres peuvent alors acquérir une température très élevée, qui peut même devenir égale à celle de Taisselle*

4^ Si une nouvelle hémorrhagie se produit, on observe alors, à quelque période que soit la température, un abaissement immédiat plus ou moins marqué, les courbes périphé* hques pouvant subir d'ailleurs ultérieurement une marche peu différente.

Le même effet s'observe si le foyer gagne les méninges ou les ventricules, malgré les convulsions qui peuvent se produire. 5' Quand i'hémorrhagie se fait en plusieurs fois, par pous- M'es successives,, le tableau change : on n'observe plus la succession des trois périodes que nous venons de décrire, mais on constate une série de chutes et d'élévations successives de la température correspondant à une série d'hémorrhagies successives.

Après chaque chute thermique, on peut constater une élévation brusque de la température, qui peut atteindre un chiiTre très élevé, mais dont la signification pronostique ne pré::ente pas une gravité très immédiate, puisque la mort peut n arriver que plusieurs jours après, à la suite d'une série d'abaissements et d'élévations alternatifs.

Dans ce cas, la courbe des membres paraît ne plus présenter do parailéliâme continu avec la courbe axillaire. On peut même observer, à un moment donné, de grandes et très rapides oscillations, qui semblent moins accentuées pour les membres paralysés que pour les membres sains.

0' Que I'hémorrhagie cérébrale se fasse en une ou plusieurs fois, les membres paralysés paraissent plus froids que les âains pendant la première période. Mais à mesure que l'on se

rapproche de la période stationnaire, la différence diminue, au point que les membres paralysés deviennen t aussi chaude et même plus chauds que les membres sains. Pendant la période ascensionnelle, on constate une tendance manifeste à l'égalisation.

La différence entre les membres paralysés et les membres sains est d'autant moindre que Ton se rapproche dayantage de la racine du membre.

7® On observe également, dans tous les cas, immédiatement après rabaissement initial, une tendance à l'égalisation qui peut arriver jusqu'à Tégalisation elle-même des températures axillaires avec les autres températures périphériques.

Et plus loin :

1° Dans le ramollissement, rabaissement initial parait manquer. Au début, la température peut être normale. Souvent même elle reste normale pendant un temps assez considérable après le début.

2* La marche de la température est variable.

3° Tantôt la température s'accroît lentement, mais d'une façon continue, à peine arrêtée dans sa marche par quelques rémissions peu notables ; puis la mort survient au bout d^une longue période ascensionnelle qui n*atteint d'ailleurs qu'un chiffre peu élevé.

4** Tantôt la température monte en quelques heures à un chiffre peu élevé pour redescendre, au bout d'un temps presque aussi court, à la normale. Le malade guérit de son apoplexie.

5o Dans d'autres cas, on peut distinguer nettement dans la courbe axillaire trois périodes : une période d'ascension, une période stationnaire et une période de descente.

La température atteint rapidement son fastigium, qui peut être un chiffre élevé, même lorsque l'état apoplectique a déjà disparu. La période stationnaire dure un temps peu considérable; puis survient le troisième stade, qui ramène rapidement la température à la normale.

Ce type paraît comporter un pronostic favorable.

6o Dans les cas où l'apoplexie est grave, on peut n'observer qu'une ascension continue de la température, qui se termine par la mort.

DANS L^HEMIPLÉOIE 469

7o A part quelques cas graves où la température peut donner, comme Ta établi Charcot, une courbe parallèle à celle de rhémorrhagîe, on voit donc qu'il existe entre les types que nous venons d'exposer et ceux que nous avons établis pour Ihémorrhagie, des différences très marquées qui peuvent être d'un très grand secours pour le diagnostic différentiel.

80 Notons aussi l'action remarquable que nous avons obtenuesur la température en plaçant des sangsues aux malléoles, >«ms leur influence, la courbe axillaire s'est abaissée de 2oen huit heures, pour se maintenir ultérieurement à un chiffre bien inférieur au chiffre primitif.

1^^ La différence entre les deux aisselles a été en général peu marquée (oolà0o4) ou nulle. L'avantage a été tantôt en iaveurdu côté lésé, tantôt en faveur du côté sain.

10^ La courbe des avant-bras ne s'est pas montrée parallèle à celle des aisselles. Quand cette dernière s'élevait, on pouvait bien observer du côté de l'avant-bras une élévation ; mais la indancoà l'égalisation de la température des différentes parties périphériques avec les parties centrales a paru moins 3iarquée que dans l'hémorrhagie.

Nous devons encore citer les conclusions suivantes, du même auteur :

P Lorsqu'une paralysie d'origine cérébrale débute sans apoplexie, la température périphérique, notamment celle de l'aisselle, s'élève ordinairement peu ou même pas du tout au-.lessus de la normale. Dans ces conditions, on observe rarenipnt plus de 39^ à Taisselle.

-' Dans l'hémiplégie, nous avons le plus souvent observé une diminution de la température du côté paralysé par rap- >>î*t au côté sain. En général, plus la paralysie était comiète, plus récart paraissait considérable. Quelquefois cependant, nous avons constaté d'une façon )ermanente une augmentation en faveur du côté paralysé. A ci3t égard, nos observations ne nous permettent pas d'établir de distinction absolue entre les paralysies récentes et les 5araly«iies anciennes.

•^ Dans certains cas, la différence entre les deux côtés a iiininuée à mesure que la lésion devenait plus ancienne; 3ans d'autres cas, au contraire, elle s'est accentuée. Enfin i'»us avons pu voir le côté paralysé présenter successivement

470 TEMPERATURE DBS MEMBRES

une température moins élevée, sensiblement égale, puis supérieure à celle du côté sain, sans modification appréciable des parties paralysées ou des parties saines.

Il y a plus, le côté paralysé, qui d'habitude présentait une température moins élevée que le côté sain, a montré subitement, à plusieurs reprises et chez plusieurs malades, une température plus élevée, sans que Ton pût apprécier la cau^ de ce changement.

4® La différence était le plus souvent très peu considérable, quelquefois même nulle aux aisselles, où elle variait habituellement entre 0°1 et 0*^4 ; ce n'est qu'exceptionnellement qu'elle a pu atteindre P.

Aux membres, quand il y avait différence, elle était ionjours plus marquée qu'aux aisselles. L'écart, qui le plu? souvent n'a pas dépassé P, s'est élevé dans quelques cas à 2°3 et même 4^8.

Cette manière différente, dont se comportent les aisselles et les avant-bras, donne lieu à penser que si les membres paralysés présentent une température plus basse que les membres sains, cela tient beaucoup à ce que les premiers se trouvent dans une situation telle qu'ils maintiennent lenr température plus difficilement que les seconds.

La différence entre les aisselles a été de même sens que la différence entre les membres.

Le contraire n'a été observé que d'une façon tout à fait exceptionnelle et sans que nous puissions en expliquer h raison.

5^* Le mauvais état de la circulation en retour, qui s'accompagne souvent de coloration plus ou moins violacée de< extrémités paralysées et de tendance à Fœdème, nous a paru une condition favorable à l'abaissement de la température-

6* La présence ou l'absence de contractures ne nous a pa? pas paru exercer une influence appréciable sur les résultais thermométriques.

7o Dans Thémianesthésie, nous avons constamment trouT^ une diminution de la température du côté anesthésié, cetîdiminution ne se traduisait le plus souvent que par un écart de OM à 0o7, quelquefois cependant ce dernier s'est mêice montré plus faible, ou même plus fort sans dépasser l*.

DANS L'HÉMIPLéGIB 471

8* Cette dimination de température 8*est accompagnée, cbez nos hémianesthésiques» d'une diminution de la sécrétion suJorale et de la vascularlsation des parties paralysées (les piqûres restaient, pour ainsi dire, exsangues).

9" La température générale des malades atteints de paralysies sensitiyes ou motrices parait rester normale.

Cependant les parties paralysées se refroidissent plus facilement que les parties saines et peuvent présenter une température inférieure à la normale ; lorsqu'elles ont été placées pendant un certain temps dans un milieu chaud, elles peuvent mettre en outre un temps plus considérable que les parties saines pour se réchauffer.

10* Dans certaines conditions mal déterminées, on peut observer chez les hémiplégiques, d*un Jour à Tautre ou dans la Journée, de grandes oscillations thermiques des membres, contrairement à ce qui se passe dans l'apoplexie, ces oscillations paraissent plus marquées sur les parties paralysées que sur les parties saines.

l\^ La nature de la lésion (ramollissement, hémorrhagie, sclérose, etc.) n*a pas paru exercer une influence spéciale sur le quantum des différences observées. Cette réflexion ^*appIique aussi tout particulièrement au siëge de la lésion, et nous serions porté à penser, d*aprës nos observations, que les éléments vaso-moteurs du cerveau sont disséminés dans toute sa masse.

L — Température locale dans les anesthésies, — Hémianesthésie. II. — Influence des agents dits esthcsiogènes sur la température locale des membres anesthésies.

Influence de Vélectricité^ des courants, des aimants, des métaux.

Il n'existe dans la science qu'un très petit nombre d'observations de thermométrie locale dans les anesthésies et les h(''Q)ianesthésies.

Il est à remarquer que les conclusions des auteurs que nous allons citerne concordent pas entre elles. Ces conclusions ne s'appuient que sur un trop petit nombre de faits.

Michel Peter * a soutenu en 1865, devant la Société de mé-

Page 1