‹ Traité de thermométrie médicale, comprenant les abaissements de température, algidité centrale et la thermométrie localeChapitre 210 sur 337 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

DB LA THERMOMÉTRIB LOCALE DANS LES LESIONS DU STSTÊHE NERVEUX PERIPHERIQUE EN MEDECINE ET EN CHIRURGIE.

SECTION DBS NERFS MIXTES. — RECHERCHES EXP&RtMBirTALBS.

D'après Cl. Bernard* et Schiff, la section d'un gros neri s'accompagne dans les premiers jours qui suivent la blessure, d'une élévation de température,

Schiff sectionnant le nerf grand sciatique a constaté une augmentation de température et une dilatation vasculaii^ da côté paralysé. — La différence de température, d'après ce^ auteur, peut être de 2" à 5® et persister pendant plusieurs mois. Au bout d'un certain temps, la cuisse paralysée perd de 3/4 de degré à un degré.

D'après Cl. Bernard, les phénomènes de caloriflcation n'apparaissent que lorsqu'on coupe le nerf sciatique à h sortie du plexus; que si les plexus lombaires sont sectionné> à leur sortie de la moelle, il y a paralysie du mouvement »: de la sensibilité, mais il n'y a jamais vascularisation ni calo-

1. Cl. Bernard. Leçons sur la physiologie et la pathologie du systi m veux. Paris, iSîîS.

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rification, et parfois même, il y a abaissement de température ; qu'il faut en un mot, pour voir se produire la différence de température, ne léser le nerf qu'au delà du point où il a reçu les éléments vaso-moteurs « dont Torigine est topographiquement et physiologiquement distincte de celle des nerfs musculaires. »

Schiff pense qu'une partie des nerfs vaso-moteurs chemine avec les racines médullaires et que leur section élève quelque ;eu la température, tandis que la section du nerf principal i'èiëve infiniment plus.

A la suite d*une section du sciatique, Vulpian a observé une élévation de température pouvant atteindre chez le chien de 10" à 15% lorsque le membre est préalablement refroidi.

Peu de temps après Thyperthermie consécutive à la section da nerf, les expérimentateurs ont noté que la température redevient normale.

Rouget a étudié les effets consécutifs à la section du nerf sciatique d'un côté, sur les vaisseaux de la patte du côté opposé.

Dans cette expérience, Rouget a constaté du côté de la section, une élévation considérable de la température ; celle - X qui, avant la section (l'air ambiant étant à P15) montait à 26% s'éleva après la section jusqu'à 30° et même 32*; mais, si fou mesure la température de la patte du côté opposé, on fait cette singulière remarque, qu'il peut y avoir jusqu'à IV de différence entre la température des deux pattes, celle du ^(>té sain n'étant que de 15*.

Il y a, dit Rouget, un double effet de la section du nerf sciaiique. D'abord l'élévation de la température du côté de la section ; elle s'explique très simplement par la paralysie des tuniques vasculaires consécutive à la section des nerfs raso-moteurs qui s'y distribuent. Quant à l'autre effet, l'abais- S'ornent de la température du côté sain, il est le résultat de la contracture des vaisseaux, due elle-même à l'excitation l*^terminée par la section, et transmise à la moelle par les nbres centripites du nerf sciatique. Cette excitation a été réfléchie des centres sensitifs du sciatique sur les centres et les nerfs vaso-moteurs de la région.

494 LÉSIONS DU SYSTÈME NBRYfiUX PERIPHÉRIQUfi

Stricker * a notô.dans toutes ses expériences une élévation considérable de la température à la suite de la section du nerf sciatique.

Dans quelques expériences pratiquées au Laboratoire de physiologie générale du Muséum nous sommes arrivés aui conclusions suivantes : (Recherche avec les appareils thermoélectriques ^.)

1^ La section du nerf sciatique chez le chien à la partie sufirieure de la cuisse s^accompagne immédiatement après ^opération d'une élévation considérable de la température du membre dn côté paralysé (5 à 8 degrés) ; du côté sain, la température du membre s'abaisse de\ (i2 degrés.

2° L'élévation de la température du côté paralysé et rabaiisfment du côté sain persistent pendant une période variable [dt 1 à 2 mois).

S^ Au bout de l à 2 mois , la température locale des mcmbra est égale des deux côtés, mais elle ne tarde pas à s'abaisser IM notablement (del à 2 degrés) ; du côté paralysé. Cet abaisscmcnU': température nous parait en rapport avec l'atrophie du membre.

1. Stricker. Unlersuchungen ûber die Gefsessnerven. Wurzeln da Ischiadicus. Aus dcm LXXIV Bande der Sitzb. der k. Acad. der Wîssensch. llî Ablh. Juli-Heft, i876.

2. La méthode thermo-électriqae présente dans la recherche des températures des membres chez les animaux en expérience des avantages très marqués sur l'exploralion par le thermomètre.

Le thermomètre est difficilement nxé au niveau de la patte àf* animaux. Si à Tcxemple de Stricker, on le fixe au mojen d*un bandage peu serré, l'instrument est difficilement maintenu et risque de r^ déplacer.

Si le thermomètre est maintenu par la main de Tobsenrateur entre les orteils de l'animal, la main de Texpérimentatear peut échauffer ia patte et donner lieu À des erreurs.

11 est bon d'interposer dans ce cas un chiffon ou une comprc**^ entre la patte et la main.

Si Ton veut se servir du thermomètre, il faut que Tinstrument employé ait un petit réservoir allongé qui puisse s'introduire facilement par une petite incision pratiquée à la peau.

Dans les cas où nous avons pris la température des membres tLTec le thermomètre, nous avions soin de réchauffer le thermomètre avec la main jusqu'à un certain degré, au dessus de 30», puis nous le placions entre les orteils et nous attendions que le mercure eut cessé de descendre.

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