TEMPERATURE COMPAREE DES DEUX AISSELLES
entre les deux températures axillaires a été de 0''93 F. Dans les <ioux cas où les deux sommets étaient malades, le côté droit a été plus élevé que le gauche dans 26 observations, le gauche plus élevé dans 9 ; les deux côtés égaux dans deux cas. Dans Ie< cas où le stéthoscope révélait une lésion du sommet droit seul, la température a été plus élevée dans Taisselle droite que dans la gauche, 11 fois; plus élevée dans la gauche que lans la droite, 17 fois ; égale des deux côtés, 5 fois.
2. — Cas de tubercules crus et de tubercules ramollis, — (a) T/?s deux poumons également affectés, 7 cas sont compris dans ce groupe ; la température a été prise sous les deux bra^ 83 fois, et a donné un écart moyen de 0*59 F. Le côté froit a été plus élevé que le gauche 44 fois; l'inverse a en li'u 02 fois; les deux côtés ont été égaux 12/ois.
{'/ • Tubercules crus dans un seul sommet, avec respiration normale ou seulement rude dans Tautre : nombre de cas ob-erv<^s, 15; expériences. 175. Différence moyenne, 0*58 F. Chez 11 malades présentant principalement une lésion du ^•>mmet droit, la température a été plus élevée dans l'aisselle Jroite dans 41 observations; dans la gauche, dans 62 cas ; l^^"! deux côtés ont été égaux 19 fois. Dans les 4 autres cas, : était surtout le poumon gauche qui était affecté, et chez ces naïades le côté droit a été plus élevé que le gauche 27 fois, [o trauche plus élevé que le droit 21 fois, les deux côtés ont été '.:aux 5 fois.
III. — Phthisie avancée. — Cavernes dansnnpoumonoudans les /' >fx. — {a) Les deux poumons presque également atteints : La température de 11 malades a été prise 368 fois; différence n >yenne entre les deux côtésO'^SôF Dans 165 cas, le côté droit i eu une température plus élevée que le gauche ; le contraire i eu lieu 152 fois ; il y a eu égalité 51 fois.
{b) Dans cette subdivision on note 6 cas dans lesquels Texcaation d*un seul poumon était avancée; dans le sommet opposé 1 n*existait quede lamatitéou de la respiration rude. Une l!fr»*rence moyenne entre les deux côtés a été observée dans X4 expériences. Chez 5 des malades, les cavernes étaient si-
^2 PlftHISlfe PULkoNAtRE
'tiïêes ikns le poumon gaucïi'e, et, là encore, là femi^éraltiTe k été plus élevée dans le côté droit 68 fois; daàs Ife gauche 04 fois, égale 10 fois. t)âns un cas, c'était le poumon droit qui ôt^t malade ; la température a été plus élevée à droite 6 fois, à gauche 5 fois, égale des deux côtés une fois.
€ be l'analyse qni précède, dît A. Aîdowie, îl résulte q'ùfe la température dans la phthisie varie à tinfini, et çw'w ne saurait forrhukr aucune règle précise relativement aux tempiratures comparées des deux côtés du thorax^ à quelque àtgr^ que soit la maladie. Je regrette qu'il y ait eu si peu d'eipériences faites an début, dans la période de formation des tubercules, car ce sont les seuls cas où le thermomètre soit nécessaire au diagnostic. C'est parce que, en général, lestaberculeux n'entrent à l'hôpital que lorsque leur affection est bien développée et offre des symptômes indéniables.
« Ces observations ne confirment ^as la théorie qui veut qtie le côté dans lequel la maladie domine ait toujours une tëinpérature plus élevée que Tautre ; c'est ainsi que le therthottrètre a été employé dans 359 cas chez des sujets ayant un dés poumons presque sain, Tautre étant affecté dans une grande étendue. Dans 102 cas, la température du côté qui était le plus atteint dépassait celle du côté opposé; mais, dans exactement le même nombre d'observations, le côt^ qui n'était que légèrement atteint accusait l'élévation de température, les deux côtés restant égaux 35 fois. De plo:», b différence moyenne était tout aussi considérable lorsque le> deux poumons étaient pris que lorsque la maladie était pluf avancée dans l'un que dans l'autre. Dans le premier de cescas la moyenne était de 0**58P., dans le second de 0*54 F.
«Là période de crudité des tubercules donne lîeuàure (élévation de température plus consîdéraWe que la péri**^" d^èxcavatiôn ; ainsi dans 117 observations de tubercules d:î ramollis dans un poumon et de cavernes dans Tautre, Tac des côtés avait une température plus élevée dans 76 c&s. l'autre dans 27 cas seulement.
« Le côté dans lequel le thermomètre accuse la température la plus élevée le soir, a très souvent une terop^^ratore plus abaissée que l'autre, le matin. »
TEMPÉRATURE FEBIPHERIQUE dU THORAX 588
Dans flon Traité de tbermométrie médicale, B. Seguin ^ cite des obserrattons de températures axillaires prises des deux côtés dans différents cas de pMhisie. Il conclut que ce signe doit être recherché dans cette maladie quoiqu'il ne lui attribue pas la même importance qu'aux symptômes physiques et à la température générale.
En résumé, Tétade de la tbermométrie oompwrée des deux aiaselles dans la phthisie pulmonaire ne donne pas dlndioations précises qui puissent servir utilement au diagnostic de cette affection.
II. — Température piriphiriqiie du thorax dans la phthisie pulmonaire.
D*aprës M. Peter ^ dès qu'il existe des tubercules sur un point, la température locale s'y élève. Dans les cas douteux de tuberculîsation pulmonaire, alors qu*on ne perçoit, à Taide de l'investigation la plus minutieuse comme- la plus persistante, qu'une légère différence dans la tonalité et l'élasticité de la région, que de la sécheresse du murmure vésiculaire avec saccade respiratoire, le thermomètre révèle une éléyation de température locale qui peut aller de 3 dixièmes de degré à l'^.
L'élévation de la température locale est en général proportionnelle à Tintensité des signes morbides lecaux. Il y aurait toujours, d'après cet auteur, parallélisme entre la tem* pérature et le signe stôthoscopique ou plessimétrique et la lésion anatomique.
Et M. Peter ajoute plus loin :
« La disparité dans l'hyperthermie locale des sommets Ihoraciques est un des signes les plus probants que je sache de l'existence d'une lésion locale : en effet cette disparité tient nécessairement à des conditions anatomiques et physiolo-
1. E. Ssouisf. Médical Thermometry and human Température New- York, 1875.
2. Peter. Bulletin de VÂcadémie de médecine, 1878, d. 918 el C«niquemédieak. T. fl, <879, 7I« leçon, p. 427.
684 PHTHISIB PULMONAIRE
giques, actuellement différentes, de portions ordinairement similaires de Torganisme; donc, par conséquent, la température doit être égale, et s'abaisser ou s'élever simultanément et parallèlement si les modifications de la température sont de cause générale.
« Au contraire, si les chiffres thermiques sont dissemblables pour deux espaces homologues et normalement identiques, c'est évidemment que les conditions thermogènes sont changées, et, dans l'espèce, elles ne peuvent Têtre que parla tuberculisation, laquelle se développe presque toujours simultanément aux mêmes points des sommets pulmonaires sans y être habituellement symétrique pour le nombre, la profondeur et l'étendue des lésions, d'où la dissemblance possible de l'hyperthermie trophique ou rayonnante et la disparité corrélative des chiffres thermiques révélateurs.
< J'ajoute cependant que pour permettre de conclure, il faut que cette disparité ne soit pas trop fugitive, mais coestante; il faut aussi .qu'elle ne soit pas trop faible (de deux à à trois dixièmes de degré par exemple) mais atteigne ou dépasse cinq dixièmes, ainsi qu'elle soit de 0*5, 0*^7, 1*>, etc. »
Voici encore quelques conclusions du même observateur :
« L'investigation thermométrique donne un moyen matériel facile et précis de diagnostiquer la tuberculisation pulmonaire.
« Dans la chlorose, la dyspepsie, sans lésion organique, 1& température du thorax est égale des deux côtés.
« Dans l'hémoptysie, la température s'élève au moment des hémoptysies, reste plus élevée pendant leur durée, puis s'abaisse après leur terminaison, les variations de la température locale pouvant retentir sur la température générale.
« La température pariétale peut être plus élevée que la température générale, principalement dans l'infiltration tuberculeuse fébrile (pneumonie caséeuse).
« La température locale peut servir d'indice et contribuer à rectifier ou à comploter le diagnostic dans les ras douteux de pneumonie caséeuse. Dans la pneumonie franche, le côié absolument sain ne présentant aucune élévation de température et ne se rapprochant pas de la température du côté ma-
TEMPERATURK PERIPHÉRIQUB DU THORAX 585
laïc, ce qui n*existe pas dans les cas de pneumonie caséeuse, oii il existe généralement des lésions des deux côtés.
* Dans les cas de cavernes pulmonaires, la température est plus élevée du côté de la lésion de 1«5 à 2^5.
« Cette élévation de température tiendrait au travail phlegmasique persistant ulcéreux et sécrôtoire, avec hyperéinie corrélative qui se produit autour et dans Tintérieur (l»i la caverne.
« Le traitement par les vésicatoîres, les cautérisations au fer rouge, etc., abaisse la température locale du côté atteint •le tuberculisation. »
Cherchant à interpréter l'élévation de la température locale dans la tuberculose, Peter conclut que toute masse luborculeuse en pleine évolution devient par sa seule pré- < »:ire un véritable foyer morbide thermogène, que l'accumulati)n du sang, les combustions plus actives, les échanges moîtMjulaires plus intimes, qui se passent autour du point malade, tHèvent sa température, que cette hyperthermie va en rayonnant de proche en proche, échauffant les parties voisines, et «l'f enfin elle arrive tout simplement et en vertu des lois de réquilibre de la température à élever le chiffre thermique :-viiéral de l'individu : qu'en un mot « ce n*est pas la fièvre qui fut le tubercule, mais le tubercule qui fait la fièvre.*
Bagnéris *, élève de Peter, donne les conclusions suivantes sur la température locale dans la tuberculose pulmonaire, conformes à celles de son maître.
1* Tout foyer tuberculeux augmente la température locale
2* L'élévation de la température locale est proportionnelle à rintensité des signes morbides locaux.
3* La disparité de la température locale morbide dans les régions homologues, est un signe probant de lésions locales.
4** Dans la tuberculose au début, l'hyperthermie locale peut varier de 0°3 à un degré. La tetapérature normale étant de :^S"<^, on observe dans ces cas des chiffres allant de 36''2.à27'*, rarement au delà.
1. DAGNtftis. i)/s trmitriviuns moi bides hcalf's dons les diverses pé' ,it,,î^ii de ta tuberculose pu hnonairr, Tliôsc «le Paris, 1870.
B^ PUTRIDE P0LMONAIRB
6*Dan^ là tttbêfctitoâe coWffrméd âVôc lédidMpM aTMofes, rhyperthèrAiie locale est le plus souvent infiBrienre à Vky perthermie générale.
6® Dans la tnberctilose à forme inflïtrée, les to&spératores morbides locales sont pitM élevées que la température axillaire. L'hypetthermie loôate est, dans m cas èe plus de 3* et peut atteindre le ch1£f^ énorme de 4^6. Elle est en général, plus élevée de 0^5, 1®, 1^5 que Thyperthermie axilleire.
7<> Dams leis <^8 de pneumothorax clie% les tobefrcoleux, on observe un grand abais9em>ent de la température locale du côté où s*est fait Tépan chôment gazeux.
8« Dans l'hémoptysie, la température locale s'élève, reste plus élevée pendant leur durée, puis s'abaisse après leur terminais^on.
Q^ La thermométrie locale permet de flxer le diagnostic dans les cas douteux de tuberculose au début et de chlorose. Dans la chloro-anémie, les températures locales restent normales ; dans la tuberculose au début, il y a toujours hyperthermie locale.
10° La thermométrie locale perrtiet d'expliquer les bons effets et le mode d'action de la révulsion.
Forest* donne à la fin de son mémoire les conclusions suivantes conformes à celles que Ton peut tirer de ce travail et qui sont celles que Peter a formulées dans ses Gliniq[ues médicales:
V Dans un cas douteux de chlorose, le thermomètre permet d'établir un diagnostic certain.
2"* Le thermomètre établît le diagnostic différentiel entre une chlorose sans complication et une tuberculose au début
S"* Le thermomètre donne plus de facilité pour faire un traitement rationnel .
4'' Dans la chlorose, la température locale des espaces intercostaux est sensiblement ^ale à la moyenne, tandis que partout où il y a tuberoulisation, il y a hyperthermie locale.
5"^ Dans certains cas de chlorose, sMl y a hypothermie gé-
1. Xavier FoREST. Des températures locales dans la chlorose et h tuberculose au début, thèse de Paris, i880.
TBMPERATT7RB PCRIPHERIQTJB DU THORAX 687
iTéràld, il 7 a hypothenâie locale, tandis que daas ia tuberculisation pulmonaire, la température locale des espaces intercostaux supérieurs est toujours plus élevée que la moyenne.
6"" Dans le cas d'hyperthermiè locale et générale chez une chlorotîque, le traitement ferrugineux amenant le retour des règles, détermine une augmentation de température dans l'aisselle, et dans les espaces intercostaux homologues.
7«> Dans la tuberculisation pulmonaire commençante, Télévation locale de la température est généralement proportionnelle à la nature, a retendue et à la gravité des lésions.
8* Lorsqu'il n'y a que la respiration saccadée, que les granulations, à l'état naissant, sont grises et demi-transparentes, sans hypérémie cîrconférentielle et de réaction, la température locale est de 0*^ à 1® et même P5 plus élevée que la moyenne (de 36«3 à 3e»8 et même 37«3).
Dans certains cas de tuberculisation pulmonaire commen- (;ante, la température locale n'est pas seulement plus élevée que la température normale de la région, elle Test plus que hi température de Faisselle, ce qu*on ne rencontre jamais clans la chlorose.
Dans ses recherches sur la température locale du thorax chez les tuberculeux, Lereboullet* est arrivé à cette première conclusion importante que les températures locales mesurées à différents intervalles, dans des conditions absolument identiques et au même niveau, ne sont pas constantes. La différence qui n'est jamais inférieure à 0*^2 peut dans certaines circonstances atteindre jusqu'à 0^5.
Pour cet auteur, l'élévation thermique locale est en rapport avec l'élévation de la température centrale. Citant les mensurations thermiques pratiquées chez les tuberculeux, M. Lereboullet s'exprime ainsi :
< Tous les chîfnres que nous avons recueillis ne nous montrent pas une élévation absolue et constante de la température des sommets chez les individus tuberculeux. Cette élé-
I . Lereboullet. Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie.