‹ Traité de thermométrie médicale, comprenant les abaissements de température, algidité centrale et la thermométrie localeChapitre 249 sur 337 · PHTHISIE PULMONAIRE · texte numérisé non relu

PHTHISIE PULMONAIRE

vation s*observe en effet même chez les malades non tuberculeux, et elle paraît être en relation avec Télévation de la température centrale. Dès lors puisque chez les tuberculeux les chiffres constatés au sommet malade sont trës variables, il nous paraît impossible de déduire de cette variabilité même, une loi pathologique bien précise. Au contraire, nous croyons avoir reconnu qu'il existait presque toujours une différence de température en faveur du côté malade ou, dans les cas où les deux sommets étaient atteints, en faveur du côté le plus malade. Ces conclusions sont donc conformes à la loi établie par Peter. Nos résultats ne diffèrent de ceux qu*il a fait connaître qu*à un seul point de vue dont nous ne saurions, il est vrai, dissimuler Timportance. Tandis que Peter constate chez les tuberculeux des différences thermiques trës notables entre les deux sommets, les différences que nous donnent les chiffres que nous avons recueillis sont au contraire très minimes, souvent moins élevées que les différences constatées chez les sujets non tuberculeux. »

Et plus loin :

« A côté de ces faits nous en citerons d'autres, infiniment plus rares, nous en convenons, mais qui prouvent que chez les tuberculeux on peut arriver à relever une température p/ws élevée du côté sain que du côté malade.

C'est ainsi que chez un malade qui présente au sommet droit des craquements secs et dont le sommet gauche est parfaitement sain^ on trouve successivement, à quelques jours d'intervalle :

Sommet gauche sain. Sommet droit malade.

Mais en général, et d'une manière à peu près constante, on trouve que la température du côté du malade est pins élevée que celle du côté sain. La moyenne des différences que nous avons constatée à cet égard peut être établie de la ma-

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niëre suivante : En ne tenant compte que des malades atteints de tabercalisatioM confirmée, souvent fébrile et chez lesquels il n*existait qu^un côté malade, ou bien un côté très gravement atteint et l'autre présentant à peine quelque lésion commençante, nous trouvons comme moyenne de nos températures locales mesurées au sommet :

Sommet sain 35^^

Sommet malade 36oll

En tenant compte, au contraire, de tous les faits observés, de ceux qui présentent une élévation de température peu marquée, voire même une élévation en faveur du côté sain, nous trouvons que la moyenne des différences devient absolument insignifiante, qu'elle ne s'élève même dans une série d'expériences qu*à (K)OÔ (6 millièmes de degré). Nous ne nous dissimulons point que ces moyennes n'indiquent pas aussi nettement que des chiffres précis et se rapportant à un même malade, la valeur qu*il faut attribuer aux températures locales. Mais nous ferons remarquer aussi quMl est nécessaire de les indiquer, ne fut-ce que pour faire comprendre la variabilité des résultats obtenus et les causes d'erreurs qui les modifient.

Nous reconnaissons qu'il est très difficile de terminer cet exposé clinique par une conclusion quelconque. Aussi bien nous n'avons point Tintention de conclure. Il nous suffisait de montrer toute la difficulté des recherches analogues & celles que Peter a entreprises, toutes les causes d'erreur qui en peuvent vicier les résultats, toutes les réserves qu'elles exigent, lorsqu'il s'agit de déduire des lois pathogéniques infirmant jusqu'à certain point les principes de pathologie générale qu'on est convenu de considérer comme acceptables. »

Dans un article publié en 1880 dans la Gazette hebdama^ daire^ LerebouUet citant les thèses de deux élèves de Peter, Bagnéris et Forest, sur la température locale du thorax dans la tuberculose et la chlorose, dit « que les observations de ces deux auteurs ne sont pas absolument conflrmatives des lois posées par leur maître. »

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LerebouUet admet avec Lépine et Brébion « qu'une augmentation de chaleur existe souvent sur la paroi thoracique des phthisiques. Cette augmentation de chaleur rencontrée aussi concurremment sur le bras du même côté, doit être attribuée, en partie au moins, à une action yaso-motrice de nature réflexe. »

Brébion S arrive dans son mémoire, aux mêmes conclusions que son maître Lépine^.

Les résultats obtenus ont été variables :

P Chez quelques malades, il y avait une augmentation sensible de température de chaque côté de la poitrine.

2® Chez d'autres, l'augmentation portait seulement sur un des côtés, le côté opposé restant sain.

3° L'augmentation se faisait à droite et à gauche, mais avec prédominance de Tun des deux côtés.

Le résultat obtenu n'était pas constant, c est-à-dire qu'une augmentation thermique en faveur d*un des côtés de la cage thoracique pouvait parfaitement, quelques heures après, se trouver du côté opposé.

« Pourquoi, dit Brébion, y a-t-il augmentation de température de la paroi thoracique chez les phthisiques?

« Pour Peter, cette augmentation thermique est due à l'existence de lésions tuberculeuses du poumon agissant comme foyers thermogènes. Je n'ai pas l'autorité suffisante pour critiquer cette manière de voir. Je me permettrai seulement de fairb observer que, jusqu'à présent, on n'a jamais pu constater l'existence de véritables foyers thermogènes pathologiques, c'est-à-dire que les prétendus foyers n'ont jamais présenté une température supérieure à celle du sang artériel. Aussi ne sauraient-ils recevoir le nom de foyers thermogènes. Mais il semble incontestable, ainsi que nou? l'a fait remarquer Lépine, qu'un poumon très congestionna laisse échapper par rayonnement une plus grande quantité de chaleur qu'un poumon non congestionné, et, par conséquent^ qu'il puisse échauffer la paroi thoracique correspondante.

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