LES MALADIES DE L'ESTOMAO ET DE L* ABDOMEN
La congestion et partant Télévation de température, se produit toujours & gauche en premier lieu, puis à droite un certain temps après.
€ La troisième heure après le repas, elle atteint à gauche 35^, avec élévation de 0^, tandis qu'à droite elle s*élève de l''4.
« Lorsque la température' locale s'élève, la température périphérique s'abaisse; à la troisième heure après le repas» la chaleur axillaire a baissé de 0^4, ce qui explique les frissonnements qui se produisent au moment du travail de la digestion.
« La température de la région hépatique s'élève de la première à la troisième heure. ^
« Vers la 4* heure après le repas, la chaleur commence à « baisser.
A droite 34*8
A gauche 34«1
€ La chaleur périphérique s'élève vers la troisième heure : « à ce moment arrive la congestion du foie. De là, l'appa* « rition des coliques hépatiques à ce moment.
« A la cinquième heure, il y a plus d'uniformité à droite et « à gauche. G*est vers la troisième heure après le repas que « Texcitation est la plus forte, et c'est aussi à ce moment que « les douleurs se produisent plus intenses chez les dyspep- « tiques.
< Chez ces derniers, les variations de température ne sont « pas les mêmes ; la chaleur est de 3&* ou 37^ ; V ou 2" de « plus qu'à l'état normal. Dans la dilatation, dans le cancer € la température est de 37®, dC'ô à droite et à gauche. »
Leven s'est servi dans ses recherches d'un thermomètre ordinaire, appliqué sur la paroi abdominale et recouvert d'une couche de ouate.
Winternitz * introduisant un petit thermomètre à maxima dans l*estomac a pu ainsi mesurer la température de cet
organe.
Sous l'influence dMrrigations rectales froides, cet auteur a vu la température de l'estomac descendre de 0^, 25 minutes
I. W. WiHTERNiTz. CeniralbL fur d. med. WUenschf p. 4fi0, 1S79. •
<5ûd THBRMOMETRIB LOCALB DANS
après le début d'une irrigation d'un litre d'eau à 11* et 5 minutes après que cette irrigation était terminée. A oe moment la température de l'aisselle est supérieure à celle de Testomac.
En 1869, Peter a communiqué à la Société Clinique une observation dans laquelle les températures épigastriques servirent à établir le diagnostic d'un cancer de Ceslomac.
Il s'agissait dans ce cas d'un m'^lade atteint de dyspepsie et d amaigrissement progressif, sans vomissements ni tumeur à la région épigastrique. On prit avec soin la température épigastnque et l on trouva dî^'d, tandis que la température axillaire était de Sô^'S.
A. Tautopsie, on trouva un cancer de Testomac.
L'hyperthermie épigastrique ne se rencontrerait pas, suivant Peter, dans le cas de dyspepsie simple. Dans le cancer stomacal, la température locale s'élève au-dessus de la moyenne qui est de Sô^'ô, et.par conséquent^ le diagnostic est puissamment éclairé.
Dans un autre cas observé par Peter, la température locale était augmentée de O^'S.
Cuffer a présenté à la même Société (1880) une observation de cancer de l'estomac avec température de la région épigastrique élevée.
D'après M. Peter, l'hyperthermie s'observe dans Tulcère simple et dans certaines gastrites aiguës.
Dans un cas de cancer de Testomac que nous avons observé dans le service de Dumontpallier, la température locale au niveau d'une tumeur superficielle était assez notablement élevée (0^6).
Du côté gauche (côté de la tumeur}. 3ô<^ \ Moyenne de plusieun» Côté droit 36^ \ explorations.
Maladies de Vabdomen. — Nous avons signalé dans un précédent chapitre la température locale des diverses régions de la paroi abdominale à l'état physiologique. Peu de recherches ont été faites sur ce sujet. Nous devons signaler ici les recherches de Braune^ qui, dans
i. Braqne. Yirchow's Archiv fur path. Anatomie, 1860. Band XIX, p. 470, 494.
LK8 MALADIB8 DB L^KSTOHàC XT DB L'aBDOMEN 607
un cas d*aniis artiflciel, a étudié la température de llntestin, en introd Disant un thermomètre dans le canal intestinal.
Cet antenr a trouvé la température de Tintestin avant le repas du matin et du soir, presque égale (S0« R., 29"9 R.), alors que la température de l*aisselle était très variable (le matin 28* R., à midi 29*7 R, le soir 29*6 R.)
La température de Tintestin, d'après cet auteur, est plus élevée que celle de l'aisselle.
Après ringestion d'aliments chauds, Braune a noté une élévation notable de la température de la cavité abdominale.
M. Peter ^ dans une communication à TAcadémie de médecine en 1809, a démontré que la thermométrie locale de Tabdomen pouvait servir à distinguer Tascite sans inflammation péri tonéale des péritonites chroniques.
U résulte des recherches de M. Peter que Vasrite n'élève pas la température de la paroi abdominale qui est en moyenne de 35*5 sur la ligne médiane de la zone sus-ombilicale. Elle peut même être inférieure à ce chiffre.
Dans la péritonite chronique, au contraire, le thermomètre appliqué dans les mêmes points indique une élévation de la température de 1* et plus.
Voici les quatre observations citées par M. Peter :
Premiers observation. — Elle a trait à une péritonite chronique non tuberculeuse par gastrite et ôpiploïte chroniques chez un homme de 35 ans porteur d'un épanchement abdominal abondant.
L'élévation de la température abdominale permet à M. Peter d'éliminer le diagnostic : ascite proprement dite.
La question se posait ainsi, savoir s'il s'agissait d*une ascite par cirrhose du foie ou d*une péritonite chronique par gastrite chronique ou cancer de Tcstomac.
Les températures générales et locales donnaient les chiffres suivants : T. axillaire, 36«5 ; T. de r.hypochondre droit, 36*1. C'està-dire qu'il y avait dans Taisselle un abaissement de 0^5 au-dessous de la température normale due à Finanition, alors que dans l'hypochondre on trouvait, non pas cet abaissement de O'^ô, mai» une élévation de 0,8 (ou en réalité de 0*8 + 0<»5, c'est-à-dire de
i. pRTE». Tempêrittureê morbides locales dans les maladies de Vabdomm, Affectùm du p^iritoine. Ascite et péritomtê. Butktins de l'Acadi" mie de médecinCy 1869, p. i253.
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1^). Il y avait donc là un foyer thermique local qui devenait un signe diagnostic important et permettait d*éloigner Tidée d'une simple ascite pour admettre une phlegmasie péritonéale chronique dans la région de Tappareil gastro-hépatique.
L'autopsie confirma le diagnostic de M. Peter en montrant une péritonite chronique prédominant dans la région gastrique d'où elle semblait rayonner dans le voisinage. Il existait en même temps une gastrite chronique scléreuse d'origine alcoolique.
Il n y avait donc pas là une ascite par cirrhose da foie, mais péritonite par rayonnement de rinflammation de l'estomac aa grand épiploon et au péritoine voisin.
L'élévation de la température locale, qui avait été celle de l'inflammation et non de l'hydropisie, avait seule permis de formuler un diagnostic différentiel.
Dbuxirmb observation. — C'est encore l'élévation de la température locale qui permet de distinguer une péritonite chronique tuberculeuse d'une ascite.
Une femme de 33 ans était atteinte d'un épanchement péritonéal abondant diagnostiqué c< ascite par cirrhose du foie ». M. Peter pensait, au contraire, à une péritonite chronique tuberculeuse. Pour juger en dernier ressort il fit prendre la température abdominale de la malade le 8 avril 1877 au cinquième jour de son admission à Thôpital. Le thermomètre marquait dù^l, c'està-dire 1*2 de plus que la moyenne, la température axiilaire étant 37«.
Dans les jours suivants, on obtint successivement :
9 avril. 36^ plus élevée de 1^3 que la normale.
13 — 35^ égale à la normale.
Mais il faut remarquer que par le fait de l'inanition la température axiilaire était tombée le 13 à 34*6, c'est-à-dire plus basse que la normale de 1*4, alors que le même jour la température abdominale était de 35*5 dépassant encore l'axillaire de 0*9.
A Tautopsie, on trouva une péritonite tuberculeuse.
Ce fait remarquable d'une température locale à fabdomen de 36*5 avec une température axiilaire de 34*5, c'est-à-dire une température locale absolument plus élevée de 2* que la température générale, et relativement supérieure de 3*5 à la température axiilaire de la malade fut la clé du diagnostic : il montrait l'existence
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'l'un foyer morbide thermogène indiquant non pas une hydropisie mais une phlegmasie chronique du péritoine.
Troisième observation. — Celle-ci appartient à un malade lyant une péritonite cancéreuse qui fut distinguée d*une ascite par la surélévation locale de la température.
Ici encore une élévation locale de 0<^8 à 2^, par le fait d'une lésion cancéreuse du péritoine et sécrétion symptomatique, distin- L'ULi celle-ci de Textravasation du sérum pas ascite.
QrATRiKMB OBSERVATION. — Daus ccttc demièrc observation, lîprés M. Peter, rélévation thermique des parois abdominales [••^riuut de reconnaître une « péritonite chronique tuberculeuse » chez un homme de 48 ans que Ton croyait atteint de tympanite Lystérique.
Pour mettre un terme aux controverses auxquelles prêtaient ce diagnostic chez ce malade, M. Peter ût prendre la tempérance abdominale pensant que s*il s'agissait de péritonite il trouviait de Thyperthermie, tandis que dans le cas de tympanite h rveuse elle serait normale ou inférieure.
or, chez ce malade, la température axillaire étant normale, le i.]('riiiomètre épigastrique marquait 36*^, c'est-à-dire l«l au-dessus i" la normale. Le diagnostic de péritonite tuberculeuse put ainsi tr»* porté.
Four comble de démonstration, M. Peter dans une seconde v«'!i<'rcho fit appliquer le thermomètre non plus au voisinage de c^tofuac et des anses intestinales distendues par des gaz qui j.t'Hvllement tendaient à contrebalancer l'élévation locale de la finpiTaturo, mais à l'hypogastre où le tympanisme était moindre î ij[i .s«î rassemblent nécessairement les produits inflammatoires,
<'>n vit alors que le thermomètre hypogastrique marquait 37«1, \st<à-<lire (yi de plus que la température axillaire qui était de 0''7 et 1<^ de plus que la moyenne abdominale.
De ces observations, Peter tire les conclusions suivantes : Au point de vue clinique, la surélévation locale de latem- '-rature en cas de phlegmasie chronique du péritoine fournit n nouveau moyen de diagnostic entre la péritonite chrouiue et l'ascite (dans l'ascite la température reste normale). Al» point de vue de la pathologie générale, Tascite n'élève as la température locale de la paroi, parce qu'il n'y a là u'uQ fait physique, Textravasation, la flltration du sérum u sang à travers les parois veineuses distendues; tandis
Redard 39
6M TEMféBAWnB LOOALft DBS rOTBRS INFLAinilTOllBB
qtts U^ t)htagBMpii «hroBîqtle d« péritoiiid élèfé imûMni oetle température loek\^^ paroe qttll y & là im act« dyMirfqM, «ë
tçavail^ I9. sécrétioa d'une sérosité fibrineuse. .D'où il suit, qu'en pAlboIogîe comme ei| mécanique» part^ia où il y a travail accompli^ iiy a mlùriqfit dégagée .Bti disant que l*ascite a^él^ve paa. la tdflipératare, il bat i^ottt^r : tant qu^elie n*a pas été ponmwnnée.
La température locale s'élève beaucoup, en eflM,è lasoite de la ponction, et cette élévation est presque immédiate; puis elle décroît de jour en jour, et au bout de quelques jours elle revient ii son point de départ.
Bnân« ql élftvéè que toit la tempiérature aMoninale aprii la ponction, la température axillaire reste invariable etn'est nollèmènt kiUMncêe par rhypertheruiie locate«
Dans JI6S t>b5ièrTat1ons de températures locales de l'abdomen dans 'lia '^iîSvre typhoïde, M. Moursou * a fWquemment noté une élévation de température d'un des côtés de Tabdomen.
Les lésions pulmonaires dans cette affection retentisseot non seulement sur la température tboracique mais encore sur la température de labdomen. Il existe dans ces cas des hyperthermies d'un 4ès côtés du oorps que noua avons sipialé dans iea maladies fébriles.
D'après cet auteur, les diverses médications, ipéca, pv^ gatifiiy etc., abaissent la température locale de Tabdornsn.
1 . Moursou. ^cherches sur les températures locales dans la fètrt typhoïde. Sêumal de ihért^êuHqne deOubler, ISSS.